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Aéroports de Paris : Groupe ADP écarte le risque de pénurie de kérosène et maintient ses objectifs

8,4 milliards d’euros d’investissements prévus de 2027 à 2034.


Présent lors du congrès des Entreprises du Voyage (EDV) qui se tient actuellement à Disneyland Paris, Groupe ADP a rassuré les participants quant aux stocks de kérosène pour l’été et a fait le point sur ses principaux projets à l’horizon 2034.


Rédigé par le Mercredi 6 Mai 2026 à 00:45

Justine Coutard, directrice générale déléguée de Groupe ADP. Photo: TB
Justine Coutard, directrice générale déléguée de Groupe ADP. Photo: TB
Si les compagnies aériennes interviennent régulièrement lors des événements et congrès du tourisme, les prises de parole de Groupe ADP sont rares.

C’est sûrement avec l’ambition de rassurer les professionnels que le gestionnaire des aéroports de Roissy et Orly a choisi de prendre la parole, à l’occasion du congrès des Entreprises du Voyage (EDV) qui se déroule du 4 au 6 mai, à Disneyland Paris.

« L’impact de la crise actuelle est estimé à 1 jour et demi d’activité pour un mois normal dans les aéroports parisiens, ce qui reste modéré » a précisé Justine Coutard, directrice générale déléguée, en préambule.

La diminution d’une clientèle très contributive en provenance des pays du Golfe a notamment un impact sur les commerces installés dans les différents terminaux, en particulier à Roissy.

Pas de pénurie de kérosène

L'impact est toutefois beaucoup plus faible que dans certains des 26 aéroports dans le monde que gère le groupe français, notamment en Jordanie ou en Inde où les conséquences de la crise actuelle sont bien plus conséquentes.

Même volonté de rassurer sur le sujet sensible du kérosène. « A ce jour, nous ne constatons aucun impact en matière d’approvisionnement. Il faut rester vigilent mais ne pas tomber dans la psychose ; et ne pas décourager les voyageurs de prendre l’avion » a ajouté Justine Coutard.

Les aéroports parisiens sont notamment approvisionnés par un oléoduc depuis le Havre, avec un kérosène qui provient largement d’Amérique du Nord.

Des objectifs maintenus pour 2026

Cette situation maîtrisée permet au Groupe ADP de maintenir, pour l’heure, ses objectifs annuels. Comme prévu, le gestionnaire espère retrouver le trafic de 2019 (avant le Covid) cette année à Roissy ; soit 76 millions de passagers.

Le retour à ce niveau a été plus long comparé à d’autres aéroports internationaux car la crise sanitaire a entraîné des changements structurels en France, notamment une diminution des voyages domestiques professionnels en avion.

Autre fait marquant : un trafic en recul avec l’Asie, en particulier la Chine. Du fait de la guerre en Ukraine, Air France n’est plus autorisée à survoler la Russie, contrairement aux compagnies chinoises.

Pour éviter une distorsion de concurrence, les droits de trafic des compagnies chinoises vers la France ont été diminués, avec pour conséquence un nombre de passagers plus faible.

Une prévision de croissance annuelle de 1,6%

A plus long terme, la crise actuelle ne remet pas en cause les ambitions de Groupe ADP. Certes, le projet de terminal 4, qui prévoyait d’augmenter les capacités de Roissy de 40 millions de passagers, a été abandonné.

Mais pour décarboner ses activités, continuer à améliorer ses infrastructures et absorber la croissance du trafic à Paris, désormais estimée à 1,6% par an (contre 2,5% avant le Covid), le gestionnaire prévoit d’investir 8,4 milliards d’euros entre 2027 et 2034 dans les trois aéroports de Roissy, Orly et Le Bourget.

L’objectif est principalement d’optimiser l’existant, afin de permettre à Paris de continuer à tenir son rang de hub majeur en Europe.

A ce titre, Groupe ADP a présenté en décembre dernier son projet de contrat de régulation économique pour cette période, que l’état doit signer avant la fin de l’année.

« Nous avons revu notre copie, avec un projet millimétré en fonction des nouvelles évolutions de trafic » a précisé Justine Coutard. Le projet ambitionne d’augmenter les capacités des aéroports parisiens de 18 millions de passagers.

Lire aussi : Les terminaux de l'aéroport Paris CDG changeront de nom dès 2027

Ouverture du CDG Express le 28 mars 2027

Coté décarbonation de ses activités propres, le groupe affirme être en phase avec ses ambitions avec 80% du chemin parcouru. Le défi est plus difficile pour décarboner les déplacements des salariés et des voyageurs, et donc des avions.

L’ouverture du CDG Express le 28 mars 2027, une liaison ferroviaire automatisée qui reliera Roissy à la Gare de l’Est en vingt minutes, permettra d’accélérer le mouvement tout en améliorant la qualité de services.

« C’était une anomalie pour Paris face à ses concurrents de ne pas avoir de liaison ferroviaire directe. C’est un rattrapage nécessaire » a ajouté Justine Coutard.

Carburants SAF : faire rencontrer l’offre et la demande

Pour la décarbonation des avions, les objectifs s’inscrivent dans un temps plus long. Le groupe a fait des réserves foncières pour stocker de l’hydrogène liquide. Mais la technologie n’est pas encore au point.

Et en matière de carburants SAF produits à partir de matières premières renouvelables, la difficulté est de « faire en sorte que l’offre et la demande se rencontrent ».

Mais pour l’heure, la production demeure insuffisante et les compagnies ne veulent pas s’engager sur des prix plus élevés que le kérosène. Groupe ADP pourrait jouer un rôle de grossiste à l’avenir, afin de permettre aux transporteurs d’accéder plus facilement à l’offre.

Le terminal 3 de Roissy agrandi et modernisé

Même revues à la baisse, les ambitions en matière d’extensions restent également présentes dans le nouveau projet, qui a fait l’objet de plusieurs mois de concertations publiques.

A Roissy, le terminal 3 qui accueille essentiellement des compagnies loisirs et low-cost devrait être agrandi et modernisé, avec notamment des avions au contact alors que pour l’heure, les passagers doivent rejoindre les appareils en bus.

Autre chantier lourd : le terminal 2G, situé à distance des autres terminaux (on le rejoint en bus) et qui accueille des petits avions pour des vols courts et moyens courriers, devrait être démoli pour être remplacé par une nouvelle jetée internationale.

Enfin, de nouveaux aménagements à Orly sont également prévus, notamment la construction d’une nouvelle jetée pour accompagner la croissance de Transavia, qui règne en maître sur l’aéroport du sud parisien depuis l’arrêt des activités d’Air France fin mars.

Des files d’attente qui se rallongent

D’ici là, Groupe ADP va devoir gérer un autre sujet sensible au plus vite, à savoir la mise en place de l’EES (Entry-Exit-System) à l’échelle de l’Union Européenne, pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026.

Ce nouveau système remplace le tampon manuel dans les passeports par un enregistrement numérique (photo faciale et empreinte digitales), pour les ressortissants de pays tiers qui entrent dans la zone Schengen, afin d’améliorer la sécurité.

Mais le déploiement se fait dans la difficulté et « tous les aéroports dénoncent une attente qui s’allonge considérablement » a regretté Justine Coutard. Avec pour conséquence indirecte un temps d'attente pour les passagers français qui pourrait lui aussi s’allonger.

De quoi ajouter encore du stress à des voyageurs déjà en mal de réassurance…


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