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Comment le CEDIV travaille avec les élus à faire du lobbying auprès du gouvernement

Le CEDIV organisait une visio avec plusieurs dizaines de députés et sénateurs !



Le tourisme à l'arrêt, le passeport sanitaire anime les débats dans le secteur, notamment au sein du CEDIV. Le réseau présidé par Adriana Michella anime la problématique sur la scène... politique nationale. Après une première réunion sur la question ayant rassemblé près d'une centaine d'élus de la République, ils étaient encore plusieurs dizaines afin d'établir une stratégie aussi bien sur le passeport que pour obtenir gain de cause sur la prise en charge des frais fixes. Retour sur une stratégie qui pourrait inspirer d'autres acteurs de l'industrie...


Rédigé par le Jeudi 18 Février 2021

Le CEDIV organisait une visio avec plusieurs dizaines de députés et sénateurs, mais surtout organise un lobby auprès du gouvernement - Crédit photo : Depositphotos @Jirsak
Le CEDIV organisait une visio avec plusieurs dizaines de députés et sénateurs, mais surtout organise un lobby auprès du gouvernement - Crédit photo : Depositphotos @Jirsak
Quand le CEDIV s'active, qu'importe le domaine, cela donne toujours une émulation et une énergie folle.

Souvenez-vous dans le monde d'avant, les conventions débridées et costumées, la covid-19 n'y a rien changé. Emporté par l'énergie communicative de sa présidente, le réseau est sur tous les fronts.

"Après la sortie de Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d'Etat en charge du tourisme ndlr) sur Radio Sud, nous avons invité nos adhérents à twitter, pour faire remonter l'urgence de la situation sur la question du passeport sanitaire après du secrétaire d'Etat," confie Adriana Minchella.

Un peu comme les Anonymous qui vont à l'assaut d'un site internet par millions, pour le mettre hors-service, le CEDIV a fait de même, toute proportion gardée, en spammant de tweets l'intervention du membre du gouvernement.

Une intervention qui n'était au goût du réseau et qui l'a donc fait savoir.

Ces actions éclairs ne sont pas les seules mises en place, il existe aussi tout un travail de l'ombre auprès de l'Assemblée nationale et des parlementaires.

"Nous avons besoin des politiques, pour faire bouger le gouvernement sur nos problématiques.

La machine est bien huilée, à partir du moment où nous travaillons sur une motion et que nous sommes tous d'accord,
alors les députés la présentent et je peux vous dire que l'écho n'est plus le même,
" révèle la responsable de la stratégie politique du CEDIV.

Plusieurs dizaines de députés acquis à la cause des agents de voyages sur les frais fixes

Et cela semble payer.

Après avoir rassemblé un député Israélien et Pascale Fontenel-Personne, il y a quelques jours, mais aussi pas loin d'une centaine d'élus de la République.

Le réseau a récidivé, avec plusieurs dizaines de députés, d'attachés parlementaires et de sénateur en ce début de semaine.


"Au niveau économique, la semaine dernière, j'étais à Bercy avec Alain Griset, le ministre des PME. Tout ce qui est sur la table depuis un an a abouti et fonctionne, mais il existe un gros blocage.

Vous (les agences de voyages, ndlr) n'êtes pas fermées administrativement, tout comme il y a un problème sur l'indemnisation au million d'euros de chiffre d'affaires,
" recontextualise la députée Pascale Fontenel-Personne.

En effet, alors que le gouvernement vient en aide au niveau des charges fixes, ce soutien est limité aux entreprises ayant réalisé par le passé un chiffre d'affaires minimum d'un million d'euros... par mois.

Sauf que pour faire un million de marge, il faut 10 millions d'euros de volume d'affaires. Le CEDIV et les élus de la République présents lors de cette visioconférence réclament donc un calcul différencié pour les agences de voyages, en se basant plutôt sur le volume d'affaires.

Si les ministres l'ont bien compris, il faut une dérogation qui ne passerait pas pour le moment. Et c'est sur cette question que le réseau du Sud-Est s'active, avec les parlementaires pour faire bouger le gouvernement.

"Nous l'avons fait pour les discothèques, nous devons y arriver pour les agences de voyages. Il faut apprécier à la juste mesure ce que vivent les agences de voyages pour qu'elles soient indemnisées sur la marge," explique la députée.

Et pour remporter cette bataille de l'opinion publique, mais aussi politique, le plan de marche s'annonce radical. Il faut regarder ce qui a été fait par le passé pour les discothèques.

"Au niveau de la méthode et de la forme, nous avons construit cela en fédérant les députés, en ralliant 150 élus de tout l'hémicycle, puis les établissements ont envoyé la lettre à leurs députés respectifs.

Le gouvernement s'est retrouvé dans un étau,
" explique Christophe Blanchet, le député du Calvados.

Voici la stratégie qui sera appliquée une nouvelle fois, pour obtenir gain de cause sur la question des frais fixes. En travaillant de concert avec les parlementaires, c'est bien un travail d'équipe que fait le CEDIV.

Dorénavant, le réseau va chercher à embarquer tous les députés qui le voudront, ainsi que les agences pour fédérer et faire remonter la problématique au niveau national et surtout politique.

Ce n'est pas le seul problème financier évoqué par les agents et les élus, puisqu'il fut aussi question du fonds de solidarité et les travailleurs non-salariés qui ne perçoivent aucune aide.

Passeport sanitaire : vers une mission parlementaire sous l'égide du gouvernement ?

"Aujourd'hui, nous n'avons aucune rémunération, absolument pas d'aide et avec nos biens engagés, nous devons taper dans les fonds de solidarité et tout ce que nous pouvons," confie Philippe Jolivet, le cofondateur des Relais d'Asie.

Alors qu'au niveau du fonds de solidarité, tous les dossiers seront repris à la main de façon individuelle, après concernant les rémunérations des gérants le gouvernement travaille dessus, mais il faudra attendre encore quelques semaines avant d'avoir une réponse.

Au-delà des aides financières de l'Etat, il était aussi et surtout question du passeport sanitaire. Le nouveau cheval de bataille d'Adriana Minchella est mené au niveau parlementaire et relayé par Pascale Fontenel-Personne.

Alors que tout le monde paraît unanime pour éliminer le passeport vaccinal, "ce n'est pas audible, alors que la vaccination est lente" selon la députée, il convient de se recentrer sur les mesures permettant de transmettre des données.

"L'idée est soutenue par François Bayrou et quelques ministres, afin de constituer un inventaire du champ des possibles, faire émerger tout ce qui se fait ailleurs.

Ensuite, il va falloir une harmonisation européenne,
" analyse-t-elle.

Tout le monde semble sur cette ligne du côté du gouvernement et des parlementaires de la majorité en place, sans oublier les nombreuses zones d'ombre que le débat va soulever.

"Nous savons qu'il y a des problèmes éthiques, de liberté, nous savons que nous allons soulever un tas de questions. Nous ne pouvons pas tout laisser fermé, car tout le monde ne sera pas vacciné."

Actuellement des discussions sont entamées avec l'exécutif pour la mise en place d'une mission flash, avec des propositions dès la mi-mars 2021.

Lors de ce travail parlementaire, les agents de voyages seront invités à participer aux débats, au cours de la consultation citoyenne qui est actuellement ouverte.

Que soulève comme questions le passeport sanitaire ?

Pour Max Mathiasin, le député de la Guadeloupe, le passeport sanitaire ou vaccinal n'est pas une invention.

"Je vous demanderais d'être attentifs au cas spécifique des Outre-mer, quand nous savons que 20% de notre économie repose sur le tourisme.

Je vous rappelle que pour aller en Guyane, il convient d'être obligatoirement vacciné contre la fièvre jaune.
"

La vaccination est aussi obligatoire pour certains pays d'Afrique. Ce n'est pas une limitation des libertés, mais une protection des populations sur place et des voyageurs.

Le dernier exemple pour illustrer cette double crainte, nous vient du Costa Rica, où en 2019 des touristes français ont réintroduit la rougeole dans l'ensemble du sous-continent américain, maladie qui avait disparu depuis trois ans.

Si les agents de voyages ne prennent pas leur destin en main sur la question, d'autres vont s'en charger.

"Il faut prendre en compte que la demande va venir des compagnies aériennes, c'est déjà le cas. IATA est en train de mettre en place une vérification digitale, en plus de ce que font les pays, d'où la nécessité de mettre en place quelque chose," recadre Richard Soubielle.

Puis comme nous savons que le virus ne disparaîtra pas, que des destinations demanderont obligatoirement le vaccin, à l'image de l'Australie ou Israël, le passeport sanitaire permettra surtout d'avoir une vision à moyen terme de l'activité.

"Il y a urgence, nous devons être au rendez-vous lors des prochaines saisons. L'activité est saisonnière et si nous loupons une saison, nous loupons une année.

Si jamais nous n'arrivons pas à avoir la clientèle étrangère l'année prochaine, alors nous aurons entre 4 et 5 années de perdues
" rappelle la députée de la Savoie, Émilie Bonnivard.

L'enjeu n'est pas marketing, mais bien économique.

"J'aimerais qu'on arrive à une solution. La Suède le met en place, nous ne savons pas si nos groupes pourront partir, si l'assurance pourra marcher," confie Jean-Christophe Geneyne, le directeur général de SLD Voyages.

Dans le cas présent que feront nos politiques ? Y aura-t-il une réciprocité de reconnaissance des outils ? Et des vaccins ? Le tourisme est dans le flou, le plus complet, la reprise doit se préparer maintenant.

Les acteurs anticipent à une année, naviguer à vue ne sera pas possible dans la durée, tout comme il ne sera pas possible de se limiter qu'aux personnes vaccinées de pouvoir voyager, car l'économie nationale ne pourra pas vivre avec si peu de gens.

"Nous voulons travailler et reprendre notre métier," conclut Adriana.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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