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Autocars : les conducteurs en surchauffe ?

Étonnant, non ?



Ils mènent des autocars mais ne font pas tous le même métier. Entre conducteurs de grand tourisme, de lignes régulières ou de transports urbains, le quotidien diffère. Pourtant, on a l'impression que le job ne passionne plus autant qu'avant...


Rédigé par le Lundi 3 Juin 2019

Il est souvent compliqué pour un conducteur de tourisme de troquer sa casquette pour faire du transport de point à point - DR : DepositPhotos, IgorVetushko
Il est souvent compliqué pour un conducteur de tourisme de troquer sa casquette pour faire du transport de point à point - DR : DepositPhotos, IgorVetushko
Depuis que les "cars Macron" ont fait leur apparition dans le paysage autoroutier français, on entend régulièrement des faits divers à propos de leurs conducteurs.

Il y a celui qui, perdu entre Nantes et Paris, a préféré démissionner tout de go, abandonnant l'autocar et une quarantaine de passagers à son bord.

Ou encore ceux qui, ne tenant pas bien "leurs comptes", oublie un passager sur l'aire d'autoroute.

Ou bien celui qui, suite à un accident, ne peut pas poursuivre la route avec l'ensemble des passagers et doit en laisser une quinzaine rentrer par leurs propres moyens...

Des conducteurs sous pression ?

Pas tous, semblerait-il : tout dépend de l'autocariste qui sous-traite pour le compte de Flixbus et autres Ouibus.

LIRE AUSSI : Les conditions de travail des chauffeurs ont un train de retard

La vocation se perdrait-elle ?

Mais même quand tout va bien, il est souvent compliqué pour un conducteur de tourisme de troquer sa casquette pour faire du transport de point à point.

Entre la pression des horaires et l'absence de relations avec la clientèle, qui ne vient pas pour faire du tourisme, mais pour effectuer une liaison, le quotidien peut se révéler bien morne.

Et pourtant, de son côté, le grand tourisme peine également à recruter !

Les jeunes conducteurs n'ont, semble-t-il, plus les mêmes attentes que les anciennes générations, nous confiait récemment un autocariste. "La famille a pris une place plus importante pour eux, ils sont réticents à partir loin, à travailler les week-ends..."

Alors que les besoins sont là, les conditions de salaire ne seraient-elles pas assez motivantes ? Le boulot peu enrichissant ?

Dans un tout autre registre, l'accident survenu la semaine dernière entre un automobiliste et un conducteur de la compagnie touristique City SightSeeing interpelle autant qu'il choque.

Après une vive altercation sur un quai embouteillé de Paris, ce dernier aurait écrasé le conducteur de la voiture contre un autre autocar. Il a été mis en examen pour homicide volontaire, puis écroué.

L'enquête est en cours, mais on se demande bien ce qui a poussé cet homme à commettre un tel acte... Car en plus de risquer une condamnation pour meurtre, il semblerait que la société pour laquelle il travaille ne soit pas autorisée à exercer dans la capitale.

LIRE aussi : Automobiliste écrasé par un bus à Paris: Dans un environnement juridique flou, chacun se renvoie la balle

Mais ceci est une autre histoire...

Anaïs Borios Publié par Anaïs Borios Journaliste - TourMaG.com
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1.Posté par Mickaël le 03/11/2019 14:39 | Alerter
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Bonjour à tous,

Tout d’abord, je tiens à adresser mes condoléances les plus sincères à la famille de la victime, cet homme âgé de 55 ans qui a perdu la vie écrasé sous les roues de l’autocar utilisé comme une arme par destination à Paris en mai dernier. Paix à son âme et que Dieu lui accorde sa miséricorde et l’agréé auprès de Lui.

Aussi, tous mes remerciements vont à Anaïs Borios de l’équipe de TourMag pour la qualité de l’article qui interpelle sur de nombreux points.

Des conducteurs sous pression ?
-Lorsqu’une direction d’une entreprise de transport par autocar décide de sous-traiter l’exploitation de lignes régionales point à point à une filiale de la sncf qui n’a jamais été rentable on est en mesure de s’interroger sur la stratégie du donneur d’ordre ainsi que les gérants autocaristes qui répondent présent pour assurer cette sous-traitance. Dans l’article des Echos titré «Encore 35 millions de pertes … en 2017 » du 31 oct.2018 «…la filiale de la SNCF dédiée aux cars Macron…reste encore largement dans le rouge. Depuis 2013, les pertes accumulées atteignent 165 millions. » Roland de Barbentane, le DG de la filiale dit : « Ces résultats sont conformes à ce que nous attendions, plaide-t-il, grâce à un volume d'affaires en hausse de 45 %, et une forte réduction des coûts » Puis, « les comptes de 2017 … traduisent également l'évolution du modèle de production : alors que le chiffre d'affaires a augmenté de 10 millions, le poste « salaires et traitements » a reculé de 11,2 à 9,5 millions. Signe que la compagnie, comme elle l'avait annoncé, a mis la pédale douce sur la production en propre, pour privilégier le recours à la sous-traitance et à des franchisés. » Cf. Par Lionel Steinmann Publié le 31 oct. 2018 à 16h39 Les echos .fr
Rien n’est caché donc, car tout avait été annoncé. Les autocaristes indépendants vont payer en temps et argent le fait d’être les derniers maillons de la chaine de valeur et les conducteurs sont également en première ligne pour le payer de leur santé au travail.
Quand nous échangeons avec certains autocaristes du Réseau ADF - Autocaristes De France ayant fait le choix d’opérer pour la filiale SNCF ou de l’allemand qui a dans son capital deux gros fonds américains dont General Atlantic (Uber, AirBnB, etc.) qui n’a jamais publié ses comptes, forcément ils se mordent les doigts et regrettent. Ils ont pour la plupart contracté des emprunts pour des autocars tous neufs floqués à l’image de leurs donneurs d’ordres pour au final reverser 30% du CA réalisé alors que ces lignes ne sont même pas rentable. Donc, oui les conducteurs sont sous pression car c’est un choix assumé de cette direction SNCF ainsi que ceux qui y participent.
Voyez-vous encore beaucoup d’entreprises de transport de fret à l’international françaises ou des chauffeurs français ? Non, c’est fini depuis bien longtemps. Ces entreprises n’ont plus leur siège en France mais en Europe de l’Est. Vous voulez savoir le futur de la profession des autocaristes touristiques ? Il suffit de regarder dans le rétroviseur. Ce qui s’est passé dans le transport de marchandises s’opèrent sous nos yeux dans le transport de passagers. Les chauffeurs dont nous dépeignons malheureusement le sort actuel ne concernent pour l’essentiel des travailleurs étrangers de sociétés étrangères.
Incompétence des directions, naïveté ou refus de concurrence ?
Cupidité aveugle et vision court-terme ? Asservissement de petites sociétés, du personnel, de l’Etat ? Est-ce accepté, imposé, subi ? A vous de vous faire un avis et de savoir à qui cela profite au final.

…le grand tourisme peine également à recruter ! …les besoins sont là, les conditions de salaire ne seraient-elles pas assez motivantes ? Le boulot peu enrichissant ?
-Le travail est enrichissant pour un passionné qui peut réaliser son travail correctement et rémunéré à sa juste valeur. Néanmoins, en concurrence avec des entreprises de l’Union Européenne ayant des règles fiscales plus avantageuses qu’en France avec des chauffeurs déclaré également dans ces pays-tiers sous-payé mais qui imposent une « participation » de 2€/jour par passager qui sont souvent des touristes asiatiques donc de la création de valeur produite en France mais non taxé en France … Mode d’emploi : L’équipage d’une entreprise étrangère qui opère à Paris est le plus souvent composé d’un guide touristique pour traduire aux touristes à bord, d’un chauffeur et le plus souvent avec le plein de carburant effectué en dehors des frontières. Une entreprise française opérant à Paris avec un seul chauffeur revient plus cher et sans l’avantage d’un guide. Résultat les agences de voyages asiatiques ont choisi avec qui travailler et je ne leur jette pas la pierre.
Il est logique que cela ne tienne plus pour certains autocaristes franciliens qui jouent le jeu, de rester en France, de salarier des chauffeurs locaux, mais qu’en est-il lorsqu’ils n’en retirent plus aucun bénéfice et ne peuvent plus travailler dans le secteur touristique? La justice fiscale est une priorité ! Peut-être y-a-t-il un syndicat patronal qui a mis le sujet sur la table.

Enfin, remerciements à tous les autocaristes qui aiment leur métier et qui font tout pour le réaliser de la plus belle des manières ainsi qu’aux chauffeurs professionnels qui sont les ambassadeurs de nos entreprises sur le terrain et plus encore qui assurent la sécurité des passagers qui remettent leur vie entre leurs mains le temps d’un trajet.

Pour terminer, remerciement également aux clients respectueux de notre profession pour lesquels nous sommes honorés de transporter.

Mickaël d’ADF Paris.
www.autocaristes-de-france.com

2.Posté par bouchard le 03/11/2019 22:02 | Alerter
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Mais c'est très simple... la réponse se trouve dans toutes les multiples réformes du travail qui ont impactées les salariés depuis 2007. Libéralisation et dérégulation ont augmenté la charge de travail des salariés, dégradé leurs conditions d'exercice tout en limitant les rémunérations. Les causes ne sont pas à chercher plus loin ! Les conséquences sont désastreuses, non seulement les chauffeurs expérimentés ont jeté l'éponge face à cette régression, mais personne ne veut les remplacer. Pourtant des millions d'argent sont dépensés dans les centres de formation, seulement voilà, les candidats qui daignent s'y présenter, sont d'entrée de gamme pour la plupart. A l'issue de la formation, seuls 10% d'entre eux qui supportent, exercent encore au bout de quelques mois. La libéralisation du secteur est un fiasco financier, social et sécuritaire ! Mais qui se soucie encore de ça ?

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