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RĂ©servations voyages : "On vend moins mais avec plus de marge"🔑

le contexte anxiogÚne crée de l'attentisme chez les clients



Les voyagistes font face à un plateau et à un fléchissement des réservations depuis le début de la guerre en Ukraine. Conséquences économiques, stress, contexte anxiogÚne et culpabilité... la période est peu propice à la vente de voyages. Tour d'Horizon avec Bravo Club, NG Travel, Travel Lab et TUI France.


Rédigé par le Lundi 14 Mars 2022

Conflit en Ukraine : "Nous étions sur un bon rythme juste avant le conflit et depuis une dizaine de jours le nombre de réservations a baissé de 20 à 25%" Depositphotos.com  Auteur EdZbarzhyvetsky
Conflit en Ukraine : "Nous étions sur un bon rythme juste avant le conflit et depuis une dizaine de jours le nombre de réservations a baissé de 20 à 25%" Depositphotos.com Auteur EdZbarzhyvetsky
AprÚs la pandémie de covid, les professionnels du tourisme doivent faire face aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine.

Hausse du baril de brut, baisse de l’euro et contexte anxiogĂšne ont mis au ralenti des carnets de rĂ©servations qui se remplissaient toujours plus de semaine en semaine depuis fin janvier chez les tour-opĂ©rateurs.

Depuis l’invasion lancĂ©e par la Russie, Emmanuel Foiry, PrĂ©sident de Travel Lab – Kuoni est formel : « C’est Ă©vident il y a un coup d’arrĂȘt ».

« Nous étions sur un bon rythme juste avant le conflit et depuis une dizaine de jours le nombre de réservations a baissé de 20 à 25% » poursuit Olivier Kervella, PDG de NG Travel.

Un constat également partagé par Patrice Caradec, Directeur Général de Bravo Club : « Nous sentions une accélération des ventes semaine aprÚs semaine depuis janvier et nous nous rapprochions des scores de 2019.

Depuis le conflit nous avons senti d’abord un plateau lĂ©gĂšrement flĂ©chissant par rapport Ă  la semaine prĂ©cĂ©dente puis un recul de 20% par rapport Ă  la semaine d’avant
».

Chez TUI France, en revanche, le tour-opĂ©rateur note ne pas avoir« d’impact significatif sur les 3 derniĂšres semaines, il est encore trop tĂŽt » prĂ©cise un porte-parole.

Attentisme et incertitude

Toutefois, cette nouvelle crise crĂ©e de l’incertitude.

Comme le rappelle Emmanuel Foiry, « notre secteur est trĂšs sensible Ă  l’indice de confiance des mĂ©nages. S’il y a un doute sur la situation sanitaire ou sur la paix dans le monde, cela n’incite pas les voyageurs Ă  rĂ©server. Si le conflit ne s’arrĂȘte pas rapidement il va falloir voir les consĂ©quences Ă©conomiques ».

Jean-Pierre Mas, Président des Entreprises du Voyage l'anticipait dÚs le début du conflit : « Cette situation va générer de l'attentisme. Le climat n'est pas propice à la prise de décision de vacances. C'est un contexte trÚs anxiogÚne, angoissant et ce n'est pas dans ces moments là qu'on prend des décisions de voyage. Mais nous ne devrions pas observer d'annulations de voyages sur des zones non concernées. »

Ce que confirme Patrice Caradec qui s’est confrontĂ© aux clients lors d’une soirĂ©e organisĂ©e par une agence partenaire Ă  OrlĂ©ans : « Les clients attendent de voir. Nous avions fait une offre spĂ©ciale qui s’étale sur 10 jours Ă  cette occasion et nous voyons bien que la guerre est dans les esprits.

En revanche nous n’enregistrons aucune annulation. Ceux qui ont dĂ©cidĂ© de s’inscrire partent !
»

« Outre les faits Ă©conomiques objectifs qui risquent de dĂ©rĂ©guler une nouvelle fois le marchĂ© du voyage, les freins psychologiques ne se limitent pas Ă  l’inquiĂ©tude, au stress et Ă  la peur » explique Josette Sicsic, en charge de la rubrique Futuroscopie de TourMag dans son article "Les quinze jours qui Ă©branlent le monde"

« Un autre sentiment se dĂ©veloppe, et bloque les projets d’une part importante de la population : c’est la culpabilitĂ©... »

Moins de ventes mais davantage de marges

La situation empĂȘche toute anticipation.

D'ailleurs les rĂ©servations engrangĂ©es ses derniers jours du cĂŽtĂ© de NG Travel concernent essentiellement la pĂ©riode mars, avril, mai et juin. « Nous avons trĂšs peu de bookings pour cet Ă©tĂ© depuis la guerre. Les gros dossiers, les familles hĂ©sitent, il y a de l’incertitude. »

Toutefois selon les acteurs la tendance n'est pas lĂ  mĂȘme puisqu'inversement chez TUI France, les rĂ©servations concernent « essentiellement la pĂ©riode estivale ».

Reste que Patrice Caradec espĂšre revoir une remontĂ©e progressive des rĂ©servations jusqu’à la fin juin.

Si le patron des Bravo Club regrette ne plus ĂȘtre sur les niveaux de 2019, il se console en vendant les voyages au bon tarif : « La grande braderie due aux surcapacitĂ©s c’est terminĂ©. Quand on vend, les marges sont lĂ , on vend moins mais avec plus de marges. »

Si bien sĂ»r les voyagistes espĂšrent voir une remontĂ©e des rĂ©servations, ce que les professionnels du tourisme comme leurs clients souhaitent plus que tout, c’est bien sĂ»r la fin du conflit et le retour Ă  paix.


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