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Enfin… Boeing retrouve l’espace habité !

La chronique de Michel Messager


Avec le vol de la capsule Starliner, ce mois de juin est plein de promesses : le retour d’échantillons incroyables de la face cachée de la Lune par la mission chinoise Chang'e 6, le futur décollage de Starship, le premier test pour la fusée européenne Ariane 6 et en 5 juin le succès du lancement de la capsule Starliner de Boeing.


Rédigé par le Jeudi 6 Juin 2024

Boeing a pu réaliser l’envoi de sa capsule Starliner, baptisée Calypso en l’honneur de Jacques Cousteau, avec deux astronautes à son bord Suni Williams et Butch Wilmore, à destination de l’ISS. - Photo Boeing Space X
Boeing a pu réaliser l’envoi de sa capsule Starliner, baptisée Calypso en l’honneur de Jacques Cousteau, avec deux astronautes à son bord Suni Williams et Butch Wilmore, à destination de l’ISS. - Photo Boeing Space X
Après 10 ans de développement et de nombreux reports le grand moment est enfin arrivé ce mercredi 5 juin 2024 à 16 heures 53 (heure de Paris) de Cap Canaveral en Floride, puisque, via la fusée Atlas de la société United Launch Alliance (ULA), Boeing a pu réaliser l’envoi de sa capsule Starliner, baptisée Calypso en l’honneur de Jacques Cousteau, avec deux astronautes à son bord Suni Williams et Butch Wilmore, à destination de l’ISS.

Le décollage du vaisseau de Boeing avait été annulé samedi dernier à moins de quatre minutes du lancement, en raison d'un problème venant d’une erreur d’un des trois ordinateurs responsables de la séquence de lancement. Faute d'une parfaite synchronisation entre les procédures, le compte à rebours a été stoppé.

Lire aussi : Starliner : le vol de la dernière chance pour Boeing ?

D'après Boeing, la carte informatique en cause a été enlevée et inspectée, sans qu'aucun dommage visible ne puisse être détecté. Elle a donc tout bonnement été remplacée par une nouvelle.

Boeing se verra t-il attribuer beaucoup de vols par la NASA ?

Avec ce succès du 5 juin, pour la première fois depuis des années, la NASA aura alors deux solutions pour se rendre dans l’espace : celle de Space X ou celle de Boeing. Tout comme pour Boeing ce vol est un énorme soulagement pour la Nasa qui disposera désormais d’un plan B en cas de problème avec le Crew Dragon.

Néanmoins, il faut rappeler que Starliner sera une solution moins intéressante que Crew Dragon de SpaceX, puisqu’un siège dans la capsule de SpaceX coutera environ 55 millions de dollars, contre pas moins de 90 millions de dollars pour Boeing.

Il n’est donc pas assuré que la NASA va attribuer beaucoup de vols à Boeing si ce dernier ne baisse pas considérablement ses prix dans les prochaines années.

Aussi, il faut voir dans ce vol du 5 juin non pas une finalité, mais une étape dans le développement de cette capsule.

Les deux astronautes à bord de la capsule Starliner

Barry Wilmore dit "Butch", mène une carrière distinguée en tant que pilote de chasse, capitaine de la marine américaine et astronaute avec deux vols spatiaux à son actif.

Au-delà de ses réalisations dans l'aérospatiale, Wilmore consacre son temps en tant que pasteur, dirigeant des études bibliques hebdomadaires et participant à des voyages missionnaires à travers l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale pour aider les professionnels de la santé. C'est un artisan qualifié, créant tout, des centres de divertissement aux tables et hangars élaborés pour son église.

Ayant grandi dans le Tennessee, il dit que sa foi l'aide dans tous les aspects de la vie, y compris les inconnues du vol.

Sunita Williams dite "Suni" est capitaine à la retraite de l'US Navy et aussi qualifiée comme pilote d'hélicoptère et officier de plongée.

Devenir astronaute n'a jamais traversé l'esprit de Williams jusqu'à ce qu'une visite au Johnson Space Center, change tout dans sa vie. « Cela m'a donné l'impression que quelque chose pourrait nous aider à développer un nouveau projet pour retourner sur la Lune et poursuivre l'exploration », a-t-elle déclaré.

« J'ai eu l'occasion de rencontrer des gens et de réaliser que tout peut se résoudre étape par étape et qu'il suffit de s'appliquer pour atteindre ces objectifs. Nous jouons tous un rôle ».

Espace habité : pour Boeing ce succès était vital

Pour autant, pour Boeing ce succès était vital car il s'agissait d'honorer un contrat accordé il y a dix ans par l'agence spatiale américaine pour acheminer des astronautes vers l'ISS. Mais le groupe a accumulé les retards et n'avait toujours pas, avant ce 5 juin 2024, réussi à honorer sa première mission, alors que la société SpaceX d'Elon Musk, avait déjà transporté neuf équipages depuis 2020.

Ces difficultés ont piétiné la rentabilité initiale du programme, et écorné celle du groupe, puisque retards et couacs répétés ont générés environ 1,5 milliard de dollars de dépassements de coûts sur le programme initial.

L'avionneur restait d'autant plus sous pression que ses aptitudes en matière de fiabilité et de sécurité sont mises en cause depuis plusieurs mois sur son cœur de métier. Une crise ouverte le 5 janvier par la perte en vol d'une porte-bouchon par un 737 MAX 9 d'Alaska Airlines, l'incident se soldant par quelques blessés légers.

L'enquête a montré que plusieurs boulons d'attache manquaient, soulignant des défaillances préoccupantes dans le système de production et de maintenance du groupe. Boeing a donc été sommé de redresser la situation par le régulateur américain de l'aérien, la FAA. Celle-ci a prévu de multiplier les visites sur le terrain pour s'assurer que les engagements pris seront tenus, ainsi la FAA ne se contentera pas de simples engagements mais vérifiera, par elle-même, en envoyant ses propres experts dans les usines pour surveiller la mise en œuvre du plan.

Rappelons qu’aucun constructeur aéronautique n’avait auparavant été placé sous une telle surveillance, pas même Airbus, au plus fort des problèmes de l’A380 au milieu des années 2000.

Cette mission devrait être le dernier test effectué par Boeing avant que la NASA ne puisse certifier le Starliner pour des vols de routine d'astronautes.
La mission, une fois la capsule arrimée à l’ISS (aux alentours de 420 kilomètres), devrait durer une semaine avant son retour sur terre.


Michel MESSAGER
Michel MESSAGER
Michel MESSAGER est directeur associé de Consul Tours, société de conseil travaillant pour une clientèle privée et institutionnelle dans les secteurs du tourisme.

Il est Membre Fondateur de l’Institut Européen du Tourisme Spatial et de l’AFST (Association Française des Seniors du Tourisme). Il est l’auteur de nombreux articles sur le sujet ainsi que de plusieurs livres : le "Tourisme Spatial" publié en 2009 à la documentation française, "Histoire du Tourisme Spatial de 1950 à 2020" sorti en 2021, "Tourisme Spatial et Ecologie" en 2022 et "Tourisme Spatial de 1950 à 2022" chez Amazon. Il est considéré actuellement comme l’un des spécialistes en la matière.

Il intervient fréquemment sur ce sujet à la radio et à la télévision, ainsi qu’au travers de conférences dans de nombreux pays, notamment au Canada où il réside quelques mois par an. Il conseille notamment des entreprises du "new space" et des fonds d’investissements sur les projets financiers en matière de Tourisme Spatial.

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