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Accès aux vacances : 39% des Français ne partiront pas cet été

Les vacances des Français sous le microscope de la Fondation Jean-Jaurès



La Fondation Jean-Jaurès vient de dévoiler le deuxième volet de son enquête sur les inégalités sociales concernant l'accès aux vacances. 78 pages pour décortiquer les pratiques, les renoncements, les choix face au pouvoir d'achat.


Rédigé par le Vendredi 8 Juillet 2022

Une majorité de Français va partir cet été, les vacances un besoin vital (©DR)
Une majorité de Français va partir cet été, les vacances un besoin vital (©DR)
La Fondation Jean-Jaurès publie le deuxième volet de son enquête sur les inégalités sociales concernant l'accès aux vacances avec l'Alliance France Tourisme et l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) réalisée par l'Ifop.

Dominique Marcel, président de l'Alliance France Tourisme, et Simon Thirot, délégué général de l'UNAT, reviennent sur les principaux enseignements de cette enquête et formulent des propositions pour faire face à ces inégalités.

Selon cette étude (document complet en pièce jointe) les vacances sont encore un terrain où s’expriment les inégalités entre Français, alors que les attentes exprimées les font apparaître, si ce n’est comme un droit essentiel mais en tout cas comme une nécessité.

Et pourtant, selon les années, plus ou moins un tiers des Français ne partent pas en vacances. Ils seront 39% à ne pas partir cet été.

Et pour faire encore mieux ressortir la fragilité des certitudes, parmi la majorité (61%) qui envisage de partir, 27% indiquent que cela peut encore changer. Le renoncement et l'interrogation à quelques semaines des grands départs estivaux prédominent encore.

L’analyse plus fine des réponses montre que les clivages sociaux et territoriaux entre les Français se confirment sur ce sujet avec 81% des cadres et professions intermédiaires supérieurs qui partiront contre 56% des ouvriers.

Il en va de même entre les catégories aisées (78%) et modestes (52%), voire pauvres (42%), accentués par les incertitudes de pouvoir d'achat pour ces derniers.

Le renoncement aux vacances n’est pas exceptionnel, mais plutôt mal vécu

39% des Français vont finalement renoncer à partir, une situation mal vécue (©DR)
39% des Français vont finalement renoncer à partir, une situation mal vécue (©DR)
Si on fait abstraction des raisons financières pour ne prendre en compte que les conditions sanitaires des deux dernières années, les Français expriment leur besoin vital de sortir de leur quotidien et de leur environnement habituel en indiquant, pour 69%, que des vacances « normales » leur ont manquées en raison de la crise de la Covid.

D’une manière plus spécifique, au cours des cinq dernières années, plus de la moitié des Français (52%) indique avoir renoncé à partir au moins une fois en vacances d'été pour des raisons financières.

L'étude met en avant qu'il existe plusieurs profils renonçant de façon régulière aux vacances. Ainsi, la fréquence du renoncement est quasiment la norme pour les catégories modestes (68%) et pauvres (65%) et pour les classes moyennes inférieures (51%), mais également pour les habitants des communes urbaines de province (53%) et des communes rurales (57%).

Sans surprise, parmi les professions qui renoncent le plus, les ouvriers (68%) et les artisans-commerçants (63%). Les salariés du secteur public sont, parmi toutes les catégories, ceux qui renoncent le moins à partir (47%) régulièrement.

Chez ceux qui ont dû renoncer à partir, un manque a été ressenti pour 68% d’entre eux. C’est dire que l’absence de vacances est mal vécue, une véritable frustration, qui justifie d’éventuels sacrifices pour ne pas en être victime.

Les vacances ne sont pas une dépense courante, mais un « extra » à financer

Les vacances financées par l'épargne, quand il y en a (©DR)
Les vacances financées par l'épargne, quand il y en a (©DR)
Une écrasante majorité des Français financent leurs vacances en puisant dans leur épargne (88%).

C’est dire que ce n’est pas considéré comme une dépense courante mais qu’elle se prépare assez longtemps à l’avance. D’où les arbitrages qui s’opèrent en fonction des circonstances - à quoi doit servir l’épargne dans un climat d’incertitude économique - ou du niveau de l’épargne accumulée les mois précédents.

Certes des outils complémentaires facilitent les départs comme l'utilisation du Chèque-vacances (34%), alors que les aides dédiées des comités d'entreprise/CSE, des caisses d'allocations familiales et les crédits à la consommation souscrits spécifiquement restent à la marge (12%).

Elles peuvent néanmoins constituer un appui ou un complément efficace au financement des départs quand il y un recours à des hébergements marchands.

Les réponses montrent que l'appel aux proches (invitations familiales ou amicales) est également un moyen significatif de partir (49%).

1/3 des Français ne partent plus comme avant

Pour certains des vacances de proximité, moins surpeuplées (©DR)
Pour certains des vacances de proximité, moins surpeuplées (©DR)
L’enquête se penche aussi sur les changements de comportements qu’aurait pu provoquer la crise sanitaire.

Sont-ils profonds ? Pour 68% des Français qui partent en vacances, il n’y a pas eu de changements d’habitude (21% vont toujours au même endroit et 47% cherchent avant tout à se faire plaisir).

Pour autant, 32% reconnaissent qu’ils ne partent plus comme avant. 17% privilégient désormais des destinations moins lointaines et 15% essaient désormais d’aller dans des endroits où il n’y a pas trop de monde.

La fréquence de départ en vacances dans la jeunesse, fondatrice des vacances tout au long de la vie

L’une des données qui ressort nettement de l’étude à plusieurs niveaux est la reproduction du non-départ tout au long de la vie pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de partir étant jeune.

À titre d’exemple, 65% des Français qui ne partiront pas cet été ne sont jamais partis en vacances dans leur jeunesse.

Il en va de même en fonction des catégories sociales, dont les plus populaires sont celles qui partaient le moins dans le passé.

La fracture sociale liée aux vacances se dessine donc dès le plus jeune âge et risque de creuser un fossé durable entre « partants » et « non-partants ».

Cette observation est particulièrement vraie pour les vacances d’hiver. En effet, 68% déclarent ne jamais partir à cette période. Cette situation ne s’améliore pas puisque 18% y partaient régulièrement enfant et 65% jamais.

Or, ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité de découvrir les activités de montagne en hiver n’ont que peu de chance de les découvrir plus tard, 92% de ceux qui ne partaient rarement ou jamais dans leur jeunesse n’y partent jamais à l’âge adulte.

Des propositions concrètes pour favoriser le départ en vacances

Pour répondre aux enjeux sociaux et économiques que représente le non-départ en vacances, l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air et l’Alliance France Tourisme formulent plusieurs propositions :

- institutionnaliser le premier départ en vacances : chaque enfant partirait au moins une fois en séjour collectif (colonies de vacances, mais aussi classes découvertes - classes de neige, de mer et vertes) au cours de chaque cycle scolaire en impliquant l’État, les collectivités territoriales, mais également les entreprises et les associations ;

- développer l’accès à la mobilité, notamment de proximité, par la généralisation des tickets de transport à coût très réduit sur les lignes locales (trains et bus), sur le modèle du ticket à neuf euros mis en place en Allemagne ;

- démocratiser l’accès aux Chèques-Vacances. L’agence nationale du Chèque-Vacances développerait un Chèque-Vacances ciblé pour les publics qui n’y ont aujourd’hui pas accès et qui sont exclus des autres aides (CAF, CSE…), dans la continuité des mesures portées par les régions lors de la crise pour favoriser des vacances « de proximité » ; serait également ouverte la possibilité de verser la « prime Macron » sous forme de Chèques-Vacances, notamment pour les salariés des TPE-PME.

Lire aussi :

- Les Régions de France et les grandes entreprises du tourisme discutent stratégie

- UNAT, les associations sont éligibles au dispositif coûts fixes


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