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IV - Enquête Egypte : mort sur le Nil pour les anciens ministres, lourdement condamnés



La chute de Hosni Moubarak a entraîné celle des « businessmen » proches de son clan. Mardi 7 juin dernier, l’Egypte a appelé les autorités judiciaires de quelque 120 pays à geler les avoirs d’anciens responsables et d’hommes d’affaires égyptiens.


Rédigé par Pascale Mougenot le Jeudi 9 Juin 2011

L’hôtel Ramsès Hilton, rebaptisé par Télérama ''l’hôtel des caméras brisées'' en raison de l’attitude agressive de la direction et du personnel pendant les évènements et l’immeuble abritant le siège de Moubarak, dissous depuis
L’hôtel Ramsès Hilton, rebaptisé par Télérama ''l’hôtel des caméras brisées'' en raison de l’attitude agressive de la direction et du personnel pendant les évènements et l’immeuble abritant le siège de Moubarak, dissous depuis
Mi-février, le gouvernement de transition interdisait à plusieurs caciques de l’ancien régime de quitter le pays et en plaçait quelques uns en détention provisoire.

Début mars, l’autorité de contrôle de la Bourse du Caire (EFSA) publiait une liste de personnalités dont les avoirs étaient gelés.

Au premier rang de celles-ci figuraient Hosni Moubarak et sa famille, Habib El-Adly, ancien ministre de l’intérieur, et Youssef Boutros-Ghali, ancien ministre des finances, respectivement condamnés depuis à 12 et 30 ans de prison, ainsi que deux hommes bien connus des professionnels français : Ahmed El-Maghrabi et Zoheir Garannah.

Ministre du tourisme depuis 2006, Zoheir Garranah a été un associé minoritaire de Tarot Tours Garranah, l’un des plus importants réceptifs d’Egypte, partenaire notamment de Fram, dirigé par son oncle Karim et en partie contrôlé (45%) par Orascom Hotels & Development (OHD).

Ahmed El-Maghrabi a pour sa part détenu successivement les portefeuilles du tourisme et du logement dans le précédent gouvernement.

Zoheir Garranah et Ahmed El-Maghrabi ont écopé de 5 ans de prison

Partenaire historique du groupe Accor, la famille El-Maghrabi a créé, avec ses cousins de Mansour Group, Mansour-Maghraby Investment and Development Company (MMID) en 1996.

Cette joint venture a donné naissance en 2005 à Palm Hills Development, l’une des plus importantes sociétés de promotion immobilière d’Egypte, et contrôle 60% de la holding Macor (hôtels Novotel Sixth of October et Sharm el Sheikh, Mercure Ismailia et Accor Company Hotels, la société de gestion).

En mai, Zoheir Garranah et Ahmed El-Maghrabi ont écopé de cinq ans de prison chacun pour « détournement de fonds publics et corruption ». Il leur est en particulier reproché d’avoir vendu des terrains de l’Etat sans passer par le système des enchères, obligatoire d’après la loi, et à des prix inférieurs au marché.

Directement concernés : les lotissements de luxe des villes nouvelles cernant le Caire et les stations balnéaires créées ex-nihilo sur la côte méditerranéenne.

Terrains vendus à bas prix en échange de leur valorisation

Le système n’est pourtant pas nouveau : depuis une vingtaine d’années, des terrains sont vendus à prix très bas en échange de leur valorisation.

Un observateur estime que le gouvernement de transition a voulu faire « des exemples » pour satisfaire la rue, houleuse. Et les accusés se défendent en expliquant que tel était le système voulu par Moubarak …

Ministre-promoteur, El Maghrabi aurait néanmoins fait profiter Palm Hills Development de passe-droits. En 2010, la banque HSBC publiait d’ailleurs un rapport élogieux sur cette « banque de terres » (land bank) dans lequel elle expliquait que PHD achetait des terrains à 155 livres égyptiennes le m2 en moyenne (18€) et y lotissait des villas de luxe revendues entre 1,2 et 1,5 millions de LE.

Ces acquisitions jugées illicites ont également valu à Mounir Ghabbour, patriarche de la famille Ghabbour (Sakkara Group, maison mère de STI Voyages) et président de Mirage Group, d’être condamné à un an de prison avec sursis.

Il doit aussi, comme El Maghrabi, s’acquitter d’une amende de 146 millions de livres égyptiennes (17 M€). Zoheir Garanah doit régler pour sa part une amende de 294 millions de LE (34,5M€).

Procès de Hosni Moubarak début août

Après avoir annulé quelques ventes, le gouvernement de transition a formé mi-mai une commission, Investment Disputes Settlement Committee (IDSC), placée sous la houlette du Premier ministre.

L’objectif est de tenter des médiations pour récupérer les terrains ou obtenir une compensation financière de la part des acheteurs, dont certains, notamment de puissants groupes émiratis, menacent de porter plainte auprès d’une juridiction internationale.

A l’issue de cette annonce, les valeurs des entreprises du secteur immobilier cotées à la Bourse du Caire, malmenées ces derniers mois, se sont redressées.

Le 29 mai, le procureur général du Caire remettait à jour sa liste : si les biens de la famille Moubarak restent totalement gelés, les avoirs des hommes d’affaires dans le collimateur de la justice sont bloqués sans affecter ceux des sociétés dans lesquelles ils avaient des actions, à la condition que les transactions ne les impliquent pas directement.

Enfin le 7 juin, les autorités égyptiennes demandaient à quelque 120 pays de geler les avoirs à l’international d’une nouvelle liste de personnalités. Quel embrouillamini !

Le procès de Hosni Moubarak, toujours hospitalisé à Sharm el Sheikh, et déjà condamné à une amende record pour avoir coupé Internet, est prévu au début du mois d’août, la date de celui de ses fils restant à fixer.

A suivre :

Vendredi - Mer Rouge et Méditerranée, le balnéaire concentre les 3/4 des arrivées.
Mardi - Haute Egypte : Projet pharaonique à Louxor et renaissance d'hôtels mythiques
Mercredi - Le Caire et ailleurs : Des nouveautés, des idées, le produit se diversifie toujours davantage

A Lire aussi : I - L'Egypte de Tahrir n'a pas révolutionné le tourisme
II - « L'Egypte, là où tout commence... » sauver l'été et... anticiper la reprise !
III - Enquête : l’Egypte recommence tout... y compris la reconquête de la clientèle !

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