Des voyages qui répondent "aux besoins profonds de nos sociétés urbaines" selon Yannick Briand (Horizon Boréal) - Depositphotos
Tout comme François Lévêque, Yannick Briand a eu plusieurs vies professionnelles.
Dans sa première, il a été à l'origine de la création du groupe Altaï, devenu depuis peu Atalante et racheté en avril 2026 par l'australien Intrepid. Il en a dirigé différentes marques, comme Huwans et 66° Nord.
Puis, il y a trois ans, il décide de prendre de la hauteur.
Il quitte la direction, puis la présidence du groupe, dont il vend ses parts. Il passe, du jour au lendemain, d'une vie professionnelle frénétique au silence du téléphone et de la boîte mail.
Mais malgré le chèque empoché, pas question de prendre sa retraite.
Il donne des cours à l'IAE de Savoie Mont Blanc, aux étudiants du master en management du tourisme durable, intervient lors de conférences pour les entrepreneurs et s'accorde du temps pour lui et ses voyages.
Mais, il se rend compte que quelque chose lui manque.
"Après trois ans, le bilan est que ma passion reste intacte, à la fois pour l'entrepreneuriat et pour cet univers du voyage d'aventure.
Je suis un voyageur dans l'âme. Moi, j'ai commencé comme guide accompagnateur, j'ai donc fait ça toute ma vie. Pour tout vous dire, quand j'ai quitté Altaï, je suis parti trois mois en Norvège.
J'avais envie de repartir sur un projet et des territoires qui sont chers à mon cœur", nous confie Yannick Briand, le cofondateur d'Horizon Boréal.
Dans sa première, il a été à l'origine de la création du groupe Altaï, devenu depuis peu Atalante et racheté en avril 2026 par l'australien Intrepid. Il en a dirigé différentes marques, comme Huwans et 66° Nord.
Puis, il y a trois ans, il décide de prendre de la hauteur.
Il quitte la direction, puis la présidence du groupe, dont il vend ses parts. Il passe, du jour au lendemain, d'une vie professionnelle frénétique au silence du téléphone et de la boîte mail.
Mais malgré le chèque empoché, pas question de prendre sa retraite.
Il donne des cours à l'IAE de Savoie Mont Blanc, aux étudiants du master en management du tourisme durable, intervient lors de conférences pour les entrepreneurs et s'accorde du temps pour lui et ses voyages.
Mais, il se rend compte que quelque chose lui manque.
"Après trois ans, le bilan est que ma passion reste intacte, à la fois pour l'entrepreneuriat et pour cet univers du voyage d'aventure.
Je suis un voyageur dans l'âme. Moi, j'ai commencé comme guide accompagnateur, j'ai donc fait ça toute ma vie. Pour tout vous dire, quand j'ai quitté Altaï, je suis parti trois mois en Norvège.
J'avais envie de repartir sur un projet et des territoires qui sont chers à mon cœur", nous confie Yannick Briand, le cofondateur d'Horizon Boréal.
Horizon Boréal : une "connaissance intime des territoires" du Grand Nord
"J'aime transmettre, faire découvrir. Ne vivre que pour moi ne me suffit pas", nous confie-t-il.
L'agence propose des voyages d'aventure sur mesure et en petits groupes vers la Norvège, l'Islande, la Finlande, le Groenland, le Spitzberg et la Suède. Ils sont trois à faire partie du projet.
Nous retrouvons Soizic Baldacchino à la direction commerciale et Olivier Nau à la direction des projets. Comme l'ancien dirigeant du groupe Altaï, ils sont installés en Savoie et sont passés par 66° Nord.
"Nous habitons tous les trois au même endroit, nous faisons du ski de randonnée et nous sommes habités par la même passion.
Le projet est venu en discutant. Au fil du temps, nous nous sommes rendu compte que nous avions envie de replonger dedans. Et nous nous sommes dit que c'était le moment de le faire tous les trois.
Nous avons plus de 25 ans d'expérience dans le secteur, nous apportons donc tout le réseau que nous avons constitué au fil du temps, du petit hébergeur en Finlande au guide au Groenland. Nous connaissons chaque personne individuellement.
Cette connaissance intime de ces territoires nous permet de garantir à nos futurs clients cette proximité et la qualité du service assuré par les gens qui prendront le relais sur place", explique Yannick Briand en revenant sur la genèse du projet.
Après quelques mois de maturation, Horizon Boréal a donc pris forme. Son site internet est en ligne depuis début octobre 2026.
Sur la plateforme, les internautes vont retrouver deux types de voyages d'aventure exclusivement axés sur les destinations du Grand Nord, à l'exclusion de l'Amérique du Nord.
D'un côté, les séjours sur mesure et de l'autre, des minigroupes de seulement 10 voyageurs au maximum.
Horizon Boréal : "Nous sommes sur des produits et des territoires de niche"
Les premiers groupes partiront en mars, tandis que des demandes de voyages individuels sont déjà arrivées sur les bureaux de la petite équipe.
"Nous sommes sur des produits et des territoires de niche. Nous avons préféré nous concentrer sur des séjours plus intimes, proposer une expérience plus artisanale et aussi un peu plus haut de gamme.
Nous aurions pu programmer la Scandinavie et les régions polaires dans des voyages grand public. Ce n'est pas le choix que nous avons fait, parce que d'autres le font très bien et que cela ne nous ressemble pas.
Nous sommes vraiment sur du cousu-main. En tant que passionnés, nous voulons transmettre cette passion à nos clients", nous détaille le cofondateur de l'agence.
Ainsi, pas de découverte du village du père Noël, mais des séjours autour de la randonnée, des balades en raquettes, des sorties en ski de randonnée ou nordique.
Pour mener à bien ces séjours, il a fallu trouver les guides et les équipes locales à même de partager et de transmettre cette passion qui colle aux fondateurs d'Horizon Boréal.
"Nos guides expérimentés sont la pierre angulaire de la réussite de nos voyages. Nous ne nous appuyons pas sur un réceptif.
Nous travaillons avec un réseau de prestataires d'hébergement que nous connaissons. En fonction de ce que nous voulons faire vivre, nous dénichons des personnes et des professionnels", nous explique-t-il.
À chaque séjour, l'activité sportive est centrale dans le programme. La nature ne sert pas seulement de décor, elle est l'autre moteur du séjour. Elle doit permettre la déconnexion bien souvent recherchée par les voyageurs.
Il faut bien se le dire, depuis maintenant quelques années, le voyage d'aventure est sorti de sa niche pour se faire une place importante dans l'industrie touristique.
"Nous sommes sur des produits et des territoires de niche. Nous avons préféré nous concentrer sur des séjours plus intimes, proposer une expérience plus artisanale et aussi un peu plus haut de gamme.
Nous aurions pu programmer la Scandinavie et les régions polaires dans des voyages grand public. Ce n'est pas le choix que nous avons fait, parce que d'autres le font très bien et que cela ne nous ressemble pas.
Nous sommes vraiment sur du cousu-main. En tant que passionnés, nous voulons transmettre cette passion à nos clients", nous détaille le cofondateur de l'agence.
Ainsi, pas de découverte du village du père Noël, mais des séjours autour de la randonnée, des balades en raquettes, des sorties en ski de randonnée ou nordique.
Pour mener à bien ces séjours, il a fallu trouver les guides et les équipes locales à même de partager et de transmettre cette passion qui colle aux fondateurs d'Horizon Boréal.
"Nos guides expérimentés sont la pierre angulaire de la réussite de nos voyages. Nous ne nous appuyons pas sur un réceptif.
Nous travaillons avec un réseau de prestataires d'hébergement que nous connaissons. En fonction de ce que nous voulons faire vivre, nous dénichons des personnes et des professionnels", nous explique-t-il.
À chaque séjour, l'activité sportive est centrale dans le programme. La nature ne sert pas seulement de décor, elle est l'autre moteur du séjour. Elle doit permettre la déconnexion bien souvent recherchée par les voyageurs.
Il faut bien se le dire, depuis maintenant quelques années, le voyage d'aventure est sorti de sa niche pour se faire une place importante dans l'industrie touristique.
Des voyages qui répondent "aux besoins profonds de nos sociétés urbaines"
"Ce n'est pas le job de patron qui me manquait, mais la relation client" explqiue Yannick Briand - DR
"J'interviens à l'université et les étudiants pensent que c'est une tendance nouvelle, alors que l'attrait pour cette forme de voyage est relativement ancien.
Par contre, son essor date des années 2010-2015. Depuis, ce marché est arrivé à maturité. Il n'y a pas de forte croissance, car ce sont des produits onéreux.
Malgré tout, je reste persuadé que cette forme de voyage correspond de plus en plus aux besoins profonds de nos sociétés urbaines.
Ces grands territoires du Nord sont peu peuplés. Ils offrent cette reconnexion à la nature et permettent de vivre une expérience qu'on ne peut vivre nulle part ailleurs", estime-t-il.
Et pour distribuer sa petite production, Horizon Boréal va donc s'appuyer sur son propre canal, à savoir son site internet.
Elle entend aussi pourquoi pas nouer, dans un second temps et si la demande est là, des partenariats avec des agences de voyages.
Celles-ci devront alors apprendre à connaître les produits et bien cerner les attentes et les capacités de leurs voyageurs, pour ne pas faire fausse route en les envoyant dans ces destinations singulières qui nécessitent un minimum de condition physique.
Et après avoir fait d'Altaï la success story que nous connaissons, ce changement d'échelle, n'est-ce pas trop difficile à accepter ?
"On n'est pas obligé de prendre du plaisir seulement dans ce qui est grand.
Chez Altaï, nous avions près de 500 personnes, en comptant les guides à l'étranger. À ce niveau, le directeur général est plutôt un homme politique d'entreprise. Je m'occupais de la stratégie et veillais à ce que tout fonctionne, mais je n'étais plus dans l'opérationnel.
Il n'y a pas d'ego par rapport à la taille, nous partons de zéro, c'est un vrai challenge. Mes objectifs sont de mettre sur les rails ce projet et de donner à ceux qui me succéderont les moyens de poursuivre l'aventure.
Je ne me donne pas de limite de temps pour réussir ce projet", nous livre avec le sourire Yannick Briand.
Par contre, son essor date des années 2010-2015. Depuis, ce marché est arrivé à maturité. Il n'y a pas de forte croissance, car ce sont des produits onéreux.
Malgré tout, je reste persuadé que cette forme de voyage correspond de plus en plus aux besoins profonds de nos sociétés urbaines.
Ces grands territoires du Nord sont peu peuplés. Ils offrent cette reconnexion à la nature et permettent de vivre une expérience qu'on ne peut vivre nulle part ailleurs", estime-t-il.
Et pour distribuer sa petite production, Horizon Boréal va donc s'appuyer sur son propre canal, à savoir son site internet.
Elle entend aussi pourquoi pas nouer, dans un second temps et si la demande est là, des partenariats avec des agences de voyages.
Celles-ci devront alors apprendre à connaître les produits et bien cerner les attentes et les capacités de leurs voyageurs, pour ne pas faire fausse route en les envoyant dans ces destinations singulières qui nécessitent un minimum de condition physique.
Et après avoir fait d'Altaï la success story que nous connaissons, ce changement d'échelle, n'est-ce pas trop difficile à accepter ?
"On n'est pas obligé de prendre du plaisir seulement dans ce qui est grand.
Chez Altaï, nous avions près de 500 personnes, en comptant les guides à l'étranger. À ce niveau, le directeur général est plutôt un homme politique d'entreprise. Je m'occupais de la stratégie et veillais à ce que tout fonctionne, mais je n'étais plus dans l'opérationnel.
Il n'y a pas d'ego par rapport à la taille, nous partons de zéro, c'est un vrai challenge. Mes objectifs sont de mettre sur les rails ce projet et de donner à ceux qui me succéderont les moyens de poursuivre l'aventure.
Je ne me donne pas de limite de temps pour réussir ce projet", nous livre avec le sourire Yannick Briand.
"Ce n'est pas le job de patron qui me manquait, mais la relation client"
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Un projet qui ressemble à celui de sa précédente vie professionnelle, avec des salariés qui sont tous passés, par la même entreprise.
"Nos objectifs ne sont pas les mêmes, entre Horizon Boréal et Atalante, notre offre est aussi très différente. Nous sommes à une autre échelle.
Les anciennes marques d'Altaï disparaissent à la faveur du rachat par Intrepid. Je connais son fondateur, Darrell Wade, c'est une personne que je respecte, tout comme tous ceux qui travaillent en France pour l'entreprise.
Ce groupe représente une réussite extraordinaire dans notre industrie. Nous ne sommes absolument pas concurrents", affirme le cofondateur d'Horizon Boréal.
L'entrepreneuriat ne se résume pas à bâtir, c'est aussi accepter que le chemin sera long pour gagner sa vie, assurer la pérennité de l'entreprise et la développer.
Il faut trouver l'envie de se battre pour arriver à ses fins, même après une si longue pause et un long mandat à la tête d'une entreprise employant plusieurs centaines de salariés.
"Quand je suis parti, j'ai pris du temps pour moi en voyageant, car j'avais beaucoup travaillé. J'ai consacré du temps aux autres, que ce soient les étudiants ou les entrepreneurs.
Ces trois ans m'ont appris que j'étais profondément attaché à ce métier. Ce n'est pas le job de patron qui me manquait, car il nous éloigne du client, mais bien la relation client.
J'ai aussi été challengé par les jeunes générations, par leur propre vision du monde, ce qui m'a permis de ne pas devenir obsolète," nous partage Yannick Briand.
Une parenthèse qui a donc regonflé à bloc l'envie de réussir de Yannick Briand et qui l'a conforté dans l'idée que l'humain va revenir au centre de tout, et notamment du voyage, dans une société où les écrans nous éloignent de l'essentiel.
L'IA n'est-elle pas une source de crainte pour une nouvelle agence de voyages ?
"Quand j'ai commencé, nous imprimions des brochures papier, puis est arrivée la première vague du digital au tournant des années 2000. À chaque fois, le secteur a rebondi.
Je ne suis pas inquiet par rapport aux évolutions technologiques. Nous devons nous focaliser sur l'expérience finale du client et notre valeur ajoutée.
Pour les acteurs plus grand public, il est légitime de se poser la question de la menace que représente l'IA, mais pour les entreprises qui ciblent une niche en apportant un service et une connaissance, j'ai la prétention de croire que tout le monde ne l'utilisera pas pour organiser ses prochains séjours", conclut-il.
"Nos objectifs ne sont pas les mêmes, entre Horizon Boréal et Atalante, notre offre est aussi très différente. Nous sommes à une autre échelle.
Les anciennes marques d'Altaï disparaissent à la faveur du rachat par Intrepid. Je connais son fondateur, Darrell Wade, c'est une personne que je respecte, tout comme tous ceux qui travaillent en France pour l'entreprise.
Ce groupe représente une réussite extraordinaire dans notre industrie. Nous ne sommes absolument pas concurrents", affirme le cofondateur d'Horizon Boréal.
L'entrepreneuriat ne se résume pas à bâtir, c'est aussi accepter que le chemin sera long pour gagner sa vie, assurer la pérennité de l'entreprise et la développer.
Il faut trouver l'envie de se battre pour arriver à ses fins, même après une si longue pause et un long mandat à la tête d'une entreprise employant plusieurs centaines de salariés.
"Quand je suis parti, j'ai pris du temps pour moi en voyageant, car j'avais beaucoup travaillé. J'ai consacré du temps aux autres, que ce soient les étudiants ou les entrepreneurs.
Ces trois ans m'ont appris que j'étais profondément attaché à ce métier. Ce n'est pas le job de patron qui me manquait, car il nous éloigne du client, mais bien la relation client.
J'ai aussi été challengé par les jeunes générations, par leur propre vision du monde, ce qui m'a permis de ne pas devenir obsolète," nous partage Yannick Briand.
Une parenthèse qui a donc regonflé à bloc l'envie de réussir de Yannick Briand et qui l'a conforté dans l'idée que l'humain va revenir au centre de tout, et notamment du voyage, dans une société où les écrans nous éloignent de l'essentiel.
L'IA n'est-elle pas une source de crainte pour une nouvelle agence de voyages ?
"Quand j'ai commencé, nous imprimions des brochures papier, puis est arrivée la première vague du digital au tournant des années 2000. À chaque fois, le secteur a rebondi.
Je ne suis pas inquiet par rapport aux évolutions technologiques. Nous devons nous focaliser sur l'expérience finale du client et notre valeur ajoutée.
Pour les acteurs plus grand public, il est légitime de se poser la question de la menace que représente l'IA, mais pour les entreprises qui ciblent une niche en apportant un service et une connaissance, j'ai la prétention de croire que tout le monde ne l'utilisera pas pour organiser ses prochains séjours", conclut-il.
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Publié par Romain Pommier 














