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FUTUROSCOPIE - I. "A"... comme Anxiété et éco-anxiété 🔑

Nouvelle série sur les tendances 2022 : des mots et des maux



Afin de vous éclairer sur les humeurs de vos clients, sur celles du monde et sur l’avenir de vos métiers, Josette Sicsic pour Futuroscopie et Jean Daluz pour TourMaG.com ont choisi de décrypter tous les jours pendant ce mois de janvier, les mots, les faits, les événements passés reflétant un changement capable d’influencer le secteur du tourisme. De A comme Anxiété à W comme Woke, en passant par C comme Croisières, T comme télétravail ou R comme recrutement, c’est parti ! Voici, nos analyses, qui seront réunies dans un E-book récapitulatif.


Rédigé par le Lundi 3 Janvier 2022

Connaissez-vous le terme de « solastalgie » ? Il renvoie à la douleur de perdre son habitat, son refuge, son lieu de réconfort, donc ses lieux de vacances où qu’ils soient… - DR : DepositPhotos.com, eldarnurkovic
Connaissez-vous le terme de « solastalgie » ? Il renvoie à la douleur de perdre son habitat, son refuge, son lieu de réconfort, donc ses lieux de vacances où qu’ils soient… - DR : DepositPhotos.com, eldarnurkovic
On connaissait l’anxiété et la propension des Français à consommer les plus fortes quantités d’anxiolytiques du monde.

On connaissait bien entendu le stress et les demandes grandissantes de détente, relaxation, décompression qui ont contribué à développer une industrie du bien-être de plus en plus diverse et sophistiquée.

On connaissait aussi depuis les confinements liés à la pandémie les troubles dépressifs des jeunes assignés à résidence, privés de sociabilité, condamnés à des liens virtuels. Ceux-ci auraient doublé.

On connaissait enfin la théorie selon laquelle l’angoisse existentielle provient de l’arrachement de l’homme à son milieu originel : la nature.

D’où la nécessité de reverdir les villes, les appartements, randonner, nager, faire de l’exercice dans un environnement naturel permettant la reconnexion des humains avec un monde d’avant le monde, encore préservé des nuisances industrielles et urbaines.

L'éco-anxiété, une forme d’anxiété toute particulière

Très répandue dans les années soixante parmi les mouvements hippies, cette exigence de retour à la simplicité et l’authenticité de l’état de nature a largement inspiré tout un courant littéraire américain né dès le dix-neuvième siècle, au sein duquel H.D Thoreau a publié son œuvre maitresse « Walden ou la vie dans les bois », devenue aujourd’hui un best-seller.

Et que dire, en son temps, du « De natura rerum » de Lucrèce qui fut aussi un succès parmi les lettrés ?

Quant aux romantiques, ne distillaient-ils pas leur spleen sous les ombrages et les feuillages des forêts et des jardins ?

Mais, parmi ces maux d’autant plus endémiques que nos sociétés contemporaines ont fait le choix de la vitesse, de la compétition et de l’irresponsabilité, il est un nouveau venu. Un terme qui s’est aussi rapidement répandu dans le vocabulaire que dans les esprits.

Il s’agit du terme d’éco-anxiété.

Une forme d’anxiété toute particulière
générée par le spectacle d’un monde en plein délitement, ruiné par les catastrophes climatiques, les incendies, les ouragans, les inondations, les éboulements sans compter l’extinction de la bio diversité : ses oiseaux, ses insectes, ses animaux et sa flore pilonnée par les pesticides et autres ennemis bactériologiques.

Les jeunes sont les plus affectés

Le pire étant que ce sont les jeunes qui souffrent le plus de ce nouveau mal.

Selon l’étude la plus importante jamais réalisée, publiée dans la revue The Lancet, trois quarts des jeunes de 16 à 25 ans interrogés dans 10 pays jugent l'avenir « effrayant », et près de la moitié (46%) affirme même que l'éco-anxiété affecte leur vie au quotidien.

En France, ils sont 74% dans ce cas
. Aux Etats-Unis, un peu moins : 68%. Mais, au Brésil ce taux s’envole à 86%.

En fait, c’est plutôt dans les pays du nord comme la Finlande que la souffrance est moindre : 54%. Pour autant, elle existe. Et cela n’a rien de rassurant pour un pays qui pourtant fait des efforts et se mobilise.

Autre alerte : l’étude révèle que plus de la moitié des jeunes sondés ont déclaré avoir ressenti de la peur, de la tristesse, de l'anxiété, de la colère, de l'impuissance et/ou de la culpabilité à l’égard de la cause climatique.

55% des jeunes ont même estimé qu’ils auront moins d'opportunités que leurs parents au même âge, et 48% de ceux qui ont dit avoir évoqué le sujet se sont sentis ignorés ou rejetés !

La « solastalgie » pour soigner l’éco anxiété

Regarder ailleurs quand de telles études paraissent et continuer à imaginer qu’en plantant quelques arbres, le monde retrouvera son énergie et sa beauté, constitue donc plus qu’une erreur.

Il s’agit d’une sorte de crime tuant à la fois le vivant dans son ensemble mais aussi les espoirs des jeunes générations totalement effarées par le drame dont elles sont les témoins.

Ce qui m’amène à souligner le succès d’une autre expression : la « solastalgie » qui traduit pour sa part une réelle douleur psychique due à la dégradation du système Terre. 

Composée de deux mots : « solace » (consolation) et « algie » (douleur), cette discipline s’intéresse aux troubles causés par l’ambiance anxiogène et la mauvaise santé de la planète et accompagne les patients jusqu’au deuil de la fin d’un monde vers un nouveau monde.  

« Les personnes atteintes de « solastalgie » ne regardent plus ailleurs, explique une thérapeute. Elles sont dans un processus de prise de conscience par rapport à l’état de la planète qui les impacte psychologiquement ».

La « solastalgie » renvoie donc à la douleur de perdre son habitat, son refuge, son lieu de réconfort, donc ses lieux de vacances où qu’ils soient, sur le littoral, à la campagne, en montagne…

En faut-il plus pour convaincre les acteurs du tourisme d’unir leurs efforts pour tendre vers un seul but : protéger la beauté du monde et de sa nature ?

D’autant qu’ il est évident que le combat de Greta Thunberg seul n’y suffira pas.

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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