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FUTUROSCOPIE - Tendances 2022 : R... comme Réparation de soi et de la planète 🔑

« Des signaux, des mots et des maux »



Pour vous éclairer sur l’année à venir, Futuroscopie et TourMaG.com ont choisi une trentaine de mots caractéristiques de l’année passée. On pourrait bel et bien parler de tendances… De "A" comme Anxiété à "W" comme Woke, en passant par "C" comme Croisières, "T" comme télétravail ou "R" comme recrutement, c’est parti ! Voici, nos analyses, qui seront réunies dans un E-book récapitulatif.


Rédigé par le Lundi 24 Janvier 2022

Les nouvelles générations, sensibilisées à la cause environnementale et mieux formées pour la défendre, considèrent qu’elles ont un devoir de réparation. Réparation des dégâts dont elles considèrent leurs parents responsables - DR : DepositPhotos.com, AntonMatyukha
Les nouvelles générations, sensibilisées à la cause environnementale et mieux formées pour la défendre, considèrent qu’elles ont un devoir de réparation. Réparation des dégâts dont elles considèrent leurs parents responsables - DR : DepositPhotos.com, AntonMatyukha
Accélérée et amplifiée par la pandémie, la sensibilité environnementale est désormais à son plus haut niveau.

D’où la ruée de nombreuses destinations vers l’obtention de labels écologiques garantissant leurs efforts en matière de responsabilité.

Tandis que quelques-unes prennent résolument des mesures de « démarketing » afin de se protéger du tourisme de masse, si médiatisé, désigné souvent à raison comme l’ennemi numéro 1 d’un tourisme de qualité.

Parallèlement à ces démarches de réparation de notre planète, l’humanité cherche aussi à « réparer » sa santé physique et mentale.

On est donc bel et bien entrés dans une phase duale de la modernité, celle que l’on peut appeler « éco modernité ».

L'« éco modernité », ou la phase duale de la modernité

Le reportage sur la réouverture de la plage de Maya Bay en Thaïlande à un tourisme très limité, fait probablement plus pour le développement d’un tourisme durable que n’importe quel discours sur le sujet.

En quelques images, cette plage paradisiaque envahie il y a peu par des hordes de touristes (quelque 10 000 par jour) jetés sur son rivage par des bateaux à moteur peu soucieux de respect de l’environnement, a prouvé l’efficacité de sa mise sous cloche.

Fermée pendant 3 ans, elle a permis à sa faune et flore sous-marines en particulier de retrouver des couleurs.


Tirant des leçons de l’histoire, les autorités thaïlandaises qui ont rouvert la plage depuis le 1er janvier 2022, ont donc posé leurs conditions.

Tout d'abord, les bateaux ne peuvent plus entrer dans la zone, et doivent déposer leurs passagers sur une jetée à l'arrière de l'île, loin de la célèbre crique. Seuls les speedboats - huit maximum - sont autorisés à débarquer 300 personnes pour des visites réduites à une heure entre 10 heures et 16 heures !

Spectaculaire mais loin d’être unique, cette initiative n’est pas sans rappeler la fermeture de l’une des calanques de Cassis, les efforts des parcs naturels pour gérer les flux de visiteurs, tandis que la section australienne du WWF se bat pour sauver la grande barrière de corail, cette icône de la richesse sous-marine, fortement attaquée par la construction de ports, les processus de dragage et déversement des déchets… ou qu’un parc naturel du Wyoming incite ses visiteurs à ne poster aucune photo et à ne pas se localiser sur les réseaux sociaux !

La diversité de la mécanique de la réparation

Suivant la prise de conscience et passée la révolte, la mécanique de la réparation se manifeste de multiples façons pour le grand public : soit par un vote écologiste, soit par une adhésion à une ONG ayant pignon sur rue ou à une association locale militante et agissant énergiquement contre les dégradations de la biodiversité.

Alliant le geste à la parole, ces associations regroupent aujourd’hui des millions de personnes dans le monde.

En France, selon un arrêté de 2021, elles sont 54 mais chacune compte des milliers d’associations comme France Nature Environnement qui en compte 6 000, éparpillées sur tout le territoire.

Tandis que le WWF seul, créé en 1973, installé dans 100 pays, compte à titre d’exemple, 6 millions de membres.

Plus rares, mais de plus en plus nombreux donc visibles, ceux qui choisissent de changer de vie.

On les a souvent évoqués. Le phénomène n’est pas nouveau. Mais, il s’amplifie sous l’effet de la pandémie et, comme l’explique le sociologue Jean-Didier Urbain dans un entretien récent sur Futuroscopie, ces migrations sont aujourd’hui concrètes et visibles.

Faits de jeunes urbains, elles sont devenues d’autant plus nombreuses que le développement du télétravail les rend possibles.

Et puis, entrant dans le même mécanisme, il y a bien entendu les grandes échéances nationales et internationales obligeant les États, les collectivités, les entreprises à suivre les principales feuilles de route de la transition écologique.

Les générations Y et Z concernées par la réparation

Fers de lance de nombreuses démarches de réparation, les nouvelles générations, sensibilisées à la cause environnementale et mieux formées pour la défendre, considèrent qu’elles ont un devoir de réparation. Réparation des dégâts dont elles considèrent leurs parents responsables.

Il faut dire que les « boomers » n’ont pas toujours été OK en matière d’écologie
et s’ils le deviennent aujourd’hui, ils restent moins offensifs qu’ils le devraient.

Égoïsme générationnel ? En partie.

A moins qu’ils ne se sentent pas non plus suffisamment compétents pour agir dans le bon sens et que l’heure de créer des start-ups soit passée pour eux.

Hybridité de la réparation : cela s’appelle l’écomodernité

Mais, la grande nouveauté de nos années de pandémie consiste dans l’hybridité de la notion de réparation.

Outre la planète, on a à cœur de « réparer » sa santé personnelle physique et mentale via beaucoup de gestes supposés écologiques : manger bio en circuits courts, consommer des produits de bien-être, des séances de spa et de balnéothérapie mais aussi séances de yoga, de la méditation et autres disciplines…

Autant de produits qui permettent à l’offre touristique de wellness de se renouveler.

… Sans compter enfin la nécessaire réparation de sa bicyclette et son aspirateur ou des jouets de ses enfants.

On est aujourd’hui bel et bien responsable de soi et responsable de l’état de la planète via toutes sortes de gestes de « réparation » et de récupération.

On est donc bien entré dans une modernité duale et pour une fois non paradoxale, celle qui après la modernité, la post modernité, l’hyper modernité pourrait s’appeler « l’éco modernité » !

Aux opérateurs touristiques : hôteliers, hébergeurs, transporteurs, voyagistes de ne pas l’oublier !

Les 4 étapes de la modernité

- Années 50 à 70 : modernité, soit une consommation d’objets utilitaires. On s’équipe.

- Années 80 : post modernité, on affiche son statut social à travers sa consommation.

- Années 2000 : hyper modernité, on prend soin de sa santé physique et mentale dans sa consommation.

- Années 2020 et plus : éco modernité : on se soigne toujours et on soigne la planète en même temps dans tous les moments de sa vie.

Josette Sicsic - DR
Josette Sicsic - DR
Journaliste, consultante, conférencière, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin d’en analyser les conséquences sur le secteur du tourisme.

Après avoir développé pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de l’actualité où elle décode le présent pour prévoir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.

Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com

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