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Qatar : pourquoi l’accord de ciel ouvert n’a pas fini de faire grincer des dents 🔑

La « cinquième liberté » en cause



Adopté à la fin du mois d’octobre, l’accord de ciel ouvert entre l’Union européenne et le Qatar permet à la compagnie du richissime émirat de profiter d’un accès illimité aux marchés européens mais aussi plus étonnamment d’y opérer des vols de fret vers des pays tiers.


Rédigé par le Mercredi 3 Novembre 2021

Un dreamliner de Qatar Airways au décollage © QA
Un dreamliner de Qatar Airways au décollage © QA
5 ans de négociations et de nombreux mécontents. Le 18 octobre 2021 a finalement été adopté le fameux accord de ciel ouvert entre l’Union européenne et le Qatar.

Avant même la ratification interne des 27 membres de l’UE, Qatar Airways peut désormais desservir n’importe quelle ville européenne, à toutes les fréquences et toutes les capacités.

Mais elle peut également accéder au marché du cargo au départ de l’Europe vers des pays tiers, grâce au droit dit de « cinquième liberté ».

De quoi mener déjà à des situations ubuesques, alors même que le fret a vu son importance doubler pour les compagnies aériennes depuis le début de la crise sanitaire.



Comme ce récent appel d’offre d’un grand couturier italien voulant transporter ses produits de Milan à New-York. Il a été remporté par Qatar Airways, qui, grâce au ciel ouvert, a désormais le droit d’opérer de tels vols au départ de l’Europe…

« Cela s’appelle plier le marché européen, point final », se désespère Marc Rochet, à la tête de French Bee.

Une « ineptie » pour le trafic passagers

Théoriquement, l’accord fonctionne bien entendu dans l’autre sens : les compagnies européennes peuvent desservir le riche émirat de seulement 3 millions d’habitants comme elles le souhaitent.

Mais l’intérêt qu’elles auraient à desservir Doha, dont la grande majorité du trafic est représenté par les voyageurs en correspondance, est quasi-inexistant.

En somme, Qatar Airways peut drainer les passager européens vers son hub de Doha, mais Air France et ses consœurs européennes auront du mal à tirer des profits du faible marché qatari, que ce soit en passager ou en cargo.

Cela signifie « une mise en concurrence déloyale de compagnies françaises avec une compagnie largement subventionnée en tout temps et appliquant des conditions sociales rétrogrades » mais aussi « une ineptie politique, économique et sociale » d’après le syndicat FO Air France, qui avait appelé à manifester contre le « tapis rouge » déroulé à la compagnie qatari.

Lire aussi :

- Comment le Qatar veut séduire les voyageurs français ?

- L’Etat du Qatar vient au secours de sa compagnie nationale

Un cadeau diplomatique ?

Au delà des syndicats, la situation inquiète fortement les patrons de compagnies aériennes françaises.

Pour Alain Battisti, à la tête de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam), l’Europe a pris une décision « incohérente par rapport à la situation ».

« Cela n'a pas de sens. J’aimerais que l’on m’explique les garanties de réciprocité, de transparence, d’équilibre des marchés », déplore-t-il lors d’une réunion tenue le 25 octobre au siège de la Fnam.

« Nous regrettons énormément la signature de cet accord complètement déséquilibré, sans aucune transparence sociales et économiques », lance aussi Anne Rigail, directrice générale d’Air France, faisant référence aux obligations - relativement floues - qu’a désormais Qatar Airways de publier ses comptes selon des normes internationales mais aussi d’améliorer son modèle social.

Interrogée sur l’accord, sur son plan de développement en Europe et sur sa position face aux accusations de manque de transparence sociale et économique, Qatar Airways n’a pas donné suite à nos demandes.

L’Union européenne fait valoir de son côté un accord qui permettra une concurrence « libre et non faussée » et « plus de protection sociale et environnementale ».

Mais en coulisses, « ce cadeau fait au Qatar revêt plutôt un aspect diplomatique sortant du cadre purement aérien », glisse un observateur du dossier, évoquant en la matière les pressions exercées par la France et l’Allemagne.

Bruxelles espère maintenant obtenir de la part de l’Emirat des contreparties plus générale en matière de respect des règles de concurrence, de droit social et de transparence économique.

Pierre Georges Publié par Pierre Georges Journaliste - TourMaG.com
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