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Léa : "rachetés pour des queues de cerises, vous serez pressés comme des citrons !"

la chronique de Léa, l'agent de voyages (pas si) blonde



Adepte du "ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa g…..", notre Léa nationale avait réussi malgré tout à garder une certaine réserve à propos de la faillite de Thomas Cook. Mais trop c'est trop : scandalisée par la braderie des points de vente du réseau de distribution, elle a décidé pour notre plus grand bonheur de la rouvrir et de revenir à la "charge"...


Rédigé par Léa, l'agent de voyages (pas si) blonde le Mercredi 11 Décembre 2019

Une boutique avec un bel emplacement, un aménagement moderne et design, une clientèle fidèle, du personnel dévoué à des marques et des produits, formé, enthousiaste et compétent, tout ça ne vaudrait que 1000 à 10000 € !? - Dessin RAF
Une boutique avec un bel emplacement, un aménagement moderne et design, une clientèle fidèle, du personnel dévoué à des marques et des produits, formé, enthousiaste et compétent, tout ça ne vaudrait que 1000 à 10000 € !? - Dessin RAF
Depuis le mois de septembre, je me suis abstenue de m’exprimer sur « l’affaire Thomas Cook ».

Non pas que je n’avais rien à dire, mais les têtes de réseaux comme les TO ont préempté le débat et les commentateurs de tout poil ne nous ont pas épargné le sel de leur pensée.

On se connaît bien désormais depuis tant d’années que j’écris dans TourMaG et vous savez que je ne suis pas systématiquement toute en nuances et en retenue… vous remarquerez que pour une fois, j’ai même réussi à la fermer.

Sans doute n’arriverai-je jamais à fournir une analyse vraiment neutre dans « l’affaire Thomas Cook » : Big-Boss Voyage a autrefois arboré l’enseigne Jet tours. A l’époque, le groupe était dirigé par Denis Wathier (regard d’acier dur, lèvres épaisses et moues boudeuses).

Le décrochage de l’enseigne Jet tours (par Big-Boss himself… il tenait au symbole) a soldé quelques belles années d’engueulades entre Thomas Cook et Big-Boss. Leur rupture a été pire qu’un divorce houleux.

Depuis cette ère lointaine, nous n’avions plus de relation avec Thomas Cook et je dois reconnaître avec humilité que je ne sais rien de ce qu’est devenu le groupe sous l’ère Nicolas Delord.

Je ne ferai donc aucun commentaire sur la faillite de Thomas Cook. Je ne condamnerai ni les Anglais, ni les actionnaires, ni le management français, je ne ferai aucune analyse hasardeuse sur l’intégration verticale, sur l’affrètement et « les vacances de Monsieur tout le monde ».

Car je ne cracherai pas dans la soupe après avoir vendu tant d’années des circuits Jet tours et des clubs Eldorador.

Je n’aurai pas l’indécence de dire (j’ai lu ça l’autre jour dans une gazette, comme dit l’Oncle Dom) « Et si la faillite de Thomas Cook était une bonne nouvelle pour toute la profession ? »

Faire le deuil de mon passé d’enseigne Jet tours

La faillite d’une agence ou d’un TO n’est jamais une bonne nouvelle pour personne.

Qu’on pende haut et court (après qu’on leur aura craché dessus) tous ceux qui auront dit ça.

Pendant 3 mois, le personnel (qu’il soit dans des boutiques Thomas Cook ou Aquatour, au TO Jet tours ou dans les services centraux) a été malmené par des affirmations et des suppositions, des commentaires et des messages de haine…

Le personnel ne savait pas « à quelle sauce il allait être mangé » et tous ces hommes et ces femmes ont été les premières victimes de cette faillite.

Au-delà ont été impactés tous les partenaires de Thomas Cook, qu’ils soient clients ou fournisseurs.

Je pense aux dirigeants et aux salariés des hôtels et des TO qui revendaient à Thomas Cook et dont les résultats ne seront pas aussi bons qu’espérés (parce que Thomas Cook a laissé des ardoises).

Je pense aussi aux agences qui avaient vendu la production Thomas Cook les yeux fermés et qui ont dû trouver des solutions pour faire repartir leurs clients (à leurs frais…).

Si j’ai réussi à la fermer depuis 10 semaines, c’est parce que toute forte que je suis dans mon agence « strictement indépendante », j’avais aussi besoin de faire le deuil de mon passé d’enseigne Jet tours et surtout de respecter le deuil des autres, celui de mon ancienne famille perdue de vue.

Mais je dois avouer que ce qui m’a le plus choquée dans l’affaire, c’est le vil prix auquel les points de vente ont été bradés.

Selon les « offres » des repreneurs et avec la complicité du tribunal de commerce, on sait désormais qu’une agence de voyages « vaut » entre 1 000 et 10 000 €.

Ils ont investi pour « sauver » des salariés ?

Et ben franchement, c’est pas ça qui va donner à Big-Boss le pécule qu’il attend pour partir tailler ses fleurs dans sa « petite » maison de l’île de Ré…

Une boutique avec un bel emplacement, un aménagement moderne et design, une clientèle fidèle, du personnel dévoué à des marques et des produits, formé, enthousiaste et compétent, tout ça ne vaudrait que 1 000 à 10 000 € !?

J’ai beau assumer ma personnalité bobo-frivole-écolo et revendiquer mon peu d’affection pour le capitalisme, me dire qu’une agence de voyages vaut en gros son mobilier et ses fournitures de bureau me laisse sans voix.

Ceux qui ont repris le personnel compétent de Thomas Cook pour si peu ne manqueront pas d’expliquer qu’il faudra des fortunes pour relancer l’activité, sauront se tisser des couronnes de laurier pour expliquer qu’ils ont investi pour « sauver » des salariés.

Bullshit !

Je ne sais pas s’il vaut mieux travailler chez Havas, chez Salaün ou chez Promovacances… mais je veux dire aux ex-salariés de Thomas Cook repris par une nouvelle marque qu’ils ne doivent pas être dupes : vos nouveaux employeurs vous ont acheté des queues de cerise et ne manqueront pas de vous presser comme des citrons.

Vous valez beaucoup mieux et beaucoup plus que ce qu’ils ont payé pour vous.

La preuve : le GIE ASHA (Selectour et Havas) serait prêt à racheter pour 450 000 € la marque Jet tours pour en faire le nom d’un nouveau réseau de distribution et compléter le maillage de Selectour !?

Ne soyons pas dupes : si Laurent Abitbol rachète la marque Jet tours, c’est pour lancer un TO « maison ».

S’il voulait lancer une deuxième marque de distribution, il pourrait utiliser le nom « AFAT Voyages », non ?


Ça lui coûterait moins cher…

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Tags : léa, thomas cook
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1.Posté par Penky le 12/12/2019 14:24 | Alerter
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Merci
je ne travaille(ais) pas chez TC mais merci de souligner que la force de ce secteur c'est le personnel, mais qu'il est toujours le dindon de la farce :(

2.Posté par Mathilde Carpentier le 12/12/2019 15:49 | Alerter
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Chère Léa,
Avez-vous discuté de ce sujet de rachat avec de nombreux employés des agences TC ? Connaissez-vous leurs conditions de travail, l'ambiance au quotidien, la pression ou non qu'ils pouvaient subir, l'atmosphère dans laquelle ils travaillaient ? Et avez-vous fait la même démarche auprès des agents de voyages chez "Havas le diabolique" à vos yeux ? Votre métier n'est pas journaliste effectivement, et c'est sur des sujets sérieux comme celui-ci que vos connaissances réelles du sujet manquent. Ce n'est pas parce que ces agences ont été bradées à vos yeux (quels sont les points de repère que vous avez pour comparer ? A-t-on déjà vécu la chute d'un empire pareil?) que les agents de voyages vont être pressés comme des citrons. Sur le terrain, les agents de voyages des différentes enseignes de Laurent Abitbol ne sont pas les esclaves que vous semblez décrire. Vous ne travaillez pour aucune de ces enseignes, donc comment pouvez vous dénoncer des craintes qui n'ont pas lieu d'être ? Défendre des gens d'un danger que vous seule fantasmez ! Et accessoirement saper le moral d'équipes qui ont non seulement la chance d'avoir encore un emploi, mais qui ont aussi trouvé des maisons où certains pourront continuer à s'épanouir, voire même s'épanouir encore plus, oui oui j'en connais qui ont quitté le navire TC avant la chute pour aller chez Abitbol et qui en sont parfaitement heureux, merci. Et d'autres ne seront effectivement pas heureux, comme certains ne l'étaient pas chez TC, nous sommes tous différents et chacun peut réagir différemment face au même management. Mais s'il vous plait, ne vous faites pas la porte parole de chose que vous ne connaissez pas et ne jeter pas inutilement de l'huile sur le feu. Et pour reprendre une célèbre citation et envoyer de bonnes ondes aux ex-TC et me faire, peut-être à tort comme vous, leur porte-parole : Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient...

3.Posté par Nicolas le 12/12/2019 20:23 | Alerter
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Bonjour Léa,
Je n’arrive pas à comprendre les réactions négatives ou de personnes qui s’offusquent de tels propos; tout comme beaucoup de personne à la suite d’un article reprenant la même philosophie lue sur le quotidien du tourisme.
Ces deux articles mettent en lumière que la majorité des fonds de commerces cèdes lors de cette grande braderie, fluctuent entre 1 000 euros et 10 000 euros.
Il était même fait référence à un fond de commerce en plein paris cédé une bouchée de pain alors qu’en face un fond de commerce cherchait preneur à près de 300 000 euros....
vous n’ignorez certainement pas que toutes ces sommes, ou plutôt les sommes qui auraient pu être retenues auraient pu effacer une partie de l’ardoise laissée par la société, auprès d’autres sociétés, mais aussi auprès des futurs ex salariés que personne n’as voulu reprendre.
Reprendre des salariés est une belle action bien entendu, mais reprendre un fond à sa juste valeur en est encore une plus belle.

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