La situation ne risque pas de s’arranger avec les décisions et déclarations du gouvernement Trump de plus en plus ouvertement hostiles aux partenaires européens @Deposit-Photos
Faut-il boycotter un pays en raison des décisions de son dirigeant ?
Cette question traverse le tourisme depuis longtemps. On la croyait réservée aux dictatures ou aux régimes autoritaires, et l’on avait fini par s’en accommoder : se rendre dans un pays n’est pas cautionner son régime.
On n’aurait pourtant jamais imaginé, avant la première élection de Donald Trump, qui n’a pas eu de conséquences sur la fréquentation, que ce débat puisse concerner une démocratie alliée de la France et de l’Europe.
Cette question traverse le tourisme depuis longtemps. On la croyait réservée aux dictatures ou aux régimes autoritaires, et l’on avait fini par s’en accommoder : se rendre dans un pays n’est pas cautionner son régime.
On n’aurait pourtant jamais imaginé, avant la première élection de Donald Trump, qui n’a pas eu de conséquences sur la fréquentation, que ce débat puisse concerner une démocratie alliée de la France et de l’Europe.
Etats-Unis : des marchés clés en net repli
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Et pourtant, elle méritait bien d’être posée. Selon les dernières données publiées par le National Travel and Tourism Office, le tourisme international vers les États-Unis recule sans discontinuer depuis huit mois.
L’Europe de l’Ouest est particulièrement concernée. Trois marchés clés pour la destination affichent un net repli : la France (-5,9 % en décembre), le Royaume-Uni (-4,1 %) et l’Allemagne (-7,3 %), une tendance confirmée sur l’ensemble de l’année.
Pour l’exercice 2024/2025 (1er novembre 2024 au 31 octobre 2025), selon les tous derniers chiffres du Seto les tour-opérateurs français enregistrent un recul de près de 15% en nombre de clients.
Et la chute se poursuit cet hiver -29,8% pour les réservations réalisées avant le 31 décembre pour la période 2025-2026), avant même les soubresauts liés au Groenland.
Bien sûr, on peut invoquer le renchérissement du coût des voyages. Mais l’explication paraît incomplète.
Comme le résume une candidate au départ citée par Ouest-France : "J’adore les États-Unis, ses grands espaces, l’ambiance des villes et la culture américaine… Et je comptais bien faire découvrir New York à mes enfants, mais plus question d’y aller pour l’instant."
L’Europe de l’Ouest est particulièrement concernée. Trois marchés clés pour la destination affichent un net repli : la France (-5,9 % en décembre), le Royaume-Uni (-4,1 %) et l’Allemagne (-7,3 %), une tendance confirmée sur l’ensemble de l’année.
Pour l’exercice 2024/2025 (1er novembre 2024 au 31 octobre 2025), selon les tous derniers chiffres du Seto les tour-opérateurs français enregistrent un recul de près de 15% en nombre de clients.
Et la chute se poursuit cet hiver -29,8% pour les réservations réalisées avant le 31 décembre pour la période 2025-2026), avant même les soubresauts liés au Groenland.
Bien sûr, on peut invoquer le renchérissement du coût des voyages. Mais l’explication paraît incomplète.
Comme le résume une candidate au départ citée par Ouest-France : "J’adore les États-Unis, ses grands espaces, l’ambiance des villes et la culture américaine… Et je comptais bien faire découvrir New York à mes enfants, mais plus question d’y aller pour l’instant."
Un message d'accueil brouillé
En cause, un climat devenu dissuasif. Exigences renforcées pour les voyageurs exemptés de visa, demandes étendues d’informations personnelles, hausse ciblée des droits d’entrée dans les parcs nationaux pour les visiteurs étrangers au nom de la "priorité aux Américains"…
Et cette situation ne risque pas de s’arranger avec les décisions et déclarations du gouvernement Trump de plus en plus ouvertement hostiles aux partenaires européens : restrictions visant des responsables politiques, pressions commerciales, menaces sur les vins et champagnes français.
Difficile, dans ce contexte, d’y voir un message d’accueil.
Évidemment, le désir d’Amérique peut rester plus fort que tout. On a aussi le droit d’être indifférent à la politique de Donald Trump.
Mais on comprend que, pour beaucoup de voyageurs, il existe aujourd’hui suffisamment d’alternatives dans le monde pour choisir de décaler un séjour aux États-Unis.
Comment les blâmer ?
Et cette situation ne risque pas de s’arranger avec les décisions et déclarations du gouvernement Trump de plus en plus ouvertement hostiles aux partenaires européens : restrictions visant des responsables politiques, pressions commerciales, menaces sur les vins et champagnes français.
Difficile, dans ce contexte, d’y voir un message d’accueil.
Évidemment, le désir d’Amérique peut rester plus fort que tout. On a aussi le droit d’être indifférent à la politique de Donald Trump.
Mais on comprend que, pour beaucoup de voyageurs, il existe aujourd’hui suffisamment d’alternatives dans le monde pour choisir de décaler un séjour aux États-Unis.
Comment les blâmer ?






Publié par Laurent Guéna 















