Anthropic sous embargo : "C’est un rappel puissant que l’IA est politique" selon Anis Ayari - Crédit photo : studiostoks
Tout comme sur le dossier de l’Ukraine, Donald Trump a démontré une nouvelle fois que l’Europe n’était plus l’alliée historique des États-Unis.
Invoquant des questions de "sécurité nationale", Washington a interdit à Anthropic de donner accès à ses nouveaux modèles aux utilisateurs non américains.
La semaine passée, la maison mère de Claude mettait en ligne Fable 5 et Mythos 5, deux nouveaux agents surpuissants, dont le dernier devait être utilisé dans les domaines de la cybersécurité et de la recherche biomédicale.
"Le gouvernement américain a émis une directive de contrôle des exportations suspendant tout accès à Fable 5 et Mythos 5 par tout ressortissant étranger, qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis, y compris les employés d’Anthropic ressortissants étrangers", explique l’entreprise sur X, anciennement Twitter.
L’accès a été immédiatement coupé aux entreprises européennes, comme le Crédit Agricole, qui utilisait Claude Mythos, selon L’Usine Digitale.
Pour rappel, ce dernier agent d’IA est non seulement capable de découvrir des failles de sécurité, mais il le fait de façon autonome.
Invoquant des questions de "sécurité nationale", Washington a interdit à Anthropic de donner accès à ses nouveaux modèles aux utilisateurs non américains.
La semaine passée, la maison mère de Claude mettait en ligne Fable 5 et Mythos 5, deux nouveaux agents surpuissants, dont le dernier devait être utilisé dans les domaines de la cybersécurité et de la recherche biomédicale.
"Le gouvernement américain a émis une directive de contrôle des exportations suspendant tout accès à Fable 5 et Mythos 5 par tout ressortissant étranger, qu’il se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis, y compris les employés d’Anthropic ressortissants étrangers", explique l’entreprise sur X, anciennement Twitter.
L’accès a été immédiatement coupé aux entreprises européennes, comme le Crédit Agricole, qui utilisait Claude Mythos, selon L’Usine Digitale.
Pour rappel, ce dernier agent d’IA est non seulement capable de découvrir des failles de sécurité, mais il le fait de façon autonome.
Fable 5 et Mythos 5 : pourquoi une telle décision de Donald Trump ?
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Très rapidement, il avait attiré l’attention du monde de la cybersécurité, car il était en mesure de révéler les failles des principaux systèmes d’exploitation et navigateurs.
Il était conçu, en principe, pour aider les entreprises à se protéger contre des attaques qui deviennent systémiques. Sauf que, placé entre de mauvaises mains, il peut devenir un outil redoutable pour mettre à mal de nombreuses organisations.
D’ailleurs, quelques jours avant son lancement, Anthropic avait lancé un appel à mettre en place des garde-fous face au développement d’IA surpuissantes, susceptibles même de représenter un risque existentiel, selon Dario Amodei.
A lire : Intelligence artificielle : une révolution, mais à quel prix ?
"Le lancement d’un modèle aussi performant comporte des risques. Sans protection, les capacités de Fable 5 dans des domaines comme la cybersécurité pourraient être détournées et causer des dommages importants", avait alerté la maison mère de Claude au moment de lancer ces nouveaux modèles.
Pour certains, le patron d’Anthropic a joué au "pompier pyromane de l’IA" et récolté tout simplement ce qu’il avait semé, en réclamant une pause et une réflexion autour du développement raisonné de l’IA, tout en lançant des outils nettement plus puissants que ceux de ses concurrents et susceptibles de révolutionner la recherche médicale.
La décision de Donald Trump viendrait d’un possible contournement des "garde-fous prévenant un usage malveillant" de Fable 5. Face à cela, l’administration américaine a réagi, et cette mesure pourrait constituer le premier jalon d’une future réglementation sur l’IA.
Habituellement peu encline à imposer des restrictions, l’administration américaine craint que ces grands modèles puissent un jour se retourner "contre ses propres infrastructures critiques, des banques aux administrations en passant par les centres de santé", selon France Culture.
Elle pourrait donc être amenée à mettre en place une législation pour éviter tout chaos.
Il était conçu, en principe, pour aider les entreprises à se protéger contre des attaques qui deviennent systémiques. Sauf que, placé entre de mauvaises mains, il peut devenir un outil redoutable pour mettre à mal de nombreuses organisations.
D’ailleurs, quelques jours avant son lancement, Anthropic avait lancé un appel à mettre en place des garde-fous face au développement d’IA surpuissantes, susceptibles même de représenter un risque existentiel, selon Dario Amodei.
A lire : Intelligence artificielle : une révolution, mais à quel prix ?
"Le lancement d’un modèle aussi performant comporte des risques. Sans protection, les capacités de Fable 5 dans des domaines comme la cybersécurité pourraient être détournées et causer des dommages importants", avait alerté la maison mère de Claude au moment de lancer ces nouveaux modèles.
Pour certains, le patron d’Anthropic a joué au "pompier pyromane de l’IA" et récolté tout simplement ce qu’il avait semé, en réclamant une pause et une réflexion autour du développement raisonné de l’IA, tout en lançant des outils nettement plus puissants que ceux de ses concurrents et susceptibles de révolutionner la recherche médicale.
La décision de Donald Trump viendrait d’un possible contournement des "garde-fous prévenant un usage malveillant" de Fable 5. Face à cela, l’administration américaine a réagi, et cette mesure pourrait constituer le premier jalon d’une future réglementation sur l’IA.
Habituellement peu encline à imposer des restrictions, l’administration américaine craint que ces grands modèles puissent un jour se retourner "contre ses propres infrastructures critiques, des banques aux administrations en passant par les centres de santé", selon France Culture.
Elle pourrait donc être amenée à mettre en place une législation pour éviter tout chaos.
"C’est un rappel puissant que l’IA est politique"
Très rapidement, cette décision américaine a été commentée.
La ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réagi à cette situation inédite.
"i[Après les restrictions à l’exportation de puces, la décision des États-Unis de réserver l’accès aux derniers modèles d’IA d’Anthropic aux seuls utilisateurs américains envoie un message clair.
Les grandes puissances considèrent désormais les technologies stratégiques comme des instruments de puissance. Cette réalité conforte l’Europe dans le choix qu’elle a fait : construire son autonomie technologique [...].
Plus que jamais, la souveraineté numérique européenne est une nécessité]i", a commenté Anne Le Hénanff.
A lire : IA : Mindtrip débarque en Europe pour révolutionner l’organisation des voyages
Ce n’est pas tout, car la Commission européenne a réagi en expliquant examiner les conséquences pratiques de cette décision.
Un épisode qui doit constituer un signal d’alarme pour l’Union européenne concernant sa dépendance technologique et en matière d’IA, que ce soit vis-à-vis de la Chine ou des États-Unis.
Cet épisode doit aussi rappeler que nos choix peuvent avoir de lourdes conséquences face à un allié historique qui semble vouloir se défaire des liens construits durant des décennies.
"C’est la première fois qu’on traite un modèle d’IA comme une technologie militaire ou nucléaire.
Ça avait commencé avec le hardware et les GPU. La suite logique était donc le software et les modèles. Bientôt les applications elles-mêmes ?
C’est un rappel puissant que l’IA est politique. Que l’IA est un enjeu de souveraineté. Et qu’en Europe, nous n’avons vraiment plus le temps", a commenté Anis Ayari, ingénieur spécialiste de l’IA et influenceur sur cette thématique.
La ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réagi à cette situation inédite.
"i[Après les restrictions à l’exportation de puces, la décision des États-Unis de réserver l’accès aux derniers modèles d’IA d’Anthropic aux seuls utilisateurs américains envoie un message clair.
Les grandes puissances considèrent désormais les technologies stratégiques comme des instruments de puissance. Cette réalité conforte l’Europe dans le choix qu’elle a fait : construire son autonomie technologique [...].
Plus que jamais, la souveraineté numérique européenne est une nécessité]i", a commenté Anne Le Hénanff.
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Ce n’est pas tout, car la Commission européenne a réagi en expliquant examiner les conséquences pratiques de cette décision.
Un épisode qui doit constituer un signal d’alarme pour l’Union européenne concernant sa dépendance technologique et en matière d’IA, que ce soit vis-à-vis de la Chine ou des États-Unis.
Cet épisode doit aussi rappeler que nos choix peuvent avoir de lourdes conséquences face à un allié historique qui semble vouloir se défaire des liens construits durant des décennies.
"C’est la première fois qu’on traite un modèle d’IA comme une technologie militaire ou nucléaire.
Ça avait commencé avec le hardware et les GPU. La suite logique était donc le software et les modèles. Bientôt les applications elles-mêmes ?
C’est un rappel puissant que l’IA est politique. Que l’IA est un enjeu de souveraineté. Et qu’en Europe, nous n’avons vraiment plus le temps", a commenté Anis Ayari, ingénieur spécialiste de l’IA et influenceur sur cette thématique.



















