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REV23 Ile Maurice : la succession de Jean-Pierre Mas n'est pas encore ouverte

Acomptes clients, ménage à l'APST, inflation... les EDV ont des inquiétudes


Les professionnels présents à REV23 à Maurice, ont le vent - et parfois même le Mistral - en poupe. L'hiver dernier, le chiffre d'affaires dopé par l'inflation cachait une baisse du nombre de dossiers. Pour cet été, il a de nouveau repris du poil de la bête. Tout va donc pour le mieux dans le monde chaotique du voyage ? Pas totalement. Outre le passage de témoin à venir à la tête des Entreprises du Voyage, le Syndicat ne doit pas baisser la garde, car de nombreux dossiers peuvent encore ternir le bilan d'une année historique. Et spoiler alerte : la bataille pour la succession de Jean-Pierre Mas n'est pas encore ouverte, qu’on se le dise. Lui le dit, en tout cas.


Rédigé par le Lundi 5 Juin 2023

Acomptes clients, ménage à l'APST, inflation... les EDV ont des inquiétudes - Crédit : JDL
Acomptes clients, ménage à l'APST, inflation... les EDV ont des inquiétudes - Crédit : JDL
C'est presque un totem de l'industrie qui va laisser sa place.

Et pour avoir parlé avec un futur candidat encore non déclaré, la stature du Toulousain ne fait pas seulement peur sur un terrain de rugby.

"Il va falloir être à la hauteur, passer après Jean-Pierre Mas ne sera pas un cadeau," m'explique celui qui n'entend pas piquer la vedette à l'actuel président.

En octobre prochain, l'ancien d'Afat Voyages laissera sa place.

Une vérité que même François-Xavier Izenic, monsieur Loyal, peine à croire. Et pourtant les statuts ne changeront pas. Le syndicat ne rentrera pas dans un régime poutiniste, du président à vie.

"Je ne m'y résous pas, je ne me fais pas à l'idée. Le gars, ça fait 30 ans qu’il est président (Afat Voyages, Selectour et les EDV, ndlr) et demain il ne le sera plus. Voilà de quoi mettre le doute, dans la tête des candidats à la succession, tous ici présents," introduit sous forme de boutade, le maitre de cérémonie.

A l'heure actuelle, nous ne connaissons qu'un seul candidat.

Jean-Pierre Lorente, déchargé de la destinée de Bleu Voyages, s'est officiellement lancé en campagne présidentielle. Un secret de polichinelle savamment entretenu depuis février 2023.

Valérie Boned sera-t-elle la prochaine à sortir du bois ?

Le titulaire actuel ne cache pas sa préférence pour celle qui l'a accompagné avec une redoutable efficacité pendant la crise sanitaire. Il nous le confiait encore dernièrement sur TourMaG.com.

En attendant la publication des prochains noms, les 500 participants ont rendu une vibrante ovation à Jean-Pierre Mas.


Acomptes clients : "Une réforme "inquiétante"

Après la séquence émotion, René-Marc Chikli, président du congrès, a ouvert les débats, avec son compère Mumtaz Teker.

Pour le président du SETO, l'été s'annonce bon, voire même très bon.

"La saison estivale se présente à l’image de l’hiver avec des taux de croissance magnifiques de +44%. Tout est au beau fixe.

Les marges se sont reconstituées, les bilans seront bons et cela va rassurer le président de l’APST,
" lance sous forme de boutade le patron du syndicat des producteurs.

Maurice, 1ère destination de l’hiver, occupe la 2e place de l’été derrière les Etats-Unis, sur le long-courrier.

L’île a retrouvé en mai l’intégralité de ses volumes d’avant crise. Beachcomber affiche lui aussi une belle dynamique, avec une croissance de 48% par rapport à l’année dernière.

L’attractivité du secteur est contrebalancée par l’inflation qui persiste et signe du côté des tarifs aériens.

"A partir de l’hiver, cette hausse des prix peut remettre en cause la reprise du voyage," poursuit le patron du SETO.

Ce dernier estime que la reconstitution des marges va se tasser, car les voyageurs ne pourront pas supporter cette stratégie haussière.

Les bilans pleins, les TO voient apparaitre une possible régulation européenne, avec une réduction des acomptes clients.

"Le voyage à forfait est dans le collimateur des instances pour reprendre le modèle allemand avec 20% d'acomptes à la réservation, puis 80% après le départ. Nous nous battons tous, car si cette directive passe, cela nous fera énormément de mal. C’est extrêmement inquiétant," juge le responsable.

APST : L'année 2023 sera celle du grand ménage !

Les trésoreries de la production seraient alors fragilisées.

La bataille est féroce et l’Etat français pourrait entrer dans la danse. Les lobbyistes de l’industrie doivent rencontrer le cabinet d’Olivia Grégoire pour évoquer le dilemme.

D'après nos dernières informations, le destin d'une telle réforme pourrait être liée à l'exigence de voir émerger une garantie aérienne. Sauf qu'avec l'Europe il faut s'attendre à tout.

Pour Mumtaz Tekker, "Evasion Spirit est l’une des plus grandes défaillances des dernières années.

Nous avons dû prendre une décision, dès que les médias en ont parlé. Le dossier devrait prendre 2 ans environ et ne pas dépasser les 4 millions de coûts pour l’APST,
" estime le président.

La décision aurait permis de faire remonter la note de l'APST sur Google (que nous n'avons pas trouvée - ndlr) et de limiter la casse.

L'autre moment marquant pour 2023 est la mise en place de la réassurance publique.

Si elle représente une charge estimée entre 6 et 7 millions, le mécanisme de garantie étatique va être l'occasion de faire le ménage à moindres frais, parmi les acteurs les plus fragilisés.

"C’est une année très importante pour nous, nous étudions de près tous les dossiers, pour ne pas tomber de haut en 2024. A 99%, ce projet ne sera pas prolongé pour 2024," poursuit Mumtaz Tekker.

Avec des fonds propres estimés à 15 millions d'euros à la fin de l'exercice, la sinistralité couverte par la réassurance publique pourrait atteindre les 60 millions d'euros.

APST : Vers une baisse des cotisations en fonction de son bilan carbone ?

Pour le président de la caisse de garantie, l'avenir de celle-ci passe inévitablement par une contribution des voyageurs. L'Etat ne pourra pas toujours venir à la rescousse.

"Par le passé, les cabinets ministériels ne voulaient pas entendre parler de cette solution. Ils voyaient ça comme un nouvel impôt. Depuis les équipes des ministères ont été renouvelées et les mentalités ont changé.. Ils sont ouverts à la question. Nous allons nous battre, pour obtenir gain de cause, mais je suis assez confiant."

La forme de cette contribution doit encore être débattue.

Et puisque l’APST regarde vers l'avenir, elle a aussi posé son regard sur la question de l'impact climatique.

L'intervention choc de François Gemenne, un chercheur et coauteur du 6e rapport du GIEC, lors du dernier forum du SETO, a fait germer une idée à Mumtaz Tekker.

"Je n'ai pas compris grand-chose à son intervention, mais j'ai retenu qu'il n'y avait pas de petit geste.

Puis nous avons échangé le soir et il m'a convaincu. Nous allons travailler, avec des entreprises spécialistes, pour faire baisser l'empreinte carbone des TO et agents, par l'absorption.

Ceux qui souscriront à ce programme environnemental se verront appliquer une baisse des cotisations de 2 ou 3%,
" prévoit Mumtaz Teker.

Cette résolution est attendue au plus tard à la fin de l'année 2023.

Aérien : "Quand on n’a pas de courage, on utilise le bâton" selon Jean-Pierre Mas

Jean-Pierre Mas, de son côté, n’a pas été tendre à l’encontre du gouvernement pour commenter, la publication du décret de l’interdiction de certains vols intérieurs.

"Quand on n’a pas de courage, on utilise le bâton, et quand on n’a pas d’imagination on utilise l’impôt. Piquer au transport aérien pour financer le train, c’est d’une inefficacité totale répondant juste à une partie de l’opinion publique," analyse le président de l'APST.

L’industrie prend ses distances avec un pouvoir ayant pourtant grandement sauvé le tourisme. D'ailleurs la ministre du Tourisme est rarement présente sur les manifestations de l'industrie.

Autre marronnier de la convention : IATA.

"Nos relations sont bonnes, nous discutons de façons positives sur les critères financiers réclamés aux agences. IATA a toujours quelque part dans la tête, la réduction du règlement des billets, pour qu’il devienne hebdomadaire," pense savoir JP Mas.

Une décision qui ferait accroitre le risque à la distribution. Un paiement en direct mais avec uine contrepartie, exige J.P. Mas : la création d’une caisse de garantie ou d’un compte séquestre.

C'est la seule condition pour faire passer la pilule aux agents de voyages.

La belle croissance des réservations ne doit pas cacher un certain doute sur l'avenir du secteur. "Il y a une anticipation des voyageurs, mais la hausse du nombre de dossiers (+ 7% par rapport à 2019), ne sera sans doute pas de cet acabit à la fin de l’été."

En résumé, le secteur connaîtrait une très faible demande de dernière minute. Une trajectoire qui serait alors pénalisante, pour les TO, puisque les stocks sont loin d’être tous écoulés.

EDV : "Les syndicats de salariés ne voient pas le monde changer"

Si le classement des destinations les plus vendues évolue peu, l'Île Maurice remplace la République dominicaine dans le Top 10 français.

Un patron de réseau ne croît guère aux promos alors que s'amorcent les départ estivaux, pour liquider les nombreux sièges et chambres vides sur quelques destinations.

Après le point sur l'activité de la distribution, Jean-Pierre Mas a voulu faire passer un message sur le volet social.

"Les syndicats de salariés voient 2023 et 2024, avec le regard du XXe siècle. Ils ne voient pas le monde changer, nous voulons moderniser les relations sociales."

Pour le président des EDV, les représentants sociaux ont appauvri les salariés du secteur, ce qui nuit à son attractivité.

Les négociations vont devoir reprendre en raison de la hausse du SMIC. Malheureusement, il ne faut pas s'attendre à un miracle tant les deux bords paraissent très éloignés.

Un projet d’accord sur la participation a été acté, la qualité de la vie au travail sera aussi abordée, en donnant un cadre au télétravail. La parité homme-femme est aussi un point d’observation particulièrement sensible.

La flexibilité des horaires doit évoluer, pour que les clients puissent venir dans les agences quand ils le souhaitent et non seulement quand les acteurs le permettent.

"Il y a une nécessité absolue de former les professionnels tout au long de leur vie.

TravelPro Formations va rejoindre l’UMIH, permettant d’obtenir des moyens beaucoup plus importants,
" dévoile Jean Pierre Mas.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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