Elle était conseillère commerciale dans une banque et révise aujourd’hui les moteurs des Airbus de la compagnie Air France. Il était « Fleet Manager », responsable opérationnel chez un des plus grands loueurs de voiture et accueille désormais les passagers à l’aéroport de Roissy-CDG.
Qu’est ce qui pousse certains à tout plaquer pour changer radicalement de métier et rejoindre le secteur de l’aérien ?
Cest ce que nous avons voulu savoir en dialoguant avec Anaïs et Hervé désormais salariés au sein de la compagnie Air France.
Qu’est ce qui pousse certains à tout plaquer pour changer radicalement de métier et rejoindre le secteur de l’aérien ?
Cest ce que nous avons voulu savoir en dialoguant avec Anaïs et Hervé désormais salariés au sein de la compagnie Air France.
Anaïs, de la banque aux moteurs de l’Airbus chez Air France
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À 31 ans, Anaïs Sulot était déjà bien installée dans la vie. Maman et en CDI dans la banque d’un grand groupe, elle conseillait la clientèle et connaissait tout des produits bancaires et d’assurance qu’elle vendait.
Compétente, on lui avait même confié en plus de ses missions, celles de former les nouveaux arrivants.
« J’étais quelqu’un dans le privé intéressé par le travail manuel. Souvent je regardais des petits tutos sur le net pour bien réaliser des travaux à la maison et la mécanique m’intéressait. »
En 2022, des planètes s’alignent. Anaïs raconte : « Après la période Covid, il y a eu dans mon entreprise un plan de départ que j'ai pris et dans la même période je suis devenu maman de mon deuxième enfant.
Lors de mon congé maternité, j’ai réfléchi à la suite de ma carrière et c’est là que j’ai décidé de me réorienter vers un métier technique, manuel, un métier qui me plaisait vraiment »
À l’époque, Air France, en pleine relance de son activité recherche des mécaniciens aéronautiques, mais comme beaucoup de jeunes et particulièrement des femmes, Anaïs avait des aprioris.
« Je pensais que c’était un milieu très masculin et qu’il fallait obligatoirement un bac pro aéronautique. »
En faisant des recherches, Anaïs, voit qu’elle peut intégrer des formations rémunérées avec simplement un niveau BAC.
« J’ai intégré l’AFMAE, un centre de formation pour passer un CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie) d’assembleuse monteuse de systèmes mécanisés. Il y avait trois mois de formation au centre, des cours intensifs pour acquérir les bases de l’aéronautique et la mécanique et j’ai enchaîné ensuite avec 6 mois d’immersion professionnelle chez Air France.
Ensuite j’ai dû obtenir ma certification avec un oral à passer et une présentation à faire. Celle-ci a été validée et Air France m’a proposé un CDI, l’année dernière en septembre 2025.]i »
Anaïs ne regrette pas ce choix, ce virage sur l’aile à 180 degrés. Sur le terrain, ses aprioris se sont rapidement envolés.
« Dès le début de la formation quand j’ai vraiment découvert le métier de mécanicienne, j’ai compris que c’était un métier accessible aux femmes. Nous disposons de supers outils, d’engins, de levage. Pas besoin de force physique pour travailler. »
Compétente, on lui avait même confié en plus de ses missions, celles de former les nouveaux arrivants.
« J’étais quelqu’un dans le privé intéressé par le travail manuel. Souvent je regardais des petits tutos sur le net pour bien réaliser des travaux à la maison et la mécanique m’intéressait. »
En 2022, des planètes s’alignent. Anaïs raconte : « Après la période Covid, il y a eu dans mon entreprise un plan de départ que j'ai pris et dans la même période je suis devenu maman de mon deuxième enfant.
Lors de mon congé maternité, j’ai réfléchi à la suite de ma carrière et c’est là que j’ai décidé de me réorienter vers un métier technique, manuel, un métier qui me plaisait vraiment »
À l’époque, Air France, en pleine relance de son activité recherche des mécaniciens aéronautiques, mais comme beaucoup de jeunes et particulièrement des femmes, Anaïs avait des aprioris.
« Je pensais que c’était un milieu très masculin et qu’il fallait obligatoirement un bac pro aéronautique. »
En faisant des recherches, Anaïs, voit qu’elle peut intégrer des formations rémunérées avec simplement un niveau BAC.
« J’ai intégré l’AFMAE, un centre de formation pour passer un CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie) d’assembleuse monteuse de systèmes mécanisés. Il y avait trois mois de formation au centre, des cours intensifs pour acquérir les bases de l’aéronautique et la mécanique et j’ai enchaîné ensuite avec 6 mois d’immersion professionnelle chez Air France.
Ensuite j’ai dû obtenir ma certification avec un oral à passer et une présentation à faire. Celle-ci a été validée et Air France m’a proposé un CDI, l’année dernière en septembre 2025.]i »
Anaïs ne regrette pas ce choix, ce virage sur l’aile à 180 degrés. Sur le terrain, ses aprioris se sont rapidement envolés.
« Dès le début de la formation quand j’ai vraiment découvert le métier de mécanicienne, j’ai compris que c’était un métier accessible aux femmes. Nous disposons de supers outils, d’engins, de levage. Pas besoin de force physique pour travailler. »
Anaïs est spécialisée sur deux types de moteurs, les Pratt & Whitney P1500 et les CFM56-B (des moteurs équipant les Airbus A.220 et A.320 NDLR) - Photo : Air France
Il y a encore, dans ce métier, une majorité d’hommes, mais sur ce point aussi, les appréhensions de la jeune femme ont disparu. « Je savais que j'arrivais dans un milieu un peu masculin, mais ça s'est super bien passé, mon accueil, mon intégration, tout le monde a été bienveillant et j’ai été bien bien accueillie. »
Dans une compagnie aérienne, les horaires sont décalés et variables. Lorsque nous avons rencontré Anaïs, elle avait fait une tranche horaire de nuit, de 22h00 à 04h30 du matin.
Anaïs est spécialisée sur deux types de moteurs, les Pratt & Whitney P1500 et les CFM56-B (des moteurs équipant les Airbus A.220 et A.320 NDLR). Elle nous a concrètement raconté sa vacation nocturne.
« Je suis à Orly, et quand le moteur nous arrive il est déjà séparé de l’avion et installé sur notre poste. On commence toujours par faire une inspection. C’est dans le cadre d’une révision classique ou bien parce que le moteur a connu un problème.
L’inspection est une grosse partie de notre travail, nous fonctionnons en équipe composée entre 10 et 12 personnes.
À nous d’établir ce qui doit être fait sur le moteur, quelles parties on va démonter, quelles parties on va envoyer en réparation.
L’étape suivante est donc de démonter le moteur par modules, par blocs : les turbines, les compresseurs haute et basse pressions, etc., on va littéralement déshabiller le moteur et envoyer chaque partie dans d’autres services techniques spécialisés. »
Au bout d’un an dans ce nouveau poste, Anaïs n’a aucun regret.
« Dès la formation j’ai aimé apprendre et encore aujourd’hui, j’apprends de nouvelles choses concernant la mécanique. Franchement c'est un métier qui me plaît vraiment. »
Rentrée dans la compagnie au poste de 'mécanicienne N2', le premier niveau en mécanique, elle se voit bien « une fois que je serais prête », passer les examens internes à la compagnie pour franchir encore des niveaux et devenir technicienne.
Dans une compagnie aérienne, les horaires sont décalés et variables. Lorsque nous avons rencontré Anaïs, elle avait fait une tranche horaire de nuit, de 22h00 à 04h30 du matin.
Anaïs est spécialisée sur deux types de moteurs, les Pratt & Whitney P1500 et les CFM56-B (des moteurs équipant les Airbus A.220 et A.320 NDLR). Elle nous a concrètement raconté sa vacation nocturne.
« Je suis à Orly, et quand le moteur nous arrive il est déjà séparé de l’avion et installé sur notre poste. On commence toujours par faire une inspection. C’est dans le cadre d’une révision classique ou bien parce que le moteur a connu un problème.
L’inspection est une grosse partie de notre travail, nous fonctionnons en équipe composée entre 10 et 12 personnes.
À nous d’établir ce qui doit être fait sur le moteur, quelles parties on va démonter, quelles parties on va envoyer en réparation.
L’étape suivante est donc de démonter le moteur par modules, par blocs : les turbines, les compresseurs haute et basse pressions, etc., on va littéralement déshabiller le moteur et envoyer chaque partie dans d’autres services techniques spécialisés. »
Au bout d’un an dans ce nouveau poste, Anaïs n’a aucun regret.
« Dès la formation j’ai aimé apprendre et encore aujourd’hui, j’apprends de nouvelles choses concernant la mécanique. Franchement c'est un métier qui me plaît vraiment. »
Rentrée dans la compagnie au poste de 'mécanicienne N2', le premier niveau en mécanique, elle se voit bien « une fois que je serais prête », passer les examens internes à la compagnie pour franchir encore des niveaux et devenir technicienne.
Hervé, rangé des voitures
Quant à Hervé Talon, il avait à 50 ans une belle carrière chez un des leaders mondiaux de la location de voiture au sein duquel il était rentré en 1999.
D’abord chargé de clientèle, il a su gravir les échelons pour devenir chef d’équipe, puis chef d’agence et enfin « Fleet Manager ».
En CDI, et lui aussi dans une entreprise très solide, il a cependant décidé de prendre une bretelle de sortie pour faire un métier au contact des clients dans le secteur aérien.
« La relation client, c’est ce qui me nourrit » nous a t il avoué d’emblée. « Moi, c'est la clientèle, faire en sorte, que les choses se passent bien, satisfaire les clients, et que les choses roulent, comme on le dit ».
b[C’est en 2020 qu’il fait le grand saut et postule auprès d’Air France au poste d’agent d’escale.
Il faut gagner la confiance des recruteurs « pas forcément convaincus » qu’il soit prêt à repartir dans la vie professionnelle avec un salaire moins confortable que celui qu’il avait.
Hervé insiste « Je vous prouverai tous les jours, et toutes les années qui suivront que vous avez eu raison de me donner cette opportunité », lance-t-il aux recruteurs.
Sa détermination paye et Air France le retient. Mais en 2020, le COVID bloque tous les recrutements et on informe Hervé que son dossier est dans un vivier et qu’il faudra attendre des jours meilleurs.
Hervé retrouve un poste de chef d’agence chez un autre grand de la location et patiente.
En 2023, enfin, les portes de l’aéroport s’ouvrent et Air France lui propose un CDD. Le métier exige « la maîtrise de beaucoup de procédures, d’acquérir des codes de l’aérien que je n’avais pas ». Il relève le challenge et 7 mois plus tard le voilà en CDI.
D’abord chargé de clientèle, il a su gravir les échelons pour devenir chef d’équipe, puis chef d’agence et enfin « Fleet Manager ».
En CDI, et lui aussi dans une entreprise très solide, il a cependant décidé de prendre une bretelle de sortie pour faire un métier au contact des clients dans le secteur aérien.
« La relation client, c’est ce qui me nourrit » nous a t il avoué d’emblée. « Moi, c'est la clientèle, faire en sorte, que les choses se passent bien, satisfaire les clients, et que les choses roulent, comme on le dit ».
b[C’est en 2020 qu’il fait le grand saut et postule auprès d’Air France au poste d’agent d’escale.
Il faut gagner la confiance des recruteurs « pas forcément convaincus » qu’il soit prêt à repartir dans la vie professionnelle avec un salaire moins confortable que celui qu’il avait.
Hervé insiste « Je vous prouverai tous les jours, et toutes les années qui suivront que vous avez eu raison de me donner cette opportunité », lance-t-il aux recruteurs.
Sa détermination paye et Air France le retient. Mais en 2020, le COVID bloque tous les recrutements et on informe Hervé que son dossier est dans un vivier et qu’il faudra attendre des jours meilleurs.
Hervé retrouve un poste de chef d’agence chez un autre grand de la location et patiente.
En 2023, enfin, les portes de l’aéroport s’ouvrent et Air France lui propose un CDD. Le métier exige « la maîtrise de beaucoup de procédures, d’acquérir des codes de l’aérien que je n’avais pas ». Il relève le challenge et 7 mois plus tard le voilà en CDI.
Un rôle d’assistance, mais aussi de commercial où il faut là aussi promouvoir les offres de la compagnie et fidéliser la clientèle. - Photo : Air France
Pour Hervé aussi le métier se fait avec des horaires décalés et avec la satisfaction d’être en permanence au contact de la clientèle avec des missions diverses.
Quand nous l’avons rencontré, il terminait une vacation bien remplie. Il avait commencé par une prise en charge de trois enfants non accompagnés à l’arrivée d’un vol et qui étaient en correspondance.
Puis participé aux procédures d’embarquement du vol vers Los Angeles où il a fallu gérer des clients en retard : appliquer des procédures, faire preuve de tact, de bons sens et de diplomatie, se coordonner et décider avec l’impérieuse nécessité de respecter la ponctualité.
Enfin, après sa dernière pause, il était celui qui nous aide en zone d’enregistrement.
Un rôle d’assistance, mais aussi de commercial où il faut là aussi promouvoir les offres de la compagnie et fidéliser la clientèle.
Visiblement heureux dans ce poste, Hervé espère rapidement progresser vers un poste de manager opérationnel. Homme de challenges, c’est le prochain qu’il s’est fixé.
Sourire, quand on lui rappelle que Ben Smith, le PDG d’Air France – KLM a commencé sa carrière dans l’aérien en tant qu’agent d’escale. « Ça me parle, ça me donne des idées et ça me motive ! »
Quand nous l’avons rencontré, il terminait une vacation bien remplie. Il avait commencé par une prise en charge de trois enfants non accompagnés à l’arrivée d’un vol et qui étaient en correspondance.
Puis participé aux procédures d’embarquement du vol vers Los Angeles où il a fallu gérer des clients en retard : appliquer des procédures, faire preuve de tact, de bons sens et de diplomatie, se coordonner et décider avec l’impérieuse nécessité de respecter la ponctualité.
Enfin, après sa dernière pause, il était celui qui nous aide en zone d’enregistrement.
Un rôle d’assistance, mais aussi de commercial où il faut là aussi promouvoir les offres de la compagnie et fidéliser la clientèle.
Visiblement heureux dans ce poste, Hervé espère rapidement progresser vers un poste de manager opérationnel. Homme de challenges, c’est le prochain qu’il s’est fixé.
Sourire, quand on lui rappelle que Ben Smith, le PDG d’Air France – KLM a commencé sa carrière dans l’aérien en tant qu’agent d’escale. « Ça me parle, ça me donne des idées et ça me motive ! »
Hausse des reconversions
Depuis quelques années le secteur aérien s’active pour faire connaître ses métiers aux jeunes à la recherche de leur futur emploi.
Il espère aussi capter des salariés comme Anaïs ou Hervé qui veulent changer, vivre une autre aventure professionnelle qui correspond plus à leurs envies. Au total cela fait du monde.
Selon le ministère du Travail et l'Observatoire des Transitions professionnelles (2024) ), un jeune sur quatre souhaite changer de métier. Aussi, l’INSEE , dans son rapport « Formation -Emploi 2025 », montre une hausse continue des parcours de reconversion via la formation continue et la VAE.
Il espère aussi capter des salariés comme Anaïs ou Hervé qui veulent changer, vivre une autre aventure professionnelle qui correspond plus à leurs envies. Au total cela fait du monde.
Selon le ministère du Travail et l'Observatoire des Transitions professionnelles (2024) ), un jeune sur quatre souhaite changer de métier. Aussi, l’INSEE , dans son rapport « Formation -Emploi 2025 », montre une hausse continue des parcours de reconversion via la formation continue et la VAE.
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin























