Entre la communication papier et la communication numérique, pas simple d'évaluer lequel a l'empreinte la plus élevée - DR : bank-phrom-unsplash
Aujourdâhui, on ne peut plus se passer du numĂ©rique. Ă lâinverse, le papier, lui, nâest plus indispensable. On le voit sâaccumuler dans les poubelles, ne pas ĂȘtre toujours (bien) recyclĂ©.
En revanche, on voit moins lâimpact du numĂ©rique, dont on nous dit quâil faut rĂ©duire le nombre de mails ou de piĂšces jointes.
Mais le papier est-il pour autant nĂ©faste, et le numĂ©rique est-il, de son cĂŽtĂ©, prĂ©fĂ©rable ? Doit-on privilĂ©gier l'un ou l'autre, voire remplacer lâun par lâautre ?
Se poser la question « papier ou numĂ©rique », câest se poser la question de lâanalyse du cycle de vie (ACV).
En quoi ça consiste ? Comme son nom lâindique, lâACV sâintĂ©resse Ă lâintĂ©gralitĂ© de la vie dâun produit, dâun service ou dâun procĂ©dĂ©.
Depuis lâutilisation de matiĂšres premiĂšres, la fabrication, la logistique et le stockage, jusquâĂ lâutilisation, le recyclage et enfin, la fin de vie du produit et sa destruction. Les mĂ©thodes de calculs de lâACV sont rĂ©gies par les normes ISO 14040 Ă 14043 depuis les annĂ©es 90.
Pour lâADEME, « lâanalyse du cycle de vie est l'outil le plus abouti en matiĂšre dâĂ©valuation globale et multicritĂšre des impacts environnementaux ».
Quel est le poids du papier versus celui du numérique et, pour une entreprise, comment changer les habitudes ?
En revanche, on voit moins lâimpact du numĂ©rique, dont on nous dit quâil faut rĂ©duire le nombre de mails ou de piĂšces jointes.
Mais le papier est-il pour autant nĂ©faste, et le numĂ©rique est-il, de son cĂŽtĂ©, prĂ©fĂ©rable ? Doit-on privilĂ©gier l'un ou l'autre, voire remplacer lâun par lâautre ?
Se poser la question « papier ou numĂ©rique », câest se poser la question de lâanalyse du cycle de vie (ACV).
En quoi ça consiste ? Comme son nom lâindique, lâACV sâintĂ©resse Ă lâintĂ©gralitĂ© de la vie dâun produit, dâun service ou dâun procĂ©dĂ©.
Depuis lâutilisation de matiĂšres premiĂšres, la fabrication, la logistique et le stockage, jusquâĂ lâutilisation, le recyclage et enfin, la fin de vie du produit et sa destruction. Les mĂ©thodes de calculs de lâACV sont rĂ©gies par les normes ISO 14040 Ă 14043 depuis les annĂ©es 90.
Pour lâADEME, « lâanalyse du cycle de vie est l'outil le plus abouti en matiĂšre dâĂ©valuation globale et multicritĂšre des impacts environnementaux ».
Quel est le poids du papier versus celui du numérique et, pour une entreprise, comment changer les habitudes ?
Le papier : une industrie trĂšs rĂ©glementĂ©e et des politiques RSE Ă lâoeuvre
Cependant, le papier nâest pas responsable de la dĂ©forestation, qui est surtout due Ă lâagriculture intensive et au prĂ©lĂšvement de bois exotiques pour lâameublement.
Lâindustrie est suffisamment surveillĂ©e et rĂ©glementĂ©e pour permettre de rĂ©duire considĂ©rablement son empreinte - du moins, en Europe : et lâACV du papier est relativement facile Ă tracer.
Ainsi, la majoritĂ© des papetiers est certifiĂ©e en gestion durable des forĂȘts, via les normes FSC ou PEFC. Ils doivent aussi rĂ©pondre Ă des normes environnementales strictes dans le recyclage des eaux usĂ©es.
Depuis lâextraction de la cellulose de la fibre de bois jusquâau blanchiment des feuilles, le papier est gourmand en eau. Mais lâobligation de recyclage des eaux usĂ©es permet Ă 90% des eaux prĂ©levĂ©es dâĂȘtre restituĂ©es dans les conditions environnementales dĂ©terminĂ©es par la loi - du moins en Europe.
RĂ©sultat : entre les annĂ©es 80 et 2014, lâindustrie du papier a rĂ©duit de 80% sa consommation dâeau, d'aprĂšs les conclusions de l'Ă©tude « Gestion de lâeau par les industriels » de Sylvie Nivelon, ingĂ©nieure en recherche au Centre technique du papier.
MĂȘme lâĂ©nergie nĂ©cessaire Ă la fabrication du papier est dĂ©sormais plutĂŽt bien gĂ©rĂ©e : 50% de lâĂ©nergie provient de la biomasse (rĂ©cupĂ©ration des dĂ©chets du bois) et certains sont dĂ©sormais en autosuffisance.
Un tableau quâil faut cependant moduler : « La pĂąte Ă papier qui entre dans la fabrication de ces papiers est une ressource mondialisĂ©e, au mĂȘme titre que le blĂ©, le maĂŻs ou le soja, explique le WWF dans un rapport rĂ©cent.
Elle se transporte partout dans le monde et les producteurs de papier en importent de partout. Un produit âFabriquĂ© en Franceâ ne garantit donc pas forcĂ©ment que la pĂąte Ă papier soit française.»
De plus, « les normes environnementales de qualité pour les usines de pùte à papier et les imprimeries, trÚs développées en Europe, ne le sont pas toujours autant ailleurs dans le monde ».
Ce sont les produits chimiques : colorants, vernis, rĂ©sines, impermĂ©abilisants ou biocides utilisĂ©s aprĂšs la coupe pour conserver la pĂąte (notamment lorsquâelle vient de loin) qui « coĂ»tent » le plus Ă lâindustrie. Le chlore pour le blanchiment est interdit en Europe, mais il est remplacĂ© par dâautres agents qui, sâils sont moins nocifs, ne sont pas anodins non plus. Enfin, les encres aussi utilisent des additifs, du pĂ©trole et du plastique pour des cartouches trop peu recyclĂ©es.
Le recyclage du papier rĂ©duit considĂ©rablement les dĂ©penses en eau, en Ă©nergie et en agents blanchissants. Un papier peut ĂȘtre recyclĂ© en moyenne 5 fois sans que la fibre ne soit abimĂ©e⊠Encore faut-il que les entreprises intĂšgrent le recyclage du papier et des cartouches dans leur politique RSE.
Elle se transporte partout dans le monde et les producteurs de papier en importent de partout. Un produit âFabriquĂ© en Franceâ ne garantit donc pas forcĂ©ment que la pĂąte Ă papier soit française.»
De plus, « les normes environnementales de qualité pour les usines de pùte à papier et les imprimeries, trÚs développées en Europe, ne le sont pas toujours autant ailleurs dans le monde ».
Ce sont les produits chimiques : colorants, vernis, rĂ©sines, impermĂ©abilisants ou biocides utilisĂ©s aprĂšs la coupe pour conserver la pĂąte (notamment lorsquâelle vient de loin) qui « coĂ»tent » le plus Ă lâindustrie. Le chlore pour le blanchiment est interdit en Europe, mais il est remplacĂ© par dâautres agents qui, sâils sont moins nocifs, ne sont pas anodins non plus. Enfin, les encres aussi utilisent des additifs, du pĂ©trole et du plastique pour des cartouches trop peu recyclĂ©es.
Le recyclage du papier rĂ©duit considĂ©rablement les dĂ©penses en eau, en Ă©nergie et en agents blanchissants. Un papier peut ĂȘtre recyclĂ© en moyenne 5 fois sans que la fibre ne soit abimĂ©e⊠Encore faut-il que les entreprises intĂšgrent le recyclage du papier et des cartouches dans leur politique RSE.
Le numérique : une empreinte environnementale et sociale en pleine croissance
Le numĂ©rique aussi a une empreinte. Il dĂ©pense de lâĂ©nergie, et pas quâun peu. Au global et selon les derniers rapports du GIEC, le numĂ©rique, câest 4 % des Ă©missions de gaz Ă effet de serre dans le monde (2.5 % en France).
En cause, la circulation et le stockage de nos donnĂ©es, dans une moindre mesure, lâĂ©nergie dĂ©pensĂ©e lors de lâusage, mais aussi et surtout les appareils (smartphones, Ă©crans, ordinateurs, datacenters...) qui reprĂ©sentent environ 80â% des dĂ©penses liĂ©es au numĂ©rique dans le monde (70 % en France).
Des chiffres qui sont appelĂ©s Ă augmenter avec la multiplication des usages, lâaugmentation du nombre dâutilisateurs et lâavancĂ©e des technologies.
La 5G, par exemple, rend, de fait, obsolĂštes les modĂšles de smartphones qui nâen sont pas Ă©quipĂ©s, mais aussi les infrastructures qui ne lui sont pas dĂ©diĂ©es. Plus rapide, elle augmente le nombre de donnĂ©es qui circulent et donc, dâĂ©nergie et de stockage.
En cause, la circulation et le stockage de nos donnĂ©es, dans une moindre mesure, lâĂ©nergie dĂ©pensĂ©e lors de lâusage, mais aussi et surtout les appareils (smartphones, Ă©crans, ordinateurs, datacenters...) qui reprĂ©sentent environ 80â% des dĂ©penses liĂ©es au numĂ©rique dans le monde (70 % en France).
Des chiffres qui sont appelĂ©s Ă augmenter avec la multiplication des usages, lâaugmentation du nombre dâutilisateurs et lâavancĂ©e des technologies.
La 5G, par exemple, rend, de fait, obsolĂštes les modĂšles de smartphones qui nâen sont pas Ă©quipĂ©s, mais aussi les infrastructures qui ne lui sont pas dĂ©diĂ©es. Plus rapide, elle augmente le nombre de donnĂ©es qui circulent et donc, dâĂ©nergie et de stockage.
« Selon le prĂ©-rapport de la mission dâinformation sur lâempreinte environnementale du numĂ©rique du SĂ©nat, les Ă©missions en GES du numĂ©rique pourrait augmenter de maniĂšre significative si rien nâest fait pour en rĂ©duire lâempreinte : + 60 % dâici Ă 2040, soit 6,7 % des Ă©missions de GES nationales » indique lâArcep (lâAutoritĂ© de rĂ©gulation des communications Ă©lectroniques des postes et de la distribution de la presse).
De son cĂŽtĂ©, Green IT, lâassociation de rĂ©fĂ©rence sur la question Ă©largit lâimpact du numĂ©rique.
Dans une Ă©tude sur lâĂ©volution des usages entre 2010 et 2025 lâassociation note une pression sur les sources dâeau douce (essentiellement dans la fabrication des Ă©quipements) et lâĂ©puisement des ressources en minerais.
Des donnĂ©es qui nous impactent directement : « Dâun point de vue social / sociĂ©tal, le quintuplement du poids du numĂ©rique en 15 ans ne peut quâaugmenter les tensions sur les matiĂšres premiĂšres et notamment renforcer le rĂŽle des minerais dans le financement des conflits armĂ©s en Afrique et en Asie, dâoĂč lâappellation de "minerais des conflits" ».
De son cĂŽtĂ©, Green IT, lâassociation de rĂ©fĂ©rence sur la question Ă©largit lâimpact du numĂ©rique.
Dans une Ă©tude sur lâĂ©volution des usages entre 2010 et 2025 lâassociation note une pression sur les sources dâeau douce (essentiellement dans la fabrication des Ă©quipements) et lâĂ©puisement des ressources en minerais.
Des donnĂ©es qui nous impactent directement : « Dâun point de vue social / sociĂ©tal, le quintuplement du poids du numĂ©rique en 15 ans ne peut quâaugmenter les tensions sur les matiĂšres premiĂšres et notamment renforcer le rĂŽle des minerais dans le financement des conflits armĂ©s en Afrique et en Asie, dâoĂč lâappellation de "minerais des conflits" ».
Un exemple concret pour la communication des entreprises
Alors quâelle dĂ©veloppe largement ses outils numĂ©riques, La Poste a voulu comparer de maniĂšre plus prĂ©cise les problĂ©matiques des entreprises pour leur communication.
Pour une Ă©tude comparative objective, elle sâest appuyĂ© sur Quantis, un cabinet de conseil en dĂ©veloppement durable indĂ©pendant, qui a travaillĂ© Ă partir des normes ISO de calcul de lâACV.
16 critĂšres ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s pour comparer 5 scĂ©narios (voir photos ci-dessous) dont les rĂ©sultats sont sans appel : lâempreinte environnementale et humaine de la solution numĂ©rique est plus forte que celle de la solution « print » dans 4 scĂ©narios sur 5.
Deux scĂ©narios pourraient concerner plus particuliĂšrement le tourisme, puisquâils concernent la crĂ©ation de catalogues.
Pour une Ă©tude comparative objective, elle sâest appuyĂ© sur Quantis, un cabinet de conseil en dĂ©veloppement durable indĂ©pendant, qui a travaillĂ© Ă partir des normes ISO de calcul de lâACV.
16 critĂšres ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s pour comparer 5 scĂ©narios (voir photos ci-dessous) dont les rĂ©sultats sont sans appel : lâempreinte environnementale et humaine de la solution numĂ©rique est plus forte que celle de la solution « print » dans 4 scĂ©narios sur 5.
Deux scĂ©narios pourraient concerner plus particuliĂšrement le tourisme, puisquâils concernent la crĂ©ation de catalogues.
Avec 13 indicateurs sur 16 favorables au papier, préférez un imprimé en format A5 de 16 pages sur un papier de qualité (grammage important) à un emailing (photo et texte court) renvoyant vers un site vitrine avec vidéos HD.
Avec 12 indicateurs sur 16 favorables au numérique, préférez un emailing (photo et texte court) renvoyant vers un e-shop sans vidéo à un catalogue en format A4 de 36 pages sur un papier au grammage trÚs fin.
Pour résumer : Pour un catalogue qui marque l'esprit, préférez le papier ; pour un catalogue à portée informative, préférez le numérique sans vidéo.
Pourquoi ne pas créer un support papier de qualité qui sera marquant, avec un QR code renvoyant vers une version en ligne de votre catalogue ?
Le choix vous revient !
Avec 12 indicateurs sur 16 favorables au numérique, préférez un emailing (photo et texte court) renvoyant vers un e-shop sans vidéo à un catalogue en format A4 de 36 pages sur un papier au grammage trÚs fin.
Pour résumer : Pour un catalogue qui marque l'esprit, préférez le papier ; pour un catalogue à portée informative, préférez le numérique sans vidéo.
Pourquoi ne pas créer un support papier de qualité qui sera marquant, avec un QR code renvoyant vers une version en ligne de votre catalogue ?
Le choix vous revient !
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Il existe des solutions toutes simples pour rĂ©duire lâimpact de votre communication, quâelle soit imprimĂ©e ou numĂ©rique. On vous livre quelques trucs et astuces dâĂ©coconception Ă mettre en place dans deux prochains articles !
A lire : Communication print : lâĂ©coconception pour les nuls đ
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