Uune majorité d’acheteurs et de travel managers anticipent une hausse franche des volumes de déplacements, faisant de la maîtrise des coûts la priorité absolue pour 2026 - Depositphotos.com, violetkaipa
Après une année 2025 dynamique, marquée par la reprise des déplacements professionnels, une majorité d’acheteurs et de travel managers anticipent une hausse franche des volumes de déplacements, faisant de la maîtrise des coûts la priorité absolue pour 2026.
Mais le discours a évolué : il ne s’agit plus seulement de réduire, mais d’optimiser.
Pour les groupes très internationalisés, la reprise est avant tout le reflet de l’activité. « Les volumes de déplacements augmentent. Ce sont des hausses mécaniques liées aux projets, notamment à l’international, souligne Loïc Simon, Category Manager chez Bouygues Construction Purchasing.
Quand on a des chantiers en Asie, en Australie ou aux États-Unis, on doit faire voyager des équipes d’experts. On sait que l’on va dépenser plus, donc l’enjeu est de dépenser intelligemment. La massification des volumes et la coordination entre entités nous permettent d’aller chercher de vrais leviers de négociation. »
Pour Amal Sahoul-Pignault, Global Lead Buyer Travel chez ArcelorMittal, la réponse passe par la consolidation et les partenariats globaux : « La maîtrise des coûts passe par la consolidation de nos volumes, le renforcement des partenariats et un travail très poussé sur les programmes hôteliers et aériens, même si certaines régions restent extrêmement inflationnistes. »
Mais au-delà du coût, d’autres priorités s’imposent. « La sécurité est devenue un enjeu majeur, dans un contexte géopolitique très instable, rappelle Rocio Escudero, Global Travel Manager ACC et responsable de la délégation régionale de l’AFTM en Nouvelle-Aquitaine.
Il ne suffit plus de localiser les collaborateurs : il faut des plans de crise, les tester, et être prêts à réagir à tout moment. »
Mais le discours a évolué : il ne s’agit plus seulement de réduire, mais d’optimiser.
Pour les groupes très internationalisés, la reprise est avant tout le reflet de l’activité. « Les volumes de déplacements augmentent. Ce sont des hausses mécaniques liées aux projets, notamment à l’international, souligne Loïc Simon, Category Manager chez Bouygues Construction Purchasing.
Quand on a des chantiers en Asie, en Australie ou aux États-Unis, on doit faire voyager des équipes d’experts. On sait que l’on va dépenser plus, donc l’enjeu est de dépenser intelligemment. La massification des volumes et la coordination entre entités nous permettent d’aller chercher de vrais leviers de négociation. »
Pour Amal Sahoul-Pignault, Global Lead Buyer Travel chez ArcelorMittal, la réponse passe par la consolidation et les partenariats globaux : « La maîtrise des coûts passe par la consolidation de nos volumes, le renforcement des partenariats et un travail très poussé sur les programmes hôteliers et aériens, même si certaines régions restent extrêmement inflationnistes. »
Mais au-delà du coût, d’autres priorités s’imposent. « La sécurité est devenue un enjeu majeur, dans un contexte géopolitique très instable, rappelle Rocio Escudero, Global Travel Manager ACC et responsable de la délégation régionale de l’AFTM en Nouvelle-Aquitaine.
Il ne suffit plus de localiser les collaborateurs : il faut des plans de crise, les tester, et être prêts à réagir à tout moment. »
Un marché en pleine consolidation qui questionne les acheteurs
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La consolidation rapide du marché des TMC, OBT et solutions expense alimente de nombreuses interrogations.
Si la solidité financière des grands acteurs est rassurante, la réduction du choix inquiète.
Après le rachat de CWT, AMEX GBT annonçait en octobre 2025 se rapprocher de SAP Concur pour le développement d’une solution commune baptisée Complete.
« Avoir des acteurs trop gros peut donner un sentiment de sécurité, mais le risque, c’est d’être enfermé dans un écosystème fermé, alerte Loïc Simon. À terme, on peut se retrouver avec des solutions imposées, moins de concurrence et moins de capacité à challenger. »
A lire aussi : Amex GBT, Marietton, ATPI : les dessous de la consolidation dans le voyage d'affaires
Esther Landier, global category leader mobility chez Ipsen, qui travaille avec BCD sur le travel et Concur sur l’expense, partage cette vigilance : « La question que l’on se pose aujourd’hui, c’est de savoir si demain on aura encore le choix de la TMC et de l’OBT, ou si l’on devra choisir des duos intégrés. »
Dans ce contexte, les évolutions de feuille de route et l’impact réel de ces rapprochements sur l’expérience collaborateur sont suivis de près.
Si la solidité financière des grands acteurs est rassurante, la réduction du choix inquiète.
Après le rachat de CWT, AMEX GBT annonçait en octobre 2025 se rapprocher de SAP Concur pour le développement d’une solution commune baptisée Complete.
« Avoir des acteurs trop gros peut donner un sentiment de sécurité, mais le risque, c’est d’être enfermé dans un écosystème fermé, alerte Loïc Simon. À terme, on peut se retrouver avec des solutions imposées, moins de concurrence et moins de capacité à challenger. »
A lire aussi : Amex GBT, Marietton, ATPI : les dessous de la consolidation dans le voyage d'affaires
Esther Landier, global category leader mobility chez Ipsen, qui travaille avec BCD sur le travel et Concur sur l’expense, partage cette vigilance : « La question que l’on se pose aujourd’hui, c’est de savoir si demain on aura encore le choix de la TMC et de l’OBT, ou si l’on devra choisir des duos intégrés. »
Dans ce contexte, les évolutions de feuille de route et l’impact réel de ces rapprochements sur l’expérience collaborateur sont suivis de près.
Néo-TMC : des acteurs encore jeunes, mais de plus en plus crédibles
Longtemps cantonnées aux PME, les néo-TMC gagnent progressivement en crédibilité auprès des grands comptes. Leur principal atout : l’agilité.
« Aujourd’hui, je ne les trouve pas encore dimensionnées pour un groupe comme le nôtre, mais ce n’est pas une raison pour les exclure, affirme Loïc Simon. Leur évolution est exponentielle. Ce sont des trublions, et c’est sain pour le marché. »
Même approche chez Ipsen. « C’est aussi notre rôle d’acheteur d’avoir une veille marché, explique Esther Landier. Ils sont disruptifs, proposent de nouveaux business models et remettent en question certaines pratiques historiques. »
Amal Sahoul-Pignault va plus loin : « Lors de notre prochain appel d’offres, ces acteurs feront clairement partie des candidats. D’ici quelques années, ils auront atteint un niveau de maturité comparable aux agences traditionnelles. »
« Aujourd’hui, je ne les trouve pas encore dimensionnées pour un groupe comme le nôtre, mais ce n’est pas une raison pour les exclure, affirme Loïc Simon. Leur évolution est exponentielle. Ce sont des trublions, et c’est sain pour le marché. »
Même approche chez Ipsen. « C’est aussi notre rôle d’acheteur d’avoir une veille marché, explique Esther Landier. Ils sont disruptifs, proposent de nouveaux business models et remettent en question certaines pratiques historiques. »
Amal Sahoul-Pignault va plus loin : « Lors de notre prochain appel d’offres, ces acteurs feront clairement partie des candidats. D’ici quelques années, ils auront atteint un niveau de maturité comparable aux agences traditionnelles. »
IA : un potentiel fort, mais encore trop de promesses
L’intelligence artificielle s’impose comme un sujet central dans le business travel, mais les travel managers restent prudents. Tous reconnaissent le potentiel, mais attendent des applications concrètes.
« Pour moi, l’IA doit être un outil, pas une solution miracle, insiste Loïc Simon, de Bouygues. Je veux comprendre comment elle est paramétrée et ce qu’elle apporte réellement aux voyageurs. Pour l’instant, c’est encore une promesse. »
Même réserve pour Esther Landier : « Nous ne voulons pas d’un simple chatbot amélioré. L’IA doit vraiment simplifier la complexité, notamment sur les tarifs hôteliers, et accompagner le collaborateur tout au long de son parcours. »
Pour Rocio Escudero, l’enjeu est aussi interne. « L’intégration de l’IA doit aussi venir des clients. Elle doit nous aider à nous concentrer sur la valeur ajoutée. »
Autre attente clé : la data. « L’IA est attendue pour consolider, fiabiliser et rendre enfin lisible l’ensemble de nos données », complète Esther Landier.
« Pour moi, l’IA doit être un outil, pas une solution miracle, insiste Loïc Simon, de Bouygues. Je veux comprendre comment elle est paramétrée et ce qu’elle apporte réellement aux voyageurs. Pour l’instant, c’est encore une promesse. »
Même réserve pour Esther Landier : « Nous ne voulons pas d’un simple chatbot amélioré. L’IA doit vraiment simplifier la complexité, notamment sur les tarifs hôteliers, et accompagner le collaborateur tout au long de son parcours. »
Pour Rocio Escudero, l’enjeu est aussi interne. « L’intégration de l’IA doit aussi venir des clients. Elle doit nous aider à nous concentrer sur la valeur ajoutée. »
Autre attente clé : la data. « L’IA est attendue pour consolider, fiabiliser et rendre enfin lisible l’ensemble de nos données », complète Esther Landier.
Géopolitique : un nouveau facteur de complexité
Côté géopolitique, le durcissement annoncé de l’ ESTA, avec la possible obligation de fournir des historiques de réseaux sociaux pour entrer aux États-Unis, cristallise les inquiétudes.
« Cela pose des questions majeures de protection des données personnelles et de conformité au RGPD », alerte Esther Landier, qui s’inquiète également de « l’allongement des délais de traitement et, potentiellement, des refus d’entrée sur le territoire. »
Même les entreprises majoritairement orientées vers des déplacements domestiques ne sont pas épargnées. « La géopolitique a un impact indirect sur nos programmes voyages, car beaucoup de nos fournisseurs sont américains.
Il y a une pression sur les prix ou encore le climat social, nous sommes tous concernés, à des degrés différents », conclut Rocio Escudero.
« Cela pose des questions majeures de protection des données personnelles et de conformité au RGPD », alerte Esther Landier, qui s’inquiète également de « l’allongement des délais de traitement et, potentiellement, des refus d’entrée sur le territoire. »
Même les entreprises majoritairement orientées vers des déplacements domestiques ne sont pas épargnées. « La géopolitique a un impact indirect sur nos programmes voyages, car beaucoup de nos fournisseurs sont américains.
Il y a une pression sur les prix ou encore le climat social, nous sommes tous concernés, à des degrés différents », conclut Rocio Escudero.






Publié par Caroline Lelievre 












