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Pass sanitaire obligatoire : "Nous avions raison avant l’heure..." affirme Thierry Orsoni (Club Med)

Interview de Thierry Orsoni, le responsable de la communication du Club Med



Après une saison hivernale totalement amputée par les décisions gouvernementales, le Club Med attaque avec appétit celle estivale. Alors qu’une quarantaine de villages vacances sur les 67 que possède le spécialiste français du tout inclus seront ouverts, le voilier maison (Club Med 2) vient gonfler les produits disponibles. Dans quel état se trouve le Club Med ? Comment ont été perçues les décisions gouvernementales ? Thierry Orsoni, le responsable de la communication du Club Med, fait un point sur la situation.


Rédigé par le Mercredi 14 Juillet 2021

Aides de l’Etat pour la montagne : "Pour nous le compte n’y est pas" selon Thierry Orsoni, le responsable de la communication du Club Med
Aides de l’Etat pour la montagne : "Pour nous le compte n’y est pas" selon Thierry Orsoni, le responsable de la communication du Club Med
TourMaG.com - L’été a débuté sous les meilleurs auspices pour les acteurs du tourisme, quelles sont les tendances pour le Club Med ?

Thierry Orsoni :
Elles sont similaires à l’ensemble de l’industrie.

Un peu en amont des annonces gouvernementales, annonçant le déconfinement, nous avions senti un réel frémissement.

Depuis l’activité est repartie sur un rythme très soutenu. Les réservations sont en très forte progression à 2 chiffres et dépassent largement celles de 2019. Toutefois ce ne sera pas suffisant pour rattraper le retard global. Un peu à l’image de nos confrères, nous observons que les clients réservent à la dernière minute.

Les séjours actuels ont été réservés il y a un mois. Nous sommes très contents, mais cela ne va pas permettre de rattraper le retard accumulé par rapport à 2019.

Le revenge travel est une réalité, nous l’avons vraiment constaté.

TourMaG.com - Selon vous, l’été est d’ores et déjà une réussite, par rapport au précédent ?

Thierry Orsoni :
Il est dans la foulée de celui de 2020, mais à une nuance près.

Après un long confinement, dans lequel les gens étaient dans l’incertitude la plus totale, sur les vacances estivales, ils ont cette fois eu des perspectives.

De plus, l'expérience de vacances qu'ils avaient pu vivre l'an dernier les a rassurés. Il y a une tendance marquée pour la montagne l’été.

Nous voulions avec le Club Med, depuis de nombreuses années, populariser cette destination durant les vacances estivales, comme une alternative au balnéaire.

Avec la pandémie, nous constatons une volonté très forte des clients pour se rendre à la montagne en famille, en raison de grands espaces, la nature préservée.

Dans l’ensemble, il y a une véritable envie de retrouver la capacité de vivre des vacances en liberté et en sécurité. Pour nous au Club Med, ce sont les vacances l’esprit libre.

Nous nous occupons de tout pour vos vacances, vous n’avez plus qu’à profiter du reste.

"Il y a un mois le gouvernement refusait que le Club Med demande le pass sanitaire à ses clients"

TourMaG.com - Nous sommes à bord du Club Med 2. Que donnent ses réservations, alors que sa saison sera grandement franco-française ?

Thierry Orsoni :
Il y avait une grande incertitude le concernant, en raison de la situation sanitaire.

Après c’est un bateau qui possède une clientèle très fidèle et impatiente de le voir reprendre la mer, après plus de 14 mois d’arrêt.

Nous avons rapidement décidé de ne voguer cet été qu'en Méditerranée, à cause des protocoles sanitaires et des réglementations.

Néanmoins, si cette première croisière correspond plutôt à une remise en route, dès la suivante le taux de remplissage sur la Corse est tout à fait conforme à nos espérances.


Il sera bien rempli cet été.

TourMaG.com - Les resorts du Club Med sont habituellement davantage occupés par une clientèle étrangère, celle française étant devenue minoritaire. Comment s’en sort l’entreprise sans les voyageurs étrangers ?

Thierry Orsoni :
Vous savez, habituellement durant les vacances estivales les Français sont très présents.

Après il y a un effet lié aux restrictions sanitaires et comme l'a souhaité le gouvernement l’été sera tricolore, même si nous avons quelques clients européens qui se déplaceront.

Ce n’est pas nécessairement pénalisant pour nous, car il y a un phénomène de vases communicants. Les Français qui habituellement partaient loin, resteront en France cette année.

Nous remarquons un véritable engouement pour les vacances, au Club Med cet été.

TourMaG.com - Pour aborder l’actualité chaude du moment dans l’industrie. Le gouvernement a décidé de généraliser le pass sanitaire aux restaurants et bars. Comment jugez-vous cette mesure ?

Thierry Orsoni :
Nous percevons cette décision avec le sentiment que nous avions raison avant l’heure...

Il y a plus d’un mois, notre président Henri Giscard d’Estaing avait annoncé que le Club Med envisageait de demander à ses clients de présenter soit une preuve de vaccination, soit un test PCR négatif de moins de 48h.

Nous avions appelé ça un passeport sanitaire, mais la réponse du gouvernement par la voix d’un des secrétaires d’Etat avait alors répondu qu’il n’était pas question de prévoir cela.

Sous la pression d’une situation sanitaire très changeante, l’exécutif a fait évoluer sa position. Nous sommes d’autant plus enclins à le mettre en place que nous proposions déjà de le faire, il y a plus d’un mois.


Nous l’avons mis en place dans des pays extérieurs à la France, sans que cela ne pose de problème. Nos clients à qui nous le recommandons, n’y voient aucun souci particulier.

Notre volonté est d’assurer à notre clientèle, mais aussi à nos salariés, des conditions sanitaires rassurantes. Pour nous, le pass sanitaire est un outil qui va dans ce sens-là.

Club Med : "Nous avons récupéré environ 360 M€ à la fois en PGE et de prêts de Fosun"

TourMaG.com - Votre position est singulière. Vos confrères se plaignent grandement de cette décision brutale. Même si nul ne connait pour le moment les applications. Donc, pour vous le pass sanitaire n’est pas un frein ou une difficulté de plus ?

Thierry Orsoni :
Comme vous le dites, nous ne connaissons pas toutes les dispositions et nous sommes dans l’attente.

Nous sommes prêts, car nous nous y étions préparés. Pour nous c’est aussi une force pour la destination France.

De l’extérieur cela rend notre pays plus attractif, en raison de mesures sanitaires fortes.

TourMaG.com - Dans quel état financier ressort le Club, après 16 mois d’une crise sans précédent ?

Thierry Orsoni :
Nous n’allons pas le cacher. Comme tous les autres acteurs, nous avons subi très fortement l’impact de la crise.

Comme le dit si bien Henri Giscard d'Estaing, cette crise est la mère de toutes les crises. Pourtant, nous en avons connu dans notre histoire.

Il faut aussi remettre ce phénomène dans son contexte, puisque la stratégie de montée en gamme portait ses fruits, en janvier et février 2020, nous avons réalisé les meilleurs mois de notre histoire, aussi bien en revenus qu’en chiffre d’affaires.

Nous sommes entrés dans la crise dans des positions solides, mais aussi avec un business-modèle auquel nous croyons.

L’an dernier nous avons perdu 50% de notre chiffre d’affaires et le manque à gagner de cet hiver, en l’absence des remontées mécaniques et donc du ski, est évalué à 260 millions.

Heureusement, nous avons réagi très fort et rapidement.

Dans le même temps, nous avons pu profiter des dispositifs mis en place par le gouvernement pour soutenir l’industrie, nous l’en remercions.

Au niveau des aides étatiques qui sont des prêts, pas des subventions, nous avons récupéré environ 360 millions d’euros à la fois en PGE et de la part de notre actionnaire.

Nous devrons rembourser tous ces prêts, dans le même temps, nous avons réduit nos coûts fixes de 40%, via une négociation de nos loyers de nos resorts. Nous n'avons fait aucun PSE.


Nous ne ressortirons pas de cette crise en meilleur état que nous y sommes entrés, mais plus forts. Nous avons la certitude que le rebond est réel.

Nous avons les moyens de surmonter cette crise, sans nuire à la qualité de notre produit.

Aides de l’Etat pour la montagne : "Pour nous le compte n’y est pas"

TourMaG.com - Où en êtes-vous de vos investissements ? Le Club Med maintient-il son développement soutenu ?

Thierry Orsoni :
Nous avons continué à investir pour ouvrir de nouveaux villages et nous continuerons de le faire. L’année 2021 est assez symbolique, car nous allons ouvrir 4 resorts.

La Rosière qui devait ouvrir au moment de la saison du ski, les Seychelles en mars 2021, puis nous allons ouvrir un resort dans le Hunan en Chine, et à la fin de l’année celui du Québec au Canada.

Entre 2021 et 2023, nous aurons 16 nouveaux villages. Je peux vous dire que c’est bien parti, pour atteindre cet objectif.

A Tignes, nous avons commencé un nouveau chantier, à Val-d’Isère l’établissement va passer en Exclusive Collection, donc la gamme la plus haut de gamme.

TourMaG.com - Le gouvernement a-t-il été à la hauteur de ses engagements ?

Thierry Orsoni :
Nous avons toujours une attente vis-à-vis du Gouvernement en ce qui concerne la montagne.

Nous aimerions qu’il applique aux hébergeurs ce qu’il a mis en place pour les remontées mécaniques. Nous souhaitons une égalité de traitement pour l’ensemble des acteurs.

Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas été indemnisés par rapport au préjudice qui a été causé par la non-ouverture de nos resorts cet hiver.

Le manque à gagner est évalué à 260 millions d’euros.

Nous considérons que l’indemnisation pour assumer cette non ouverture devrait se situer à hauteur de 80 millions d’euros.


Le Gouvernement nous promet au maximum 10 millions d’euros, puisque l’Europe plafonne les interventions étatiques dans les entreprises privées. Pour nous, le compte n’y est pas.

Nous considérons que le traitement n’est pas juste et égalitaire.

"Ils réfléchissent à ce qu’ils feront, en dehors de la Chine et UK, pour Thomas Cook"

TourMaG.com - Nous sommes sur le Club Med 2. Après un débat interne, vous avez décidé de repartir pour 10 ans, avec ce produit atypique dans le secteur de la croisière. Du fait de sa spécificité, auriez-vous des envies de faire grossir la flotte ?

Thierry Orsoni :
C’est un produit unique.

Aujourd’hui, faire grossir la flotte n’est pas d’actualité. La situation dans laquelle se trouve le secteur nous pousse à être très prudents.

Nous sommes focalisés sur ce que nous devons faire sur ce bateau pour l’améliorer.

C’est une super nouvelle de repartir, pour une dizaine d’années, sur un bateau qui sera quasiment neuf dans quelques mois.

Nous verrons pour la suite.

TourMaG.com - Au niveau de la distribution, le Club Med a fait un grand ménage ces derniers mois. Les contrats avec des réseaux ont été rompus, des agences ont perdu leurs corners, dans le même temps vous avez resserré vos liens avec Havas. Vous désengagez-vous de la distribution ?

Thierry Orsoni :
Il faut rappeler qu’au travers notre propre réseau d’agences et notre site, nous contrôlons 60% de notre distribution. Nous ne sommes pas du tout fermés à des collaborations.

Nous voulons des partenaires qui choisissent de travailler avec le Club Med et à qui nous donnons les moyens de travailler.

Nous avons 1 100 agences partenaires, auxquelles nous avons adressé un nouvel outil : Club Med Travel Agents.

Dessus elles trouvent plus facilement nos informations, elles ont un contact privilégié, mais peuvent aussi réserver plus facilement ou encore bénéficier de formation.

Le Club Med est un produit qui se vend facilement à condition de bien le connaître.

TourMaG.com - Fosun a-t-il donné des engagements au Club Med ?

Thierry Orsoni :
Ils nous ont soutenus et nous soutiennent.

Je sais qu’il y a un profond attachement de Fosun au Club Med. Dans le même temps, Fosun s’est engagé à nous soutenir durant la crise, ce qui a conforté les banques, dans le cadre de nos PGE.

En Chine, nous faisons les choses ensemble. Lorsque Fosun Tourism Group investit dans des grands espaces, systématiquement un Club Med sera implanté.

En tant que vice-président de Fosun Tourism Group, Henri Giscard d’Estaing est associé à toutes les décisions.

Quand Fosun a racheté la marque Thomas Cook il était intégré à la réflexion pour développer la marque en Chine et au Royaume-Uni.

Ils réfléchissent à ce qu’ils feront ailleurs pour le site internet Thomas Cook.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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