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Wecandoo met les artisans en vedette et réfléchit à son avenir touristique 🔑

réserver une expérience de savoir-faire



Le succès actuel de la plateforme, qui donne accès à quelque 3 500 expériences au contact d’artisans d’art ou tout simplement d’un savoir-faire manuel, a suscité l’intérêt des investisseurs. Au-delà d’un développement territorial des activités de Wecandoo, une réflexion se fait jour pour enrichir les propositions avec des partenaires du tourisme.


Rédigé par le Mardi 10 Mai 2022

Edouard Eyglunent, Grégoire Hugon, Arnaud Tiret, les trois fondateurs (©DR)
Edouard Eyglunent, Grégoire Hugon, Arnaud Tiret, les trois fondateurs (©DR)
Au départ de l’aventure Wecandoo en 2017, ils sont trois camarades de formation différentes et complémentaires. Edouard Eyglunent mixte l’hospitality de l’Institut Paul Bocuse à Lyon et le commerce à l’EDHEC Business School ; Grégoire Hugon est le financier sorti aussi de l’EDHEC où il se lie d’amitié avec Edouard, et Arnaud Tiret, le techno consultant IT chez EY.

Si chacun entame une carrière dans son domaine de prédilection, l’envie d’entreprendre et le constat qu’il y avait matière à valoriser l’artisanat les réunissent un jour pour monter leur propre business. Ce sera Wecandoo, traduction en langage startup de « On peut le faire ».

« L’équation de départ est plutôt pédagogique partant du constat d’un manque de valorisation et de visibilité des artisans », explique Edouard Eyglunent.

« Pour assurer le lien entre un savoir-faire artisanal de qualité et le grand public, nous parcourons la France pour recruter des artisans dans tous les métiers manuels pour qu’ils montent des ateliers de savoir-faire, simples et ludiques à la fois, qui conduisent les visiteurs à mettre en quelque sorte « la main à la pâte ».


Le nombre des expériences possibles double quasiment tous les ans

Expérience vécue, forger soi-même son couteau de table (©Wecandoo)
Expérience vécue, forger soi-même son couteau de table (©Wecandoo)
La première année d’activité en 2018, ce sont plus de 400 artisans, dont beaucoup en région parisienne qui s’engagent pour proposer une « expérience ». Au-delà de la simple visite d’un artisan sur son lieu de travail, le concept repose sur la participation active : composer un bouquet, concevoir son parfum ou sa crème de soin, réaliser son vase en poterie, voire forger un couteau de table…

Le concept fonctionne sur la base d’un commissionnement à 20% sur le prix de l’atelier alors que l’adhésion à la plateforme est gratuite. Bon an, mal an, Wecandoo double le nombre de ses artisans et des ateliers proposés.

En sortie de confinement, la tendance au tourisme de proximité et à la rencontre « authentique » avec des producteurs locaux donnent un coup de boost à l’activité de la plateforme qui bondit à 100 000 réservations à l’année. Depuis la création, ce sont plus de 250 000 réservations qui ont été effectuées.

Le succès grandissant a de quoi séduire les investisseurs qui répondent en 2021 à la levée de fonds lancée par les fondateurs. 3,2 millions d’euros sont apportés par deux fonds : Breega et Educapital pour étendre encore le réseau et agrandir l’équipe.

Fort de ce soutien, la start-up se donne de nouvelles ambitions.

Toute l'équipe a fêté la levée de fonds en séminaire champêtre (©Wecandoo)
Toute l'équipe a fêté la levée de fonds en séminaire champêtre (©Wecandoo)
Si plus de 40% du chiffre d’affaires réalisés sont encore concentrés dans et autour de la capitale, les expériences Wecandoo sont aussi proposées dans les grandes métropoles Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes et, depuis quelques mois à Bruxelles.

« Aujourd’hui nous sommes présents dans une quarantaine de villes de région avec plusieurs formats d’ateliers possibles », confiait récemment Chloé Keryhuel responsable du marketing.

« Il y a ceux qui durent quelques heures, pour s’initier à une technique, puis il y en a des plus longs, à la journée par exemple. Nous proposons aussi des formats « terroir » où les gens se rendent directement chez un producteur, éleveur ou agriculteur le temps d’un week-end, à moins de deux heures de Paris, pour aller fabriquer son fromage, par exemple ».

Dans les bureaux parisiens, situés symboliquement sous le Viaduc des Arts, avenue Daumesnil à Paris, une quarantaine de personnes s’active dans tous les départements, dont une dizaine rien que pour assurer des relations régulières avec les 1 700 artisans et en recruter encore davantage.

Objectif affiché : 2 000 artisans partenaires d’ici la fin de l’année et plus de 4 000 ateliers proposés. « Nous en ajoutons une cinquantaine par semaine et nous voudrions que chacun puisse trouver une expérience disponible à moins de 50 km de son domicile », se félicite Edouard Eyglunent qui souhaite aussi dépasser plus activement les frontières nationales.

Vers un renforcement de la dimension touristique

Plus qu'une visite d'entreprise, un atelier de création (©Wecandoo)
Plus qu'une visite d'entreprise, un atelier de création (©Wecandoo)
« Après la Belgique où une quarantaine d’artisans sont déjà actifs, nous allons nous intéresser aux Pays-Bas et un peu plus tard à Londres », explique le co-fondateur. « A partir de cette expérience internationale consolidée, nous comptons bien développer le concept ailleurs en Europe ».

Si le concept avait pour vocation initiale de mettre en avant les artisans, son potentiel touristique s’est assez vite imposé. Et c’est dans cette direction que le développement est programmé.

« Les artisans sont emblématiques d’une région. Leur savoir-faire est souvent associé à une ville ou un terroir, comme la dentelle, le cuir ou les spécialités gastronomiques », justifie Edouard. « Ils sont les représentants d’un patrimoine vivant qui a suscité un plus grand intérêt avec la crise de la Covid ».

Aujourd’hui, les demandes qui se manifestent à travers la plateforme poussent à développer les partenariats avec les acteurs du tourisme et du transport.

« Les clients individuels nous demandent de leur organiser des circuits de visite autour des ateliers ou des visites d’artisans. Et nous avons déjà six personnes qui travaillent pour les organisateurs de groupes pour assurer les visites et les activités pendant leur déplacement. Cela représente déjà 20% de notre chiffre d’affaires », continue le jeune entrepreneur.

Une meilleure collaboration souhaitée avec la distribution

Alors de là à se transformer en organisateur de séjour et à proposer des expériences plus complexes, il y a de quoi alimenter la réflexion. « C’est un autre métier, mais il est parfois frustrant de ne pas aller jusqu’au bout de la démarche pour valoriser encore davantage nos artisans et notre intervention ».

Dans un premier temps, les dirigeants de Wecandoo souhaitent être plus proches de la distribution touristique et envisager une meilleure diffusion dans les réseaux de leur inventaire d’expérience.

Ils collaborent déjà assez activement avec l’association Entreprise et Découverte qui valorise et promeut les visites d’entreprises. Mais le monde des agences de voyages et notamment des réceptifs leur est encore assez restreint.

« Nous accueillons pourtant beaucoup de clientèles étrangères dans les grandes villes comme à Paris. Plusieurs centaines de nos artisans sont capables d’expliquer les activités en anglais ».

Lire aussi :

- Coup de projecteur de Provence Tourisme sur ses artisans

- Le 18e Voyage des Patrons et Dirigeants explore la Vallée de la Gastronomie


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