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Commissionnement, compagnies aériennes, scénarios de sortie de crise... Les 12 travaux des pros du tourisme

Le point avec René-Marc Chikli et Jean-Pierre Mas



Alors que dans les hôpitaux français, italiens et espagnols, la pression de la crise sanitaire semble se faire moins pressante sur le personnel de santé, la bataille pour la survie de l'industrie touristique fait toujours rage. Le SETO se félicitait en fin de semaine dernière de l'accord trouvé avec Air France, il est encore des combats à mener avec les autres compagnies, IATA et aussi entre distribution et production.


Rédigé par le Lundi 6 Avril 2020

Entre les rumeurs de non commissionnement des TO, les rapatriements, les négociations avec les compagnies aériennes et l'anticipation de la sortie de crise... le SETO et les EDV sont sur le pont - Crédit photo : Depositphotos @alphaspirit
Entre les rumeurs de non commissionnement des TO, les rapatriements, les négociations avec les compagnies aériennes et l'anticipation de la sortie de crise... le SETO et les EDV sont sur le pont - Crédit photo : Depositphotos @alphaspirit
Pour reprendre le champ lexical usité par notre Président de la République, les soignants français semblent avoir opéré une avancée dans les lignes ennemies, les morts et surtout le rythme des arrivées en réanimation décroissent.

De bonnes nouvelles qui permettent d'imaginer sagement chez soi, la sortie du tunnel.

Mais cela ne se fera pas en un jour, et pour mener à bien la lutte pour la survie du soldat "tourisme", il est encore bien des batailles à mener.

Vendredi dernier, le Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO) se félicitait de l'accord trouvé avec Air France, facilitant les reports des voyages à forfait notamment. Une satisfaction partagée par Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage (EDV).

"C'est une avancée très positive, cela facilite le règlement des groupes, des tarifs TO, toute une série de tarifs. Air France a fait un effort. Nous avons des discussions avec d'autres compagnies françaises," rapporte le patron du syndicat.

Lire : Covid-19 : le SETO conclut un accord avec Air France

La plus avancée serait avec Air Caraïbes. Le transporteur permet de pouvoir modifier les billets, dans la même classe de transport. Une demande vivement réclamée par les agences outre-Atlantique.

"Nous sommes proches de l'ensemble des partenaires, après vous dire que la décision d'Air France pourra être transposée ailleurs, je n'en sais rien pour le moment", poursuit Jean-Pierre Mas.

Du côté du SETO, les discussions vont bon train. D'ailleurs les deux instances travaillent main dans la main, pour l'intérêt de l'industrie.

Pour René-Marc Chikli, cet accord est voué à en appeler d'autres, car quand l'acteur principal du marché donne le "la", les autres ont tout intérêt à suivre.

Si des accords oraux ont été donnés, la principale mission du président du SETO sera "de s'occuper des mauvais élèves, avec des conséquences sur le futur.

Nous nous souviendrons d'eux, une fois la crise passée.
"

La lettre pour l'arbitrage avec IATA envoyée ce jour...

La négociation au cas par cas semble être la règle, alors que l'Association internationale du transport aérien (IATA) se montre inflexible, en refusant toute négociation, et surtout de s'asseoir autour d'une table.

"Ce n'est pas une solution de repli. Nous continuons nos actions face à IATA," martèle le président des EDV.

Si l'association ne veut pas se présenter de son plein gré, devant les représentants français, elle devra le faire prochainement de force.

Et cela pourrait bien être suivi d'actes forts. Jusque-là peu usitée, la médiation d'entreprise prend de plus en plus de consistance depuis l'arrêt de toute l'économie.

"Elle est relativement bien utilisée par les consommateurs. Avec la crise, elle est dorénavant saisie dans le BtoB. Avec ce que nous connaissons, le médiateur prend une dimension toute particulière," rapporte René-Marc Chikli.

Pour le moment, aucune date n'est fixée. Seule certitude, la lettre pour demander l'arbitrage entre les deux parties partira ce lundi 6 avril 2020.

La réponse est attendue dans les prochains jours, mais en cette période où toutes les certitudes volent en un battement de cils, nul ne sait quand les discussions pourront être entamées.

Toutefois, "je serais IATA, je ne sous-estimerais pas la médiation," conseille le représentant des tour-opérateurs.

Rapatriements et sortie de crise... des travaux titanesques

La guerre est bel et bien ouverte, chacune des parties fourbit ses armes en attendant l'affrontement, tout en gérant les affaires courantes.

Du côté du SETO, la priorité est avant tout de se charger du rapatriement des voyageurs français, bloqués aux quatre coins du globe.

Ils seraient encore "quelques centaines, ce sont les dossiers les plus compliqués, voire les plus chers, ce qui génère des frais."

Du fin fond de l'Asie à l'Amérique latine, faire revenir les ressortissants français à la maison nécessite un "travail de titan, non seulement de la part des TO, mais aussi du SETO", confie René-Marc Chikli.

Une mission qui devrait être résolue prochainement.

Alors que le confinement porte ses premiers effets, à tel point que depuis peu, même Edouard Philippe a osé parler de dé-confinement, le temps de l'après doit se préparer.

De quoi augurer une sortie de crise prochaine ? Nul ne sait, mais du côté des Entreprises du Voyage, les hautes sphères commencent à se projeter, même si la sortie de crise sera très longue.

"En face des charges que nous avons en raison des reports, des rapatriements, annulations, etc., nous n'avons aucune recette. Ce phénomène ne peut pas durer longtemps," prédit le président des EDV.

Si aucune solution n'est pour le moment arrêtée, le conseil d'administration de l'instance abordera le sujet d'ici peu.

Dans cette incertitude générale, une chose est sûre : "actuellement, nous ne faisons que déplacer le tas de sable avec les reports de charges sociales, des loyers et les autres échéances fiscales."

Différents scénarios seront élaborés, le travail de projection n'en est qu'à son début, mais d'ores et déjà il est important de sonder les agences pour connaître l'état de la situation.

Seule certitude, il sera important de soulager la trésorerie aussi dans les mois à venir.

Une anticipation qui n'est pour le moment pas la priorité de la production, tout simplement car imaginer la sortie de la crise relève des prédictions dignes du meilleur des cartomanciens.

Tout est trop hypothétique, à commencer par la date du dé-confinement des Français.

"Tout ce qui permettrait de rassurer les clients de bouger n'est connu, à juste titre, que du corps médical.

Aujourd'hui, il y autant de scenarii que d'experts, sauf que moi je n'en suis pas un. Vous comprendrez que je ne me prononce pas,
" lâche René-Marc Chikli, le président du SETO.

Les tour-opérateurs pourraient-ils ne pas commissionner les voyages reportés ?

D'autant que le dé-confinement est sujet à de nombreuses rumeurs, avec parfois la date du 4 mai 2020 annoncée, comme des plus lointaines. Personne ne sait mais tout le monde se prononce.

Il est aussi un autre sujet qui commence à délier quelques langues et alimenter les spéculations : les commissionnements des TO.

Ces derniers, en proie à une situation financière plus qu'inquiétante, ont tout fait pour limiter les sorties d'argent, à commencer par l'instauration des reports. Un premier succès qui pourrait leur donner des ailes.

Si nous en croyons un responsable de réseau, "un nouveau front s'ouvre du côté des tour-opérateurs. L'idée saugrenue leur est venue de ne pas commissionner les voyages reportés! "

Cette rumeur a été formellement démentie par les deux présidents des EDV et du SETO. Et qu'auraient à y gagner les producteurs ?

Tout simplement, une maîtrise nouvelle de la trésorerie. Si vous voulez être commissionnés, payez-nous les voyages tout de suite et même ceux qui partent dans un an.

"Aujourd'hui le principe qui doit nous guider dans nos actions et nos réflexions, est celui de la solidarité," balaye d'un revers de la main Jean-Pierre Mas.

En résumé, il est nécessaire de faire équipe commune pour remporter cette guerre, en commençant par la distribution.

Pour le SETO, le son de cloche est quasiment le même.

"Parler de commissionnement est anachronique, alors que personne ne sait de quoi sera fait le monde de demain. La solidarité vient par le dialogue.

Après ce que vous avez entendu, c'est peut-être tout simplement un TO qui s'interroge sur le modèle de demain,
" se projette René-Marc Chikli.

Petit à petit, les regards se portent sur un avenir qui pourrait remodeler fortement l'industrie, à commencer par ses relations BtoB.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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1.Posté par mille sabords le 07/04/2020 12:50 | Alerter
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IATA n'a rien a faire de la médiation , même si AIR FRANCE tend l' oreille ce n'est qu' illusion pour demain face à IATA qui n'empêche aucune démarche individuelle de compagnie aérienne. Soyons efficaces en employant la seule manière que peut comprendre IATA : - la manière forte - car même sorti de la crise du COVID 19, il sera très difficile à l entière profession de remonter la pente , le choc a été violent avec un arrêt immédiat des activités.
Nous devons anticiper.
La force juridique est la seule force que peut comprendre IATA. Seule démarche qui peut préserver les agences de voyages pour l'avenir ...Nous savons tous qu il faut faire changer IATA , mais personne n'ose aller jusqu'au bout car chacun raisonne dans son coin.
APPORTER UN COLLECTIF à l'ECTAA serait déjà une bonne démarche.

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