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Voyages Guilloux : l’autocariste qui crée un réseau d’agences de voyages... en 2026 !

Voyages Guilloux a ouvert trois agences en six mois


Les autocaristes ont décidé de faire des agences de voyages leur nouveau terrain de jeu. Après avoir conquis les routes et les groupes en France, ces acteurs se développent de plus en plus dans la distribution. À l’instar de VIC Transport, Fouché Travel ou encore Chauchard Évasion ces dernières années, l’autocariste Guilloux a créé une nouvelle société, "Voyages Guilloux", et ouvert trois agences en l’espace de quelques mois. Rencontre avec Adrien Guilloux, représentant de la 3e génération de dirigeants du même nom.


Rédigé par le Jeudi 4 Juin 2026 à 07:36

Voyages Guilloux : le chiffre d'affaires a été muliplié par six depuis 2020 - Crédit photo : Guilloux Voyages
Voyages Guilloux : le chiffre d'affaires a été muliplié par six depuis 2020 - Crédit photo : Guilloux Voyages
Il a été sportif de haut niveau, décrochant même des médailles nationales et internationales en judo.

Au-delà de son physique, celui d’un athlète de haut niveau ayant concouru dans la catégorie des moins de 100 kilos, Adrien Guilloux marque les professionnels du tourisme par son discours authentique et sans ambages.

Ce n’est pas tout, car le fier représentant de la 3e génération Guilloux à la tête de l’autocariste a décidé de marquer son mandat de son empreinte.

Il a pris le parti de suivre les réussites de ses concurrents, à l’image des Borini, Voyages Bentz, VIC Transport ou encore Fouché Travel, qui ont dernièrement investi dans la distribution en ouvrant ou en faisant l’acquisition d’agences de voyages.

"Nous gérons l’entreprise familiale avec mon frère et l’un de mes cousins.

Je suis président d’une nouvelle société qui s’appelle Voyages Guilloux, fondée en octobre 2025, qui regroupe l’activité des agences de voyages, groupes et tourisme d’affaires.

Il faut savoir que l’activité de distribution est récente chez nous, car elle date de janvier 2026. Nous vendions des voyages en avion mais qui étaient revendus par des tour-opérateurs et des groupistes, nous n'étions pas maitre de notre distribution.

Puis, en début d’année, nous avons ouvert nos propres agences de voyages
", nous raconte Adrien Guilloux.

Voyages Guilloux : un mini-réseau en construction

Et si la brochure a toujours fait partie des rendez-vous importants pour l’autocariste, il n’a jamais totalement assumé cette activité de distribution touristique.

Puis le passage de relais de la 2e à la 3e génération a aussi été l’occasion de marquer le coup.

"Nous avions déjà plein de demandes.

Avec mon frère et mon cousin, nous avons repris les rênes de l’entreprise à la sortie du Covid, en 2022. Nous avons énormément développé toute la partie transport, nous devions maintenant le faire sur le tourisme.

Nous avions tenté de récupérer les agences Jacqueson, qui se trouvent à 200 mètres de notre siège. Cela ne s’est pas fait, mais cela n’a rien changé à notre envie
", nous explique le dirigeant.

Ainsi, au lieu de partir d’un mini-réseau existant, les trois trentenaires décident de partir de zéro.

Il y avait bien le point de vente de Rethel, dans les Ardennes, situé dans le siège social de l’entreprise, qui vendait depuis trente ans des groupes aux CSE, aux agences de voyages du coin et des GIR, mais pas de loisirs en BtoC.

S’en est suivie l’ouverture de Vitry-les-Reims et de Châlons-en-Champagne.


"Nous sommes franchisés Havas Voyages agence de moyens depuis janvier dernier.

En fait, nous avions une activité tourisme avec nos groupes qui n’a cessé de grandir. Elle est passée de 800 000 à 6 millions d’euros depuis 2021. Nous voulons maintenant, avec nos agences, poursuivre et asseoir ce développement.

Notre objectif premier est de pérenniser ce qui a été mis en place, car nous les avons ouvertes quasiment en pleine crise. Pour le moment, ça se passe plutôt pas mal.

Puis, par la suite, nous voulons étendre le maillage, donc en ouvrir d’autres. Nous n’avons pas la velléité d’être partout en France, seulement dans notre bassin d’origine.

Nous aimerions développer les ventes de tour-opérateurs et le sur-mesure, car nous avons maintenant une petite équipe qui connaît bien ce métier
", fixe comme cap le jeune patron.

Une dynamique positive qui a permis de faire voyager plus de 12 000 personnes en 2025.

Voyages Guilloux : "Nous sommes allés visiter Richou Voyages, Salaün et Buchard"

Elles sont désormais quatre, en plus de l'encadrement, à assurer le fonctionnement de cette nouvelle entité et des agences de voyages.

Et avant de voir plus loin, quant à de prochaines ouvertures, Adrien Guilloux doit digérer ce lancement, en plus dans un contexte de crise psychologique des voyageurs et de tensions géopolitiques.

Mais alors, comment lance-t-on une nouvelle activité en 2026 ?

"Les cars, nous savons comment les remplir.

Il est intéressant de découvrir un nouveau domaine, c’est stimulant pour les équipes et l’encadrement. Nous passons par la coopérative Havas et nous utilisons ses services, mais notre enseigne reste à notre nom.

Pour tout vous dire, nous avons suivi les conseils de Richou Voyages.


Nous sommes allés visiter leurs bureaux pour comprendre le système mis en place et assurer ce développement. D’ailleurs, nous avons visité beaucoup d’entreprises du secteur avant de nous lancer.

Nous avons rendu visite à des confrères, comme Salaün ou Buchard Autocars, en Suisse. Nous avions ciblé des entreprises familiales qui ont bien réussi dans cette activité, pour en connaître les forces et les faiblesses
", poursuit le président de Voyages Guilloux.

Ce n’est pas de l’espionnage industriel, mais plutôt des voyages d’études, pour se faire la main et prendre les bonnes décisions.

Comme quoi, la grande famille du tourisme ou du moins des autocaristes existe vraiment encore, même en 2026.

D’ailleurs, la visite chez son confrère suisse et en Bretagne a permis de nouer des contacts et d’ouvrir des portes afin de travailler ensemble.

Le choix des locaux, comme pour certains des autocaristes historiques, pour acceuillir les nouvelles agences répondent à un cahier des charges.

Ils se situent en périphérie de grandes villes, afin de bénéficier d’un accès facile et d’un parking fermé permettant d’embarquer les clients en direction des aéroports locaux ou directement à bord des bus de l’entreprise pour partir en voyage.

Voyages Guilloux : "Nous avons fait du mimétisme"

"Comme dans le sport de haut niveau, nous avons fait du mimétisme, en regardant ce qui se faisait de mieux ailleurs et en le reproduisant à notre manière.

Nous avons structuré nos équipes pour affronter ce développement. Nous avons créé la société et staffé en conséquence, puis nous nous appuyons sur des équipes rodées et sur Aurélien Garnotel, notre responsable des ventes.

Je pense que nous sommes une entreprise avec des valeurs. Nous n’avons pas fait d’école de commerce, nous avons les valeurs que nous ont inculquées nos parents et le sport de haut niveau.

Nous nous fixons des objectifs, nous nous battons pour les atteindre et nous sommes soudés
", nous livre celui qui est aussi président d’un club professionnel de judo dans sa région.

Et s’il a repris la destinée familiale à la sortie du Covid, Adrien Guilloux a mené de front durant des années son travail dans l’entreprise de ses parents et sa carrière dans le judo.

Tout comme son frère, il a arpenté les dojos de France et de l’étranger, pour mener à bien son rêve de gloire sur les tatamis. Celui-ci prend fin au cours de l’année 2019.

La transition s’est donc faite tout naturellement.

"b[Nous avons baigné dedans depuis tout petits. Nous nettoyions les cars quand nous étions jeunes enfants. Après, je suis rentré officiellement dans la société à 21 ans, donc cela fait 16 ans.

J’étais chauffeur pendant de longues années, cela m’arrive encore de dépanner.

Par le passé, nous n’avions pas le temps de reprendre la société, ni de nous investir à 100 % du fait de notre carrière, mais nous étions intégrés et nous observions.

Nous avons pu être des sportifs de haut niveau grâce à l’entreprise familiale, car nous ne pouvions pas vraiment vivre de cette passion]i", remercie-t-il.

Voyages Guilloux : le chiffre d’affaires a été multiplié par six depuis 2020

Et comme tout amateur de sport, Adrien Guilloux aime les défis.

L’autocariste, spécialisé dans le loisir, ne dessert aucune ligne conventionnée. Il possède une quarantaine de salariés et 18 autocars, mais aussi quelques navettes. Ce n’est pas un géant du secteur, mais une entreprise locale qui compte.

"Il est un peu plus rare d’être orienté seulement tourisme en 2026.

Après, nous avons réalisé de grandes opérations, comme avec France Judo et le Grand Chelem de Paris, ou encore les 1 800 chirurgiens de France qui sont partis quatre jours en Belgique pour manifester.

Nous avons connu une très forte croissance ces dernières années. Nous sommes passés de six cars en 2020 à 18 aujourd’hui, et le chiffre d’affaires a été multiplié par six.

Nous devons d’abord structurer pour absorber la croissance, qui a été rendue possible parce que l’entreprise a été bien gérée
", se félicite-t-il.

Trois nouveaux appareils ont été réceptionnés ces derniers jours. Dans ce secteur, bien des acteurs ont éprouvé des difficultés durant la crise sanitaire. Malgré tout, ils sont nombreux à se montrer ambitieux, notamment en ouvrant des agences de voyages.

Et comme chez ses confrères, c’est avant tout une histoire de famille. L’entreprise, qui était une auto-école, a été créée en 1959 par ses grands-parents, avant de devenir une école de formation pour tous les permis. Ils achèteront leur premier car de tourisme en 1983.

La deuxième génération a développé les voyages linguistiques et les voyages de groupes, à la faveur du père, d’un oncle et d’une tante d’Adrien.

"Ma grand-mère a arrêté de travailler à 85 ans, il y a tout juste quatre ans. Mon père se charge toujours des devis et roule encore, mon oncle s’occupe des formations pour les poids lourds, puis ma tante est à l’auto-école.

Il n’y a rien de facile, il faut se battre, mais quand il a fallu repartir après le Covid, la trésorerie était là. Nous avons pu repartir plus fort.

Nous sommes nés sous une bonne étoile.
La génération avant nous a fait du bon travail, elle a géré l’entreprise en bon père de famille et nous allons tâcher de faire de même
"", conclut Adrien Guilloux.


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