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Ciel ouvert africain : deux ans après, le projet toujours en bout de piste

Malgré la croissance prévue



Alors que le marché aérien africain est promis à la plus forte croissance mondiale, le fameux ciel ouvert commun ne parvient toujours pas à se mettre en place, deux années après son lancement officiel.


Rédigé par le Dimanche 19 Janvier 2020

Certaines stratégies protectionnistes, comme au Sénégal, freinent toujours la mise en place du marché aérien unique en Afrique © Air Sénégal
Certaines stratégies protectionnistes, comme au Sénégal, freinent toujours la mise en place du marché aérien unique en Afrique © Air Sénégal
Un projet toujours planté en bout de piste. Deux années après son lancement officiel, le Mutaa, le marché aérien unique africain, n’a pas décollé malgré les nombreux espoirs qu’il nourrit.

A peine une trentaine de pays, sur les 54 que compte le continent, sont pour l’instant signataires d’un accord pas encore pleinement opérationnel.

Pour le moment, Afrique de l’Ouest en tête, beaucoup d'Etats préfèrent protéger leur ciel et leurs compagnies nationales et faire cavalier seul.

Intérêt national plutôt que continental

C’est par exemple le cas du Sénégal et de son nouveau porte-drapeau Air Sénégal, la jeune compagnie en plein développement.

Car l’exemple sénégalais est parlant. En tentant ce nouvel essai de compagnie nationale, le gouvernement a non seulement repris la main sur ses liaisons aériennes, mais n'hésite pas à mettre certaines compagnies, comme Corsair, à la porte pour pouvoir favoriser son transporteur maison.

Et le projet ne devrait pas s’arrêter là : après Barcelone et Marseille, Air Sénégal compte ouvrir cette année Londres, Genève, New York et Washington.

A écouter : la Chronique transports de RFI sur le ciel ouvert africain, dans laquelle nous intervenons

Un marché toujours amené à exploser

Pourtant, une entente commune ne pourrait que renforcer le ciel africain à l’avenir. Si aujourd’hui le continent ne compte que pour 3% du trafic aérien mondial, la marge de progression est exponentielle.

Le volume du trafic est toujours amené à doubler d’ici 15 ans pour atteindre 400 millions de pax, d’après l’Association internationale du transport aérien (IATA).

« L’Afrique est le futur de l’aviation. Quand le secteur mondial va doubler son trafic dans les années à venir, l’Afrique va le quadrupler.

Le potentiel du marché aérien est énorme. En superficie, l’Afrique peut contenir la Chine, les USA, l’Europe et l’Inde. Cela résume tout »
, lançait, enthousiaste, Tewolde GebreMariam, à la tête de la première compagnie du continent, Ethiopian Airlines, en novembre dernier.

En 2019, d’après les chiffres publiés en ce début d’année par ForwardKeys, le marché aérien africain a progressé de 7,5%, mené par les ajouts de capacité d’Ethiopian, d’Air China, de China Southern, Kenya Airways ou encore la Royal Air Maroc…

Et d’après la même étude, les prévisions de croissance sont encore plus imposantes dans un futur proche, l’Afrique se démarquant nettement des autres régions mondiales. Au 1er janvier 2020, les réservations sont déjà en hausse de 12,5% par rapport à l’année précédente.

Des coûts plus élevés

« Face aux compagnies aériennes européennes et du Golfe, les Etats d’Afrique ont tout intérêt à mettre en œuvre l’Opensky et à éviter de se livrer une concurrence souvent inutile et préjudiciable à une activité en forte croissance », résume un responsable politique togolais.

Un constat auquel viennent s’ajouter les mauvaises projections économiques dévoilées par IATA en décembre 2019.

D’après ces dernières, les transporteurs africains devraient enregistrer des pertes collectives de 200 millions de dollars en 2020, un chiffre similaire à celui de 2019.

En cause : les coûts d’exploitation, restriction de droits de trafics, taxes et autres redevances gouvernementales élevées car mises en place individuellement dans chaque Etat.

Et sans mise en place effective du Mutaa, nul doute que les marchés africains resteront aussi fragmentés.

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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