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Croisière : Toulouse au fil de l'eau, sur les canaux

Quand la navigation urbaine révèle le splendide patrimoine toulousain



Rien de tel pour apprécier la « Ville Rose » que d’embarquer en bateau sur le canal du Midi, le canal de Brienne et un bout de Garonne. La navigation urbaine révèle le splendide patrimoine toulousain et les raisons qui ont conduit à créer ces voies d’eaux au cœur de la cité.


Rédigé par Jean-François RUST le Mercredi 1 Septembre 2021

En croisière locale ou en navigation au long cours, la traversée de Toulouse sur l’eau est une expérience réellement originale - DR : J.-F.R.
En croisière locale ou en navigation au long cours, la traversée de Toulouse sur l’eau est une expérience réellement originale - DR : J.-F.R.
La croisière ne s’effectue pas dans l’ordre chronologique de construction mais peu importe.

Afin de ne pas perdre le lecteur en route, rappelons ceci : le canal du Midi (Sète-Toulouse), œuvre de Pierre-Paul Riquet, date du 17e s. Le canal de Brienne (tracé dans Toulouse entre la Garonne et le canal du Midi) a été percé au 18e s. Le canal latéral à la Garonne (Toulouse-Bordeaux), lui, au 19e s.

Rendez-vous est donc pris au port de l’Embouchure, à l’intersection des trois voies d’eau.

Bassin en briques creusé à l’ouest du centre-ville entre 1770 et 1776, le port est désormais au contact des quartiers des Minimes et des Sept-Deniers.

C’est la clef de voûte du système de navigation entre Méditerranée et Atlantique, le kilomètre 0 du canal du Midi et du canal latéral à la Garonne. Un passage obligé et un carrefour stratégique.

Péniche-cabaret-musée dédiée à Claude Nougaro

Le port de l’Embouchure mélange Histoire et actualité.

Histoire avec notamment le bas relief allégorique de François Lucas, sculpté en 1775 dans le bassin lors du percement du canal de Brienne. Il représente la province du Languedoc, symbolisant l’union entre la Méditerranée et l’Atlantique.

Actualité, avec l’aménagement d’un parvis au bord du bassin et l’ouverture de la péniche-cabaret-musée Sanctanox, dédiée à Claude Nougaro, un projet porté par sa fille Cécile.

Voûte de platanes du canal de Brienne

La péniche des Bateaux Toulousains sur laquelle nous embarquons, elle, entame sa navigation par le canal de Brienne. C’est le plus charmant de Toulouse.

Allée d’eau rectiligne sur la quasi-totalité du parcours, elle glisse sous une voûte de platanes séculaires protégeant du soleil et de l’évaporation.

Soit 1,6 km d’ombre et de tranquillité avec quelques péniches à quai, des joggeurs sur le chemin de halage et des promeneurs de chiens.

Au-dessus de l’eau, de simples ponts-arches en briques, gracieux, relient l’allée de Brienne à celle de Barcelone.

Bief infranchissable du Bazacle

Juste après les bâtiments de l’université Toulouse I, ancienne manufacture de tabac, la péniche négocie l’unique virage du canal de Brienne. Et franchit l’écluse Saint-Pierre menant à la Garonne.

Ce débouché fluvial permet de saisir l’intérêt du canal.

Démarrant sur la Garonne en amont du bief infranchissable du Bazacle, il permettait aux bateaux venant des Pyrénées chargés de bois, de viande ou de marbres, de rejoindre le canal du Midi directement, plutôt que de supporter un pénible transbordement sur le fleuve pour rattraper le canal en aval.

C’est Etienne-Charles de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse devenu ministre d’Etat sous Louis XVI, qui soutint le projet.

Projet Grand Parc Garonne

La petit boucle sur la Garonne jusqu’au port de la Daurade, entre le pont Saint-Pierre et le pont Neuf, permet de percevoir une ville qui respire.

A rebours de son urbanisme très dense, Toulouse s’aère sur les berges réaménagées de la Garonne.

En contrebas des quais de la Daurade et de Tournis, en aval de l’espace EDF Bazacle (la coulée verte des Amidonniers) ainsi qu’à la pointe Saint-Michel, sur l’île du Ramier, promenades, animations estivales, guinguettes et bars ont redonné de l’allant au secteur.

C’est la même chose rive gauche, dans le quartier de Saint-Cyprien, avec la transformation des quais et de la digue en espace piétonnier entre l’Hôtel-Dieu et l’hôpital de la Grave.

Ces aménagements font partie de Grand Parc Garonne, un projet de réhabilitation des 32 km de berges fluviales porté par la mairie de Toulouse.

Quartier de Matabiau et écluses

Il est temps de faire demi-tour. Sur une eau plus agitée, la péniche redescend quelques hectomètres de Garonne et reprend le chemin du canal de Brienne.

Une façon agréable de regarder le quartier et ses immeubles résidentiels sous un autre angle.

Parvenu au port de l’Embouchure, elle vire à droite dans le canal du Midi.

Elle laisse ainsi à bâbord le canal latéral à la Garonne qui, sur son premier kilomètre, accueille une dizaine de péniches résidentielles.

Quartier Matabiau en pleine mutation

L’entame de la navigation sur le canal du Midi déçoit.

Supportant écluses, croisements et passages le long du très encombré boulevard des Minimes, elle révèle quelques erreurs urbanistiques et le bâtiment décrié (pour son architecture) du Conseil départemental de Haute-Garonne, sur la droite.

Petite satisfaction : la vision fugitive, à droite aussi, du fond du Jardin japonais Pierre Baudis.

L’arrivée dans le quartier de Matabiau souligne à quel point il vaut mieux être sur l’eau qu’en voiture.

En pleine mutation dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement, le quartier de la gare doit faire face à l’encombrement de ses voies routières.

Médiathèque José Cabanis et statue de Riquet

Juste devant la gare se tient l’écluse Bayard.

Quand on navigue depuis Carcassonne, c’est la première que l’on rencontre dans Toulouse. La plus haute, aussi : 6,5 m de dénivelé, d’un seul tenant.

Les cyclistes urbains connaissent depuis longtemps la maison éclusière Bayard : elle abrite la Maison du Vélo, magasin de location de cycles.

La péniche poursuit sa route, croisant celle, à quai, dédiée à la violette, fleur et parfum emblématiques de Toulouse (la Maison de la Violette).

Un peu plus loin à gauche se tient le monumental bâtiment de la médiathèque José Cabanis. Elle fait face à la statue… de Pierre-Paul Riquet (hommage obligé au grand homme !).

Rappelons que l’architecte du canal est mort à Toulouse en 1680, peu avant l’achèvement de son œuvre et que son tombeau se trouve dans la cathédrale Saint-Etienne.

Port Saint-Sauveur, halte fluviale toulousaine

On aperçoit ensuite à droite quelques belles maisons toulousaines à double étage et le chevet de l’église Saint-Aubin, du nom de ce quartier jeune et animé de Toulouse.

Puis c’est l’arrivée au port Saint-Sauveur, halte fluviale principale de la Ville Rose. La capitainerie s’y trouve, de même que quelques péniches de plaisance.

Les aménagements apportés traduisent l’ambition du Plan Canal, un projet de modernisation des canaux à Toulouse. 2,5 millions d’euros ont été investis par Toulouse Métropole sur la période 2014-2020.

Bassin du radoub

Si le début du canal du Midi offrait un intérêt moyen, ce n’est plus le cas au-delà du port. Voilà la portion la plus romantique de la voie d’eau.

De nombreuses péniches amarrées le long des berges sont protégées par une frondaison d’arbres relaxante.

Ici se trouve la péniche Amboise et ses adorables chambres d’hôtes (voir ci-dessous).

Ici aussi se cache un des lieux les plus étonnants du canal : le bassin du radoub. Siège d’un atelier technique des VNF (Voies Navigables de France), il abrite trois cales louées pour des réparations navales. Une soixantaine de bateaux y passe chaque année.

De la même façon, Toulouse voit circuler entre 1 500 et 2 000 bateaux par an sur son canal phare.

En croisière locale ou en navigation au long cours, la traversée de Toulouse sur l’eau est une expérience réellement originale.

Pratique

Office de tourisme de Toulouse : toulouse-tourisme.com

Y aller : Vols Paris/Toulouse avec Air France et Hop! ou TGV.

Sur place

La compagnie Les Bateaux Toulousains arme trois péniches pour des navigations de mars à novembre sur le canal du Midi, le canal de Brienne et la Garonne. En avril, mai, juin, septembre et octobre, la croisière « Journée » (5h) enchaine canal de Brienne, Garonne, canal de Brienne (à nouveau) et canal du Midi.
bateaux-toulousains.com

Hébergement : La Péniche Amboise. Quatre chambres confortables et joliment aménagées dans cette grande péniche des berges du canal du Midi, près du port Saint-Sauveur. De 95 à 140€ la nuit pour deux personnes, avec petits-déjeuners inclus, selon saison.
peniche-amboise.com

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