logo TourMaG  




Conflits dans le monde : les USA s’octroient un jackpot avec le kérosène ! [ABO]

Les désordres semés ici ou là vont remplir les poches des pétroliers


Qu’il s’agisse du résultat d’une guerre mal préparée - avec pour conséquence le blocage de l’économie mondiale dans le détroit d’Ormuz - ou bien d’une opération bien anticipée pour prendre le contrôle du Venezuela, le résultat est le même pour les Etats-Unis : des superprofits sur le kérosène, le carburant des avions.


Rédigé par le Lundi 22 Juin 2026 à 07:37

Même si le détroit d'Ormuz se débloque dans les jours qui viennent, la situation ne reviendra pas à la normale avant longtemps et l’on continuera à acheter du kérosène aux USA - DepositPhotos.com, arvydele.gmail.com
Même si le détroit d'Ormuz se débloque dans les jours qui viennent, la situation ne reviendra pas à la normale avant longtemps et l’on continuera à acheter du kérosène aux USA - DepositPhotos.com, arvydele.gmail.com
C’est un sujet qui pourrait ternir encore un peu plus l’image des États-Unis, en les faisant apparaître comme des profiteurs des tensions qu’ils ont eux-mêmes contribué à créer depuis l’arrivée du Président Trump au pouvoir.

Ne soyons pas naïfs au point de croire que ce Président a inventé le concept de « profiteur de guerre », il existait bien avant lui et partout, mais concernant les profits que s’apprêtent à réaliser les USA sur l’achat du kérosène, force est de constater que les désordres qu’il a semés ici ou là vont remplir les poches de ses amis pétroliers.

Lire aussi : Nick Adams, le Monsieur Tourisme de Trump, répond aux critiques sur les États-Unis


Ormuz : à déblocage, déblocage et demi

Il y a d’abord la situation la plus connue, celle du détroit d’Ormuz, ce corridor vital pour les exportations, et notamment celles du pétrole et donc du kérosène, et qui devrait rouvrir ces jours-ci.

La crise nous a fait découvrir les volumes énormes qui transitaient avant la guerre. Il faut dire qu’avec 1,6 million de barils par jour, le transport aérien est gourmand.

Si l’on en croit les chiffres de nos confrères de La Tribune, l’Union européenne et le Royaume-Uni importaient 300 000 barils par jour pour le transport aérien.

Ces volumes, en provenance des raffineries du Golfe situées au Koweït, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis ou encore à Bahreïn, avaient tous comme passage obligé le détroit d’Ormuz.

Il a donc fallu, en Europe, et depuis le 28 février dernier, trouver d’autres fournisseurs, d’autres solutions.

Si l’Arabie saoudite pouvait encore faire sortir son pétrole via la mer Rouge, pour le reste, l’Europe a dû se tourner vers le Nigeria et… les USA, toujours prêts à rendre service bien sûr !

Et voilà donc les raffineries du golfe du Mexique (je dis bien du Mexique), de la Louisiane et du Texas à la fête, en train de battre des niveaux records en avril 2026, avec des exportations à 200 000 barils de jet fuel par jour.

Vous rappelez-vous, en avril dernier, l’enthousiasme du Président Trump annonçant sur son réseau Truth Social : « Un très grand nombre de pétroliers complètement vides, parmi les plus grands au monde, se dirigent en ce moment même vers les États-Unis… Nous vous attendons. Rotation rapide ! Fantastic ! » ?

Il y a des fois des enthousiasmes qui manquent de décence.

Même si le détroit se débloque dans les jours qui viennent, la situation ne reviendra pas à la normale avant longtemps et l’on continuera à acheter du kérosène aux USA.

Triomphant au G7, le Président américain jubilait : « Que le pétrole coule à flots ! ». Le peuple iranien, dont le sang, lui, coule à flots depuis longtemps, appréciera.

Créer le désordre, renforcer un régime sanguinaire, faire s’effondrer la croissance un peu partout, mettre l’Europe encore un peu plus sous dépendance avec le Jet A américain et faire se goinfrer les pétroliers américains : chapeau l’artiste !

Venezuela : captation des revenus du kérosène

Mais là ne s’arrête pas l’impérialisme marchand de cette administration, pour utiliser un euphémisme.

Toujours à propos du kérosène, début juin, on apprenait par le journal espagnol El Diario que les compagnies aériennes desservant le Venezuela vont devoir payer leur carburant au Trésor américain.

Le 28 mai dernier, Petroleos de Venezuela et le ministère de l’Énergie populaire des Hydrocarbures ont envoyé un document aux compagnies aériennes pour exiger que les paiements de carburant en devises étrangères soient dorénavant versés directement sur un compte du Département du Trésor américain.

Tout a été prévu par l’Oncle Sam. En annexe de la lettre, un mode d’emploi contenant les données bancaires pour les transferts via Fedwire, un système de paiement électronique hautement sécurisé géré par la Réserve fédérale des États-Unis.

Il est vrai qu’à ce sujet, le secrétaire d’État Marco Rubio, un des plus sages de la bande, a déclaré au Congrès que cet argent serait dépensé « au bénéfice du peuple vénézuélien ».

Mais il est vrai aussi que le 9 janvier dernier, le Président Trump a publié un décret pour protéger ces comptes contre « tout embargo, jugement, décret, privilège, exécution ou toute autre procédure judiciaire les concernant ».

La démocratie américaine n’est pas encore morte. Elle pourrait même reprendre un peu de vigueur après les élections de mi-mandat. On espère donc que, sur le fait de rendre l’argent au peuple, le Congrès sera vigilant.

Prendre les commandes d’un pays en quelques heures et capter ses principales recettes. Rechapeau l’artiste.

Who’s next ? *

* À qui le tour ?

Christophe Hardin Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com
Voir tous les articles de Christophe Hardin
  • picto Twitter
  • picto Linkedin
  • picto email

Lu 247 fois

Tags : kerosene, usa
Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus








































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias