Colonies de vacances : "la partie nâest jamais totalement gagnĂ©e, et il faut sans cesse repartir au combat pour sauvegarder un mode de vacances essentiel pour beaucoup dâenfants" - Depositphotos.com Auteurolesiabilkei
Commençons par le nĂ©gatif. Pour Michelle Demessine, prĂ©sidente de lâUNAT et Louise FĂ©nelon, prĂ©sidente de la commission vacances, les colonies de vacances sont affectĂ©es par les maux conjoncturels et structurels propres au secteur du tourisme.
Bien Ă©videmment, la pandĂ©mie a profondĂ©ment affectĂ© les dĂ©parts en 2020 et 2021 qui, entre janvier 2020 et janvier 2022 sont passĂ©s de 15% Ă 9% sur lâensemble de la population de 5 Ă 19 ans. Soit Ă peine plus de 800 000 dĂ©parts contre plus dâ1.4 million une annĂ©e normale comme 2018/19.
Un délitement considérable qui ne sera sans doute pas rattrapé la saison prochaine. Par ailleurs, le secteur semble toujours pùtir du manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics.
Certes, pendant la pĂ©riode critique, les aides de lâĂtat ont permis Ă beaucoup dâentreprises de survivre et, comme lâindique Michelle Demessine, « il y a un mieux. Mais, la partie nâest jamais totalement gagnĂ©e, et il faut sans cesse repartir au combat pour sauvegarder un mode de vacances essentiel pour beaucoup dâenfants. Notamment les moins favorisĂ©s mais aussi les enfants issus de la classe moyenne dont les parents ne reçoivent pas dâaides ».
Le problĂšme des aides Ă©tant lĂąchĂ©, quâen est-il ? Comme il y a trente ans et comme il y a vingt ans et comme toujours⊠Oui, les sĂ©jours pour jeunes ont un prix qui dĂ©passe le budget des familles nâayant accĂšs ni aux chĂšques-vacances, ni aux aides des comitĂ©s dâentreprise ou de la Cnav et autres mairies.
Dâailleurs, Ă ce sujet, dĂ©plore lâex ministre du Tourisme, « il serait grand temps de mettre en place un guichet unique pour faciliter lâaccĂšs aux aides ». Une antienne sur laquelle lâon nâintervient toujours pas et qui barre la route des vacances Ă de nombreux enfants.
Bien Ă©videmment, la pandĂ©mie a profondĂ©ment affectĂ© les dĂ©parts en 2020 et 2021 qui, entre janvier 2020 et janvier 2022 sont passĂ©s de 15% Ă 9% sur lâensemble de la population de 5 Ă 19 ans. Soit Ă peine plus de 800 000 dĂ©parts contre plus dâ1.4 million une annĂ©e normale comme 2018/19.
Un délitement considérable qui ne sera sans doute pas rattrapé la saison prochaine. Par ailleurs, le secteur semble toujours pùtir du manque de reconnaissance de la part des pouvoirs publics.
Certes, pendant la pĂ©riode critique, les aides de lâĂtat ont permis Ă beaucoup dâentreprises de survivre et, comme lâindique Michelle Demessine, « il y a un mieux. Mais, la partie nâest jamais totalement gagnĂ©e, et il faut sans cesse repartir au combat pour sauvegarder un mode de vacances essentiel pour beaucoup dâenfants. Notamment les moins favorisĂ©s mais aussi les enfants issus de la classe moyenne dont les parents ne reçoivent pas dâaides ».
Le problĂšme des aides Ă©tant lĂąchĂ©, quâen est-il ? Comme il y a trente ans et comme il y a vingt ans et comme toujours⊠Oui, les sĂ©jours pour jeunes ont un prix qui dĂ©passe le budget des familles nâayant accĂšs ni aux chĂšques-vacances, ni aux aides des comitĂ©s dâentreprise ou de la Cnav et autres mairies.
Dâailleurs, Ă ce sujet, dĂ©plore lâex ministre du Tourisme, « il serait grand temps de mettre en place un guichet unique pour faciliter lâaccĂšs aux aides ». Une antienne sur laquelle lâon nâintervient toujours pas et qui barre la route des vacances Ă de nombreux enfants.
Colonies de vacances : la chute vertigineuse des candidats au BAFA
Pourtant, ces tarifs sont justifiĂ©s par la qualitĂ© des prestations proposĂ©es aux enfants donc par la taille du personnel encadrant trĂšs codifiĂ© en France, auquel sâajoutent tous les moniteurs spĂ©cialisĂ©s dans des activitĂ©s spĂ©cifiques : Ă©quitation, tir Ă lâarc, musique, plongĂ©eâŠ
Et câest lĂ que le bĂąt blesse encore plus. En effet, sur le dĂ©licat sujet du BAFA créé en 1973 pour former et qualifier des jeunes moniteurs et monitrices dĂ©sireux dâaccompagner des enfants pendant leurs vacances, notons que la chute du nombre de candidats est vertigineuse. En effet, en 2016, lâon diplĂŽmait 54 800 jeunes alors que dĂ©s 2019, on nâen diplĂŽmait plus que 42 900 !
Un phĂ©nomĂšne qui nâest pas sans incidence sur un nouveau problĂšme commun Ă tout le secteur touristique : le problĂšme du recrutement du personnel.
En effet, depuis deux ans, les colonies de vacances manquent elles aussi de bras en cuisine, ménage, entretien⊠Ce qui amÚne certains centres à devoir supprimer quelques dates de séjours, ou à externaliser des prestations ou encore à recruter de plus en plus loin de leur zone géographique.
Autre pĂ©nurie criante : les chauffeurs dâautocar sur laquelle les participants aux ateliers du colloque ont dĂ» plancher, pour tenter de trouver des solutions. Soulignant ce sujet, ils ont dâailleurs Ă©voquĂ© la nĂ©cessitĂ© dâune meilleure coordination au niveau national permettant de mutualiser un certain nombre de prestations.
La lourde tùche de rénovation du patrimoine
Enfin et surtout, un mal endĂ©mique frappe le secteur, celui concernant la rĂ©novation dâun patrimoine vieillissant ou dĂ©jĂ vieux, conçu pour une autre Ă©poque, qui ne rĂ©pond plus Ă la demande et aux exigences de qualitĂ© des jeunes vacanciers dâaujourdâhui.
Or, sur ce problĂšme, il existe des fonds flĂ©chĂ©s, souligne Michelle Demessine, de lâordre de 150 millions dâeuros. « Mais, prĂ©cise-t-elle, ce sont surtout les gros opĂ©rateurs qui en profitent alors que les petites associations qui en ont pourtant un grand besoin ont du mal Ă y accĂ©der ».
Quant aux communes et aux CE, on le sait, elles se dĂ©sengagent faute de moyens, prĂ©fĂ©rant parfois revendre Ă des opĂ©rateurs privĂ©s un bĂąti souvent trĂšs bien situĂ©. Enfin, les « colos » doivent affronter les problĂšmes communs Ă tous les opĂ©rateurs touristiques : lâinflation, les coĂ»ts de lâĂ©nergie, les salaires ou les coĂ»t de la mise en place des normes environnementales etc.
Or, sur ce problĂšme, il existe des fonds flĂ©chĂ©s, souligne Michelle Demessine, de lâordre de 150 millions dâeuros. « Mais, prĂ©cise-t-elle, ce sont surtout les gros opĂ©rateurs qui en profitent alors que les petites associations qui en ont pourtant un grand besoin ont du mal Ă y accĂ©der ».
Quant aux communes et aux CE, on le sait, elles se dĂ©sengagent faute de moyens, prĂ©fĂ©rant parfois revendre Ă des opĂ©rateurs privĂ©s un bĂąti souvent trĂšs bien situĂ©. Enfin, les « colos » doivent affronter les problĂšmes communs Ă tous les opĂ©rateurs touristiques : lâinflation, les coĂ»ts de lâĂ©nergie, les salaires ou les coĂ»t de la mise en place des normes environnementales etc.
Le succÚs inattendu des « vacances apprenantes »
Mais, dans ce dĂ©cor peu rĂ©jouissant, il est des motifs de satisfaction. Parmi eux, notons le succĂšs des « vacances apprenantes ». Un dispositif mis en place dĂšs 2020 par le gouvernement pour permettre aux enfants privĂ©s de vacances, souvent issus de milieux dĂ©favorisĂ©s, de passer une petite semaine loin du domicile familial et en profiter pour sâinitier Ă une discipline artistique ou sportive.
LabellisĂ©s par lâĂtat, ces sĂ©jours ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâaides de lâĂtat pouvant atteindre 80% du coĂ»t du sĂ©jour, plafonnĂ© Ă 400 euros par enfant et par semaine, versĂ©s directement aux collectivitĂ©s partenaires.
Une manne qui en a assurĂ© le succĂšs et qui devrait ĂȘtre reconduite dans les mois Ă venir. En effet, en 2020, 950 000 enfants ont bĂ©nĂ©ficiĂ© du dispositif, soit prĂšs dâun enfant de 5 Ă 19 ans sur 10. Et mieux, 52% de ces jeunes Ă©taient des primos partants !
⊠Ce qui en soit constitue un progrÚs social remarquable, sachant en effet que le défi majeur des « colos » consiste à étendre le nombre de partants, et cela dans tous les milieux.
Non seulement pour lutter contre lâexclusion sociale mais pour Ă©duquer les enfants et leurs parents et leur inculquer la culture des vacances. Une culture qui leur manque et qui est pourtant le dĂ©clencheur de lâenvie de partir, sortir de son milieu, dĂ©couvrir lâautre et lâailleurs. Sans compter que câest cette culture « vacanciĂšre » qui va pouvoir ensuite protĂ©ger les enfants contre des associations et autres rĂ©seaux religieux souvent douteux quant Ă leurs intentions et leur projet pĂ©dagogique.
LabellisĂ©s par lâĂtat, ces sĂ©jours ont bĂ©nĂ©ficiĂ© dâaides de lâĂtat pouvant atteindre 80% du coĂ»t du sĂ©jour, plafonnĂ© Ă 400 euros par enfant et par semaine, versĂ©s directement aux collectivitĂ©s partenaires.
Une manne qui en a assurĂ© le succĂšs et qui devrait ĂȘtre reconduite dans les mois Ă venir. En effet, en 2020, 950 000 enfants ont bĂ©nĂ©ficiĂ© du dispositif, soit prĂšs dâun enfant de 5 Ă 19 ans sur 10. Et mieux, 52% de ces jeunes Ă©taient des primos partants !
⊠Ce qui en soit constitue un progrÚs social remarquable, sachant en effet que le défi majeur des « colos » consiste à étendre le nombre de partants, et cela dans tous les milieux.
Non seulement pour lutter contre lâexclusion sociale mais pour Ă©duquer les enfants et leurs parents et leur inculquer la culture des vacances. Une culture qui leur manque et qui est pourtant le dĂ©clencheur de lâenvie de partir, sortir de son milieu, dĂ©couvrir lâautre et lâailleurs. Sans compter que câest cette culture « vacanciĂšre » qui va pouvoir ensuite protĂ©ger les enfants contre des associations et autres rĂ©seaux religieux souvent douteux quant Ă leurs intentions et leur projet pĂ©dagogique.
Parmi les enfants partis en séjour collectifs : 67% ont fait un séjour et 33% en ont fait deux ou plus : 31% ont des parents aux hauts revenus, 24% viennent de foyers aux professions intermédiaires.
Mais comment partent les enfants ?
Sachant quâun enfant environ sur quatre ne part pas du tout en vacances, le dĂ©fi est effectivement de taille et mĂ©rite de ne pas ĂȘtre abandonnĂ© ni par les collectivitĂ©s, ni par lâĂtat, ni par les familles.
Car, si 78% dâenfants partent bel et bien avec leurs parents et profitent de ces moments de retrouvailles et de partage pour se dĂ©tendre, se familiariser avec de nouvelles activitĂ©s, apprendre Ă mieux connaitre leurs familles et Ă en profiter, les « colos » remplissent une fonction de socialisation et dâouverture au monde qui est tout autant (voire plus) bĂ©nĂ©fique Ă la santĂ© des enfants, tant sur le plan physique que mental. Ne peuvent-elles pas aider Ă©galement à « dĂ©crĂ©tiniser » des enfants absorbĂ©s par leurs Ă©crans ?
Câest ce que nous verrons dans un prochain article.
Car, si 78% dâenfants partent bel et bien avec leurs parents et profitent de ces moments de retrouvailles et de partage pour se dĂ©tendre, se familiariser avec de nouvelles activitĂ©s, apprendre Ă mieux connaitre leurs familles et Ă en profiter, les « colos » remplissent une fonction de socialisation et dâouverture au monde qui est tout autant (voire plus) bĂ©nĂ©fique Ă la santĂ© des enfants, tant sur le plan physique que mental. Ne peuvent-elles pas aider Ă©galement à « dĂ©crĂ©tiniser » des enfants absorbĂ©s par leurs Ă©crans ?
Câest ce que nous verrons dans un prochain article.
Formules de dĂ©parts en vacances en 2022 sur lâensemble des enfants français de 5 Ă 19 ans ( soit 11 millions).
- Avec les parents : 78%
- Avec dâautres membres de la famille : 31%
- Avec des amis : 17%
- En colonies/camps scouts : 9%
- En stages sportifs : 5%
- En séjours linguistiques : 3%
- En mini séjours : 6%
- Avec les parents : 78%
- Avec dâautres membres de la famille : 31%
- Avec des amis : 17%
- En colonies/camps scouts : 9%
- En stages sportifs : 5%
- En séjours linguistiques : 3%
- En mini séjours : 6%
Parmi les enfants partis en vacances, quels sont ceux qui ne sont pas partis en séjours collectifs ?
- 87% des enfants dont les parents sont indépendants
- 87% dont les parents appartiennent aux classes moyennes inférieures
- 92% des enfants vivant dans des familles monoparentales
- 91% des enfants dont les parents sont séparés
- 89% des enfants vivant dans des communes rurales et des zones de 20 Ă 100 000 habitants
- 87% des enfants dont les parents sont indépendants
- 87% dont les parents appartiennent aux classes moyennes inférieures
- 92% des enfants vivant dans des familles monoparentales
- 91% des enfants dont les parents sont séparés
- 89% des enfants vivant dans des communes rurales et des zones de 20 Ă 100 000 habitants
Journaliste, consultante, confĂ©renciĂšre, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin dâen analyser les consĂ©quences sur le secteur du tourisme.
AprĂšs avoir dĂ©veloppĂ© pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de lâactualitĂ© oĂč elle dĂ©code le prĂ©sent pour prĂ©voir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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