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EVA, le taxi aérien français qui a conquis les Etats-Unis

Rencontre avec Cleantech Open France, qui fait émerger les transports de demain



Electric Visionary Aircrafts (EVA) est une jeune pousse française qui souhaite développer le taxi aérien grâce à un drone électrique. Nous avons contacté Paul Foucher, le responsable de l'association Cleantech Open France, qui accompagne EVA, mais aussi tous les projets dans les énergies propres.


Rédigé par le Vendredi 22 Février 2019

L'univers des start-up est tentaculaire, de la jeune pousse aux clusters en passant par les incubateurs.

Il est compliqué, sans un bon sens de l'orientation, de se repérer dans cet univers.

Chaque jour apparaissent des solutions, des start-up ou des associations. Ces professionnels ne sont pas tous philanthropiques, bien au contraire, mais Clentech Open France l'est bien.

Émanation d'une association mondiale créée aux USA par des géants du web (Yahoo, Oracle) qui ont vu l'opportunité de faire du business dans les énergies vertes, l'association française a été fondée en France en 2010 pour "identifier et accompagner les solutions ayant un impact sur le changement climatique."

Les domaines sont variés, ils vont du retraitement des déchets à l'énergie, mais aussi la mobilité du futur.

C'est bien évidemment sur cette dernière problématique que nous avons porté notre attention, notamment avec la start-up française présentée lors de la réunion mondiale de l'association.

Electric Visionary Aircrafts (EVA) a été récompensée, il y a quelques semaines, lors du Global Forum 2019 qui se tenait à Los Angeles.

Vous vous demandez logiquement qu'est-ce qu'EVA ? Paul Foucher, le responsable de l'association en France, de répondre : "c'est un drone fermé, électrique, qui décolle et atterrit de façon verticale en ayant des ailes rétractables." Elle se veut le taxi du futur dans les zones urbaines et périurbaines.

Passé par Tesla, Olivier Le Lann, le co-fondateur d'EVA a déjà vendu, aux Etats-Unis, plusieurs exemplaires de son engin volant et vise une centaine de commandes à la fin de l'année 2019.

EVA lèvera 4 millions d'euros

Si dans un premier temps, la start-up avait pensé au transport de personnes, l'application se fera tout d'abord pour le transport de marchandises.

Le développement de la livraison à domicile et dans le même temps des drones a aiguisé l'intérêt de grands noms de la logistique outre-Atlantique.

Et d'ailleurs, ce n'est pas en France que nous verrons le taxi aérien sillonner notre ciel, mais plutôt aux USA où la législation est plus avancée.

Toutefois des hôpitaux hexagonaux ont déjà pris contact avec le concepteur d'EVA.

La problématique de la congestion du réseau routier est primordiale, "1% du trafic en moins, cela aurait un effet multiplicateur important sur le confort en ville et la qualité de l'air. Ce qui n'est pas négligeable en 2019." Cette même année la start-up lèvera jusqu'à 4 millions d'euros.

D'autant que l'engin volant peut atteindre 300 km/h tout en étant totalement autonome et en minimisant les nuisances sonores, le tout à seulement quelques centaines de mètres du sol.

Cleantech a non seulement accompagné EVA sur l'événement états-unien, mais va continuer de l'aider dans son développement tout au long de l'année, avec un budget de plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Si l'association française a un rôle d'animateur et d'agitateur médiatique de l'univers du développement durable, elle s'évertue à épauler les 8 start-up lauréates chaque année du concours, pour les amener à industrialiser leurs pensées.

Après avoir disrupté la distribution ou le service, avec l'arrivée des Airbnb et Booking, les jeunes pousses s'attaquent maintenant à l'industrie lourde, comme Space Train, Hyperloop ou Tesla.

"Cette montée en puissance, nous l'avons vraiment observé depuis un moment, ce n'est pas nouveau.

Par contre, au niveau des énergies propres et du développement durable, la question du passage à l'industrialisation de la solution est un véritable enjeu
," confie Paul Foucher.

La présence d'entreprises étatiques ayant des positions de domination sur certains marchés empêche parfois les nouveaux acteurs de pointer le bout de leur nez.

La cleantech a aussi un enjeu de développement du territoire...

Le problème n'est pas seulement celui de la concurrence, qui est souvent tuée dans l’œuf pas les groupes hégémoniques, mais aussi par une prise de risque maximale que ne souhaite pas prendre les financeurs.

Dans le développement durable, "les jeunes pousses, que nous accompagnons ont des rentabilités au mieux à moyen terme, au pire à long terme.

Entre les simulations, les tests, la création de prototypes... les processus nécessitent énormément de temps avant de toucher le moindre euro.
"

C'est là tout l'intérêt de Cleantech Open France, car si la prime pour les start-up accompagnées dans l'Hexagone est de 50 000 euros, une broutille pour créer un drone volant, elle permet de faire le buzz et attirer l’œil de géants du marché.

Autre exemple, HySiLabs, suivi par l'association, basé en Région Sud, qui travaille sur l'hydrogène verte appliquée à la mobilité, ne développera pas un euro de chiffre d'affaires avant 2021.

Sans financement, ces entreprises ne pourraient pas faire évoluer de façon durable nos moyens de transport, car l'enjeu n'est pas seulement économique, mais surtout écologique.

Avec 150 000 euros de budget annuel, Cleantech Open France cherche à se développer, déjà grâce à ses partenaires comme Ecosys, mais aussi en professionnalisant la filiale française, car Paul Foucher est toujours le seul employé.

L'expression David contre Goliath n'a jamais été aussi bien portée par une personne, car outre le financement, le responsable français de l'association doit militer pour trouver des terrains de test. "C'est une problématique forte pour les start-up.

Les véhicules autonomes doivent dans un premier temps pouvoir expérimenter leurs solutions dans des zones fermées.
" Un enjeu aussi d'aménagement du territoire, qui pourrait profiter à des zones industrielles abandonnées.

Toutefois Paul Foucher se veut optimiste : "il y a un écosystème global favorable et structuré en France" qui ne cherche qu'à trouver sa start-up emblématique et médiatisable.

C'est tout le problème dans une société de l'entertainment, seul le buzz compte. "Nous avons dans le développement durable moins de success stories, mais aussi des levées de fonds qui n'atteignent pas des milliards," se désole le responsable de l'association.

EVA est là pour rétablir la balance.

Le transport de demain ne sera pas nécessairement électrique

De plus une autre problématique est apparue ces dernières années dans la cleantech.

A mesure du développement de l'énergie électrique, les scandales sont apparus, notamment sur la construction des batteries.

"De nombreux transporteurs, mais aussi des start-up, se posent la question de l'avenir de l'électrique. Car si un industriel se lance, il faut que l'avenir de cette source soit assuré, et là nous sommes de moins en moins sûrs de sa propreté", analyse Paul Foucher.

Pour le responsable de Cleantech Open France, l'avenir devrait passer par l'hydrogène vert, même s'il existe un frein économique. Il ne sera pas encore viable de comparer cette source énergétique avec les hydrocarbures.

Les usages changent aussi, à mesure que les jeunes pousses bousculent le principe même de la propriété. Le lancement en 2007 de Vélib' est passé par là, "la vision du siècle dernier, d'une personne propriétaire d'un véhicule est de plus en plus obsolète."

L'évolution va vers un moyen de transport dont les occupants ne seront plus propriétaires. Et les dernières start-up planchent essentiellement sur le dernier kilomètre et le partage.

Le développement de la cleantech passera par l'association gérée par Paul Foucher, mais surtout par les pouvoirs publics qui doivent aiguiller les financements.

"Le sujet de l'argent n'est pas propre à la France, il est global. Tout le monde cherche la perle rare avec pour seul objectif la rentabilité et non l'usage," conclut le responsable de Cleantech Open France.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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