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IATA : trafic mondial encore revu à la baisse en 2020 et retardé à 2023

Le retour au niveau d’avant la COVID-19 retardé de 2022 à 2023 - aggravation de la prévision de 46 % établie en avril - Business travel impacté par les téléconférences



IATA constate une reprise du trafic est plus lente que prévu. Le trafic mondial de passagers (mesuré en kilomètres-passagers payants, ou RPK) ne reviendra pas au niveau d’avant la COVID-19 avant 2024, soit un an plus tard que ce qu’on prévoyait auparavant. La reprise des voyages court-courriers devrait se faire plus rapidement que celle des voyages long-courriers. Par conséquent, le nombre de passagers va se rétablir plus rapidement que le trafic mesuré en RPK.


Rédigé par La Rédaction le Mercredi 29 Juillet 2020

"Phoenix (Arizona) Boeing 757-200 d'American Airlines à l'aéroport Phoenix Sky Harbor (PHX) en Arizona /crédit DepositPhoto
"Phoenix (Arizona) Boeing 757-200 d'American Airlines à l'aéroport Phoenix Sky Harbor (PHX) en Arizona /crédit DepositPhoto
Le retour du trafic au niveau d’avant la COVID-19 sera retardé aussi d’une année, de 2022 à 2023.

Pour 2020, le total mondial de passagers (embarquements) devrait décliner de 55 % par rapport à 2019, une aggravation de la prévision de 46 % établie en avril.

La prévision de juin du trafic passagers pour l’année 2020 laisse entrevoir une reprise plus lente que prévu. Le trafic, mesuré en RPK, a diminué de 86,5 % par rapport à l’année précédente.

Cela ne représente qu’une légère amélioration par rapport à la contraction de 91,0 % observée en mai. Cela est attribuable à la hausse de la demande dans les marchés intérieurs, en particulier en Chine. Le coefficient d’occupation des sièges en juin a atteint un creux historique pour le mois, à 57,6 %.

Le scénario de reprise plus pessimiste est basé sur [L’endiguement lent du virus aux États-Unis et dans les économies développées ]b et de nouvelles flambées ont eu lieu dans ces économies, ainsi qu’en Chine.

De plus, on observe peu de signes d’endiguement dans plusieurs économies émergentes, qui représentent, combinées aux États-Unis, environ 40 % des marchés mondiaux de voyages aériens. Leur fermeture prolongée, en particulier aux voyageurs internationaux, est un frein important à la reprise.

• La diminution des voyages d’affaires : les budgets de déplacement des entreprises devraient être très limités, alors que les compagnies subissent encore des pressions financières, même avec l’amélioration de l’économie.

La vidéoconférence a fait une importante percée

De plus, alors qu’historiquement la croissance du PIB et l’augmentation des voyages aériens ont été en étroite corrélation, des enquêtes suggèrent que ce lien s’est affaibli, en particulier quant aux voyages d’affaires, puisque la vidéoconférence semble avoir fait une importante percée en offrant une solution de rechange aux réunions en personne.

Côté consommateurs aussi la défiance est de mise, malgré la demande latente pour les visites d’amis et de parents et les voyages d’agrément, en raison des préoccupations entourant la sécurité d’emploi et le chômage croissant, et le risque d’attraper la COVID-19.

Quelque 55 % des répondants du sondage effectué par l’IATA en juin auprès des voyageurs n’envisagent pas de voyager en 2020.

En raison de ces facteurs, l’IATA a révisé sa prévision de base et prévoit que le nombre d’embarquements dans le monde chutera de 55 % en 2020, par rapport à 2019 (la prévision d’avril faisait état d’un déclin de 46 %).

Le nombre de passagers devrait augmenter de 62 % en 2021 par rapport au creux de 2020, mais il restera près de 30 % inférieur à 2019. Le retour complet au niveau de 2019 n’est pas attendu avant 2023, une année plus tard que ce qu’on annonçait dans la prévision précédente.

Pendant ce temps, puisque les marchés intérieurs rouvrent avant les marchés internationaux, et comme les passagers semblent préférer les voyages court-courriers dans le contexte actuel, le nombre de RPK va se rétablir plus lentement, et le trafic de passagers devrait revenir au niveau de 2019 en 2024, un an plus tard que dans la prévision précédente.

Les avancées scientifiques de la lutte contre la COVID-19, notamment le développement d’un vaccin efficace, pourraient entraîner une reprise plus rapide.

« Le trafic de passagers a connu un creux en avril, mais la reprise a été très faible. L’amélioration constatée concernait les vols intérieurs. Les marchés internationaux demeurent fermés pour la plupart.

La confiance des consommateurs s’amenuise et la décision prise en fin de semaine par le Royaume-Uni d’imposer une quarantaine généralisée à tous les voyageurs de retour d’Espagne n’a pas aidé.

Et dans plusieurs parties du monde, le nombre d’infections est encore en augmentation. Tout cela laisse entrevoir une période de rétablissement plus longue et plus difficile pour l’industrie et l’économie mondiale »
, selon Alexandre de Juniac, CEO de l’IATA.

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