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Tourisme durable : planter des arbres, comment et pourquoi ?

table ronde organisée à l'occasion du Congrès Selectour



La question des émissions carbone liées au secteur du tourisme était l'un des sujets abordés lors du Congrès Selectour. Pour Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde, la seule solution est de planter des arbres dans le cadre d'un nouveau projet et sur la durée... Comment et pourquoi planter des arbres on vous explique tout.


Rédigé par le Lundi 6 Décembre 2021

Le tourisme ne pourra pas faire sa transition facilement la seule solution est donc d'augmenter les émissions négatives par l'absorption de carbone. Comment ? En plantant des arbres - Photo JDL
Le tourisme ne pourra pas faire sa transition facilement la seule solution est donc d'augmenter les émissions négatives par l'absorption de carbone. Comment ? En plantant des arbres - Photo JDL
Laurent Abitbol Président du Directoire de Selectour a fait monter sur l'estrade du Congrès Selectour le sujet des émissions carbones générées par les entreprises du tourisme.

Ce n'était pas gagné d'avance qu'une telle thématique puisse figurer au menu de cet évènement annuel. Rappelez vous ses déclarations et celles de quelques autres représentants du secteur à l'occasion d'une table ronde sur la distribution à l'IFTM Top Resa.

Cette fois le président de Selectour n'a pas participé aux échanges, il a laissé le soin à ses deux complices "bobos écolos mais qui voyagent en classe affaires" : Jean-François Rial, Président directeur général de Voyageurs du Monde et de Jean-Pierre Nadir fondateur de FairMoove d'évoquer le sujet.

"C'est un sujet sur lequel nous sommes de plus en plus interrogés"

"L'écologie est un sujet qui va nous rattraper. Les écologistes vont prendre le pouvoir un peu partout dans le monde et la loi va finir par nous imposer certaines choses même si c'est vrai qu'à court terme les gens ont envie de consommer et de voyager" estime Jean-François Rial.

"C'est un métier qui doit se réinventer. Du droit au voyage pour tous on doit passer au tourisme responsable pour tous" ajoute Jean-Pierre Nadir.

S'il est vrai qu'il y a 10 la proposition de Voyageurs du Monde aux clients de compenser sur la base du volontariat les émissions carbone "avait fait un bide" l'évolution est désormais en marche.

"Aujourd'hui le tourisme durable n'est toujours pas le critère principal de choix de voyage. La qualité de services et le prix comptent toujours le plus, mais c'est un sujet sur lequel nous sommes de plus en plus interrogés alors que ce n'était pas le cas avant" ajoute Jean-François Rial.

Désormais Voyageurs du Monde intègre directement dans le prix l'absorption des émissions carbone générées par le voyage de ses clients.

La pression des clients, des collaborateurs, des médias et des actionnaires

Et au-delà de la clientèle, les engagements pris restent un signal fort pour la marque employeur : "Il va y avoir une pression de plus en plus forte des collaborateurs des entreprises. Si je n'avais pas d'engagements sur ces sujets les jeunes diplômés ne viendraient pas chez moi".

Sans compter la pression des actionnaires ou encore celle des médias... "Et cela ne va pas s'arrêter" lance t-il.

Dans ce contexte la "pire des réponses à faire est de dire pourquoi nous sommes les seuls visés. Pour y arriver il faut que tout le monde fasse des efforts" poursuit le PDG de Voyageurs du Monde.

Sauf que dans ce contexte, le tourisme a "un handicap majeur car nous ne savons pas décarboner l'avion. Au mieux on peut faire baisser les émissions, donc nous allons être encore plus pointés du doigt" souligne Jean-François Rial.

"Nous ne savons pas décarboner l'avion"

Pourtant le secteur aérien s'est fixé un objectif ambitieux voire impossible à atteindre : "arriver à des émissions nettes de carbone nulles d'ici 2050" (Source IATA).

Au mieux elles pourraient être divisées par deux d'ici 2050.

Si l'avion solaire commercial est un utopie, l'avion hydrogène et électrique reste "hypothétique, long et compliqué". Sans compter les problématiques liées à la seule production d'hydrogène qui doit être aussi décarbonée.

Un avis partagé par Marc Rochet, Directeur général d'Air Caraïbes : "l'introduction de nouveaux appareils moins gourmands en kérosène, l'optimisation des plans de vols, la stratégie de vol des appareils en formation dites "des oies sauvages", l'électrification des véhicules de piste et l'introduction de nouvelles technologies pour l'optimisation les trajectoires devraient nous permettre d'atteindre une réduction de 40% de nos émissions.

Mais avant de voir un nouveau moteur d'avion arriver sur le marché il faudra du temps, le développement d'un moteur coûte des millions de dollars."

Augmenter les émissions négatives par absorption de carbone

Alors comment concilier tourisme et réduction des émissions carbone ?

Aujourd'hui, un français émet en moyenne 10 tonnes de CO2 par an. Pour atteindre l'objectif des accords de Paris, il faut donc diviser cet impact par 5 et arriver à 2 tonnes d'ici 2050.

La mission est périlleuse puisque la cote part à respecter par habitant d'ici 2050 sera l'équivalent en carbone d'un aller-retour Paris - New York, soit 2000 kg de co2 par an. (Pour les curieux qui souhaiteraient visualiser ce qu’un poids en CO2 représente en objet ou activité du quotidien cliquez ici )

Pour Jean-François Rial, la seule voie possible est d'augmenter les émissions négatives par l'absorption de carbone. Une stratégie qui ne doit être mise en œuvre uniquement par les "industries qui ne peuvent faire leur transition écologique."

Planter des arbres mais pas n'importe comment

Comment ? En plantant des arbres. Mais pas de n'importe quelle manière.

"Il faut planter des arbres qui ne seront ni brûlés ou coupés pendant 50 ans et il faut que ce soit un projet nouveau, additionnel que personne n'aurait fait à votre place" précise le PDG du voyagiste.

En effet acheter des arbres au sein d'une forêt qui verra quoi qu'il arrive le jour n'est pas considéré comme un projet additionnel.

Si le sujet est complexe, il est pourtant essentiel désormais pour tous les acteurs du tourisme de s'en emparer.

"70% des Français ont une conscience écologique cette clientèle doit être captée par le marché traditionnel. Car les mastodontes eux sont déjà rentrés dans la partie" prévient Jean-Pierre Nadir.

En effet Booking a créé un badge "Établissement Voyage Durable" pour identifier les établissements ayant des pratiques éco-responsables.

Pour le fondateur de Fairmoove un Groupe comme Selectour se doit d'intégrer cette notion qui "pourrait être une véritable opportunité pour le réseau. Je ne désespère pas compte tenu de l'intuition et de la vision de son président."

A bon entendeur...

Céline Eymery Publié par Céline Eymery Rédactrice en Chef - TourMaG.com
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