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Normandie : j'ai testé pour vous « Les Manoirs des Portes de Deauville » [ABO]

25 chambres et suites, une piscine, un salon, un bar, un espace bien-être...


Pour une parenthèse bucolique en Normandie, les « Manoirs des Portes de Deauville » sont une adresse idéale. Ces « Manoirs » se cachent dans la campagne, à Canapville (Calvados), à 10 minutes à peine de la mer et de Deauville, la célèbre station balnéaire dont ils ont emprunté le nom.


Rédigé par le Jeudi 5 Novembre 2026 à 07:32

Un manoir où a souvent séjourné Pierre Corneille, le grand dramaturge du XVIIe siècle - Photos PB, composition générée par IA
Un manoir où a souvent séjourné Pierre Corneille, le grand dramaturge du XVIIe siècle - Photos PB, composition générée par IA
Canapville, c’est déjà le Pays d’Auge, une terre de traditions qui produit fromages renommés (camembert, pont-l'évêque, livarot), calvados, pommeau et bien entendu cidre.

C’est aussi une Normandie de carte postale peuplée de belles maisons à colombages, entourées de pommiers.

C'est dans ce paysage typique que se blottissent les « Manoirs des Portes de Deauville ».

Rachetés en 1996 par le groupe familial français Buildinvest présidé par François Benais et spécialisé dans la rénovation immobilière, l’investissement patrimonial et l’hôtellerie, ces « Manoirs » font désormais partie de sa Collection d’une dizaine d’hôtels.

Pour en faire le délicieux boutique-hôtel dans lequel TourMaG a séjourné, il a cependant fallu mener pendant trois ans d’importants travaux de rénovation.

Estampillé quatre étoiles - méritées - et membre du prestigieux réseau Small Luxury Hotels of the World (SLH), l'établissement propose désormais 25 chambres et suites réparties entre le Manoir historique et les neuf cottages - rénovés ou récents - dispersés au cœur d’un parc verdoyant de 2,5 hectares. S’y ajoute une salle de réunion de 45 m2 joliment décorée.

Dès l’arrivée, le charme opère : il tient aux colombages, aux « essentes » (petits bardeaux) de châtaignier sur une partie des façades, au vestibule du Manoir historique pavé de silex noir, à son majestueux escalier à balustres en chêne, à ses hauts plafonds, aux immenses cheminée ainsi qu’à la tourelle percée de meurtrières typiques des constructions défensives du début du XVIe.


Un manoir dont le dramaturge Corneille était familier

Le Manoir est pour partie classé - et pour partie inscrit - aux monuments historiques - Photos PB, composition générée par IA
Le Manoir est pour partie classé - et pour partie inscrit - aux monuments historiques - Photos PB, composition générée par IA
Pour partie classé - et pour partie inscrit - aux monuments historiques, ce manoir et ses dépendances sont les héritiers d’une longue histoire que Vanessa Rivière connaît par cœur.

Directrice de l’établissement, cette jeune femme qui a commencé comme gouvernante, s’est passionnée pour cette histoire et a fait des recherches : le Manoir de Prétôt (c’est son nom d’origine) peut en effet se prévaloir d’avoir accueilli souvent le dramaturge Pierre Corneille entre 1638 et 1668. Une plaque apposée près de l'entrée le rappelle d'ailleurs.

A cette époque, le manoir appartenait à Guillaume Ballan - l’époux de Marie Corneille, sœur de Pierre -, des nobles du pays d’Auge. Cette propriété restera longtemps dans la famille.

Tout de même, le bâtiment a servi, par la suite, d’école, de réserve de fourrage et même de bergerie jusqu’à ce qu’en 1961, René Guérin, avocat à Rouen et amoureux du patrimoine normand, le sauve de la ruine.

Sa fille Floraine Poilleux poursuivra son travail de restauration, avant de se décider à vendre au groupe Buildinvest.

Une ambiance contemporaine sobre

Dans les chambres, un style contemporain sobre, rehaussé de couleurs tendres et de petites attentions - Photos PB, composition générée par IA
Dans les chambres, un style contemporain sobre, rehaussé de couleurs tendres et de petites attentions - Photos PB, composition générée par IA
Pour séjourner aux « Manoirs des Portes de Deauville », pas besoin de voiture ! Depuis la gare de Deauville, un taxi nous y a conduit en dix minutes.

Une fois arrivé, direction le salon Corneille - juste en face de la réception - pour faire une pause et siroter une boisson. Un grand canapé moelleux, des fauteuils, des tables, une bibliothèque, des livres vous tendent les bras et le bar propose, entre autres, du cidre de chez Michel Bréavoine et du calvados de chez Drouin, producteurs dans le coin. Il n'y a qu'à se servir et à l'inscrire sur un cahier. Aux « Manoirs », on fait confiance aux clients.

Rendez-vous ensuite dans sa chambre ou son cottage. Dans le manoir principal, quatre chambres sont aménagées dans les étages (il n’y a pas d’ascenseur).

Les cottages, numérotés et dotés, chacun, d’un nom différent, sont, soit entièrement privés (comme deux d'entre eux), soit partagés entre deux hébergements.

Ainsi, le numéro 6, baptisé « L’étang », abrite une chambre au premier étage et, au rez-de-chaussée, l’élégante suite « 601 » avec salon, chambre et salle d’eau.

Pittoresque, à l’extérieur, avec ses murs à pans de bois, ce cottage affiche, à l’intérieur, un style contemporain sobre, rehaussé de couleurs tendres et de petites attentions comme le flacon de brume de lit à la fleur de coton placé à côté de l’oreiller et le petit carré de savon artisanal bio posé sur le lavabo.

Cette ambiance se retrouve, avec des nuances bien sûr, dans chacune des 25 chambres et suites. Compter en moyenne 250€ par chambre/nuit en basse saison, 500€ en haute saison. S’y ajoute 28€ par personne pour le petit-déjeuner.

Un verger propice à de belles dégustations

Un vaste verger permet de belles dégustations, lorsque pommes et poires arrivent à maturité - Photos PB, composition générée par IA
Un vaste verger permet de belles dégustations, lorsque pommes et poires arrivent à maturité - Photos PB, composition générée par IA
Cet univers de campagne chic est une invite à paresser dans sa chambre ou son salon - si l’on a réservé une suite - voire, si le temps le permet, sur la terrasse de son cottage pour profiter du soleil et de la quiétude du parc, avant d’aller se relaxer dans la piscine extérieure chauffée à 26 degrés (ouverte de 9 à 21h, d’avril à fin octobre), ou dans le sauna et le jacuzzi de l’espace bien-être.

A noter que pour un massage, il faut réserver à l’avance, car l’établissement fait appel à des thérapeutes extérieurs.

Autre option : explorer le parc. Là, derrière un rideau blanc, s'étire un jardin cosy peuplé de rosiers où ont été installées tables et chaises en fer forgé : un écriteau invite à « entrer » et à « respirer »... Plus loin, un mini-colombier à pans de bois dissimule les armoires électriques.

Planté juste devant, le vaste verger permet de belles dégustations, lorsque pommes et poires arrivent à maturité : les clients sont invités à se servir à leur guise.

A dire vrai, ce verger, imaginé par Philippe Dubreuil, architecte paysagiste, forme un véritable conservatoire du patrimoine fruitier normand. Près de 50 vérités de pommiers anciennes et contemporaines y côtoient des poiriers.

Que l’on soit connaisseur ou néophyte, c’est l’occasion, si l'on vient en septembre, d’apprécier la Reine des Reinettes, la Jubilee, le Grand Alexandre ou encore la Boskoop Rouge alors à maturité, tandis que les poiriers Williams et Clap’s Favorite offrent leurs premiers fruits.

Si l’on veut déguster des poires Louise Bonne d’Avranches, des Beurré Hardy, des Conférence ou encore des Général Leclerc, il faut en revanche venir plutôt entre septembre et octobre...

Dans l’intimité de sa chambre ou à l’Auberge voisine

A l’heure du dîner, nous avons eu le choix : rester dans l’intimité de notre suite, prendre place dans le salon Corneille devant l’immense cheminée ou encore, puisqu’il faisait fait beau, s’installer sur la terrasse devant le Manoir principal pour déguster un verre de vin avec du saucisson sec normand, ou une planche de charcuteries et de fromages normands AOP, voire une soupe ou une « Déclinaison autour de la pomme »...

Comme on avait envie d’une expérience culinaire plus gastronomique, la réception des Manoirs avait réservé une table à l'Auberge du Vieux Tour

Il n’y a qu’une dizaine de mètres à parcourir pour rejoindre, à pied, cette bâtisse à colombages, où, dans un décor campagne chic, le chef Franck Dugast, propose une cuisine inspirée du terroir normand.

Arrivé en Normandie en 1991, ce Sarthois d’origine y est resté car il y a rencontré Muriel, son épouse. En 1999, le couple a repris l'Auberge du Vieux Tour après être tombé sous le charme « de cette belle chaumière ».

« Ma priorité, c’est d’avoir les meilleurs produits », assure Franck Dugast, fier de sa « cuisine simple mais efficace ».

Comme nous l’avons constaté, des amuse-bouche aux fromages, les produits travaillés étaient frais et excellents : mentions spéciales pour les huîtres et pour le filet de Saint-Pierre. Cuit juste ce qu’il faut, ce poisson avait été pêché par le bateau « Gros Loulou » sur lequel officie, de père en fils, une famille de pêcheurs de Trouville...

Au choix : le littoral normand ou le pays d’Auge ?

Le petit-déjeuner buffet, plantureux, servi dans le salon Corneille - Photo : PB
Le petit-déjeuner buffet, plantureux, servi dans le salon Corneille - Photo : PB
Le lendemain matin, après une nuit réparatrice dans un calme absolu et un petit-déjeuner buffet plantureux servi comme toujours dans le salon Corneille, nous avons déambulé un long moment dans Canapville, bourgade qui peut s'enorgueillir de quelques belles maisons à colombages.

Manque de chance, le Manoir dits des Évêques de Lisieux qui se trouve juste à côté la belle église Saint-Sulpice, typique du patrimoine normand, était fermé, ce matin-là. Classé Monument Historique et habité par ses propriétaires qui proposent des visites guidées, ce manoir passe pour être l'un des mieux conservés et des plus pittoresques du Pays d'Auge. Dommage !

Ceux qui viennent sur place avec leur voiture n'ont, en revanche, que... l'embarras du choix. Les environs regorgent de trésors : Pont-l'Évêque, Beaumont-en-Auge et son magnifique panorama sur la vallée de la Touques et aussi la très médiévale cité de Blangy-le-Château.

Ils peuvent également s'aventurer sur la Route du cidre et rendre visite à quelques producteurs, ou filer à Cambremer, découvrir les Jardins du Pays d'Auge.

Ils peuvent aussi facilement explorer la « Côte fleurie » toute proche. Cette partie du littoral normand va de Cabourg à Honfleur, en passant par les belles stations balnéaires de Deauville et de Trouville.

Cependant, rien ne vaut le charme du Pays d'Auge et l'ambiance intimiste et cosy des « Manoirs des Portes de Deauville » !

Lire aussi : Honfleur : la Collection Saint Siméon cultive un luxe discret et authentique

PAULA BOYER Publié par Paula Boyer Journaliste LuxuryTravelMaG - TourMaG.com
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Tags : normandie
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