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Thomas Pesquet : "j'aimerais une trajectoire vertueuse dans le tourisme spatial..."

il partage son avis sur un éventuel développement du tourisme spatial



Petit déjeuner dans les étoiles il y a quelques jours avec Thomas Pesquet qui a bien voulu, après son retour de la Mission Alpha à bord de l'ISS répondre aux questions de TourMaG et donner son avis sur un éventuel développement du tourisme spatial.


Rédigé par le Dimanche 30 Janvier 2022

Après 6 mois passés dans la station spatiale internationale (ISS) on en a bien sûr des choses à raconter. Des récits très techniques bien sur, mais aussi des anecdotes et considérations intéressantes et des anecdotes qui disent à quel point l'espace est encore une aventure humaine passionnante.

Le voyage d'abord, à bord du Crew Dragon « Endeavour » de SpaceX pour aller s'arrimer à l'ISS.

Rappelons-nous qu'à l'origine, Thomas Pesquet est pilote de ligne moyen-courrier au sein d'Air France. Avec ce vol vers l'ISS, on passe à une durée de 23 heures, autant dire du long, du très long-courrier.

Pour préparer ce vol, l'entrainement a été assez similaire à ce qu'il a connu dans sa vie de pilote de ligne nous a confié l'astronaute. Il y a bien sur une partie théorique et une partie pratique au simulateur.

Ils s'entrainent également à faire face à toutes les situations d'urgence : dépressurisations, feu a l’intérieur de la cabine, éjection pendant le lancement ....Des entrainements en piscine aussi avec à bord tout ce qu'il faut également pour se poser sur l'eau : des canots de sauvetage et des rations de survie. Un entrainement de plusieurs semaines.

Fes situations d'urgence, il y en a eu que notre astronaute national

Et des situations d'urgence, il y en a eu que notre astronaute national nous a révélées.

Lors des premières heures du voyage dans crew dragon, après que l'équipage ai pu commencer à s'installer un peu plus confortablement et après avoir quitté leur scaphandre et s’être changé, le centre de contrôle de Space X a appelé pour prévenir d'un risque de collision avec un débris. ''Vous avez vingt minutes pour remettre les scaphandres, tout fermer et tout ranger".

A l'entrainement cette procédure prend une heure ! Entrer dans le scaphandre c'est difficile. Space x les a voulus élégants mais il est impossible de les enfiler tout seul, il faut être aidé par un collègue, c'est très serré au niveau de la poitrine, il s’enfile par le bas et l'apesanteur rend les choses difficiles.

Prouesse tout de même que d'avoir réussi au bout de 20 minutes à de nouveau être sanglé dans les sièges mais pour s ‘entendre dire depuis la terre que l'alerte était levée...

Deux fois également pendant la mission Thomas Pesquet nous a révélé avoir perdu l'orientation de la station.


Sur son orbite la station peut voler dans plusieurs positions mais le principe est de l'orienter ''le ventre'' vers la surface de la terre.

En juillet, un nouveau module russe, le MLM ( Multipurpose Laboratory Module) s'est arrimé à la station à l'ISS. Quelques heures après et suite à un bug le module russe n'a plus compris qu'il était arrimé et a rallumé ses moteurs pour s'orienter, entrainant tout l'ISS dans un looping improbable qui a pu finalement être maitrisé grâce au savoir-faire de l'équipage.

De nombreuses expériences scientifiques

Dans l'ISS et au cours de la mission, Thomas Pesquet n'a pas pris que des photos.

En plus des sorties, 232 expériences ont été réalisées dont 40 commandées par l'ESA (l'Agence Spatial Européenne) portant notamment sur le système immunitaire dans l'espace, le cycle du sommeil, les ondes ultra sons qui pourraient déplacer des objets et le développement des cellules souches dans l'espace.

Des expériences plus difficiles à concevoir sur terre à cause de l'apesanteur. L'ISS c'est aussi un grand laboratoire scientifique.

La rentrée atmosphérique semble être un spectacle de son et lumière impressionnant

Le retour sur la terre a aussi été pour l'équipage du vaisseau de Space X un moment qui laissera des souvenirs. Un épisode pas très glamour pour commencer puisque le voyage s'est fait sans toilettes, neutralisées car "pas étanches".

"Nous avons fait avec les moyens du bord .... des couches...je vous passe les détails, ce n'était pas très glamour. Notre retour était programmé en un peu plus de 6 heures, il y avait également une option de retour en 24heures mais nous n'étions pas très partants pour celle là" précise Thomas Pesquet dans un sourire.

Consolation : la rentrée atmosphérique semble être un spectacle de son et lumière impressionnant que les grandes fenêtres de Crew Dragon, qui est rappelons-le un véhicule commercial, permettent d'admirer.

"Le freinage intensif fait bruler notre bouclier et les plasma et les gaz ionisés tout autour de nous deviennent tout rose et toute notre cabine se pare de cette belle couleur. Nous étions écrasés sous 4 G (très forte accélération) mais dans le rose, et c'était plutôt relaxant".

« Le tourisme spatial devrait avoir une trajectoire vertueuse »

TourMaG.com - Voyez-vous un développement rapide du tourisme spatial et est-ce que votre communauté le souhaite ?

Thomas Pesquet :
C'est une bonne question. Je vais vous faire une réponse de Normand.

Nous en somme au tout début même si les Russes avaient envoyé des "participants" aux vols spatiaux il y a quelques années. Ils l’ont donc déjà plus ou moins fait mais c'était bien sûr en compagnie d’astronautes professionnels.

Avec Space X nous avons eu le premier vol orbital avec que des « privés ». C'est une première et cela a été une volonté de la NASA de donner cette capacité au secteur privé, alors que le Crew dragon et le Falcon 9 ce sont développés grâce à des budgets publics pour le cadre de la station spatiale et pour nous emmener à bord de l'ISS.

Cependant, "le deal" consistait à dire que s’il y avait un marché, Space X était autorisé à utiliser cette capacité pour répondre à la demande.
C'est ce qu'ils ont fait et ce que moi j'aimerais y voir c'est une trajectoire vertueuse où l'on utilise ce fonctionnement pour avoir un progrès, des retombées positives pour la société.

C'est ce que nous faisons nous, avec une mission de recherche et d'exploration. Si on a cette tendance qui se développe comme ce qui s’est passé avec Inspiration 4* c'est bien.

Si c'est juste pour les ultra riches et pour se faire plaisir, cela ne nous intéresse pas. Et c'est quelque chose qui va de plus en plus se séparer de notre activité à nous.

Ce n'est de toute façon pas sous le contrôle de l'agence européenne et il est vrai que si nous avions avec l'ESA notre propre véhicule nous en ferions ce que l'on veut, mais là ce sont les Américains, c'est Space X et la NASA qui décident.

*Inspiration4 était le voyage en orbite terrestre de Jared Isaacman, financé par des fonds privés, qui a permis de récolter beaucoup d'argent pour un hôpital de recherche pour enfants.

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