Aux portes de la tentaculaire Los Angeles (Californie), Santa Monica (90 000 hab) est une destination balnéaire de rêve postée au bord du Pacifique : plages ensoleillées, spots de surf, magnifique jetée, parc d’attractions dont la grande roue tourne à énergie solaire, élégants quartiers résidentiels, hôtels sophistiqués comme le Pierside, restaurants généreux comme The Lobster qui sert de délicieux homards grillés.
Pour bien s’approprier cette ville de Californie qui a servi de décor à d’innombrables films et séries - de Pacific Blue à Barbie, de L’Arnaque à Forrest Gump en passant par Iron Man -, rien de tel que pédaler entre plage et océan sur le South Bay Bicycle Trail, avant de pousser jusqu’à Venice of America où, depuis un siècle, des canaux imitent la Venise italienne.
L’autre grande attraction de Santa Monica, c’est le panneau « End of the trail » planté sur sa jetée.
Il marque la fin de la mythique « Route 66 ». Les touristes se bousculent à ses pieds pour s’y photographier !
Pour bien s’approprier cette ville de Californie qui a servi de décor à d’innombrables films et séries - de Pacific Blue à Barbie, de L’Arnaque à Forrest Gump en passant par Iron Man -, rien de tel que pédaler entre plage et océan sur le South Bay Bicycle Trail, avant de pousser jusqu’à Venice of America où, depuis un siècle, des canaux imitent la Venise italienne.
L’autre grande attraction de Santa Monica, c’est le panneau « End of the trail » planté sur sa jetée.
Il marque la fin de la mythique « Route 66 ». Les touristes se bousculent à ses pieds pour s’y photographier !
Hier, « Mother Road »...
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Itinéraire de légende qui incarne le rêve américain dans la culture populaire, la Route 66 relie, depuis 1926, l’est à l’ouest des Etats-Unis, de Chicago (Illinois) à Santa Monica (Californie), traversant trois fuseaux horaires et huit États, et parcourant près de 4000 kilomètres.
Surnommée « The Mother road », elle a été immortalisée par John Steinbeck dans son célèbre roman, « Les raisins de la colère » : l’écrivain y met en scène quelques-uns des petits fermiers qui, ruinés par la « Grande Dépression » des années 1930 et par des tempêtes de poussière (dust bowls) à répétition, fuirent alors vers la Californie dans l’espoir d’y trouver un travail, une terre et un avenir.
Ce long ruban d’asphalte à seulement deux voies symbolise à la fois l’âge d’or de l’Amérique et la nostalgie des années 1950-60.
C'est dans ces années-là que les Interstate Highway, puissantes autoroutes plus sûres, plus rapides et mieux adaptées à une circulation de plus en plus intense, ont commencé à se substituer à la Route 66.
Au début des années 1980, l'Interstate 40 lui a carrément donné le coup de grâce.
Après le déclassement de la Route 66 en juin 1985, son itinéraire a carrément disparu des cartes officielles.
Surnommée « The Mother road », elle a été immortalisée par John Steinbeck dans son célèbre roman, « Les raisins de la colère » : l’écrivain y met en scène quelques-uns des petits fermiers qui, ruinés par la « Grande Dépression » des années 1930 et par des tempêtes de poussière (dust bowls) à répétition, fuirent alors vers la Californie dans l’espoir d’y trouver un travail, une terre et un avenir.
Ce long ruban d’asphalte à seulement deux voies symbolise à la fois l’âge d’or de l’Amérique et la nostalgie des années 1950-60.
C'est dans ces années-là que les Interstate Highway, puissantes autoroutes plus sûres, plus rapides et mieux adaptées à une circulation de plus en plus intense, ont commencé à se substituer à la Route 66.
Au début des années 1980, l'Interstate 40 lui a carrément donné le coup de grâce.
Après le déclassement de la Route 66 en juin 1985, son itinéraire a carrément disparu des cartes officielles.
...aujourd’hui, « Historic Route »
Ce déclassement a été une tragédie pour les petites villes traversées par la Route 66.
Du jour au lendemain, le trafic s'est effondré et motels, restaurants, cafés, trading posts et stations-service ont périclité.
En réaction, Angel Delgadillo, coiffeur-barbier à Seligman (Arizona) et une poignée d’irréductibles se sont battus jusqu’à obtenir le classement en « Historic Route 66 ». Finalement, à la fin des années 1990, le Congrès des Etats-Unis a mis en place un programme de préservation de cet itinéraire légendaire et des trésors qu’il abrite.
Dès lors, un balisage et des panneaux « Historic Route 66 » ont été implantés ; des motels, des boutiques, des lieux historiques bordant la route 66 ont été restaurés. Depuis, la Route 66 connaît un formidable regain d’intérêt.
Son tracé historique n'a pas pu être préservé dans les zones très urbanisées, pleines de ponts et d'échangeurs, autour de Los Angeles.
Pour rallier Barstow - notre première étape -, c’est donc par l’Interstate 10 que l’on a quitté Santa Monica dans le cadre d'un voyage de presse organisé par Brand USA avec l’aide de Cercle des voyages (groupe Escort), un spécialiste français du sur-mesure, classé en 2023 parmi les 50 meilleures agences de voyages au monde pour les Etats-Unis par le Chairman’s Circle Honors.
Le programme de ce road trip avait été élaboré avec la complicité d’Anthony Enault, son responsable Production Amérique du Nord, qui nous a aussi servi de chauffeur.
Du jour au lendemain, le trafic s'est effondré et motels, restaurants, cafés, trading posts et stations-service ont périclité.
En réaction, Angel Delgadillo, coiffeur-barbier à Seligman (Arizona) et une poignée d’irréductibles se sont battus jusqu’à obtenir le classement en « Historic Route 66 ». Finalement, à la fin des années 1990, le Congrès des Etats-Unis a mis en place un programme de préservation de cet itinéraire légendaire et des trésors qu’il abrite.
Dès lors, un balisage et des panneaux « Historic Route 66 » ont été implantés ; des motels, des boutiques, des lieux historiques bordant la route 66 ont été restaurés. Depuis, la Route 66 connaît un formidable regain d’intérêt.
Son tracé historique n'a pas pu être préservé dans les zones très urbanisées, pleines de ponts et d'échangeurs, autour de Los Angeles.
Pour rallier Barstow - notre première étape -, c’est donc par l’Interstate 10 que l’on a quitté Santa Monica dans le cadre d'un voyage de presse organisé par Brand USA avec l’aide de Cercle des voyages (groupe Escort), un spécialiste français du sur-mesure, classé en 2023 parmi les 50 meilleures agences de voyages au monde pour les Etats-Unis par le Chairman’s Circle Honors.
Le programme de ce road trip avait été élaboré avec la complicité d’Anthony Enault, son responsable Production Amérique du Nord, qui nous a aussi servi de chauffeur.
Barstow, grand centre ferroviaire
A Barstow, la Route 66 et le train sont l'alpha et l'omega de l'histoire locale - Photo : PB, composition générée par IA
Barstow (25 000 hab) s’est développée à partir de 1860, après la découverte de mines d’argent : il fallut alors construire de nouvelles voies ferrées pour évacuer le minerai à travers l’aride désert Mojave.
A l'époque, les locomotives à vapeur avaient besoin de charbon mais aussi d’énormes quantités d’eau. A Barstow, il y avait de l'eau : les convois ferroviaires prirent donc l’habitude de s’y approvisionner et les cheminots de s’y restaurer et d’y dormir.
Même si, grâce à ses deux gares de triage, cette ville reste un important centre ferroviaire, ce temps n’est plus.
Cela n’empêche pas les vastes bâtiments à double galerie à colonnades de l’ancienne gare baptisée « Harvey House Casa del Desierto », de porter encore beau.
Néanmoins, ses salles de restaurant ont été reconverties en salles de réception. Son pittoresque Musée de la Route 66 a rouvert voici peu grâce à de nouveaux volontaires, et son Western America Railrood Museum s'efforce de valoriser sa collection d’anciens wagons exposés en plein air.
A l'époque, les locomotives à vapeur avaient besoin de charbon mais aussi d’énormes quantités d’eau. A Barstow, il y avait de l'eau : les convois ferroviaires prirent donc l’habitude de s’y approvisionner et les cheminots de s’y restaurer et d’y dormir.
Même si, grâce à ses deux gares de triage, cette ville reste un important centre ferroviaire, ce temps n’est plus.
Cela n’empêche pas les vastes bâtiments à double galerie à colonnades de l’ancienne gare baptisée « Harvey House Casa del Desierto », de porter encore beau.
Néanmoins, ses salles de restaurant ont été reconverties en salles de réception. Son pittoresque Musée de la Route 66 a rouvert voici peu grâce à de nouveaux volontaires, et son Western America Railrood Museum s'efforce de valoriser sa collection d’anciens wagons exposés en plein air.
Calico, « ville fantôme »
A Calico, ville fantôme, on se croit encore au temps de la conquête de l'Ouest - Photo : PB, composition générée par IA
Pour revivre l’épopée de l’Ouest américain, rien de tel que de s'offrir, dans la foulée, un petit crochet dans les paysages arides où se niche Calico.
Fondée en 1881, cette bourgade a connu son apogée (avec 3 500 habitants) à la fin du XIXe siècle grâce à ses mines d’argent. Las, lorsque le cours de ce métal s’est effondré, ses mines ont périclité. Calico a été abandonnée en 1907.
Rachetée dans les années 1950 puis restaurée par Walter Knott, cette « Ghost Town » (ville fantôme) est devenue une attraction touristique payante (entrée : 8$).
Avec ses maisons en bois, son église, son école, son hôtel, son saloon, son maréchal-ferrant, son shérif et son juge, sa prison, son fabricant de cercueils, on s'y croit presque dans un vrai village du Far West.
Calico abrite aussi moult boutiques de souvenirs, restaurants, cafés, un musée, un petit train touristique et propose visites de la Maggie mine, démonstrations d’orpaillage et même spectacles de western avec... fusillades à la clé. Folklorique ? Caricatural ? Peut-être mais on se laisse prendre au jeu...
Fondée en 1881, cette bourgade a connu son apogée (avec 3 500 habitants) à la fin du XIXe siècle grâce à ses mines d’argent. Las, lorsque le cours de ce métal s’est effondré, ses mines ont périclité. Calico a été abandonnée en 1907.
Rachetée dans les années 1950 puis restaurée par Walter Knott, cette « Ghost Town » (ville fantôme) est devenue une attraction touristique payante (entrée : 8$).
Avec ses maisons en bois, son église, son école, son hôtel, son saloon, son maréchal-ferrant, son shérif et son juge, sa prison, son fabricant de cercueils, on s'y croit presque dans un vrai village du Far West.
Calico abrite aussi moult boutiques de souvenirs, restaurants, cafés, un musée, un petit train touristique et propose visites de la Maggie mine, démonstrations d’orpaillage et même spectacles de western avec... fusillades à la clé. Folklorique ? Caricatural ? Peut-être mais on se laisse prendre au jeu...
A Barstow, un Festival « Route 66 » avec « car show »
Retour ensuite à Barstow. Trop fatigué pour faire du shopping dans l’un des 40 magasins d’usine à prix cassés (les outlets) ?
Qu'à cela ne tienne ! On se contente d’admirer les belles fresques murales - dont l’une dédiée à la Route 66 - du centre ville où la « Mother Road » se confondait avec la rue principale, avant de dîner d’un burger et de french fries sous les néons fluos d’un restaurant typiquement américain.
Des clients assis au comptoir portent des tee-shirts estampillés « Route 66 ». Rien d'étonnant.
Les 9 et 10 octobre prochains, Barstow dédie un Festival à la « Mother Road », avec, au programme, musique, exposition historique, élection d’une Miss et, bien entendu, « car show ». On est en Amérique, que diable !
Bartow n'est pas une exception. Cette année, des festivités sont prévues dans toutes les localités traversées par la Route 66 !
Qu'à cela ne tienne ! On se contente d’admirer les belles fresques murales - dont l’une dédiée à la Route 66 - du centre ville où la « Mother Road » se confondait avec la rue principale, avant de dîner d’un burger et de french fries sous les néons fluos d’un restaurant typiquement américain.
Des clients assis au comptoir portent des tee-shirts estampillés « Route 66 ». Rien d'étonnant.
Les 9 et 10 octobre prochains, Barstow dédie un Festival à la « Mother Road », avec, au programme, musique, exposition historique, élection d’une Miss et, bien entendu, « car show ». On est en Amérique, que diable !
Bartow n'est pas une exception. Cette année, des festivités sont prévues dans toutes les localités traversées par la Route 66 !
Stations-service et motels vintage
Après Barstow, on connaît enfin le bonheur d'avaler des kilomètres sur le tracé historique de la Route 66.
Pourtant, elle zigzague parfois, ondule ici et là assez méchamment et n’est pas toujours bien entretenue !
A intervalles réguliers, des maisons arborent fièrement le drapeau américain étoilé et des rangées de boites aux lettres
surgissent au milieu de nulle part.
De loin en loin aussi, des cafés et des stations services vintage brandissent leurs enseignes colorées kitch et d’improbables motels sont entourés par un fatras d'antiques Chevrolet, Ford, Buick, Pontiac, Plymouth et autres Dodge hors service depuis longtemps.
Dans ce pays qui leur a longtemps rendu un véritable culte, les grosses cylindrées ont été remplacées par les SUV. Mais souvent aussi par des voitures bien plus modestes qu’autrefois.
Les bikers, eux, restent fidèles à la Route 66. En Californie, on en a croisé beaucoup, de tous les âges, appliqués à avaler consciencieusement des kilomètres de bitume avec leurs puissantes Harley Davidson.
Plus loin, en Arizona, on les a vus affronter sans sourciller les rudes lacets du col de Sietgreaves, où d’innombrables croix, bouquets de fleurs et inscriptions disent combien la Route 66 sait être meurtrière.
Cependant, des familles dispersent aussi sur ce col les cendres de proches décédés ... ailleurs ! Parce qu'à leurs yeux, la mythique Route 66 incarne à jamais l’aventure et la liberté...
Pourtant, elle zigzague parfois, ondule ici et là assez méchamment et n’est pas toujours bien entretenue !
A intervalles réguliers, des maisons arborent fièrement le drapeau américain étoilé et des rangées de boites aux lettres
surgissent au milieu de nulle part.
De loin en loin aussi, des cafés et des stations services vintage brandissent leurs enseignes colorées kitch et d’improbables motels sont entourés par un fatras d'antiques Chevrolet, Ford, Buick, Pontiac, Plymouth et autres Dodge hors service depuis longtemps.
Dans ce pays qui leur a longtemps rendu un véritable culte, les grosses cylindrées ont été remplacées par les SUV. Mais souvent aussi par des voitures bien plus modestes qu’autrefois.
Les bikers, eux, restent fidèles à la Route 66. En Californie, on en a croisé beaucoup, de tous les âges, appliqués à avaler consciencieusement des kilomètres de bitume avec leurs puissantes Harley Davidson.
Plus loin, en Arizona, on les a vus affronter sans sourciller les rudes lacets du col de Sietgreaves, où d’innombrables croix, bouquets de fleurs et inscriptions disent combien la Route 66 sait être meurtrière.
Cependant, des familles dispersent aussi sur ce col les cendres de proches décédés ... ailleurs ! Parce qu'à leurs yeux, la mythique Route 66 incarne à jamais l’aventure et la liberté...
Bagdad Café, un mythe
La rencontre la plus étonnante sur la partie californienne de la Route 66, a tout de même été celle du Bagdad Café. Au vrai, un véritable mythe, pas seulement un café.
Ce motel un peu délabré est posté à Newsberry Springs, toujours dans le désert Mohave : c’est là qu’a été tourné le film de Percy Arlon récompensé en 1989 d’un César du meilleur film étranger.
Dès que l'on y entre, l’ambiance du film - il raconte l’amitié improbable entre la tenancière du café, désabusée par les aspérités de la vie, et une touriste allemande qui a tout perdu - vous ressaisit.
Le Bagdad Café propose glaces, burgers, frites, sandwiches et souvenirs. Il est aussi un lieu de culte et de pèlerinage, à l’atmosphère sans pareille. Du sol au plafond et aux murs, sa salle est pleine de drapeaux du monde entier, de billets d’un dollar signés par des visiteurs, d’écussons de policiers, de cartes postales, de stickers, de mots doux...
Au mur, une affiche « Make Bagdad Great Again » incite tout de même à donner des fonds pour sauver ce lieu.
Andrée Pruett, la patronne « historique », est morte le 13 janvier dernier. Malgré les rumeurs de fermeture définitive, le Bagdad Café survit encore : un couple atypique semble avoir pris le relais.
Lui est aussi taciturne qu’elle est originale, avec ses pantalons pattes d’éph’ en lamé et son Stetson aux couleurs de l'Amérique doublé d’un stupéfiant diadème plein de brillants.
Elle a été aussi accueillante que volubile. On a eu un mal fou à la quitter. Mais, comment résister à l'appel de la Route 66 ?
A suivre : Road Trip aux Etats-Unis, sur la Route 66, de Oatman à Scottsdale
Ce motel un peu délabré est posté à Newsberry Springs, toujours dans le désert Mohave : c’est là qu’a été tourné le film de Percy Arlon récompensé en 1989 d’un César du meilleur film étranger.
Dès que l'on y entre, l’ambiance du film - il raconte l’amitié improbable entre la tenancière du café, désabusée par les aspérités de la vie, et une touriste allemande qui a tout perdu - vous ressaisit.
Le Bagdad Café propose glaces, burgers, frites, sandwiches et souvenirs. Il est aussi un lieu de culte et de pèlerinage, à l’atmosphère sans pareille. Du sol au plafond et aux murs, sa salle est pleine de drapeaux du monde entier, de billets d’un dollar signés par des visiteurs, d’écussons de policiers, de cartes postales, de stickers, de mots doux...
Au mur, une affiche « Make Bagdad Great Again » incite tout de même à donner des fonds pour sauver ce lieu.
Andrée Pruett, la patronne « historique », est morte le 13 janvier dernier. Malgré les rumeurs de fermeture définitive, le Bagdad Café survit encore : un couple atypique semble avoir pris le relais.
Lui est aussi taciturne qu’elle est originale, avec ses pantalons pattes d’éph’ en lamé et son Stetson aux couleurs de l'Amérique doublé d’un stupéfiant diadème plein de brillants.
Elle a été aussi accueillante que volubile. On a eu un mal fou à la quitter. Mais, comment résister à l'appel de la Route 66 ?
A suivre : Road Trip aux Etats-Unis, sur la Route 66, de Oatman à Scottsdale
Publié par Paula Boyer Responsable rubrique LuxuryTravelMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Paula Boyer





























