Jean-Claude Lavorel, président du groupe qui porte son nom souhaite développer sa marque d'hÎtels : Kopster. (©Lavorel)
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TourMag : Comment est organisĂ© votre groupe dâhĂŽtellerie et de loisirs ?
Jean-Claude Lavorel : A ce jour, nous avons 15 Ă©tablissements en propriĂ©tĂ© et en exploitation qui se rĂ©partissent en trois secteurs. La Collection rassemble les Ă©tablissements haut de gamme de tourisme qui ont chacun une forte personnalitĂ© comme le Chabichou, le Grand HĂŽtels et les Suites de la PotiniĂšre Ă Courchevel, Le Grand Pavillon Ă Chantilly, le Palace de Menthon et le Black Bass au bord du lac dâAnnecy, le Jules Verne au Lac LĂ©man et le ChĂąteau de Bagnols dans le Beaujolais.
La division Affaires se rĂ©sume pour lâinstant Ă lâancien Hilton de la CitĂ© Internationale, devenu un hĂŽtel Marriott opĂ©rĂ© par nos soins en franchise.
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La troisiĂšme division, Lifestyle, correspond au dĂ©veloppement de notre propre marque Kopster, en 4*, aujourdâhui prĂ©sente dans le stadium de lâOL Ă Lyon et Ă Colombes.
TourMag : DâoĂč vient, le nom de la marque que vous avez créée ?
Jean-Claude Lavorel : Kopster est dĂ©rivĂ© du mot Kop dâorigine afrikaans sud-africaine car je suis un grand passionnĂ© dâAfrique, un mot qui fait aussi partie du langage des supporters. Câest un nom facile Ă retenir et Ă prononcer dans toutes les langues.
Kopster : "Je ne m'interdis pas de m'ouvrir Ă la franchise"
Jean-Claude Lavorel : LâĂ©tablissement doit rĂ©unir des caractĂ©ristiques indispensables qui font la personnalitĂ© de la marque mais nous pouvons les adapter Ă des Ă©tablissements existants aprĂšs rĂ©novation comme nous allons le faire dans lâex-hĂŽtel MĂ©dian de la Porte de Versailles, que nous avons rachetĂ© et qui sera le prochain maillon de la chaĂźne.
TourMag : Quelle ambition vous ĂȘtes-vous fixĂ© Ă terme pour son dĂ©veloppement ?
Jean-Claude Lavorel : Vous savez à mon ùge, le terme se résume à quelques années avec une vision plus opportuniste que stratégique. Nous comptons nous développer par acquisition et conversion.
Plusieurs dossiers sont en cours mais il est difficile de rĂ©unir tous les critĂšres qui rentrent dans le cahier des charges dâun hĂŽtel urbain. Une fois la marque installĂ©e, je ne mâinterdis pas de lâouvrir Ă la franchise avec dâautres partenaires exploitants indĂ©pendants.
Jean-Claude Lavorel : "personne nâa de boule de cristal au bout du compte"
TourMag : On voit Ă travers votre expĂ©rience et dâautres dĂ©veloppeurs que lâhĂŽtellerie reste un secteur trĂšs actif alors quâil a terriblement souffert pendant la crise sanitaire. Ătes-vous surpris de sa reprise aussi dynamique ?
Jean-Claude Lavorel : La pĂ©riode de la Covid a Ă©tĂ© tellement violente pour nos mĂ©tiers que nous Ă©tions tous â et les Ă©conomistes avec â persuadĂ©s quâil nous faudrait des annĂ©es pour retrouver une activitĂ© et une rentabilitĂ© dâavant crise.
Lire aussi : Lavorel Hotels : Charline Bresse nommée directrice générale adjointe
La rĂ©alitĂ© a Ă©tĂ© toute autre, notamment car nous avions sous-estimĂ© le besoin essentiel des gens, de nos clients, de se retrouver dans la vraie vie. On sâaperçoit aujourdâhui des limites de la visio-confĂ©rence et du tĂ©lĂ©travail.
Câest lâenfer dĂšs que lâon est plus de 5 en ligne. Le tournant sâest opĂ©rĂ© en 2021 qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© une bonne annĂ©e et surtout en 2022 qui a Ă©tĂ© fantastique et 2023 se prĂ©sente trĂšs bien. Personne nâa de boule de cristal au bout du compte et on fera face Ă de nouvelles surprises.
TourMag : Avez-vous justement adapté votre mode de fonctionnement face à un univers trÚs instable ?
Jean-Claude Lavorel : On parle dâagilitĂ© nĂ©cessaire dans les entreprises, mais plus que cela câest la prise en compte des comportements qui ont changĂ©.
On voit bien comment nos clients utilisent lâhĂŽtel, notamment pour notre marque Kopster qui sâadresse aussi aux voyageurs dâaffaires. Ils nâont plus de rĂšgles prĂ©cises, pouvant aussi bien travailler dans le lobby sur leur ordinateur en discutant avec des collĂšgues quâau bar et de moins en moins dans leur chambre ou un business corner. Le besoin de crĂ©er du lien est Ă©vident, mĂȘme avec des gens quâon ne connaissait pas avant.
Les lounges ont trouvé une nouvelle fonction de convivialité. La décoration de ces espaces a beaucoup évolué, plus hétéroclite, un peu chiné, en recréant une atmosphÚre presque « comme à la maison ».
Pour Kospster, nous avons dĂ©cidĂ© de personnaliser chaque Ă©tablissement autour dâun animal de la faune africaine Ă travers un papier peint que lâon retrouve dans les parties communes et jusque dans les ascenseurs : câest la girafe Ă Lyon avec une grande rĂ©plique dans le hall, Ă Colombes, câest le zĂšbre aussi prĂ©sent dans le lobby et Ă la Porte de Versailles, ce sera le singe.
Jean-Claude Lavorel : La pĂ©riode de la Covid a Ă©tĂ© tellement violente pour nos mĂ©tiers que nous Ă©tions tous â et les Ă©conomistes avec â persuadĂ©s quâil nous faudrait des annĂ©es pour retrouver une activitĂ© et une rentabilitĂ© dâavant crise.
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La rĂ©alitĂ© a Ă©tĂ© toute autre, notamment car nous avions sous-estimĂ© le besoin essentiel des gens, de nos clients, de se retrouver dans la vraie vie. On sâaperçoit aujourdâhui des limites de la visio-confĂ©rence et du tĂ©lĂ©travail.
Câest lâenfer dĂšs que lâon est plus de 5 en ligne. Le tournant sâest opĂ©rĂ© en 2021 qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© une bonne annĂ©e et surtout en 2022 qui a Ă©tĂ© fantastique et 2023 se prĂ©sente trĂšs bien. Personne nâa de boule de cristal au bout du compte et on fera face Ă de nouvelles surprises.
TourMag : Avez-vous justement adapté votre mode de fonctionnement face à un univers trÚs instable ?
Jean-Claude Lavorel : On parle dâagilitĂ© nĂ©cessaire dans les entreprises, mais plus que cela câest la prise en compte des comportements qui ont changĂ©.
On voit bien comment nos clients utilisent lâhĂŽtel, notamment pour notre marque Kopster qui sâadresse aussi aux voyageurs dâaffaires. Ils nâont plus de rĂšgles prĂ©cises, pouvant aussi bien travailler dans le lobby sur leur ordinateur en discutant avec des collĂšgues quâau bar et de moins en moins dans leur chambre ou un business corner. Le besoin de crĂ©er du lien est Ă©vident, mĂȘme avec des gens quâon ne connaissait pas avant.
Les lounges ont trouvé une nouvelle fonction de convivialité. La décoration de ces espaces a beaucoup évolué, plus hétéroclite, un peu chiné, en recréant une atmosphÚre presque « comme à la maison ».
Pour Kospster, nous avons dĂ©cidĂ© de personnaliser chaque Ă©tablissement autour dâun animal de la faune africaine Ă travers un papier peint que lâon retrouve dans les parties communes et jusque dans les ascenseurs : câest la girafe Ă Lyon avec une grande rĂ©plique dans le hall, Ă Colombes, câest le zĂšbre aussi prĂ©sent dans le lobby et Ă la Porte de Versailles, ce sera le singe.
"Ma principale difficultĂ© nâest pas de recruter du personnel quand on leur explique lâambiance"
TourMag : Quâen est-il de la gestion quotidienne ?
Jean-Claude Lavorel : Nous demandons dĂ©sormais plus de souplesse et de polyvalence Ă notre personnel pour ĂȘtre en phase avec le comportement de nos clients et crĂ©er une ambiance de service disponible, rigoureux tout en Ă©tant dĂ©contractĂ©e et dĂ©complexĂ©e.
Câest ce qui fait lâesprit de notre entreprise et qui dirige notre recrutement.
TourMag : Alors que tout le monde se plaint de la difficulté à recruter dans les métiers de service, comment y parvenez vous ?
Jean-Claude Lavorel : Je dirais que ma principale difficultĂ© nâest pas de recruter du personnel quand on leur explique lâambiance dans laquelle il va travailler, mais davantage de faire comprendre aux directeurs dâĂ©tablissements, formatĂ©s dans les Ă©coles de management hĂŽtelier, que les relations avec les employĂ©s ont Ă©voluĂ©.
Ils ont encore du mal Ă mĂȘler rigueur et dĂ©contraction, imposer un leadership sans dĂ©naturer lâambiance de travail.
Nous avons lancĂ© un questionnaire anonyme auprĂšs de tous nos employĂ©s lâan passĂ© pour identifier les sources de mĂ©contentement. Le salaire est sorti en premier avec les problĂ©matiques du travail de week-end et de coupure.
Nous avons adaptĂ© les primes en circonstances pour relever largement le seuil des salaires. La convivialitĂ© au travail est ressortie assez fortement, dâoĂč des sĂ©ances de massage et des sorties en commun en team-building, et des soirĂ©es animĂ©es oĂč la hiĂ©rarchie sâestompe.
TourMag : Quelle part dâautonomie laissez-vous Ă vos directeurs ?
Jean-Claude Lavorel : Jâai reproduit ce qui a fait le succĂšs de ma premiĂšre entreprise dans le secteur mĂ©dical, en laissant une grande part dâinitiative aux exploitants opĂ©rationnels qui sont au contact de la rĂ©alitĂ© du terrain.
Au siĂšge de Lyon, nous avons les fonctions support auxquels ils font appel dans leur quotidien en matiĂšre de distribution, de marketing, communication, dâachats, de ressources humaines et autres.
Le service commercial et rĂ©servation est organisĂ© autour dâune direction rĂ©gionale Ă Lyon et dâune Ă©quipe dĂ©diĂ©e Ă Paris pour la grande RĂ©gion.
Jean-Claude Lavorel : Nous demandons dĂ©sormais plus de souplesse et de polyvalence Ă notre personnel pour ĂȘtre en phase avec le comportement de nos clients et crĂ©er une ambiance de service disponible, rigoureux tout en Ă©tant dĂ©contractĂ©e et dĂ©complexĂ©e.
Câest ce qui fait lâesprit de notre entreprise et qui dirige notre recrutement.
TourMag : Alors que tout le monde se plaint de la difficulté à recruter dans les métiers de service, comment y parvenez vous ?
Jean-Claude Lavorel : Je dirais que ma principale difficultĂ© nâest pas de recruter du personnel quand on leur explique lâambiance dans laquelle il va travailler, mais davantage de faire comprendre aux directeurs dâĂ©tablissements, formatĂ©s dans les Ă©coles de management hĂŽtelier, que les relations avec les employĂ©s ont Ă©voluĂ©.
Ils ont encore du mal Ă mĂȘler rigueur et dĂ©contraction, imposer un leadership sans dĂ©naturer lâambiance de travail.
Nous avons lancĂ© un questionnaire anonyme auprĂšs de tous nos employĂ©s lâan passĂ© pour identifier les sources de mĂ©contentement. Le salaire est sorti en premier avec les problĂ©matiques du travail de week-end et de coupure.
Nous avons adaptĂ© les primes en circonstances pour relever largement le seuil des salaires. La convivialitĂ© au travail est ressortie assez fortement, dâoĂč des sĂ©ances de massage et des sorties en commun en team-building, et des soirĂ©es animĂ©es oĂč la hiĂ©rarchie sâestompe.
TourMag : Quelle part dâautonomie laissez-vous Ă vos directeurs ?
Jean-Claude Lavorel : Jâai reproduit ce qui a fait le succĂšs de ma premiĂšre entreprise dans le secteur mĂ©dical, en laissant une grande part dâinitiative aux exploitants opĂ©rationnels qui sont au contact de la rĂ©alitĂ© du terrain.
Au siĂšge de Lyon, nous avons les fonctions support auxquels ils font appel dans leur quotidien en matiĂšre de distribution, de marketing, communication, dâachats, de ressources humaines et autres.
Le service commercial et rĂ©servation est organisĂ© autour dâune direction rĂ©gionale Ă Lyon et dâune Ă©quipe dĂ©diĂ©e Ă Paris pour la grande RĂ©gion.
"Nous avons besoin d'une implantation dans le Sud"
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TourMag : Votre plan de développement est-il ambitieux ?
Jean-Claude Lavorel : Je dirais que nous allons procĂ©der pas Ă pas, avec prudence. Je souhaite dĂ©velopper cette marque forte, Kopster, en y associant des hĂŽteliers indĂ©pendants qui ne veulent pas sâallier Ă de trop grands groupes.
Câest lâobjectif de 2024. Pour la Collection, il nous manque quelques implantations indispensables Ă une bonne couverture et surtout nous avons besoin dâun Ă©tablissement dans le Sud. On regarde sans trouver Ă ce jour la perle rare.
Jean-Claude Lavorel : Je dirais que nous allons procĂ©der pas Ă pas, avec prudence. Je souhaite dĂ©velopper cette marque forte, Kopster, en y associant des hĂŽteliers indĂ©pendants qui ne veulent pas sâallier Ă de trop grands groupes.
Câest lâobjectif de 2024. Pour la Collection, il nous manque quelques implantations indispensables Ă une bonne couverture et surtout nous avons besoin dâun Ă©tablissement dans le Sud. On regarde sans trouver Ă ce jour la perle rare.
Publié par Bruno Courtin
Responsable rubrique Partez en France - TourMaG.com
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