logo TourMaG  




Farnborough Airshow 2022 : B737Max, dĂ©carbonation, commandes... quel bilan post-covid ? 🔑

Bilan du salon de Farnborough


PrĂ©cĂ©dant celui du Bourget en 2023, le salon Farnborough Airshow 2022 s’est tenu la semaine derniĂšre dans le sud de l’Angleterre avec son lot d’annonces ! Retour du match Airbus - Boeing, et marche en avant vers la dĂ©carbonation, voici le bilan du 1er grand salon aĂ©ronautique post-covid.


Rédigé par le Mercredi 27 Juillet 2022 à 23:45

Le salon Farnborough Airshow 2022 s’est tenu la semaine derniùre dans le sud de l’Angleterre la semaine derniùre - DR
Le salon Farnborough Airshow 2022 s’est tenu la semaine derniùre dans le sud de l’Angleterre la semaine derniùre - DR
Pour un premier trĂšs grand salon de l’industrie aĂ©ronautique (celui de DubaĂŻ Ă©tant de moindre ampleur) aprĂšs la crise sanitaire, nous sommes plutĂŽt tentĂ©s de voir le verre Ă  moitiĂ© plein plutĂŽt qu'Ă  moitiĂ© vide.

Et pourtant, le niveau de commandes pourrait paraĂźtre plutĂŽt modeste.

Au compteur, un peu plus de 50 milliards de contrat et options d’achats d’appareils. On est donc loin des 192 milliards de l’édition de 2018, dernier moment d’euphorie, avant le choc sans prĂ©cĂ©dent du Covid.

Cependant, rapportĂ© au montant des pertes de l’industrie aĂ©ronautique au plus fort de la crise - de l’ordre de 230 milliards de dollars*, - ce chiffre, constitue une excellente raison de se satisfaire quand mĂȘme de cette Ă©dition 2022 post-Covid.


Avantage Ă  Boeing

A chaque salon, que ce soit celui de Farnborough ou du Bourget, on observe le traditionnel mach entre les deux géants que sont Airbus et Boeing.

Cette annĂ©e, le constructeur amĂ©ricain l’emporte, avec 297 commandes contre 85 pour Airbus.

Une nette victoire mais il faut rappeler les trĂšs grosses commandes engrangĂ©es par Airbus quelques mois avant : celle de l’Australienne Qantas avec 134 Airbus pour remplacer ses Boeing 737, celle d’Air France portant sur 160 appareils de la famille 320/321 et, enfin, quelques semaines avant le salon, une mĂ©ga commande de compagnies chinoises portant sur 292 A320neo.

De quoi, pour l’avionneur europĂ©en se consoler du « petit » score de Farnborough, d’autant plus qu’à l’heure oĂč nous Ă©crivons ces lignes, on apprend l’annonce par la compagnie allemande Condor Flugdienst, d’un accord portant sur 41 appareils A320neo, en location et en achat direct.

Les deux grands reprennent donc leur compĂ©tition, sans partage, pour fournir aux compagnies aĂ©riennes du monde entier, et pour les 20 ans Ă  venir, le double du nombre d’avions en service actuellement.

En effet et selon le Groupe Airbus et d’ici 2041, le besoin est estimĂ© Ă  39 490 avions passagers et cargo neufs, contre 22 880 en 2020.

737 MAX un fragile retour en grĂące

Boeing 737 MAX. Photo : Boeing
Boeing 737 MAX. Photo : Boeing
Outre un nombre de commandes satisfaisant, Boeing peut également se réjouir du succÚs de son B737 MAX auprÚs des compagnies.

Ce modĂšle, interdit de vol pendant 20 mois aprĂšs deux accidents ayant fait 346 morts, a pu reprendre les airs fin 2020.

L’amĂ©ricaine Delta et la japonaise ANA, avec des commandes respectives pour 100 et 25 appareils contribuent Ă  rĂ©habiliter cet appareil un temps maudit.

Le fonds américain 777 Partners a lui aussi passé une commande d'un maximum de 66 Boeing 737 MAX, soit quelque 8 milliards de dollars au prix catalogue, et destinés aux compagnies low cost.

Enfin Qatar Airways et son patron Akbar Al Baker, privĂ© par Airbus d’un contrat de 50 A320nĂ©o pour la colĂšre de trop et le litige sur la peinture des A350, a dĂ» se rabattre sur le 737 MAX 10, en confirmant un achat de 25 appareils.

Cependant et mĂȘme si l’avion retrouve la confiance des opĂ©rateurs, Boeing n’est pas tout Ă  fait serein quant Ă  son avenir et, en particulier, la version MAX 10.

En effet, depuis sa re-certification, l’avion a connu une soixantaine de problĂšmes recensĂ©s rĂ©cemment par la chaine ABC (Australian Broadcasting Corporation) qui a publiĂ© une enquĂȘte assez Ă©tayĂ©e sur ce sujet.

Conséquence, le DOT américain (Department Of Transports ) va entreprendre un audit complet de la supervision de la production de Boeing.

Concernant aussi l’arrivĂ©e sur le marchĂ© du futur B737 MAX 10 (ceux commandĂ©s par Qatar), si la certification de ce nouveau modĂšle n’est pas obtenue avant le 31 dĂ©cembre 2022, le programme pourrait ĂȘtre purement et simplement abandonnĂ©.

En effet la nouvelle loi « Aircraft Safety and Certification Reform Act », va imposer que tout avion certifiĂ© aprĂšs le 31 dĂ©cembre 2022, se conforme aux derniĂšres rĂšglementations d’alerte des Ă©quipages, dont le fameux EICAS (Engine Indicating and Crew Alerting System) un systĂšme d’alarme permettant aux pilotes d’afficher les paramĂštres moteurs et d’identifier les anomalies.

Si la certification n’est pas obtenue Ă  cette date, l’ensemble du poste de pilotage de l’avion devra ĂȘtre repensĂ© et le patron de Boeing ne cache pas qu’il pourrait alors abandonner dĂ©finitivement le programme.

Pour Airbus, moins de problĂšmes Ă  l’horizon si ce n’est de pouvoir suivre la cadence de production qui s’accĂ©lĂšre.

« Le gros sujet pour Airbus aujourd’hui, c’est moins d’augmenter la taille du carnet de commandes que de pouvoir livrer les avions» a rĂ©cemment dĂ©clarĂ© Guillaume Faury, le PrĂ©sident exĂ©cutif d’Airbus.

La « FĂ©e dĂ©carbonation » invitĂ©e d’honneur de Farnborough

InvitĂ©e permanente dorĂ©navant de toutes les grandes manifestations rĂ©unissant les constructeurs, la dĂ©carbonation Ă©tait omniprĂ©sente avec une multitude d’annonces et de projets.

Poussant les grandes compagnies en quĂȘte de respectabilitĂ© environnementale Ă  se dĂ©barrasser au plus vite de leurs avions les plus polluants, la « fĂ©e dĂ©carbonation » qui booste les commandes d’avions neufs et moins gourmands, fait aussi Ă©merger des projets tous azimuts et dont le salon de Farnborough s’est fait l’écho.

Les motoristes continuent leurs recherches pour grignoter Ă  court terme encore quelques pourcentages de rĂ©duction de CO2 et, Ă  plus long terme, dĂ©velopper des moteurs hybrides utilisant l’électricitĂ©.

Pratt et Whitney proposera en 2024 un nouveau moteur plus économique, le « GTF adventage » qui pourra dÚs 2024 propulser les A320 et A321neo.

Rolls Royce, quant Ă  lui, a communiquĂ© sur ses objectifs Ă  2030 et au-delĂ , en annonçant la construction d’un trĂšs gros dĂ©monstrateur : "l’ultraFan".

ArrimĂ© Ă  l’aile d’un Boeing 747, il va permettre de pouvoir dĂ©velopper dans les 10 ans qui viennent, un moteur d’une puissance inĂ©galĂ©e, avec de nouveaux matĂ©riaux composites et un nouveau gain de rĂ©duction de la consommation de 10%.

Durant le salon, Rolls Royce a également annoncé un partenariat avec EasyJet, avec le projet "H2ZERO". L'objectif est de développer la technologie des moteurs à combustion à hydrogÚne pour équiper les avions monocouloirs à partir de 2030.

Airbus et CFM prévoient de remettre en service un A380 modifié pour tester en vol l'architecture de pointe de moteur "open fan" développée par CFM. L'architecture innovante d'un tel moteur aurait le potentiel de diminuer les émissions de CO2 de 20% par rapport aux solutions actuelles et acceptera à 100% le SAF, le carburant d'aviation durable.

L'avionneur europĂ©en et sept compagnies aĂ©riennes ont Ă©galement conclu un partenariat avec la firme 1PointFive qui entame au Texas la construction du plus grand site de captage et de stockage de CO2 du monde et dont TourMaG s’est fait l’écho rĂ©cemment.

Boeing n’est pas en reste et a dĂ©voilĂ© « Cascade », un outil de modĂ©lisation qui permettra d’évaluer les solutions Ă©mergentes d’une stratĂ©gie qui repose sur quatre piliers : le renouvellement des flottes, les carburants durables, la propulsion (hydrogĂšne et Ă©lectricitĂ©) et enfin l’amĂ©lioration de l'efficacitĂ© opĂ©rationnelle.

Cascade permettra Ă  Boeing et Ă  ses partenaires de crĂ©er des modĂšles dĂ©taillĂ©s intĂ©grant ces quatre piliers permettant aux compagnies aĂ©riennes d’opter pour de nouveaux avions ou la rĂ©alisation de changements opĂ©rationnels.

Des salons de plus en plus passionnants

Des avions aux formes curieuses
Des avions aux formes curieuses
Le salon de Farnborough aura été le premier grand rendez-vous avec une telle place réservée à la décarbonation du secteur et à propos de laquelle chacun des acteurs, compagnies, motoristes, constructeurs veulent communiquer pour faire évoluer leur image.

Encore pour l’instant sur de beaux papiers glacĂ©s des dossiers de presse, Ă©merge une flotte hĂ©tĂ©roclite d’avions aux formes curieuses, propulsĂ©s on ne sait trop comment et promis pour les dĂ©cennies Ă  venir.

Tous ne sortiront pas des cartons mais pas de doutes, la révolution de la décarbonation est vraiment en marche, et les salons des vingt prochaines années seront de plus en plus passionnants.


* Etude cabinet MacKinsey&Company « Taking stock of the pandemic’s impact on global aviation »

Lu 2818 fois

Notez

Nouveau commentaire :

Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitÎt supprimés par le modérateur.
Signaler un abus








































TourMaG.com
  • Instagram
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • LinkedIn
  • GooglePlay
  • appstore
  • Google News
  • Bing Actus
  • Actus sur WhatsApp
 
Site certifié ACPM, le tiers de confiance - la valeur des médias