TourMaG.com, 1er journal des professionnels du tourisme francophone

Slow travel : des petits pas mais un sacré chemin pour Alex Le Beuan (Shanti Travel)

Il parcourt le Népal, le Sri Lanka et l'Inde en famille durant 8 mois



Alors que les tour-opérateurs français intègrent à peine le "slow travel" dans leur production, chez Shanti Travel, c'est carrément son fondateur, Alex Le Beuan, qui a opté pour ce mode de voyage (ou de vie) durant près d'un an. Entre besoin de déconnexion, projet personnel mais aussi nécessité de tester cette manière de voyager pour ajuster sa production... il parcourt actuellement les routes du Rajasthan en famille. Nous avons profité d'une journée où il était "connecté" pour le contacter et évoquer avec lui son périple, entre Népal, Sri Lanka et Inde.


Rédigé par le Mercredi 19 Février 2020

Alex Le Beuan, fondateur de Shanti Travel, avec sa femme Tenzin, et leur fille Lhamo - DR : Shanti Travel
Alex Le Beuan, fondateur de Shanti Travel, avec sa femme Tenzin, et leur fille Lhamo - DR : Shanti Travel
La tendance aux tours du monde et aux "slow" voyages séduit chaque année davantage de Français.

Il n'y a qu'à voir le nombre de reportages, de blogs ou de comptes sur les réseaux sociaux qui traitent de voyageurs solo, de couples, de familles qui ont tout laissé derrière eux pour découvrir dix pays en un an, se retrouver en famille loin du quotidien ou tout simplement en prendre plein les yeux.

Heureux, chanceux, aventuriers ? Ils ont décidé de franchir le pas et de mettre entre parenthèses leur routine.

Des projets qui pourraient faire rêver bien plus d'un professionnel du tourisme, qui bien souvent, ne voyage que très rarement, ou sur de courtes périodes, en plus de quelques éductours (express).

Alex Le Beuan, lui, a fondé Shanti Travel en 2005, après avoir parcouru de nombreux kilomètres en tant qu'accompagnateur (trek et vélo) au Népal et en Inde.

"Si je n'étais pas dans le tourisme depuis 25 ans, j'aurais surement opter pour un tour du monde", nous explique-t-il. Mais le patron de l'agence réceptive a trouvé une autre formule : le slow travel.

Un périple à la fois personnel et professionnel

Après presque quinze années à développer sa boite, à manager des équipes et à voyager sur de courtes périodes, il a ressenti un véritable besoin de retour aux sources, de voyager plus lentement.

« C'est une question de rythme et non pas de transport, pour favoriser les rencontres », explique-t-il.

Depuis le mois d'août 2019, il voyage ainsi avec sa femme Tenzin, et leur fille Lhamo, d'abord à travers le Népal et le Ladakh en version trekking, puis au Sri Lanka.

Depuis le 10 janvier, la petite famille parcourt le Rajasthan sur des vélos électriques.

Un périple qu'il vit d'une façon un peu "extrême", mais qu'il a pu réaliser tout en continuant à travailler. "Je ne suis pas dans le management, j'ai laissé les manettes à mon associé Jérémy Grasset qui, depuis son arrivée chez Shanti Travel en 2007, co-manage déjà l'entreprise avec moi.

Et nos équipes sont très autonomes, avec un manager par équipe selon nos bureaux
", précise Alex Le Beuan.

Il reste toutefois connecté pour les questions de communication, marketing, production et qualité des tours ou encore tout ce qui touche au développement durable.

"Ce périple a une double genèse, à la fois personnelle et professionnelle. Je voulais tester le slow travel pour pouvoir le proposer à nos clients, prendre le temps de faire de nouvelles rencontres et trouver des moyens de dépenser de façon moins néfaste pour la planète", ajoute-t-il.

L'avantage du slow travel pour l'entrepreneur, c'est aussi de "pouvoir faire des erreurs. Etant donné que nous sommes hors des sentiers battus, nous avons le temps de nous tromper lors des repérages, ce qui nous permet justement de ne pas reproduire les mêmes erreurs par la suite, lors de la fabrication des voyages à commercialiser".

Ce voyage, on l'aura bien compris, est avant tout fait de rencontres. Parmi elles, des personnalités inspirantes, comme Matthieu Ricard. Mais aussi des ONG avec lesquelles Shanti Travel développe ou projette de lancer des collaborations (pour en savoir, cliquez ici ou consultez l'encadré en bas de l'article).

Un blog et des reportages vidéo

Lhamo et Tenzin entre Naya Dhey et Tangye, au Tibet - DR : Shanti Travel
Lhamo et Tenzin entre Naya Dhey et Tangye, au Tibet - DR : Shanti Travel
Mais ce périple est un retour aux sources, bien plus qu'on ne l'imagine.

En se rapprochant le plus possible de la frontière tibétaine, Alex Le Beuan, mais surtout sa femme Tenzin et sa fille Lhamo, ont pu découvrir une partie de leurs racines.

"De mi-août à fin novembre, nous avons réalisé trois treks sur les traces des parents de Tenzin qui ont fui le Tibet, lors de son invasion par les Chinois, relate Alex Le Beuan.

Ils ne se connaissaient pas encore, son père qui est aujourd'hui décédé a été résistant pendant 25 ans. Après sa fuite, il s'est retrouvé au Mustang, dans une base arrière de la résistance. Sa mère, elle, était nomade. Elle a fui avec les nomades jusqu'au Mustang. Elle a également passé six ans dans le Dolpo, à l'ouest du Mustang, à travailler dans l'agriculture et l'élevage".

Ce sont toutes ces étapes de leur vie qu'Alex le Beuan et sa famille ont retracé, à pied - et à dos de cheval pour Lhamo - qui, du haut de ses 4 ans, a appris à être chez elle partout. "C'est un sacré challenge pour elle, tout autant que c'est un engagement physique et moral pour nous.

Nous avons passé des nuits à 4 700-4 800 mètres d'altitude sous la neige, passé 7 cols à plus de 5 000 mètres. Nous avions fixé des étapes que nous n'avons pas toujours respectées, comme dans le Dolpo où nous avons retrouvé une partie de la famille de ma femme.

Le plus dur pour notre fille, c'est de dire "au revoir" à chaque fois que nous quittons un endroit. Elle ne le dit pas d'ailleurs, mais plutôt "à bientôt, on s'écrit", alors qu'elle ne sait ni lire, ni écrire
".

Pour se remettre de toutes ces découvertes et ces émotions, la petite famille a prévu des temps de pause entre chaque étape, pour "digérer les voyages. Nous prenons le temps de revoir les images, étant donné qu'elles font l'objet de publications sur notre blog A petits pas ", indique Alex Le Beuan.

"Nous retournons aussi voir la famille ou les amis, nous avons notamment notre propre hôtel au Ladakh, le Nimmu House, un vieux palais réhabilité en hôtel glamping, qui nous a servi de point de chute. Cela permet de digérer les souvenirs et de manger autre chose que la cuisine locale !".

"On vit avec énormément de superflu"

Ces pauses permettant aussi au couple de préparer le projet suivant, car "avec une enfant de 4 ans, nous avons besoin d'être structurés, d'avoir une logistique "secure", notamment pour les treks", commente Alex Le Beuan.

Se pose également la question du poids des bagages. "Au départ, Lhamo portait encore des couches la nuit, nous lui avons suggéré d'essayer sans et ça a marché", ajoute le jeune papa.

De même qu'ils ont rendu leur maison à Bali avant le début de ce périple, ils se sont séparés de bon nombre d'objets personnels.

Aujourd'hui à vélo à travers le Rajasthan, ils ne disposent plus que d'un sac de 10 kg chacun. "C'est très reposant en fait, on se rend compte qu'on vit avec énormément de superflu. La seule chose qui me manque, ce sont les livres, je n'arrive pas à me faire à la liseuse", ajoute le patron de Shanti Travel.

Lhamo, elle aussi, s'adapte à ces changements. "Elle joue avec les enfants qu'elle rencontre, avec les animaux, tous les objets qu'elle trouve. Nous appréhendions Noël, mais finalement, c'est davantage l'histoire en soi que les cadeaux qui lui ont fait plaisir".

A 4 ans, la globe-trotteuse en herbe est devenue aussi à l'aise en anglais qu'en français. "Elle parle aussi un peu le tibétain. Finalement, elle ne manque pas grand chose de l'école à son âge, elle se sociabilise beaucoup et a davantage confiance en elle".

De nouveaux produits pour Shanti Travel

Le plateau tibétain en toile de fond - DR : Shanti Travel
Le plateau tibétain en toile de fond - DR : Shanti Travel
Alors que s'achève leur périple au Rajasthan, Alex Le Beuan et sa famille se prépare à retourner à Delhi, puis au Népal pour célébrer le Nouvel an tibétain.

Là doit s'achever la dernière étape de leur projet familial avec un trek dans les Annapurnas, accessible pour les familles. "Nous voulons ainsi montrer que l'on a pas besoin de réaliser des exploits pour que le voyage soit extraordinaire, il suffit juste de sortir des sentiers battus".

Viendra ensuite un temps de réflexion pour développer et lancer de nouveaux produits pour Shanti Travel.

Par exemple, la découverte du Sri Lanka en rickshaw ou une gamme de séjours en vélo électrique en Inde et au Népal (Ladakh, Rajasthan, Kerala...) pour des groupes de 12 personnes maximum.

"Nos voyageurs seront accompagnés d'une camionnette qui portera les bagages et disposera d'un mini-atelier de réparation, un mécanicien et du matériel pour recharger les batteries des vélos. Cela permettra de réduire l'impact d'une voiture pour 3 voyageurs individuels et le retour se fera en train de nuit.

C'est ce que nous voulons pour nos voyages doux : de la sécurité, du confort et une réduction de l'empreinte carbone
".

Le retour au travail sera aussi "slow" pour Alex Le Beuan, qui envisage déjà de repartir (ou de continuer) autrement, mais à un rythme toujours plus lent.

Shanti Travel, une agence résolument durable

Shanti Travel contribue à l'économie locale et participe à la création d'emplois, car ses équipes vivent dans les pays où l'agence opère et travaille directement avec de nombreux hôtels, guides et chauffeurs locaux

L'agence veille au respect des populations locales, en informant ses voyageurs, grâce à sa "charte des voyageurs", disponible sur son site Internet, et fournit tous les conseils sur la culture locale.

Pour limiter l'impact carbone, la moyenne de l'empreinte carbone de ses voyageurs est calculée sur la base d'un séjour de 12 nuits / 13 jours comprenant l'hôtel, le trajet en voiture et un demi-avion.

En interne, Shanti Travel calcule également l'empreinte carbone de ses salariés en fonction de leur consommation d’électricité et d’eau, de la quantité de déchets et du transport pour chacune de ses agences. L'agence compense intégralement les émissions de CO2 et des déplacements en finançant des projets de développement durable créés par des ONG partenaires.

Concernant les logements, Shanti donne la priorité aux partenaires possédant des programmes de développement durable, organise des inspections régulières et envoie des conseils à ses partenaires pour améliorer leur politique de développement durable.

Quant aux expériences proposées, elles respectent l'environnement (zone protégée, énergie et déchets gestion), l’économie locale et le bien-être animal. L'agence organise régulièrement des inspections, dialogue avec ses partenaires et recherche conjointement des solutions pour améliorer le bien-être animal dans le tourisme.

Toutes les actions de tourisme durable menées par Shanti Travel, en partenariat notamment avec des ONG ou des associations, sont à retrouver en suivant ce lien.

Anaïs Borios Publié par Anaïs Borios Journaliste - TourMaG.com
Voir tous les articles de Anaïs Borios
  • picto Facebook
  • picto Linkedin
  • picto email


Lu 2479 fois

Notez


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.





Dernière heure
















TourMaG Travel Media Group Légal Utiles
Emploi
AirMaG
CruiseMaG
La Travel Tech
Voyages Responsables
Businesstrips
Brochuresenligne.com
DMCmag.com
MyEventStory.com
Signaler un contenu illicite
Plan du site
RGPD
Contact
Publicité
La presse en parle

Tourmag Travel Media Group
Le groupe TourMaG Travel Media Group publie également :
Businesstrips, application mobile pour les voyageurs d'affaires; Brochuresenligne.com, 1er portail de brochures électroniques de voyages; DMCmag.com, 1er portail Destination Management Companies et MyEventStory.com, créateur d'émotions.

TourMaG.com DMCmag.com La Travel Tech Brochuresenligne.com BusinessTrips