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Travel in France





I. Cyclotourisme : un week-end à vélo à Rouen

Itinérance à deux-roues dans la cité de Jeanne d'Arc



La capitale normande se prête à l’itinérance à deux-roues. Du centre ancien aux bords de Seine, le patrimoine de cette ville s’offre aux cyclistes, depuis les édifices médiévaux jusqu’aux réalisations fluviales contemporaines. Avec, bien entendu, le souvenir entêtant de Jeanne d’Arc, égérie d’une cité qui a su lui rendre hommage.


Rédigé par Jean-François RUST le Lundi 30 Avril 2018

Du centre ancien aux bords de Seine, le patrimoine de cette ville s’offre aux cyclistes, depuis les édifices médiévaux jusqu’aux réalisations fluviales contemporaines - DR : J.-F.R.
Du centre ancien aux bords de Seine, le patrimoine de cette ville s’offre aux cyclistes, depuis les édifices médiévaux jusqu’aux réalisations fluviales contemporaines - DR : J.-F.R.
Le centre historique de Rouen rassemble les trois bâtiments les plus remarquables de la ville : la cathédrale, le Gros Horloge et le Palais de Justice.

On y trouve également des rues jalonnées de maisons à pans de bois.

L’ensemble se situe dans un quadrilatère largement piétonnier et accessible aux vélos, limité au nord par la rue Lecanuet, à l’ouest par la rue Jeanne d’Arc, à l’est par la rue de la République et au sud par la Seine.

Cathédrale superstar

La cathédrale. Chaque soir d’été, un spectacle son et lumière embrase sa façade.

Trois siècles et demi de construction, de 1145 à 1509, ont donné à l’édifice cette grâce gothique que les bombardements de la seconde guerre mondiale n’ont pas entièrement effacée, malgré de sérieux dommages.

Surtout, sa grandeur fait écho à celle de Rouen. Seconde ville de France après son rattachement au royaume, la cité est un port prospère et l’un des fiefs de la draperie.

La cathédrale empile les superlatifs : plus haute flèche de France, 151 m ; plus lourd carillon de l’Hexagone, 36 tonnes et 64 cloches (tour saint-Romain) ; trois portails ciselés à l’extrême ; une chapelle de la Vierge aux plus anciens vitraux de Normandie (13e s.) ; et l’inévitable référence à la Pucelle, dans la chapelle Sainte-Jeanne d’Arc où trônent statue et vitraux à sa mémoire.

De tous les artistes subjugués par l’édifice, Monet fut le plus assidu. Du premier étage d’un immeuble devenu depuis office de tourisme, il peignit une vingtaine de tableaux, dont l’un est à voir au musée des Beaux-Arts.

Gros Horloge, « the monument »

Collé à la cathédrale, voici le palais de l’Archevêché, toujours occupé par son prélat… mais pas seulement.

Depuis 2015, une partie de l’édifice est devenue l’Historial, spectaculaire espace muséal consacré à Jeanne d’Arc, ludique et instructif.

Face au palais, l’étroite rue des Chanoines invite à s’engager. Bordée de maisons à pans de bois, elle croise la rue Saint-Nicolas et ses magasins de brocante, encourage au crochet vers la place Saint-Amand (buste de Monet et colombages) et suggère de rejoindre la rue des Carmes (le cardo romain) par les tranquilles rues de l’Hôpital, de la Chaine et de la Croix de Fer.

Un détour rue de la Champmeslé, pour voir l’église ruinée Saint-Pierre-du-Châtel (détruite pendant la guerre, émouvant vestige), et voici la rue du Gros Horloge, communément appelée « rue du Gros ».

Sa célèbre tour est sans conteste « The monument of Rouen ». Vélo posé pour se hisser dans les étroits escaliers et l’on s’aperçoit que même remaniée à la Renaissance et au 17e s. – ou grâce à cela ! – la tour capte tous les regards des piétons que l’on domine depuis l’arche sur la rue.

Le beffroi a vu le jour au début du 13e s. pour opposer un pouvoir civil au pouvoir religieux, symbolisé par la cathédrale.

La cache-ribaud (grosse cloche) et la normande sonnent, depuis, tous les quarts d’heure, constituant l’un des plus vieux mécanismes d’Europe. Sensation garantie, aussi, lorsque l’on passe entre les deux horloges et leur mécanisme.

D’en haut, le panorama sur les toits d’ardoise et le Parlement invite à continuer la balade…

2 000 maisons à pans de bois

Retour dans le cœur commerçant et la rue du Massacre, symbole du Rouen à colombages.

Avec 2 000 maisons à pans de bois, Rouen est la ville la mieux dotée de France. Mais toutes ne sont pas du Moyen-Age, le style ayant perduré jusqu’au 18e s.

Au bout de la rue, on est stoppé par la masse du Parlement de Normandie. Ce bâtiment mégalo, gothique tardif aux façades très travaillées, impressionne. Créé sous François Ier, c’est alors - encore un symbole - le Parlement le plus puissant de France, après Paris.

Pierre Corneille, le poète enfant de Rouen, y a officié comme avocat du roi, au 17e s. Aujourd’hui palais de Justice, il est permis d’y entrer - en montrant patte blanche - pour admirer le plafond en coque de bateau inversé de la salle des pas perdus.

Pour échapper à l’affluence de l’hyper centre, il faut pédaler vers le nord, par la rue Percière.

On laisse à gauche le square Verdrel, petit poumon vert du centre-ville et à droite la belle bâtisse du musée des Beaux-Arts (à visiter absolument : œuvres de Velásquez, Ingres, Poussin, Monet, Delacroix, Géricault, Sisley, Boudin, Duchamp, Caravage, Modigliani…), pour se retrouver rue Bourgueil, au pied de la tour Jeanne d’Arc.

Impossible d’échapper à l’héroïne ! Dans ce qui est l’unique vestige du château de Philippe Auguste, construit au 13e s. après qu’il eut repris la Normandie aux ducs, la Pucelle fut enfermée le 9 mai 1431 et mise en présence d’instruments de torture, pour qu’elle dénonce son « fanatisme ».

Elle ne céda pas et connut la fin tragique que l’on sait… dans un autre quartier de Rouen.

Place de la Pucelle

Cap sur le secteur du Vieux-Marché.

Du Gros Horloge, on franchit la redoutable rue Jeanne d’Arc (embouteillages à toutes heures) en jetant un œil à la tour Saint-André, vestige gothique d’une église fermée en 1791.

Et l’on se retrouve rue de la Vicomté, bordée, sans surprise, de maisons à colombages. Commerces, cafés-terrasses et restaurants sont ici très nombreux, témoins d’une fréquentation plus jeune et festive.

Place de… la Pucelle, voici le splendide hôtel particulier de Bourgtheroulde (16e s.), maison de maître Renaissance d’un conseiller du Parlement de Normandie.

Vélo attaché, on peut pénétrer dans la cour intérieure, dont le pourtour est sculpté de bas-reliefs. L’immeuble est aujourd’hui un hôtel cinq étoiles.

A deux pas, le temple Saint-Eloi rappelle que Rouen connut aussi les affres des guerres de Religion.

La Couronne, plus ancienne auberge de France

La foule se fait plus dense à mesure que l’on pédale dans la rue du Vieux Palais. Logique, on approche de la place emblématique de Rouen.

Le Vieux-Marché est une vaste aire piétonne bordée de restaurants touristiques, parmi lesquels La Couronne revendique le titre de plus ancienne auberge de France (1345).

Penser que les propriétaires d’alors ont pu assister au supplice de Jeanne laisse rêveur. Car c’est bien là, le 30 mai 1431, que fut dressé le bûcher de l’héroïne - une croix indique l’emplacement -, sur lequel elle brûla vive sans renier son « hérésie ».

La curieuse église Sainte-Jeanne d’Arc (1979), avec son long auvent pointu en « écailles de poisson » - œuvre de Louis Arretche, architecte de la Reconstruction - témoigne de la force symbolique du lieu.

Comme vers la cathédrale, s’éloigner du cœur de quartier fait changer d’univers. On prend ainsi plaisir à quitter l’effervescence de la place du Vieux-Marché pour s’introduire au nord dans le secteur Saint-Patrice.

Voilà le Marais rouennais… Ici règnent les hôtels particuliers, construits au 17e s. par les parlementaires normands.

Hautes portes cochères, pierre noble, tranquillité résidentielle : tout cela est à voir en roulant sereinement depuis les rues des Bons Enfants et Sainte-Croix-des-Pelletiers vers les rues Saint-Patrice et du Sacre. Comme un avant-goût bourgeois de ce qui vous attend plus loin…

Abbatiale Saint-Ouen

Toujours à l’intérieur des boulevards du 18e s. qui délimitent ce qu’il est convenu d’appeler le grand centre-ville, les quartiers Rougemare et Bourg-l’Abbé annoncent le Rouen des chanoines et des congrégations religieuses.

Il faut dire que l’ancienne abbatiale Saint-Ouen (les Rouennais disent Saint-Ouan, comme on dit RouAn et non RouAIn !) côtoie ces deux secteurs et y étend son influence.

Quel édifice ! Tenir le guidon n’empêche pas de lever la tête pour admirer la longueur (137 m) et l’élévation gothique des deux tours et de la flèche, dont l’allure pourrait faire croire aux distraits qu’il s’agit de la cathédrale.

Il n’en est rien puisque l’intérieur, aux vertigineuses colonnes et 80 vitraux multi-chromes, abrite régulièrement des expositions.

C’est dans le cimetière Saint-Ouen, le 24 mai 1431, que Jeanne d’Arc, terrorisée lors d’un simulacre d’exécution, accepta de porter des vêtements féminins… reculant de quelques jours seulement sa montée au bûcher.

Quartiers de chanoines

A gauche de l’abbatiale, l’ancien dortoir des moines est occupé depuis 1800 par l’Hôtel de Ville. De là à dire que les édiles locaux somnolent…

Cet ensemble monumental, devant lequel trône la statue équestre de Napoléon, contraste avec l’intimité voisine de Rougemare et de Bourg-l’Abbé, que l’on rejoint en quelques tours de roues.

Autour de la longue place patricienne et ombragée de la Rougemare, les noms ne trompent pas sur la vocation religieuse du quartier : rue étroite et joliment pavée des Carmélites, chapelle Saint-Louis (aujourd’hui un théâtre), monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement (toujours en activité), chapelle du lycée Corneille…

Cette dernière, bâtie par les Jésuites en 1615 et richement décorée, a été transformée en 2016 en auditorium de Normandie. Mais le Rouen « calfeutré » se poursuit à l’est…

Pour aller plus loin : seine-maritime-tourisme.com

A SUIVRE : II. Rouen, à vélo, sur les bords de Seine

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