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Tourisme : quels sont les dispositifs actuels et à venir pour survivre à la crise ?

Les Entreprises du Voyage ont organisé une conférence pour aider leurs adhérents à survivre



L'année 2020 restera comme la pire crise de l'histoire du tourisme. Si quelques acteurs s'en sortent sans trop de casse, la majeure partie de la profession sera durablement affectée par un exercice à zéro ou presque. Pour permettre à tout l'écosystème touristique de survivre, les Entreprises du Voyage ont organisé une conférence sur la thématique : "Dispositifs et outils pour traverser la crise". Valérie Boned et Jean-Pierre Mas vous disent tout pour survivre à 2020.


Rédigé par le Mercredi 16 Décembre 2020

"Nous demandons la continuation du chômage partiel pour les trois prochains mois de l'année 2021, avec le même niveau de prise en charge" - Depositphotos.com kwanchaidp
"Nous demandons la continuation du chômage partiel pour les trois prochains mois de l'année 2021, avec le même niveau de prise en charge" - Depositphotos.com kwanchaidp
A crise hors norme, dispositif hors norme.

Alors que le tourisme s'est retrouvé à l'arrêt total durant de nombreux mois, le Gouvernement n'a jamais cessé de soutenir notre secteur.

Le "quoiqu'il en coûte" utilisé par Emmanuel Macron pour annoncer le 1er confinement a été suivi dans les faits de la création de nombreux outils pour permettre à l'économie de passer cette crise, sans trop d'encombres.

Neuf mois après cette allocution, le tourisme continue de souffrir.

"Notre secteur est sous perfusion depuis de nombreux mois et ce qui est un sujet de préoccupation, c'est la durée de cette perfusion..." a rappelé Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage.

Car si pour le moment, nous sommes quasiment certains que la casse sera limitée en 2020, grâce aux euros déversés sans limite par le gouvernement, rien ne dit ce qu'il en sera en 2021.

Avant de se projeter, la direction bicéphale des Entreprises du Voyage a voulu rappeler l'urgence de la situation. Leitmotiv : survivre. Mais comment mener à bien l'opération survie ?

Une exonération de charges pas si automatique...

Cela commence par la diminution des charges courantes, et donc celles patronales.

Si plusieurs régimes existent, il convient de noter que face à l'urgence d'un confinement il existe pour décembre : "une exonération totale," affirme Valérie Boned, la secrétaire générale des EDV.

Alors que le second confinement a pris fin ce mardi 15 décembre 2020, il a débuté le 1er novembre.

"Il y a une exonération possible pour novembre, s'il est possible de justifier d'une baisse du chiffre d'affaires de 50%, et tout pour les entreprises de - de 250 salariés."

Sans dévoiler l'importance de l'intervention étatique, et pour ceux qui n'auraient pas encore fait leur demande, il faut le faire," lance Valérie Boned.

Contrairement aux autres aides, l'exonération des charges ne génère pas plus de dettes ni ne crée un mur de paiement, elle annule tout simplement ces montants dus par les entreprises.

Attention toutefois à ceux qui se chargent de la mise en place de cette aide dans les entreprises.

"Pour le moment, vous demandez des reports de charges. Cela vous sera accordé. Et une fois que le dispositif sera efficient, alors les reports seront convertis en exonération de charges," explique la secrétaire générale.

Ce n'est pas tout, car le fonds de solidarité a été dans le même temps fortement renforcé.

"Pour décembre, il est double. Soit le dispositif permettant de recevoir 10 000 euros maximum, sans critère d'effectif, à condition d'avoir perdu 50% de chiffre d'affaires, soit le nouveau très renforcé."

Ainsi, les acteurs du tourisme peuvent prétendre à une somme maximum de 200 000 euros, une aide conditionnée à un critère de perte de chiffre d'affaires de plus de 50% du chiffre d'affaires, entre décembre 2019 et décembre 2020.

A quand les demandes pour le fonds de solidarité de décembre 2020 ?

Les Entreprises du Voyage ont organisé une conférence pour aider leurs adhérents à survivre - Capture écran
Les Entreprises du Voyage ont organisé une conférence pour aider leurs adhérents à survivre - Capture écran
"En cas de réduction des revenus de 50%, l'aide atteint 15% du chiffre d'affaires perdu, si c'est 70% de perte alors le fonds atteint 20%.

Nous parlons là de décembre 2020, mais si c'est plus avantageux pour vous, alors il est possible de faire une moyenne lissée du chiffre d'affaires mensuel constaté sur l'année 2019, par rapport à celui de décembre 2020.
"

Les demandes se feront à partir du mois de janvier 2021.

Concernant les mandataires-gérants majoritaires, dans le prochain décret, le fait ne pas avoir de contrat de travail à temps complet ne sera plus un critère pour obtenir le fonds de solidarité.

"Ce critère, j'ai eu confirmation, n'existera plus à condition d'avoir au moins un salarié équivalent temps plein temps," confie Valérie Bonet.

Pour déclarer les pertes de chiffre d'affaires, vous devez alors retranscrire celui tel qu'il est dans vos bilans, ce n'est pas nécessairement le volume d'affaires.

"Nous demandons la continuation du chômage partiel pour les trois prochains mois de l'année 2021, avec le même niveau de prise en charge. Nous n'avons pour le moment aucune confirmation, mais nous sommes entendus," explique Valérie Boned.

Jean-Pierre Mas, le président des EDV, se montre à ce niveau plutôt optimiste.

Quid du chômage de longue durée ?

Sur l'activité partielle de longue durée, un dispositif d'accompagnement de sortie de crise, "nous avons abouti à un projet que nous allons soumettre aux organisations syndicales dans les 15 jours qui viennent."

L'Etat prendra en charge 85% de ce que paie l'entreprise à son collaborateur, sans accord, alors la prise en charge ne dépasserait pas 36%.

"L'accord de branche sera étendu, puis il sera possible de le mettre en place quand vous le souhaitez. Il conviendra d'envoyer le document unilatéral à la DIRECCTE de votre département."

Ce dispositif permettra de mettre l'activité partielle de longue durée pendant deux ans étalés sur 36 mois

Ce n'est pas la seule bataille, pour permettre d'assurer la pérennité des acteurs du secteur.

Concernant les congés payés, le tourisme demande une prise en charge, car cela pèse lourd dans les comptes des sociétés.

"Nous n'avons pas de décret pour le moment et celui qui paraitra fin décembre portera sur le dispositif financier, donc dans quelle poche l'Etat prendre l'argent," explique Valérie Boned, la secrétaire générale du syndicat.

Les questions restent donc pour le moment à ce niveau en suspens.

La seule certitude, pour la prise en charge des congés payés, l'établissement devra justifier une fermeture totale ou partielle pendant 140 jours, depuis mars 2020 ou avoir eu une très forte baisse du chiffre d'affaires, de l'ordre de 90%, durant l'état d'urgence sanitaire.

"Alors les entreprises ont 10 jours de congés payés pris en charge par l'Etat, cinq qu'il est possible d'imposer aux salariés entre le 1er et le 20 janvier 2021.

Puis cinq autres à prendre en avance, sur l'exercice 2020-2021. Nous recommandons de ne pas attendre la publication du décret ! Il faut le faire dès maintenant, car il faut au maximum 30 jours pour que le CSE rende son avis.
"

Il convient de ne pas oublier de renouveler les demandes d'activité partielle pour le mois de janvier de ces collaborateurs visés par la prise en charge des congés payés.

Tout comme les entreprises, les autorités sont elles aussi dépassées, car il convient de noter un retard au niveau du paiement du chômage partiel.

"Au niveau du fonds de solidarité, Bruno Le Maire a fait une déclaration disant qu'il y aurait une prolongation des dispositifs aidants jusqu'à la fin du mois de juin, mais nous ne savons pas de quels outils il parlait, " conclut, la secrétaire des EDV.

En espérant que ces cadeaux permettront de maintenir presque intact l'écosystème touristique.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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Commentaires

1.Posté par Pierre le 16/12/2020 11:58
Les congés payés devraient être pris en compte systématiquement sans calcul abracadabrant de la part de l’état qui les impose aux sociétés alors que le chiffre d’affaires est anéanti par la crise .....
On ne comprend même pas le sujet !

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