Un trois-mâts toutes voiles dehors s’affiche sur les armoiries du Libéria, accolées à la façade du parlement de Monrovia, sur Capitol Hill.
Symbole de la traite négrière vers l’Amérique ? Tout l’inverse. Ce bateau nommé « Elisabeth » fut le premier à voguer dans l’autre sens, en 1820.
A bord, des esclaves libérés, conduits sur la côte du Sierra Leone par l’American Colonization Society (ACS) afin de fonder une nation libre pour les Noirs affranchis.
Après 2 ans de conflit avec les tribus locales, ACS réussit à acheter des terres et les passagers débarquent sur Providence Island. Vingt cinq ans plus tard, le pays affirmera son indépendance sous le nom de… Libéria.
Symbole de la traite négrière vers l’Amérique ? Tout l’inverse. Ce bateau nommé « Elisabeth » fut le premier à voguer dans l’autre sens, en 1820.
A bord, des esclaves libérés, conduits sur la côte du Sierra Leone par l’American Colonization Society (ACS) afin de fonder une nation libre pour les Noirs affranchis.
Après 2 ans de conflit avec les tribus locales, ACS réussit à acheter des terres et les passagers débarquent sur Providence Island. Vingt cinq ans plus tard, le pays affirmera son indépendance sous le nom de… Libéria.
Marche vers la liberté
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Cette histoire est l’atout majeur de Monrovia. Pauvre et foutraque comme tant de villes africaines, la capitale décline cette épopée en différents lieux. Si Providence Island offre peu d’intérêt, on grimpera avec intérêt sur Ducor Hill.
La statue de Joseph J. Roberts, afro-américain et 1er Président du Libéria, raconte sur un bas-relief le retour des esclaves et leur marche vers la liberté.
Elle trône près du Ducor Palace, ruine du premier 5 étoiles d’Afrique de l’Ouest fermé lors de la guerre civile puis abandonné. De ses terrasses, la vue s’ouvre sur l’océan et la langue de sable du quartier-ghetto de West Point.
La statue de Joseph J. Roberts, afro-américain et 1er Président du Libéria, raconte sur un bas-relief le retour des esclaves et leur marche vers la liberté.
Elle trône près du Ducor Palace, ruine du premier 5 étoiles d’Afrique de l’Ouest fermé lors de la guerre civile puis abandonné. De ses terrasses, la vue s’ouvre sur l’océan et la langue de sable du quartier-ghetto de West Point.
Drapeau libérien à une étoile
Le temple maçonnique (1867) où flotte le drapeau libérien – copie du drapeau US, avec une seule étoile – la Providence Baptist Church où fut officialisée la nation en 1847 et le National Museum sont à voir, avant que les voyageurs audacieux filent au nord-est vers les monts Nimba, à 5h de route.
Comme souvent en Afrique, le trajet révèle des images fortes : les camps de charbon de bois où les corps s’épuisent ; les contrôles policiers au bakchich obligé ; les motos où l’on se serre jusqu’à 6…
Comme souvent en Afrique, le trajet révèle des images fortes : les camps de charbon de bois où les corps s’épuisent ; les contrôles policiers au bakchich obligé ; les motos où l’on se serre jusqu’à 6…
Robertsport, principal spot balnéaire
Les monts Nimba offrent une respiration.
Face à l’ancienne mine de fer sculptant un pan de la montagne, un écolodge promet une violente pluie vers 17h, des nuits venteuses et fraiches, l’odeur poivrée de la nature humide et des balades où croiser un green mamba, serpent venimeux par bonheur craintif, n’est pas rare.
Après une pause sur les plages de Robertsport, principal spot balnéaire des 570 km de côte du Libéria, la Sierra Leone tend les bras.
Face à l’ancienne mine de fer sculptant un pan de la montagne, un écolodge promet une violente pluie vers 17h, des nuits venteuses et fraiches, l’odeur poivrée de la nature humide et des balades où croiser un green mamba, serpent venimeux par bonheur craintif, n’est pas rare.
Après une pause sur les plages de Robertsport, principal spot balnéaire des 570 km de côte du Libéria, la Sierra Leone tend les bras.
A Sembehun, le diamant roi
La région de Bo, seconde ville du pays, est l’épicentre de l’extraction des diamants. Près du village de Sembehun, 3 hommes torses nus à demi immergés dans une eau maronnasse, tamis en mains, s’escriment à secouer du sable pour chercher des diamants.
Des trous d’eau creusés comme celui-ci, il en existe des centaines dans la région. Mais d’avoir trop foré le sol, le filon s’est largement tari. Toutefois, lorsqu’aux 900 léones mensuels (31 €…) donnés à chaque ouvrier pour son labeur s’ajoute le prix d’un diamant que le chef de forage, titulaire d’une licence d’exploitation, leur paie en supplément, le jeu vaut la chandelle pour ces villageois aux revenus misérables.
C’est à Bo que les chefs vendent leur butin. 8 négociants y exercent mais le marché n’est plus ce qu’il était. De faible qualité, les diamants sont concurrencés par les pierres synthétiques.
Grossiste depuis 40 ans, Samir Saïd Amawolleh, sierra-léonais d’origine libanaise, s’en plaint. Mais ne résiste pas à montrer des pierres tirées de son coffre-fort. Pourquoi continuer ? « Par passion », dit-il.
Des trous d’eau creusés comme celui-ci, il en existe des centaines dans la région. Mais d’avoir trop foré le sol, le filon s’est largement tari. Toutefois, lorsqu’aux 900 léones mensuels (31 €…) donnés à chaque ouvrier pour son labeur s’ajoute le prix d’un diamant que le chef de forage, titulaire d’une licence d’exploitation, leur paie en supplément, le jeu vaut la chandelle pour ces villageois aux revenus misérables.
C’est à Bo que les chefs vendent leur butin. 8 négociants y exercent mais le marché n’est plus ce qu’il était. De faible qualité, les diamants sont concurrencés par les pierres synthétiques.
Grossiste depuis 40 ans, Samir Saïd Amawolleh, sierra-léonais d’origine libanaise, s’en plaint. Mais ne résiste pas à montrer des pierres tirées de son coffre-fort. Pourquoi continuer ? « Par passion », dit-il.
Freetown, capitale chaotique
La région de Bo est aussi une terre de traditions. A Mokilende, village de l’ethnie Mandé, la danse du masque Bundo et ses costumes mystiques est hallucinante.
Freetown signe l’arrivée sur la côte. Avec plus d’1,5 M d’habitants, la capitale grandit à vue d’œil, les masures grimpant à l’assaut des collines le prouvent.
Chaotique, à l’image de l’invraisemblable foutoir du marché de King Jimmy, pieds dans l’eau de mer, elle mérite un arrêt pour le marché artisanal couvert, la St George’s Cathedral et le sanctuaire des chimpanzés Tacugama, refuge de singes orphelins ou blessés.
Il restera à profiter de l’océan. Sur Banana Islands, à 30 mn de pirogue du port de Kent, un campement accueille les touristes et promet une robinsonnade hors du temps, entre forêts, plage et villages de pêcheurs.
Freetown signe l’arrivée sur la côte. Avec plus d’1,5 M d’habitants, la capitale grandit à vue d’œil, les masures grimpant à l’assaut des collines le prouvent.
Chaotique, à l’image de l’invraisemblable foutoir du marché de King Jimmy, pieds dans l’eau de mer, elle mérite un arrêt pour le marché artisanal couvert, la St George’s Cathedral et le sanctuaire des chimpanzés Tacugama, refuge de singes orphelins ou blessés.
Il restera à profiter de l’océan. Sur Banana Islands, à 30 mn de pirogue du port de Kent, un campement accueille les touristes et promet une robinsonnade hors du temps, entre forêts, plage et villages de pêcheurs.
Pratique
La plage de Turtle Bay à Dublin, sur les Banana Islands, au large de Kent, en Sierra Leone. - photo PB
Y aller
La solution la plus pratique est Royal Air Maroc (RAM). Vols quotidiens depuis Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice, Strasbourg, Lyon et Montpellier vers Casablanca, puis correspondance vers Freetown, capitale de la Sierra Leone. A partir de 600 € l’aller-retour. Compter au total 6h à 7h30 de vol, plus le temps d’escale à Casablanca. Royalairmaroc.com
Formalités
• Meilleure saison : nov. à avr., durant la saison sèche.
• Décalage horaire : - 2h l’été ; - 1h l’hiver.
• Passeport en cours de validité et visas obligatoires, à acheter en ligne sur evisa.sl/#/home pour la Sierra Leone et via l’ambassade à Paris pour le Libéria. Ou sinon auprès d’Action-Visas, qui délivre les visas avec célérité. action-visas.com
• Traitement antipaludéen recommandé.
• Monnaies : le Dollar libérien (LRD). 1 € = env. 213 LRD (le dollar US est accepté un peu partout.) ; le Léone (SLE). 1 € = env. 29 SLE.
Tour opérateur
Basé à Lomé et à Dakar, le DMC d’origine italienne TransAfrica maîtrise les destinations d’Afrique de l’Ouest depuis 40 ans, avec des correspondants dans chaque pays et des guides francophones. La découverte des traditions tribales est l’une de ses spécialités. De décembre à avril, il propose un circuit combiné Guinée-Libéria-Sierra Leone de 15 nuits/16 jours très complet.
A lire aussi : TransAfrica : "Le tourisme en Afrique de l'Ouest est l’exact opposé du surtourisme"
En savoir plus
Office du tourisme du Libéria - enjoyliberia.travel
Office du tourisme de la Sierra Leone - tourismsierraleone.com
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Formalités
• Meilleure saison : nov. à avr., durant la saison sèche.
• Décalage horaire : - 2h l’été ; - 1h l’hiver.
• Passeport en cours de validité et visas obligatoires, à acheter en ligne sur evisa.sl/#/home pour la Sierra Leone et via l’ambassade à Paris pour le Libéria. Ou sinon auprès d’Action-Visas, qui délivre les visas avec célérité. action-visas.com
• Traitement antipaludéen recommandé.
• Monnaies : le Dollar libérien (LRD). 1 € = env. 213 LRD (le dollar US est accepté un peu partout.) ; le Léone (SLE). 1 € = env. 29 SLE.
Tour opérateur
Basé à Lomé et à Dakar, le DMC d’origine italienne TransAfrica maîtrise les destinations d’Afrique de l’Ouest depuis 40 ans, avec des correspondants dans chaque pays et des guides francophones. La découverte des traditions tribales est l’une de ses spécialités. De décembre à avril, il propose un circuit combiné Guinée-Libéria-Sierra Leone de 15 nuits/16 jours très complet.
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