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Présidentielle : est-il trop tard pour sauver le tourisme ?

Le 1er tour de la présidentielle 2022 se tient ce dimanche 10 avril 2022



A quelques heures du premier tour de l'élection présidentielle, le Groupement National des Chaînes hôtelières (re)lance le débat, notamment sur l'absence totale de projet concernant le tourisme. Pour le Syndicat, il est indispensable qu'un ministre du Tourisme soit rattaché à Bercy et que "l'industrie touristique devienne la priorité économique" de la France. Nous avons fait le tour des popotes de l'UNAT aux EDV, en passant par Remy Knafou, un penseur du secteur. Pros du tourisme, ce dimanche n'oubliez pas d'aller voter... malgré tout !


Rédigé par le Samedi 9 Avril 2022

Le 1er tour de la présidentielle 2022 se tient ce dimanche 10 avril 2022, le tourisme aura été l'un des absent - Depositiphotos
Le 1er tour de la présidentielle 2022 se tient ce dimanche 10 avril 2022, le tourisme aura été l'un des absent - Depositiphotos
Totalement absent de la campagne présidentielle, le tourisme "reste un impensé en France," selon Simon Thirot, le délégué général de l'UNAT.

Et visiblement, le prochain quinquennat quel que soit le(a) président(e), n'y changera rien, étant donné le peu (euphémisme) de propositions des candidats sur la question.

"Le secteur est toujours considéré comme la cueillette et la chasse, à l'époque des sociétés primitives. Il n'y a aucune stratégie politique," analyse Jean-Pierre Mas, le président des EDV.

Il n'est pas le seul à pester contre une campagne qui n'aura tourné qu'autour de sujets imposés par les extrêmes.

Alors que les Français et les professionnels du tourisme sont appelés à voter ce dimanche 10 avril 2022, le Groupement National des Chaînes hôtelières s'immisce dans la campagne.

"La France doit s’adapter, réinventer son tourisme et l’amener vers toujours plus de qualité, d’accueil, de diversité, vers toujours plus d’excellence.

Le tourisme est, pour la France, un formidable levier de croissance,
" signent conjointement Roland Héguy, le président confédéral de l'UMIH et Jean Virgile Crance, le président du GNC.

"Parler d'industrie, car le tourisme renvoie au mot vacances"

Le président-candidat a affiché la volonté d'atteindre le plein-emploi au cours de son 2e mandat, si les électeurs lui en donnent la possibilité.

Un objectif qui pourrait être atteint, grâce à l'industrie touristique.

"Il est important de parler d'industrie, car le tourisme renvoie au mot vacances. Manifestement personne n'a parlé de vision ni même d'emploi dans notre secteur " rappelle Yves Brossard, propriétaire de Primeahotels Guadeloupe.

Alors qu'un monde nouveau s'ouvre devant nous, il est temps de repenser cette industrie.

La dernière fois qu'elle a été pensée et aménagée par les services de l'Etat, c'était dans les années 60-70, avec notamment "le plan Racine", pour construire les immeubles accueillant les familles françaises sur le littoral et/ou à la montagne.

"Le tourisme en France doit être pensé par l'Etat. La répartition touristique, donc éviter le surtourisme, qui est une question d'aménagement du territoire. Depuis 50 ans, il ne se passe rien, " peste Jean-Pierre Mas.

Le GNC entend justement faire bouger les choses et secouer cette campagne moribonde.

Pour le Syndicat, il est temps que le tourisme ait son propre ministère, rattaché à Bercy et non au Quai d'Orsay.

"Il faut bâtir un plan décennal pour soutenir la compétitivité des entreprises du CHRD sur le plan numérique et l’attractivité de leurs métiers et améliorer la connaissance statistique du secteur avec la mise en place d’observatoires spécifiques à nos métiers, préconise le document.

"Les vacances sont importantes pour le vivre ensemble"

Au sujet du Ministère, les professionnels ne sont pas tout d'accord.

Remy Knafou ne souhaite pas un éparpillement du débat politique ou une sectorisation. Pour Emmanuel Foiry, le tourisme n'est pas la dernière roue du carrosse, il est juste omniprésent.

"C'est un sujet qui est abordé de façon disparate et détournée.

Le tourisme touche à l'aménagement du territoire. Quand les candidats débattent sur les autoroutes, les aéroports, les transports en commun... alors nous en parlons,
" rappelle-t-il.

Le secteur fait partie des 1ères industries du pays avec 8% du PIB national, pour 2 millions d'emplois,

Et pourtant, si ce n'est pour l'évoquer de façon négative, personne ou presque n'aborde le sujet du tourisme.

"Avec ce que cela représente pour nos territoires, nous pourrions attendre de nos candidats une vision globale. Il faut un vrai soutien politique, rien que pour l'emploi et les infrastructures.

Les vacances représentent un intérêt important pour le vivre ensemble, alors même que notre société ne va pas vraiment bien,
" analyse Simon Thirot.

Au-delà de l'économie, l'industrie véhicule des valeurs à travers.

Jusqu'il y a peu, l'Europe n'avait jamais connu une telle période de paix, grâce notamment à l'ouverture des frontières, sans limite et le brassage des populations.

Réchauffement climatique et tourisme... les candidats aux abonnés absents !

D'ailleurs l'UNAT a publié un plaidoyer pour la présidentielle 2022, avec 15 propositions que vous pouvez retrouver, en cliquant ici.

Au moins, il ne sera pas possible d'attaquer cet article en arguant qu'il véhicule un message politique.

Pour une fois, les adversaires de l'élection se sont illustrés, ainsi que leurs représentants, par leur capacité à totalement snober le sujet.

Et pourtant, il y en aurait des choses à débattre.

"La réflexion sur le tourisme n'est qu'une entrée - ni mineure ni majeure -, mais une entrée intéressante pour envisager et faire comprendre à quel point nous devons nous préparer à voir les choses différemment.

Dans tous les domaines : stratégique, environnemental, sociétal, économique et, en fin de compte, politique, car c'est tout un système qui est en train de se déliter sous nos yeux,
" nous confie Remy Knafou, professeur émérite à la Sorbonne.

Surtout que l'industrie fait face à des enjeux majeurs, alors même que le GIEC ne nous laisse que 3 ans pour agir.

D'ailleurs, le président des EDV, nous faisait remarquer peu après les Primaires, que lors de l'évènement, tous les représentants étaient mal à l'aise sur le tourisme et le réchauffement climatique.

Le GNC lui pousse à orienter la fiscalité écologique sur le financement des innovations durables, mais aussi promouvoir les établissements qui ont une démarche reconnue, tout en labellisant de bonnes pratiques environnementales.

Voyages scolaires : "chaque enfant doit partir au moins une fois !"

Ce n'est malheureusement pas tout.

Atout France devra être repensée, face à l'évolution du secteur, aussi bien dans son approche que dans son rôle. Le tourisme social est quant à lui ignoré, comme celui scolaire.

"Nous aimerions des objectifs politiques : que chaque enfant parte au moins une fois en classe de découverte. Un enfant qui voyage, gagne en autonomie, en mobilité et en confiance.

Cela participe à l'apprentissage de la citoyenneté,
" poursuit le délégué général de l'UNAT.

Autre aspect très peu abordé : l'industrie touristique dans les départements d'outre-mer. Malgré le 1er Comité stratégique du tourisme d'Outre-mer (CSTOM), qui se tenait en février dernier, les iliens sont globalement délaissés.

"Il n'y a pas de politique, pas de novation pas de débat.

Nous devons nous doter de compétences, pour améliorer les capacités de réactions. Il n'est plus question qu'un ministre ou un secrétaire d'Etat apprenne sur le tas,
" interpelle Yves Brossard.

Alors que notre secteur retrouve des couleurs, mais jouit toujours de cette mauvaise publicité avec le surtourisme et son impact environnemental, l'Etat doit prendre conscience que ce n'est pas toujours aux acteurs privés de trouver des solutions aux problèmes.

Dimanche, les professionnels iront voter, mais pour quel tourisme et quelle politique ?

"Finalement, il n'y a eu ni campagne, ni idée, ni contrainte envers les candidats. Le désintérêt des Français est plus que légitime," conclut un observateur.

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