Avec près de 2 000 toiles exposées à travers le monde, Claude Monet est le plus emblématique de tous les peintres impressionnistes qui, à la fin du XIXe siècle, ont révolutionné le monde de l’art.
A rebours des règles strictes de la peinture académique d’alors, les Monet, Renoir, Bazille, Pissarro, Sisley, Degas et leurs amis ont mis à profit l'invention des tubes de peinture en 1859, pour travailler « sur le motif » : installés en plein air, ils pouvaient saisir les jeux de lumière qui, au fil des heures, des jours et des saisons, changent les formes et les couleurs de l'herbe, des fleurs, des arbres, du ciel, des nuages et... de l'eau.
Sans attendre la date anniversaire de la disparition de Monet, le 5 décembre 1926 à Giverny (Eure), autant profiter des beaux jours pour aller savourer les lumières de la Seine, le long de laquelle s’est, pour l’essentiel, déroulée la vie de cet artiste.
Et profiter, aussi, de quelques-uns de la centaine d'événements organisés dans le cadre du Festival Normandie impressionniste qui, du 29 mai au 27 septembre 2026, invite à porter un regard neuf sur le jardin et l’héritage impressionniste.
Point de départ de la balade : la gare Saint-Lazare, à Paris. Non seulement Monet qui, comme ses amis impressionnistes, s’intéressait au monde moderne, l’a peinte une douzaine de fois mais, aujourd’hui comme hier, elle dessert la banlieue nord-ouest de Paris et la Normandie, principaux terrains de jeu du peintre.
A rebours des règles strictes de la peinture académique d’alors, les Monet, Renoir, Bazille, Pissarro, Sisley, Degas et leurs amis ont mis à profit l'invention des tubes de peinture en 1859, pour travailler « sur le motif » : installés en plein air, ils pouvaient saisir les jeux de lumière qui, au fil des heures, des jours et des saisons, changent les formes et les couleurs de l'herbe, des fleurs, des arbres, du ciel, des nuages et... de l'eau.
Sans attendre la date anniversaire de la disparition de Monet, le 5 décembre 1926 à Giverny (Eure), autant profiter des beaux jours pour aller savourer les lumières de la Seine, le long de laquelle s’est, pour l’essentiel, déroulée la vie de cet artiste.
Et profiter, aussi, de quelques-uns de la centaine d'événements organisés dans le cadre du Festival Normandie impressionniste qui, du 29 mai au 27 septembre 2026, invite à porter un regard neuf sur le jardin et l’héritage impressionniste.
Point de départ de la balade : la gare Saint-Lazare, à Paris. Non seulement Monet qui, comme ses amis impressionnistes, s’intéressait au monde moderne, l’a peinte une douzaine de fois mais, aujourd’hui comme hier, elle dessert la banlieue nord-ouest de Paris et la Normandie, principaux terrains de jeu du peintre.
A Argenteuil, une maison aux volets verts
Première étape, Argenteuil, dans le Val d’Oise, à 11 minutes de train de Paris. On y arrive après avoir franchi un immense pont sur la Seine puis traversé un quartier peuplé de jolis pavillons.
Né à Paris, grandi au Havre, revenu dans la capitale dans les années 1860 pour se lancer dans la carrière artistique, Monet décide en 1871, à l’aube de la trentaine, de fuir l’agitation parisienne pour se fixer à Argenteuil.
A l’époque, cette bourgade réputée pour son vignoble et ses asperges est déjà desservie par le train et en pleine expansion car la Révolution industrielle y suscite l’installation d’usines tandis que de nombreux Parisiens y font construire leur résidence de week-end.
La ville compte seulement 7 000 habitants - bien loin des 115 000 d’aujourd’hui !
Claude Monet y passe sept ans. Après avoir loué, tout près de la gare, une première maison - aujourd’hui disparue - sur le boulevard Saint-Denis (l’actuel boulevard Karl-Marx), il s’installe, au numéro 21 de ce même boulevard, dans une seconde demeure, plus modeste.
Né à Paris, grandi au Havre, revenu dans la capitale dans les années 1860 pour se lancer dans la carrière artistique, Monet décide en 1871, à l’aube de la trentaine, de fuir l’agitation parisienne pour se fixer à Argenteuil.
A l’époque, cette bourgade réputée pour son vignoble et ses asperges est déjà desservie par le train et en pleine expansion car la Révolution industrielle y suscite l’installation d’usines tandis que de nombreux Parisiens y font construire leur résidence de week-end.
La ville compte seulement 7 000 habitants - bien loin des 115 000 d’aujourd’hui !
Claude Monet y passe sept ans. Après avoir loué, tout près de la gare, une première maison - aujourd’hui disparue - sur le boulevard Saint-Denis (l’actuel boulevard Karl-Marx), il s’installe, au numéro 21 de ce même boulevard, dans une seconde demeure, plus modeste.
De la Seine à la butte d’Orgemont
Au restaurant du Moulin d'Orgemont, on se régale en profitant d'une vue panoramique sur Paris - Photo : PB
Rachetée puis rénovée par la mairie d’Argenteuil, cette « maison aux volets verts » - rebaptisée « Maison Impressionniste » - est désormais ouverte au public (entrée : 5€).
Elle ne détient aucun original des 259 tableaux - dont plus de 156 consacrés aux paysages argenteuillais et surtout à la Seine, omniprésente - réalisés sur place par Monet, mais elle initie à l’univers du peintre et à son œuvre grâce à un parcours interactif et ludique - commenté en français et si besoin, en anglais - qui séduira aussi les familles avec enfants.
De pièce en pièce, le visiteur est invité à voir, à toucher, à sentir - l’essence de térébenthine de l’atelier du peintre mais aussi l’odeur de la Seine -, à ouvrir les placards, tiroirs et volets derrière lesquels se cachent de nombreuses reproductions numériques de toiles de Monet.
De petits films complètent l’ensemble. Et la médiatrice, Marine Sturtzer, connaît son sujet sur le bout des doigts.
La visite s’achève dans le jardin, très fleuri à la belle saison.
Pour prolonger l’expérience, la Maison Impressionniste suggère, à raison, de découvrir ensuite le chemin de halage et de grimper au sommet de la butte d’Orgemont, où trône toujours l’ancien moulin. Quatre chambres y ont été aménagées et un restaurant vous régale tout en offrant une vue panoramique sublime sur Paris.
Elle ne détient aucun original des 259 tableaux - dont plus de 156 consacrés aux paysages argenteuillais et surtout à la Seine, omniprésente - réalisés sur place par Monet, mais elle initie à l’univers du peintre et à son œuvre grâce à un parcours interactif et ludique - commenté en français et si besoin, en anglais - qui séduira aussi les familles avec enfants.
De pièce en pièce, le visiteur est invité à voir, à toucher, à sentir - l’essence de térébenthine de l’atelier du peintre mais aussi l’odeur de la Seine -, à ouvrir les placards, tiroirs et volets derrière lesquels se cachent de nombreuses reproductions numériques de toiles de Monet.
De petits films complètent l’ensemble. Et la médiatrice, Marine Sturtzer, connaît son sujet sur le bout des doigts.
La visite s’achève dans le jardin, très fleuri à la belle saison.
Pour prolonger l’expérience, la Maison Impressionniste suggère, à raison, de découvrir ensuite le chemin de halage et de grimper au sommet de la butte d’Orgemont, où trône toujours l’ancien moulin. Quatre chambres y ont été aménagées et un restaurant vous régale tout en offrant une vue panoramique sublime sur Paris.
A Vétheuil, avec les Hoschedé
Après Argenteuil, Monet fait un bref retour à Paris, puis retourne vivre à la campagne.
Pour faire des économies, le peintre, sa première femme Camille Doncieux et leurs deux enfants, Jean et Michel - qui vient de naître - s’installent en compagnie d’Ernest Hoschedé, de sa femme Alice et de leurs six enfants.
Ce riche importateur de textiles de luxe, par ailleurs collectionneur de peintures, notamment impressionnistes (il a été le premier acquéreur du célèbre « Impression, soleil levant » de Monet), vient alors de faire faillite et doit mener une vie plus sobre.
Les deux familles jettent leur dévolu sur Vétheuil, à 60 kilomètres de Paris, dans le Val d’Oise.
A l’époque, pour y arriver, il faut prendre le train jusqu’à Mantes-la-Jolie puis sauter dans une diligence. Aujourd’hui, il faut être motorisé pour rejoindre Vétheuil ou, à défaut, pédaler longuement sur la route des berges de la Seine ou marcher sur le Sentier de grande randonnée 2.
Les Monet-Hoschedé, accompagnés d’une cuisinière et d’une femme de chambre, louent une maison assez modeste au bord de la route des berges de la Seine, en contrebas d’une demeure nettement plus cossue qu’habiteront, bien plus tard, les artistes peintres Jean-Paul Riopelle et Joan Mitchell.
Pour faire des économies, le peintre, sa première femme Camille Doncieux et leurs deux enfants, Jean et Michel - qui vient de naître - s’installent en compagnie d’Ernest Hoschedé, de sa femme Alice et de leurs six enfants.
Ce riche importateur de textiles de luxe, par ailleurs collectionneur de peintures, notamment impressionnistes (il a été le premier acquéreur du célèbre « Impression, soleil levant » de Monet), vient alors de faire faillite et doit mener une vie plus sobre.
Les deux familles jettent leur dévolu sur Vétheuil, à 60 kilomètres de Paris, dans le Val d’Oise.
A l’époque, pour y arriver, il faut prendre le train jusqu’à Mantes-la-Jolie puis sauter dans une diligence. Aujourd’hui, il faut être motorisé pour rejoindre Vétheuil ou, à défaut, pédaler longuement sur la route des berges de la Seine ou marcher sur le Sentier de grande randonnée 2.
Les Monet-Hoschedé, accompagnés d’une cuisinière et d’une femme de chambre, louent une maison assez modeste au bord de la route des berges de la Seine, en contrebas d’une demeure nettement plus cossue qu’habiteront, bien plus tard, les artistes peintres Jean-Paul Riopelle et Joan Mitchell.
Vétheuil, un tournant dans la vie de Monet
Désormais propriété de la guide-conférencière Claire Vincent, cette maison de Vétheuil se visite (entrée : 6€).
Les pièces, coquettes mais peu nombreuses, sont si petites qu’on a du mal à imaginer comment 14 personnes ont pu y vivre !
Sur place, neuf panneaux explicatifs permettent de se faire une idée de la vie des deux familles et de l’importante production du peintre qui, pour compenser l’exigüité de la maison, travaille beaucoup sur son bateau-atelier ramené d'Argenteuil.
En trois ans, Monet réalise 200 peintures de Vétheuil et ses environs, presque autant qu’en sept ans, à Argenteuil.
Ce séjour marque un tournant dans sa vie. Arrivée sur place déjà malade, sa femme meurt en 1879. A trente-neuf ans, le voilà veuf avec deux jeunes garçons à élever. Par chance, soutenu par Alice Hoschedé qui veille désormais sur la maisonnée, il retrouve assez vite la force d’avancer.
« 1880 est une année charnière », insiste Claire Vincent. « Cette année-là, Monet décide d’augmenter ses prix, refuse de participer à la cinquième exposition du mouvement impressionniste, préférant tenter son retour au Salon officiel », dit-elle.
Le peintre pose aussi les bases d’une fructueuse collaboration avec le marchand d’art Paul Durand-Ruel et s’engage sur la voie de l’exposition personnelle, ce qui lui permettra d’affirmer peu à peu son indépendance artistique et financière.
La visite de Vétheuil complète agréablement celle de la maison. Ce charmant village, typique du Vexin français, se distingue toutefois par son imposante église : mêlant les styles roman, gothique et renaissance, elle est coiffée d’un admirable toit en petites tuiles vernissée à motifs.
Dans le cimetière, la tombe toute simple de Camille Doncieux-Monet est joliment fleurie. En contrebas, brillent les eaux de la Seine.
Les pièces, coquettes mais peu nombreuses, sont si petites qu’on a du mal à imaginer comment 14 personnes ont pu y vivre !
Sur place, neuf panneaux explicatifs permettent de se faire une idée de la vie des deux familles et de l’importante production du peintre qui, pour compenser l’exigüité de la maison, travaille beaucoup sur son bateau-atelier ramené d'Argenteuil.
En trois ans, Monet réalise 200 peintures de Vétheuil et ses environs, presque autant qu’en sept ans, à Argenteuil.
Ce séjour marque un tournant dans sa vie. Arrivée sur place déjà malade, sa femme meurt en 1879. A trente-neuf ans, le voilà veuf avec deux jeunes garçons à élever. Par chance, soutenu par Alice Hoschedé qui veille désormais sur la maisonnée, il retrouve assez vite la force d’avancer.
« 1880 est une année charnière », insiste Claire Vincent. « Cette année-là, Monet décide d’augmenter ses prix, refuse de participer à la cinquième exposition du mouvement impressionniste, préférant tenter son retour au Salon officiel », dit-elle.
Le peintre pose aussi les bases d’une fructueuse collaboration avec le marchand d’art Paul Durand-Ruel et s’engage sur la voie de l’exposition personnelle, ce qui lui permettra d’affirmer peu à peu son indépendance artistique et financière.
La visite de Vétheuil complète agréablement celle de la maison. Ce charmant village, typique du Vexin français, se distingue toutefois par son imposante église : mêlant les styles roman, gothique et renaissance, elle est coiffée d’un admirable toit en petites tuiles vernissée à motifs.
Dans le cimetière, la tombe toute simple de Camille Doncieux-Monet est joliment fleurie. En contrebas, brillent les eaux de la Seine.
Giverny, "capitale de l’impressionnisme"
La salle à manger jaune de la maison de Giverny, avec au mur de multiples estampes japonaises - Photo : PB
A Vétheuil, la situation financière de Monet restait très critique. Après un bref passage à Poissy, il trouve en 1883, à Giverny, dans l'Eure - à seulement 15 kilomètres de Vétheuil -, une maison à louer qu’il achètera par la suite.
Dès lors, sa carrière artistique et financière prendra un cours favorable.
Cette maison sera son port d’attache définitif puisqu’il y vivra 43 ans - la moitié de sa vie -, s’y remariera avec Alice Hoschedé devenue veuve à son tour, et y mourra, en 1926, en pleine gloire. C'est une étape indispensable pour bien se familiariser avec l’artiste.
Par chance, il est très facile de se rendre à Giverny car Normandie Tourisme et la Région Normandie ont placé les mobilités douces (train, navette, etc.) au cœur de leur stratégie de développement touristique, développant un Tarif Bas-Carbone.
Le TER Normandie s’arrête à Vernon. Avant de prendre, dans la cour de la gare, la navette (10€ l’aller-retour) qui, en dix minutes conduit à Giverny, un détour s’impose : dans le centre historique de Vernon, le musée Blanche Hoschedé-Monet expose une importante collection de paysages du Val de Seine signés par les artistes de la célèbre famille Hoschedé-Monet-Butler.
Ensuite, en quittant Vernon, on aperçoit en bord de Seine, le pittoresque Vieux Moulin immortalisé par Monet, toujours juché sur les arches d’un pont médiéval. Une belle campagne verdoyante et bucolique, ponctuée au printemps de pommiers en fleurs, conduit ensuite jusqu’à Giverny.
Lorsque Monet s’y installe, en 1883, c’est encore un simple village (279 hab.), vivant au rythme des saisons, bien loin de se douter de son destin de « capitale de l’impressionnisme ». C’est aujourd’hui un lieu de villégiature chic peuplé de belles maisons en pierre et brique, d’ateliers d’artistes, de galeries, de buvettes où se presse chaque année près d’un million de touristes venus du monde entier, curieux de voir où Monet a vécu et travaillé.
Dans la rue principale - baptisée Claude Monet -, l’ancien hôtel Baudy - il n’existait pas encore à l’arrivée du peintre - permet de déjeuner agréablement dans un cadre au charme d'antan avant de découvrir, dans son jardin, un atelier d’artistes resté dans son jus très XIXe.
Plus loin, à l’extrémité du bourg, au pied de l’église, le cimetière où repose Claude Monet.
Dès lors, sa carrière artistique et financière prendra un cours favorable.
Cette maison sera son port d’attache définitif puisqu’il y vivra 43 ans - la moitié de sa vie -, s’y remariera avec Alice Hoschedé devenue veuve à son tour, et y mourra, en 1926, en pleine gloire. C'est une étape indispensable pour bien se familiariser avec l’artiste.
Par chance, il est très facile de se rendre à Giverny car Normandie Tourisme et la Région Normandie ont placé les mobilités douces (train, navette, etc.) au cœur de leur stratégie de développement touristique, développant un Tarif Bas-Carbone.
Le TER Normandie s’arrête à Vernon. Avant de prendre, dans la cour de la gare, la navette (10€ l’aller-retour) qui, en dix minutes conduit à Giverny, un détour s’impose : dans le centre historique de Vernon, le musée Blanche Hoschedé-Monet expose une importante collection de paysages du Val de Seine signés par les artistes de la célèbre famille Hoschedé-Monet-Butler.
Ensuite, en quittant Vernon, on aperçoit en bord de Seine, le pittoresque Vieux Moulin immortalisé par Monet, toujours juché sur les arches d’un pont médiéval. Une belle campagne verdoyante et bucolique, ponctuée au printemps de pommiers en fleurs, conduit ensuite jusqu’à Giverny.
Lorsque Monet s’y installe, en 1883, c’est encore un simple village (279 hab.), vivant au rythme des saisons, bien loin de se douter de son destin de « capitale de l’impressionnisme ». C’est aujourd’hui un lieu de villégiature chic peuplé de belles maisons en pierre et brique, d’ateliers d’artistes, de galeries, de buvettes où se presse chaque année près d’un million de touristes venus du monde entier, curieux de voir où Monet a vécu et travaillé.
Dans la rue principale - baptisée Claude Monet -, l’ancien hôtel Baudy - il n’existait pas encore à l’arrivée du peintre - permet de déjeuner agréablement dans un cadre au charme d'antan avant de découvrir, dans son jardin, un atelier d’artistes resté dans son jus très XIXe.
Plus loin, à l’extrémité du bourg, au pied de l’église, le cimetière où repose Claude Monet.
A Giverny, la série des Nymphéas annonce l’abstraction
Si l’on prend la direction opposée, une queue souvent importante signale l’entrée de la Maison et des jardins de Monet.
Tout y semble d’époque. En réalité, après avoir été délaissée un temps, cette demeure et ses jardins, légués par Michel, le second fils du peintre, à l’Académie des Beaux-Arts, ont connu une belle renaissance dans les années 1970, grâce à Gérald Van der Kemp, ancien conservateur du château de Versailles, et à la générosité de mécènes américains.
Désormais, la véranda atelier, la salle à manger au décor jaune, la cuisine au vaste piano et aux murs couverts de céramiques bleues, les murs décorés d’estampes japonaises sont célèbres partout, tout comme les jardins qui sont parmi les plus photographiés au monde. Ils sont particulièrement beaux à la belle saison, lorsque se succèdent tulipes, iris, glycines, roses, pavots puis capucines et dahlias.
L’équipe de 12 jardiniers dirigée par Jean-Marie Avisart veille à que ces jardins « restent fidèle à l’esprit de Monet ».
A côté de la peinture, ils ont été la seconde passion de l’artiste qui, après avoir transformé le « Clos normand » autour de sa maison, avait acheté, en 1893, une pâture de l’autre côté de la route (on y accède désormais par un passage souterrain).
S’avisant qu’un ru longeait ce terrain, il y fit creuser un étang, ceinturé par une promenade piétonnière ponctuée de vivaces, d’iris, d’azalées, d’arbustes… À un bout, d’immenses glycines escaladent un pont japonais ; à l’autre, les longues branches d’un saule pleureur flirtent avec l’eau.
C’est sur cet étang que Monet a passé les dernières années de sa vie à capter les effets de lumière de ses célèbres Nymphéas, qui annoncent l'arrivée de l’abstraction.
Tout y semble d’époque. En réalité, après avoir été délaissée un temps, cette demeure et ses jardins, légués par Michel, le second fils du peintre, à l’Académie des Beaux-Arts, ont connu une belle renaissance dans les années 1970, grâce à Gérald Van der Kemp, ancien conservateur du château de Versailles, et à la générosité de mécènes américains.
Désormais, la véranda atelier, la salle à manger au décor jaune, la cuisine au vaste piano et aux murs couverts de céramiques bleues, les murs décorés d’estampes japonaises sont célèbres partout, tout comme les jardins qui sont parmi les plus photographiés au monde. Ils sont particulièrement beaux à la belle saison, lorsque se succèdent tulipes, iris, glycines, roses, pavots puis capucines et dahlias.
L’équipe de 12 jardiniers dirigée par Jean-Marie Avisart veille à que ces jardins « restent fidèle à l’esprit de Monet ».
A côté de la peinture, ils ont été la seconde passion de l’artiste qui, après avoir transformé le « Clos normand » autour de sa maison, avait acheté, en 1893, une pâture de l’autre côté de la route (on y accède désormais par un passage souterrain).
S’avisant qu’un ru longeait ce terrain, il y fit creuser un étang, ceinturé par une promenade piétonnière ponctuée de vivaces, d’iris, d’azalées, d’arbustes… À un bout, d’immenses glycines escaladent un pont japonais ; à l’autre, les longues branches d’un saule pleureur flirtent avec l’eau.
C’est sur cet étang que Monet a passé les dernières années de sa vie à capter les effets de lumière de ses célèbres Nymphéas, qui annoncent l'arrivée de l’abstraction.
Au Musée des Impressionnismes, les débuts de Monet à Giverny
Ce « Bras de Seine à Giverny », conservé au Musée Marmottan à Paris, figure dans l'exposition du Musée des Impressionnismes - Photo : PB
A Giverny, Monet a mené une vie familiale animée, recevant ses nombreux amis, parmi lesquels Georges Clemenceau, les peintres impressionnistes et la colonie d’artistes américains installés dans le village.
Cela explique qu’en 1992, à Giverny, se soit installé un Musée d'Art Américain auquel a succédé, en 2009, un Musée des Impressionnismes.
Ce musée qui organise de nombreux événements (concours photos, déjeuner sur l’herbe le 5 juillet, chasse au trésor, atelier tapisserie, conférences, lectures...) à l'occasion du centenaire de la mort de Monet, consacre aussi une passionnante exposition consacrée aux premières années (1883-1890) de l’artiste à Giverny.
Si l'Autoportrait de Monet coiffé d'un béret est emblématique, la plupart des 26 peintures présentées sont peu, voire pas connues car conservées dans des collections privées. Elles reflètent les tâtonnements du peintre, son cheminement personnel et artistique qui, pendant ces « années fondatrices », commence à aborder des sujets qui le rendront vraiment célèbre : peupliers, saules, champs de coquelicots, Seine et Epte, fleurs et meules de foin.
A Giverny, Monet commence à expérimenter les séries. C’est dans le pré situé alors à l’emplacement du Musée des Impressionnismes qu’il a réalisé celle des meules de foin qui se métamorphosent selon l’ensoleillement et les heures.
Cela explique qu’en 1992, à Giverny, se soit installé un Musée d'Art Américain auquel a succédé, en 2009, un Musée des Impressionnismes.
Ce musée qui organise de nombreux événements (concours photos, déjeuner sur l’herbe le 5 juillet, chasse au trésor, atelier tapisserie, conférences, lectures...) à l'occasion du centenaire de la mort de Monet, consacre aussi une passionnante exposition consacrée aux premières années (1883-1890) de l’artiste à Giverny.
Si l'Autoportrait de Monet coiffé d'un béret est emblématique, la plupart des 26 peintures présentées sont peu, voire pas connues car conservées dans des collections privées. Elles reflètent les tâtonnements du peintre, son cheminement personnel et artistique qui, pendant ces « années fondatrices », commence à aborder des sujets qui le rendront vraiment célèbre : peupliers, saules, champs de coquelicots, Seine et Epte, fleurs et meules de foin.
A Giverny, Monet commence à expérimenter les séries. C’est dans le pré situé alors à l’emplacement du Musée des Impressionnismes qu’il a réalisé celle des meules de foin qui se métamorphosent selon l’ensoleillement et les heures.
Rouen, ville méconnue
Pour finir, cap sur Rouen. Sa visite s'impose d'autant plus qu'elle tient une place à part dans ce berceau de l'impressionnisme qu'est la Normandie.
Rouen a, cependant, bien d'autres atouts. Si le Gros-Horloge, juché sur une arche, accolée au beffroi, lui sert d'emblème, cette ville s'enorgueillit, à bon droit, des très belles maisons à pans de bois - il y en a 2000 ! - qui peuplent encore son centre historique.
Indissociable de Jeanne d’Arc qui y a été jugée et brûlée sur le bûcher en 1431, la capitale de la Normandie est également la ville du dramaturge Pierre Corneille (4, rue de la Pie), dont la maison natale, rénovée, rouvrira le 6 juin.
Elle est aussi celle de Flaubert, auquel rend hommage un hôtel littéraire (33 rue du Vieux Palais) qui invite à la lecture et à la rêverie.
Rouen est aussi une destination idéale pour les amateurs de bonne chère. Sur la place du Vieux Marché se trouve, depuis 1345, « La Couronne ».
C'est la plus vieille auberge de France ! Elle sert, entre autres spécialités, le « canard au sang ». C'est une recette d'exception mais aussi un cérémonial !
Les aiguillettes du palmipède rôti sont découpées devant les convives par un « Maître canardier » qui écrase ensuite la carcasse, coupée en plusieurs morceaux, dans une énorme presse en argent. Le sang recueilli est mélangé à la sauce au vin de Beaune et aux épices.
Lieu devenu mythique, « La Couronne » se distingue aussi par son savoureux menu, « Les Saveurs Impressionnistes » (56€), inspiré des carnets de cuisine de Claude Monet, qui était un fin gourmet et familier de Rouen.
Rouen a, cependant, bien d'autres atouts. Si le Gros-Horloge, juché sur une arche, accolée au beffroi, lui sert d'emblème, cette ville s'enorgueillit, à bon droit, des très belles maisons à pans de bois - il y en a 2000 ! - qui peuplent encore son centre historique.
Indissociable de Jeanne d’Arc qui y a été jugée et brûlée sur le bûcher en 1431, la capitale de la Normandie est également la ville du dramaturge Pierre Corneille (4, rue de la Pie), dont la maison natale, rénovée, rouvrira le 6 juin.
Elle est aussi celle de Flaubert, auquel rend hommage un hôtel littéraire (33 rue du Vieux Palais) qui invite à la lecture et à la rêverie.
Rouen est aussi une destination idéale pour les amateurs de bonne chère. Sur la place du Vieux Marché se trouve, depuis 1345, « La Couronne ».
C'est la plus vieille auberge de France ! Elle sert, entre autres spécialités, le « canard au sang ». C'est une recette d'exception mais aussi un cérémonial !
Les aiguillettes du palmipède rôti sont découpées devant les convives par un « Maître canardier » qui écrase ensuite la carcasse, coupée en plusieurs morceaux, dans une énorme presse en argent. Le sang recueilli est mélangé à la sauce au vin de Beaune et aux épices.
Lieu devenu mythique, « La Couronne » se distingue aussi par son savoureux menu, « Les Saveurs Impressionnistes » (56€), inspiré des carnets de cuisine de Claude Monet, qui était un fin gourmet et familier de Rouen.
A Rouen, la série des cathédrales
Cette vue générale de Rouen peinte par Monet depuis la colline Sainte-Catherine est conservée au musée des Beaux-Arts de Rouen - Photo : PB
Tout près de Rouen travaillait son frère, Léon Monet, à la fois à la fois chimiste en couleurs, industriel et collectionneur d’art.
Claude Monet y est venu souvent. Il y a réalisé l'une de ses plus importantes séries, consacrée à l’admirable dentelle de pierre de la façade de la cathédrale Notre-Dame qui est la plus haute de France ! Entre 1892 et 1894, il l'a peinte 28 fois, à toutes heures du jour et par tous temps.
Monet se postait, en face de la cathédrale, au premier étage du magasin de « nouveautés » aménagé par Fernand Levy dans l’ancien Bureau des finances. Ces locaux où s’est installé, par la suite, l’Office de tourisme de Rouen, sont en travaux. Un Centre d’interprétation de Claude Monet y ouvrira, mais seulement en 2028.
Cela n'empêche pas Rouen de marquer avec éclat le centenaire de la disparition de Monet en organisant sorties à vélo, visites guidées, rallye jeu sur le thème des impressionnistes, projections sur la façade de la cathédrale d’une interprétation contemporaine des nymphéas réalisée par une artiste japonaise.
Claude Monet y est venu souvent. Il y a réalisé l'une de ses plus importantes séries, consacrée à l’admirable dentelle de pierre de la façade de la cathédrale Notre-Dame qui est la plus haute de France ! Entre 1892 et 1894, il l'a peinte 28 fois, à toutes heures du jour et par tous temps.
Monet se postait, en face de la cathédrale, au premier étage du magasin de « nouveautés » aménagé par Fernand Levy dans l’ancien Bureau des finances. Ces locaux où s’est installé, par la suite, l’Office de tourisme de Rouen, sont en travaux. Un Centre d’interprétation de Claude Monet y ouvrira, mais seulement en 2028.
Cela n'empêche pas Rouen de marquer avec éclat le centenaire de la disparition de Monet en organisant sorties à vélo, visites guidées, rallye jeu sur le thème des impressionnistes, projections sur la façade de la cathédrale d’une interprétation contemporaine des nymphéas réalisée par une artiste japonaise.
A Rouen, l’impressionnante collection du Musée des Beaux-Arts
Hors Paris, le Musée des Beaux-Arts de Rouen abrite l'une des plus belles collections impressionniste de France - Photo : PB
Claude Monet, Alfred Sisley, Camille Pissarro, Paul Gauguin... tous ont fait escale à Rouen et dans ses alentours.
Les boucles de la Seine où est lovée la ville les attiraient tout particulièrement. Pour le rappeler, cinq consoles explicatives ont été dispersées dans Rouen : près de la cathédrale, près du pont Boildieu, etc.
Une partie de leurs chefs-d’œuvre - dont une façade de la cathédrale, de Monet - sont exposées (au deuxième étage) du Musée des Beaux-Arts de Rouen où la donation de François Depeaux (1909) y a établi la première collection impressionniste de France hors de Paris.
Ce musée fait aussi honneur aux deux prolifiques « Ecoles de Rouen », incarnées par les artistes locaux (Charles Angrand, Joseph Lelattre, Charles Frechon et Léon-Jules Lemaître puis, un peu plus tard, Robert Pinchon, Albert Lebourg, etc.) qui, à la fin du XIXe, se mirent à peindre « à la parisienne ».
Dans les chefs-d'œuvre exposés, la Seine a souvent la part belle. Un fleuve décidément indissociable de l’aventure impressionniste.
Les boucles de la Seine où est lovée la ville les attiraient tout particulièrement. Pour le rappeler, cinq consoles explicatives ont été dispersées dans Rouen : près de la cathédrale, près du pont Boildieu, etc.
Une partie de leurs chefs-d’œuvre - dont une façade de la cathédrale, de Monet - sont exposées (au deuxième étage) du Musée des Beaux-Arts de Rouen où la donation de François Depeaux (1909) y a établi la première collection impressionniste de France hors de Paris.
Ce musée fait aussi honneur aux deux prolifiques « Ecoles de Rouen », incarnées par les artistes locaux (Charles Angrand, Joseph Lelattre, Charles Frechon et Léon-Jules Lemaître puis, un peu plus tard, Robert Pinchon, Albert Lebourg, etc.) qui, à la fin du XIXe, se mirent à peindre « à la parisienne ».
Dans les chefs-d'œuvre exposés, la Seine a souvent la part belle. Un fleuve décidément indissociable de l’aventure impressionniste.
Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Paula Boyer





























