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Rome : l’art de vivre derrière les incontournables

Des visages, des moments, des rencontres


On vient à Rome avec ses monuments en tête, ses visites réservées et quelques adresses choisies. Pourtant, ce qui donne parfois sa valeur à un court séjour se joue entre ces rendez-vous: une conversation, une musique venue d’un jardin, quelques minutes prolongées sur une place ou un événement auquel on ne pensait pas assister. Reportage dans une capitale où le sur-mesure consiste peut-être aussi à préserver une place pour l’imprévu.


Rédigé par le Samedi 3 Octobre 2026 à 07:00

Les toits de Rome au coucher du soleil, depuis les terrasses de Borromini - Photo : Sébastien Cros
Les toits de Rome au coucher du soleil, depuis les terrasses de Borromini - Photo : Sébastien Cros
Un soir à Rome, une musique monte jusqu’à notre terrasse depuis les jardins du Palazzo Borghese.

Des proches nous ont rejoints. En contrebas, une réception se déroule tandis qu’un violoniste accompagne le coucher du soleil. Nous avions choisi notre hôtel avec soin ; personne, en revanche, n’aurait pu réserver cette combinaison précise de lumière, de musique et de compagnie.

Rien de tout cela ne figurait au programme. Ce sera pourtant l’un des souvenirs les plus persistants du séjour.

Les grands monuments avaient évidemment leur place dans l’itinéraire. Le Colisée, le Panthéon, Saint-Pierre ou la place d’Espagne restent des incontournables auxquels il serait curieux de vouloir échapper simplement pour revendiquer une autre manière de voyager.

Mais trois jours à Rome rappellent aussi qu’entre ces rendez-vous existent des moments plus difficiles à programmer et qui participent tout autant à la perception d’une destination.

Avant les monuments, une première rencontre

Notre premier contact avec Rome est un chauffeur dont l’anglais hésitant ne limite en rien la conversation. Avant même notre arrivée, il a envoyé un message de bienvenue sur WhatsApp.

À l’aéroport, nous le retrouvons parmi ses collègues, nos noms sur sa pancarte. Cheveux lissés en arrière, barbe de quelques jours, il nous accueille chaleureusement et s’empare immédiatement de la valise de Rebecca, ma compagne australienne. La mienne, je le remarque avec amusement, reste à ma charge.

Nous ne comprenons pas toujours ses phrases, mais l’échange se poursuit sans difficulté. Après un long voyage depuis l’Australie, cette manière de recevoir fait déjà partie de l’expérience. Avant la première façade ou la première piazza, Rome a commencé par un visage.

Quelques jours plus tard, sur les terrasses de Borromini, une autre rencontre provoque le même sentiment. Notre serveur parle cette fois un anglais impeccable. Lorsqu’on lui demande d’où il vient, il relève ses longs cheveux bruns et dévoile sur son cou un tatouage : « Roma ». Romain, bien sûr.

Sa fierté fait sourire, comme si la question avait été presque superflue. Nous étions montés pour la vue. Pourtant, ce geste reste aussi présent dans le souvenir que les toits de la ville. Le panorama racontait Rome vue d’en haut ; le tatouage disait autre chose : la manière dont certains de ses habitants semblent encore appartenir profondément à leur ville.

Une capitale à hauteur de quartier

Réception dans le jardin du Palazzo Borghese, vue depuis la terrasse de la suite Borghese au Vilòn - Photo : Sébastien Cros
Réception dans le jardin du Palazzo Borghese, vue depuis la terrasse de la suite Borghese au Vilòn - Photo : Sébastien Cros
À six heures du matin, ce sont les mouettes qui nous réveillent. Un espresso sur la terrasse de la chambre, les jardins du Palazzo Borghese devant nous, et la capitale paraît s’éveiller avec une surprenante douceur.

Pendant quelques minutes, Rome prend presque les dimensions d’une ville méditerranéenne à taille de quartier, plutôt que celles d’une grande capitale touristique.

Ce calme tient aussi au choix du point d’ancrage. Installé via dell’Arancio, dans une petite rue du centre historique, le Vilòn permet de rejoindre à pied une grande partie des sites du centre tout en offrant, une fois la porte franchie, une réelle sensation de retrait.

C’est probablement la juste place d’un hôtel dans un séjour de ce type : non pas devenir la destination, mais permettre d’habiter la ville différemment, de repartir après une pause ou de rentrer sans avoir l’impression d’avoir quitté le centre.

Dehors, les foules sont bien présentes. Il ne s’agit donc ni d’une Rome secrète, ni d’une capitale miraculeusement préservée du tourisme.

Pourtant, entre les grandes visites, l’attention se déplace vers des scènes beaucoup plus ordinaires : les étals de poisson, les fruits et légumes disposés avec soin, les anciens qui prolongent une conversation, les cafés pris au comptoir, les pavés, les petites fontaines auxquelles on s’arrête en marchant.

Trois jours ne permettent évidemment pas de comprendre une ville. Ils peuvent en revanche suffire à percevoir un rythme.

Lorsque j’interroge ensuite Martina Avitabile, directrice du Vilòn, sur cette impression presque villageoise. Elle évoque, elle aussi, les commerces de proximité, les visages familiers et les habitudes de quartier. « Cette coexistence entre le monumental et ce qu’il y a de plus ordinaire est, à mes yeux, l’un des plus grands charmes de Rome », explique-t-elle.

La formule résume assez bien ce que le séjour finit par révéler : on peut passer en quelques minutes d’un monument qui appartient à l’histoire mondiale à une scène quotidienne qui pourrait se dérouler dans un quartier où chacun connaît encore ses habitudes.

Saint-Pierre, ou la part impossible à programmer

À Saint-Pierre, une photographie familiale accompagne une matinée devenue très personnelle - Photo : Sébastien Cros
À Saint-Pierre, une photographie familiale accompagne une matinée devenue très personnelle - Photo : Sébastien Cros
Le mercredi 16 septembre, nous nous rendons à Saint- Pierre et découvrons qu’une audience générale du pape doit se tenir sur la place.

Nous n’avions pas construit notre séjour autour de ce rendez-vous, distinct d’une messe, mais décidons de rester. Lorsque la papamobile passe à quelques mètres de nous, la proximité surprend.

Une figure habituellement aperçue sur un écran se trouve soudain devant nous, au milieu de la foule, à moins de cinq mètres. Nous étions simplement venus découvrir Saint-Pierre ; nous voici témoins d’un moment que nous n’avions absolument pas prévu.

Pour Rebecca, ma compagne australienne, cette matinée prend une dimension encore plus personnelle. Elle tient dans ses mains une photographie de sa grand-mère, dont les obsèques ont lieu ce même jour en Australie. Sur la place Saint-Pierre, ce petit portrait relie soudain deux scènes séparées par des milliers de kilomètres : un rassemblement public au cœur de Rome et un adieu familial à l’autre bout du monde.

Ce qui devait être une visite devient alors un souvenir impossible à dissocier du lieu. Cette scène ne dit rien de général sur Rome et ne saurait devenir une promesse faite à un voyageur. Elle rappelle simplement qu’un itinéraire prépare les conditions du voyage, mais qu’il ne décide jamais entièrement de ce qui en deviendra le souvenir principal.

Préserver du temps, une autre forme de sur-mesure

Une terrasse de café via delle Carrozze, dans le centre historique de Rome - Photo : Sébastien Cros
Une terrasse de café via delle Carrozze, dans le centre historique de Rome - Photo : Sébastien Cros
C’est là que l’expérience devient intéressante pour le professionnel du voyage. Il ne s’agit évidemment pas de renoncer à préparer.

Dans une ville comme Rome, bien choisir son hébergement, comprendre les distances, réserver les visites essentielles et positionner quelques bonnes adresses reste déterminant.

Mais le conseil peut également consister à ne pas remplir toutes les heures disponibles. Une conversation peut durer davantage que prévu. Un déjeuner se prolonger. Une place donner envie de s’asseoir plutôt que de rejoindre immédiatement l’étape suivante.

Un client peut avoir besoin de rentrer à l’hôtel avant de repartir le soir. Préserver cette souplesse ne revient pas à proposer moins : c’est reconnaître que le sur-mesure concerne autant le rythme du séjour que son contenu.

Martina Avitabile résume cette philosophie par une idée simple : laisser « de la place à l’inattendu ». Un café peut devenir une conversation, explique-t-elle, un apéritif se transformer en dîner et une promenade de dix minutes en prendre soixante lorsque la ville offre une raison de s’arrêter.

Pour une escapade de quelques jours, c’est peut-être là que réside une autre manière de conseiller Rome. Non pas chercher systématiquement les adresses que personne ne connaît, ni débarrasser la ville de ses incontournables, mais sélectionner ce qui compte vraiment et permettre au voyageur de conserver suffisamment de disponibilité pour rencontrer ce qui n’était pas prévu.

Nous étions arrivés avec une idée assez précise de ce que nous voulions voir. Au moment de repartir, les monuments figuraient bien dans les photographies. Mais dans les notes prises en quittant la ville apparaissaient aussi des mouettes au réveil, un chauffeur, un tatouage sur le cou d’un serveur, une photographie tenue sur la place Saint-Pierre et un violon entendu depuis un jardin.

Rome avait respecté notre programme. Heureusement, elle avait aussi su le dépasser.

Repères

Choisir sa suite au Vilòn

La vue, la terrasse et la configuration font partie de la valeur du séjour. Les suites Borghese et Melangolo ne sont pas interchangeables dans leur agencement : la première privilégie l’espace intérieur, avec 74 m² et 13 m² de terrasse ; la seconde propose 50 m² intérieurs et une terrasse de 33 m². Pour un client sensible à une photographie ou à un espace extérieur précis, mieux vaut faire confirmer la suite souhaitée par son nom, plutôt que se limiter à une catégorie générique « suite avec terrasse ».

Rejoindre Rome depuis la France

Pour trois nuits, l’avion reste l’option la plus directe : Air France propose Paris CDG - Rome Fiumicino et Transavia dessert Fiumicino depuis Paris Orly. À l’arrivée, le Leonardo Express relie l’aéroport à Roma Termini en 32 minutes ; prévoir ensuite le transfert vers l’hôtel. Les fréquences et les horaires sont à vérifier aux dates du séjour.

Envisager le train pour un voyage plus long

Un trajet via Milan, puis une correspondance vers Rome, permet de faire du transport une étape du voyage. Attention au calendrier de l’automne 2026 : Trenitalia France annonce la suspension de ses circulations internationales du 12 septembre au 9 octobre inclus, en raison de travaux. Vérifier les services effectivement disponibles avant de proposer cet itinéraire, notamment pour une escapade de quelques jours.

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Tags : italie, rome
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