Elles se sont fait désirer.
Attendues pour lâĂ©tĂ© 2022, ce nâest quâen janvier 2023 que le premier Boeing 777- 300ER dotĂ© des toutes derniĂšres cabines de voyage long-courrier dâAir France sâest envolĂ© de Paris-Charles de Gaulle vers New York-JFK.
Depuis, le planning de rĂ©amĂ©nagement de ses 12 Boeing 777 de la flotte long-courrier dâAir France se poursuit pour permettre dâoffrir progressivement plus de vols Ă©quipĂ©s de nouvelles cabines.
New York, Rio de Janeiro et Dakar sont les trois premiÚres destinations qui en bénéficient actuellement pour ensuite élargir le réseau. Shanghai sera la quatriÚme destination.
Cinq avions sont prĂ©vus dâĂȘtre modifiĂ©s dans les installations industrielles dâAir France sur la zone de maintenance dâOrly Nord, prĂ©cisĂ©ment au Hangar HN3 ou nous ont accueilli Jacques Montmayeur, Responsable des Chantiers Sud, VP Base Maintenance ORLY et Frederic Roi, DĂ©cideur opĂ©rationnel Chantiers sud Orly.
Attendues pour lâĂ©tĂ© 2022, ce nâest quâen janvier 2023 que le premier Boeing 777- 300ER dotĂ© des toutes derniĂšres cabines de voyage long-courrier dâAir France sâest envolĂ© de Paris-Charles de Gaulle vers New York-JFK.
Depuis, le planning de rĂ©amĂ©nagement de ses 12 Boeing 777 de la flotte long-courrier dâAir France se poursuit pour permettre dâoffrir progressivement plus de vols Ă©quipĂ©s de nouvelles cabines.
New York, Rio de Janeiro et Dakar sont les trois premiÚres destinations qui en bénéficient actuellement pour ensuite élargir le réseau. Shanghai sera la quatriÚme destination.
Cinq avions sont prĂ©vus dâĂȘtre modifiĂ©s dans les installations industrielles dâAir France sur la zone de maintenance dâOrly Nord, prĂ©cisĂ©ment au Hangar HN3 ou nous ont accueilli Jacques Montmayeur, Responsable des Chantiers Sud, VP Base Maintenance ORLY et Frederic Roi, DĂ©cideur opĂ©rationnel Chantiers sud Orly.
Montée en gamme
Quelques mois avant lâĂ©pidĂ©mie du Covid, Ben Smith le PDG dâAir France â KLM avait confirmĂ© dans un courrier aux salariĂ©s « faire clairement le choix d'orienter notre stratĂ©gie sur le segment "premium"». Un choix qui semble ĂȘtre le bon puisquâau sortir de la crise, la Premium Economy dâAir France rencontre un grand succĂšs auprĂšs des passagers.
Véritable cash machine sur certaines routes pour la compagnie française, ces douze avions verront le nombre de siÚges Premium Economy doubler dans leur nouvelle configuration.
Ainsi les cabines offriront une classe « affaires » avec 48 siÚges, une Premium Economy qui passe de 24 à 48 siÚges et une classe économique plus réduite, à 273 siÚges.
Lire aussi : Air France : découvrez les nouvelles cabines long-courriers
Nouveaux siĂšges, avec aussi un nouveau systĂšme de divertissements et une nouvelle harmonie dans la cabine et notamment lâintĂ©gration de lâhippocampe (« la crevette » comme on dit aussi), cher Ă Ben Smith et intĂ©grĂ© dans les siĂšges et les parois.
i["Câest une affirmation de la marque. Le "grand patron" y est trĂšs attachĂ©, mais câest aussi notre cas. Jâai la crevette attachĂ©e en moi et nous sommes beaucoup Ă travailler dans cet esprit-là »] nous confiait Frederic Roi.
15 000 heures de main-dâĆuvre
Lâavion que nous visitons aujourdâhui, le F-GZNT est peint aux couleurs de lâalliance Skyteam, Ă©clipsant quelque peu le logo AF.
« Le changement des siĂšges et de la configuration cabine sont associĂ©s ici Ă une visite de maintenance lourde. Un chantier qui va nĂ©cessiter une immobilisation de 7 semaines avec 13000 heures de main-dâĆuvre pour les changements de siĂšges et 2000 pour la partie mĂ©canique ». nous a prĂ©cisĂ© Jacques Montmayeur.
Changer les siĂšges et la configuration dâun avion comme le B777 sont une opĂ©ration complexe.
Avant le chantier et trĂšs en amont, le dĂ©partement conception basĂ© Ă Roissy va se mettre au travail en mode projet pour rĂ©aliser les plans et la certification. Câest un savoir-faire prĂ©cis pour lequel Air France a reçu une approbation.
Cette phase se fait « main dans la main » avec le constructeur, Boeing en lâoccurrence, ainsi que les fabricants de siĂšges et ceux qui fournissent les Ă©crans et les divertissements Ă bord.
« Lâavion que nous rĂ©cupĂ©rons dans ce hangar est donc prĂȘt Ă ĂȘtre modifiĂ© selon un programme approuvĂ© et comprenant lâapprovisionnement des piĂšces en temps et en heure » explique Jacques Montmayeur.
Lâobjectif est de finir lâensemble des douze avions sur lâannĂ©e 2023. Un vrai dĂ©fi pour les Ă©quipes dâAir France, car pour pouvoir bien dĂ©rouler les chantiers, il est important dâavoir toutes les piĂšces en temps et en heure.
b[Or la pĂ©riode post-covid rend plus difficile « la supply chain », lâapprovisionnement de lâensemble des piĂšces nĂ©cessaires. Câest un problĂšme au niveau mondial avec encore cette annĂ©e quelques complications. ]b
« Le changement des siĂšges et de la configuration cabine sont associĂ©s ici Ă une visite de maintenance lourde. Un chantier qui va nĂ©cessiter une immobilisation de 7 semaines avec 13000 heures de main-dâĆuvre pour les changements de siĂšges et 2000 pour la partie mĂ©canique ». nous a prĂ©cisĂ© Jacques Montmayeur.
Changer les siĂšges et la configuration dâun avion comme le B777 sont une opĂ©ration complexe.
Avant le chantier et trĂšs en amont, le dĂ©partement conception basĂ© Ă Roissy va se mettre au travail en mode projet pour rĂ©aliser les plans et la certification. Câest un savoir-faire prĂ©cis pour lequel Air France a reçu une approbation.
Cette phase se fait « main dans la main » avec le constructeur, Boeing en lâoccurrence, ainsi que les fabricants de siĂšges et ceux qui fournissent les Ă©crans et les divertissements Ă bord.
« Lâavion que nous rĂ©cupĂ©rons dans ce hangar est donc prĂȘt Ă ĂȘtre modifiĂ© selon un programme approuvĂ© et comprenant lâapprovisionnement des piĂšces en temps et en heure » explique Jacques Montmayeur.
Lâobjectif est de finir lâensemble des douze avions sur lâannĂ©e 2023. Un vrai dĂ©fi pour les Ă©quipes dâAir France, car pour pouvoir bien dĂ©rouler les chantiers, il est important dâavoir toutes les piĂšces en temps et en heure.
b[Or la pĂ©riode post-covid rend plus difficile « la supply chain », lâapprovisionnement de lâensemble des piĂšces nĂ©cessaires. Câest un problĂšme au niveau mondial avec encore cette annĂ©e quelques complications. ]b
OpĂ©ration Ă cĆur ouvert
Vidés de ses siÚges, cloisons nues et démontées pour pouvoir refaire passer le cùblage, les 350 mÚtres carrés du Boeing sont investis par une armée de mécaniciens.
On a quelquefois lâimpression dâune fourmiliĂšre, mais chacun Ă une tĂąche prĂ©cise Ă effectuer grĂące Ă une « carte de travail ».
Ce sont des mĂ©caniciens aĂ©ronautiques avec des spĂ©cialitĂ©s et des compĂ©tences diffĂ©rentes et particuliĂšres comme la structure, les composites ou lâĂ©lectricitĂ©.
Chacun dâeux se voit remettre avant chaque vacation, la clĂ© dâune boite Ă outils dont ils sont responsables. Un inventaire des outils, tous numĂ©rotĂ©s, doit ĂȘtre fait avant et aprĂšs.
Comme lors dâune opĂ©ration chirurgicale, on veut ĂȘtre sĂ»r quâaucun instrument nâa Ă©tĂ© oubliĂ© quelque part dans les entrailles du gĂ©ant.
Avec aussi des assistants de maintenance chargĂ©s dâamener le matĂ©riel aux techniciens, lâanalogie avec une salle dâopĂ©ration Ă cĆur ouvert est tentante.
On a quelquefois lâimpression dâune fourmiliĂšre, mais chacun Ă une tĂąche prĂ©cise Ă effectuer grĂące Ă une « carte de travail ».
Ce sont des mĂ©caniciens aĂ©ronautiques avec des spĂ©cialitĂ©s et des compĂ©tences diffĂ©rentes et particuliĂšres comme la structure, les composites ou lâĂ©lectricitĂ©.
Chacun dâeux se voit remettre avant chaque vacation, la clĂ© dâune boite Ă outils dont ils sont responsables. Un inventaire des outils, tous numĂ©rotĂ©s, doit ĂȘtre fait avant et aprĂšs.
Comme lors dâune opĂ©ration chirurgicale, on veut ĂȘtre sĂ»r quâaucun instrument nâa Ă©tĂ© oubliĂ© quelque part dans les entrailles du gĂ©ant.
Avec aussi des assistants de maintenance chargĂ©s dâamener le matĂ©riel aux techniciens, lâanalogie avec une salle dâopĂ©ration Ă cĆur ouvert est tentante.
Ne pas vendre du rĂȘve Ă nos commerciaux
Jacques Montmayeur,(à droite) Responsable des Chantiers Sud, VP Base Maintenance ORLY et Frederic Roi, Décideur opérationnel Chantiers sud Orly.Photo C.Hardin
LâopĂ©ration est longue et durera plusieurs semaines, de jour comme de nuit avec des Ă©quipes qui tournent en 3/8.
« On ne peut pas avoir une coactivitĂ© trop forte » prĂ©cise Frederic Roi. « dans la cabine il est difficile de mettre 100 personnes en mĂȘme temps ».
Il faut donc bien ordonnancer les tĂąches et le quota dâheures en dĂ©finissant un chemin critique et en prenant en compte les contraintes. Celles par exemple qui limitent le rythme des tests Ă©lectriques qui ne peuvent se faire que depuis le poste de pilotage et les uns aprĂšs les autres.
MĂȘme avec une organisation prĂ©cise et bien rodĂ©e, des impondĂ©rables peuvent toujours ralentir les travaux.
« On en tient compte dans la prĂ©vision de remise en service de lâavion pour ne pas vendre du rĂȘve Ă nos commerciaux » expliquent Frederic Roi et Jacques Montmayeur.
Cependant, au fur et Ă mesure que la date prĂ©vue de remise en service de lâavion se rapproche, il faut savoir gĂ©rer la pression. « Une certaine charge mentale « comme lâappellent pudiquement les responsables du chantier.
« On ne peut pas avoir une coactivitĂ© trop forte » prĂ©cise Frederic Roi. « dans la cabine il est difficile de mettre 100 personnes en mĂȘme temps ».
Il faut donc bien ordonnancer les tĂąches et le quota dâheures en dĂ©finissant un chemin critique et en prenant en compte les contraintes. Celles par exemple qui limitent le rythme des tests Ă©lectriques qui ne peuvent se faire que depuis le poste de pilotage et les uns aprĂšs les autres.
MĂȘme avec une organisation prĂ©cise et bien rodĂ©e, des impondĂ©rables peuvent toujours ralentir les travaux.
« On en tient compte dans la prĂ©vision de remise en service de lâavion pour ne pas vendre du rĂȘve Ă nos commerciaux » expliquent Frederic Roi et Jacques Montmayeur.
Cependant, au fur et Ă mesure que la date prĂ©vue de remise en service de lâavion se rapproche, il faut savoir gĂ©rer la pression. « Une certaine charge mentale « comme lâappellent pudiquement les responsables du chantier.
Ă quatre pattes sur le plancherâŠ
Une rigueur qui fait se mettre ces techniciens bien souvent Ă quatre pattes sur le plancher. Photo C.Hardin
Dans lâavion, tout semble cependant aller bon train. Nous assistons Ă la pose du premier siĂšge business.
Poser un siÚge comme celui-ci dans un 777 cela veut dire le fixer au sol, le cùbler et poser également les cloisons coulissantes.
Un travail dâune grande prĂ©cision qui va prendre environ une heure. Trois personnes vont intervenir, celui qui va monter le siĂšge sur le rail, celui qui va le vĂ©rifier et le contrĂŽleur qui valide la bonne valeur du torquage, une opĂ©ration pour contrĂŽler la conformitĂ© du serrage et de la fixation au plancher de tous les Ă©lĂ©ments.
Une rigueur qui fait se mettre ces techniciens bien souvent à quatre pattes sur le plancher, plans et instructions de montage en main pour vérifier au millimÚtre prÚs la bonne réalisation des travaux.
MĂȘme mĂ©ticulositĂ© pour lâensemble des 369 siĂšges de cette nouvelle cabine, mais aussi pour les racks Ă bagages, les meubles, les cloisons, les offices, les 350 mÂČ carrĂ©s de moquette et les 5 kilomĂštres de cĂąbles.
Autre mission des Ă©quipes techniques : limiter le poids de lâavion. MĂȘme si dans sa version finale le nombre de siĂšges diminue Ă bord (369 places contre 381 auparavant), la densification des classes Business et Premium Economy avec des siĂšges plus volumineux a tendance Ă alourdir lâappareil.
LĂ aussi, grĂące Ă un travail mĂ©ticuleux pour retirer tout ce qui peut lâĂȘtre et aussi des matĂ©riaux toujours plus lĂ©gers Ă robustesse Ă©gale, la prise de poids se limitera Ă 500 kilos pour cet avion qui avoisine les 300 tonnes.
Poser un siÚge comme celui-ci dans un 777 cela veut dire le fixer au sol, le cùbler et poser également les cloisons coulissantes.
Un travail dâune grande prĂ©cision qui va prendre environ une heure. Trois personnes vont intervenir, celui qui va monter le siĂšge sur le rail, celui qui va le vĂ©rifier et le contrĂŽleur qui valide la bonne valeur du torquage, une opĂ©ration pour contrĂŽler la conformitĂ© du serrage et de la fixation au plancher de tous les Ă©lĂ©ments.
Une rigueur qui fait se mettre ces techniciens bien souvent à quatre pattes sur le plancher, plans et instructions de montage en main pour vérifier au millimÚtre prÚs la bonne réalisation des travaux.
MĂȘme mĂ©ticulositĂ© pour lâensemble des 369 siĂšges de cette nouvelle cabine, mais aussi pour les racks Ă bagages, les meubles, les cloisons, les offices, les 350 mÂČ carrĂ©s de moquette et les 5 kilomĂštres de cĂąbles.
Autre mission des Ă©quipes techniques : limiter le poids de lâavion. MĂȘme si dans sa version finale le nombre de siĂšges diminue Ă bord (369 places contre 381 auparavant), la densification des classes Business et Premium Economy avec des siĂšges plus volumineux a tendance Ă alourdir lâappareil.
LĂ aussi, grĂące Ă un travail mĂ©ticuleux pour retirer tout ce qui peut lâĂȘtre et aussi des matĂ©riaux toujours plus lĂ©gers Ă robustesse Ă©gale, la prise de poids se limitera Ă 500 kilos pour cet avion qui avoisine les 300 tonnes.
Préparer les prochaines évolutions
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Le chantier du F-GZNT prendra fin dâici une quinzaine de jours avec une toute nouvelle cabine. Moonlighting, concept « cocon », intimitĂ©, grand Ă©cran... sont les tendances du moment. Mais dĂ©jĂ , les services de marketing sont Ă lâĂ©coute des retours clients pour prĂ©parer et anticiper les prochaines Ă©volutions.
b["Nous partons pour 5 annĂ©es Ă lâissue desquelles nous devrons encore faire Ă©voluer nos cabines"]b nous prĂ©cise Jacques Montmayeur.
Dâici lĂ les chantiers de transformation des appareils vont se succĂ©der tout au long de lâannĂ©e. « Et on embauche ! » ajoute Jacques Montmayeur. « Principalement des apprentis, notre levier de recrutement numĂ©ro un ».
b["Nous partons pour 5 annĂ©es Ă lâissue desquelles nous devrons encore faire Ă©voluer nos cabines"]b nous prĂ©cise Jacques Montmayeur.
Dâici lĂ les chantiers de transformation des appareils vont se succĂ©der tout au long de lâannĂ©e. « Et on embauche ! » ajoute Jacques Montmayeur. « Principalement des apprentis, notre levier de recrutement numĂ©ro un ».
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