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Jean-Claude Lavorel : "Je mise beaucoup sur notre marque d'hîtels Kopster" 🔑

Jean-Claude Lavorel, président du groupe hÎtelier Lavorel


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Dans une premiĂšre vie, Jean-Claude Lavorel a dĂ©veloppĂ© une entreprise de soin mĂ©dicaux Ă  domicile trĂšs prospĂšre qu’il a revendu en 2012 lui donnant ainsi les moyens de s’investir, dĂšs 2014, dans un autre domaine qui lui tient Ă  cƓur : l’hĂŽtellerie. Homme d’affaires avant tout, il ne se laisse pas seulement guider par une passion pour les beaux Ă©tablissements, mais il met en place une stratĂ©gie de diversification en appuyant ces 8 derniĂšres annĂ©es la croissance de son groupe sur quatre piliers : l’hĂŽtellerie de luxe, l’hĂŽtellerie lifestyle, l’hĂŽtellerie d’affaires et la navigation fluviale Ă  travers les Bateaux Lyonnais. Accessoirement, il est aussi propriĂ©taire d’un domaine en Beaujolais, le ChĂąteau de Ravatys ouvert Ă  la visite.


Rédigé par le Mardi 21 Mars 2023 à 00:05

Jean-Claude Lavorel, président du groupe qui porte son nom souhaite développer sa marque d'hÎtels : Kopster. (©Lavorel)
Jean-Claude Lavorel, président du groupe qui porte son nom souhaite développer sa marque d'hÎtels : Kopster. (©Lavorel)
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TourMag : Comment est organisĂ© votre groupe d’hĂŽtellerie et de loisirs ?

Jean-Claude Lavorel : A ce jour, nous avons 15 Ă©tablissements en propriĂ©tĂ© et en exploitation qui se rĂ©partissent en trois secteurs. La Collection rassemble les Ă©tablissements haut de gamme de tourisme qui ont chacun une forte personnalitĂ© comme le Chabichou, le Grand HĂŽtels et les Suites de la PotiniĂšre Ă  Courchevel, Le Grand Pavillon Ă  Chantilly, le Palace de Menthon et le Black Bass au bord du lac d’Annecy, le Jules Verne au Lac LĂ©man et le ChĂąteau de Bagnols dans le Beaujolais.

La division Affaires se rĂ©sume pour l’instant Ă  l’ancien Hilton de la CitĂ© Internationale, devenu un hĂŽtel Marriott opĂ©rĂ© par nos soins en franchise.

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La troisiĂšme division, Lifestyle, correspond au dĂ©veloppement de notre propre marque Kopster, en 4*, aujourd’hui prĂ©sente dans le stadium de l’OL Ă  Lyon et Ă  Colombes.


TourMag : D’oĂč vient, le nom de la marque que vous avez créée ?

Jean-Claude Lavorel : Kopster est dĂ©rivĂ© du mot Kop d’origine afrikaans sud-africaine car je suis un grand passionnĂ© d’Afrique, un mot qui fait aussi partie du langage des supporters. C’est un nom facile Ă  retenir et Ă  prononcer dans toutes les langues.


Kopster : "Je ne m'interdis pas de m'ouvrir Ă  la franchise"

Le tout nouveau Kopster de Colombes (©Lavorel)
Le tout nouveau Kopster de Colombes (©Lavorel)
TourMag : Cette marque propre ne va-t-elle se dĂ©velopper qu’en constructions neuves comme les deux premiers Ă©tablissements ?

Jean-Claude Lavorel : L’établissement doit rĂ©unir des caractĂ©ristiques indispensables qui font la personnalitĂ© de la marque mais nous pouvons les adapter Ă  des Ă©tablissements existants aprĂšs rĂ©novation comme nous allons le faire dans l’ex-hĂŽtel MĂ©dian de la Porte de Versailles, que nous avons rachetĂ© et qui sera le prochain maillon de la chaĂźne.

TourMag : Quelle ambition vous ĂȘtes-vous fixĂ© Ă  terme pour son dĂ©veloppement ?

Jean-Claude Lavorel : Vous savez à mon ùge, le terme se résume à quelques années avec une vision plus opportuniste que stratégique. Nous comptons nous développer par acquisition et conversion.

Plusieurs dossiers sont en cours mais il est difficile de rĂ©unir tous les critĂšres qui rentrent dans le cahier des charges d’un hĂŽtel urbain. Une fois la marque installĂ©e, je ne m’interdis pas de l’ouvrir Ă  la franchise avec d’autres partenaires exploitants indĂ©pendants.

Jean-Claude Lavorel : "personne n’a de boule de cristal au bout du compte"

Grand HÎtel de Courchevel (©Lavorel - Colas Studio)
Grand HÎtel de Courchevel (©Lavorel - Colas Studio)
TourMag : On voit Ă  travers votre expĂ©rience et d’autres dĂ©veloppeurs que l’hĂŽtellerie reste un secteur trĂšs actif alors qu’il a terriblement souffert pendant la crise sanitaire. Êtes-vous surpris de sa reprise aussi dynamique ?

Jean-Claude Lavorel : La pĂ©riode de la Covid a Ă©tĂ© tellement violente pour nos mĂ©tiers que nous Ă©tions tous – et les Ă©conomistes avec – persuadĂ©s qu’il nous faudrait des annĂ©es pour retrouver une activitĂ© et une rentabilitĂ© d’avant crise.

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La rĂ©alitĂ© a Ă©tĂ© toute autre, notamment car nous avions sous-estimĂ© le besoin essentiel des gens, de nos clients, de se retrouver dans la vraie vie. On s’aperçoit aujourd’hui des limites de la visio-confĂ©rence et du tĂ©lĂ©travail.

C’est l’enfer dĂšs que l’on est plus de 5 en ligne. Le tournant s’est opĂ©rĂ© en 2021 qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© une bonne annĂ©e et surtout en 2022 qui a Ă©tĂ© fantastique et 2023 se prĂ©sente trĂšs bien. Personne n’a de boule de cristal au bout du compte et on fera face Ă  de nouvelles surprises.


TourMag : Avez-vous justement adapté votre mode de fonctionnement face à un univers trÚs instable ?

Jean-Claude Lavorel : On parle d’agilitĂ© nĂ©cessaire dans les entreprises, mais plus que cela c’est la prise en compte des comportements qui ont changĂ©.

On voit bien comment nos clients utilisent l’hĂŽtel, notamment pour notre marque Kopster qui s’adresse aussi aux voyageurs d’affaires. Ils n’ont plus de rĂšgles prĂ©cises, pouvant aussi bien travailler dans le lobby sur leur ordinateur en discutant avec des collĂšgues qu’au bar et de moins en moins dans leur chambre ou un business corner. Le besoin de crĂ©er du lien est Ă©vident, mĂȘme avec des gens qu’on ne connaissait pas avant.

Les lounges ont trouvé une nouvelle fonction de convivialité. La décoration de ces espaces a beaucoup évolué, plus hétéroclite, un peu chiné, en recréant une atmosphÚre presque « comme à la maison ».

Pour Kospster, nous avons dĂ©cidĂ© de personnaliser chaque Ă©tablissement autour d’un animal de la faune africaine Ă  travers un papier peint que l’on retrouve dans les parties communes et jusque dans les ascenseurs : c’est la girafe Ă  Lyon avec une grande rĂ©plique dans le hall, Ă  Colombes, c’est le zĂšbre aussi prĂ©sent dans le lobby et Ă  la Porte de Versailles, ce sera le singe.

"Ma principale difficultĂ© n’est pas de recruter du personnel quand on leur explique l’ambiance"

La brigade du Chabichou (©Lavorel)
La brigade du Chabichou (©Lavorel)
TourMag : Qu’en est-il de la gestion quotidienne ?

Jean-Claude Lavorel : Nous demandons dĂ©sormais plus de souplesse et de polyvalence Ă  notre personnel pour ĂȘtre en phase avec le comportement de nos clients et crĂ©er une ambiance de service disponible, rigoureux tout en Ă©tant dĂ©contractĂ©e et dĂ©complexĂ©e.

C’est ce qui fait l’esprit de notre entreprise et qui dirige notre recrutement.


TourMag : Alors que tout le monde se plaint de la difficulté à recruter dans les métiers de service, comment y parvenez vous ?

Jean-Claude Lavorel : Je dirais que ma principale difficultĂ© n’est pas de recruter du personnel quand on leur explique l’ambiance dans laquelle il va travailler, mais davantage de faire comprendre aux directeurs d’établissements, formatĂ©s dans les Ă©coles de management hĂŽtelier, que les relations avec les employĂ©s ont Ă©voluĂ©.

Ils ont encore du mal Ă  mĂȘler rigueur et dĂ©contraction, imposer un leadership sans dĂ©naturer l’ambiance de travail.

Nous avons lancĂ© un questionnaire anonyme auprĂšs de tous nos employĂ©s l’an passĂ© pour identifier les sources de mĂ©contentement. Le salaire est sorti en premier avec les problĂ©matiques du travail de week-end et de coupure.

Nous avons adaptĂ© les primes en circonstances pour relever largement le seuil des salaires. La convivialitĂ© au travail est ressortie assez fortement, d’oĂč des sĂ©ances de massage et des sorties en commun en team-building, et des soirĂ©es animĂ©es oĂč la hiĂ©rarchie s’estompe.


TourMag : Quelle part d’autonomie laissez-vous à vos directeurs ?

Jean-Claude Lavorel : J’ai reproduit ce qui a fait le succĂšs de ma premiĂšre entreprise dans le secteur mĂ©dical, en laissant une grande part d’initiative aux exploitants opĂ©rationnels qui sont au contact de la rĂ©alitĂ© du terrain.

Au siùge de Lyon, nous avons les fonctions support auxquels ils font appel dans leur quotidien en matiùre de distribution, de marketing, communication, d’achats, de ressources humaines et autres.

Le service commercial et rĂ©servation est organisĂ© autour d’une direction rĂ©gionale Ă  Lyon et d’une Ă©quipe dĂ©diĂ©e Ă  Paris pour la grande RĂ©gion.

"Nous avons besoin d'une implantation dans le Sud"

Chùteau de Bagnols en Beaujolais (©Lavorel)
Chùteau de Bagnols en Beaujolais (©Lavorel)
TourMag : Votre plan de développement est-il ambitieux ?

Jean-Claude Lavorel : Je dirais que nous allons procĂ©der pas Ă  pas, avec prudence. Je souhaite dĂ©velopper cette marque forte, Kopster, en y associant des hĂŽteliers indĂ©pendants qui ne veulent pas s’allier Ă  de trop grands groupes.

C’est l’objectif de 2024. Pour la Collection, il nous manque quelques implantations indispensables Ă  une bonne couverture et surtout nous avons besoin d’un Ă©tablissement dans le Sud. On regarde sans trouver Ă  ce jour la perle rare.


Bruno Courtin Publié par Bruno Courtin Responsable rubrique Partez en France - TourMaG.com
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