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La Creuse, un territoire propice au tourisme outdoor

Zoom sur les Pierres Jaumâtres, la Vallée des Peintres et l’Etang des Landes



Ce département est l’un des plus verts de France. Un terroir propice au tourisme outdoor, comme le confirme la découverte de trois sites symboles de cette nature prodigue, les Pierres Jaumâtres, la Vallée des Peintres et l’Etang des Landes.


Rédigé par Jean-François RUST le Mardi 22 Décembre 2020

La Creuse est un terroir propice au tourisme outdoor - DR : J.-F.R.
La Creuse est un terroir propice au tourisme outdoor - DR : J.-F.R.
Ceux qui iront aux Pierres Jaumâtres et connaissent déjà le Sidobre dans le Tarn ne seront pas surpris.

Le même principe géologique et d’érosion est à l’origine de la formation de ce chaos rocheux, situé dans le pays de Boussac, au nord de la Creuse. Le sommet du mont Barlot déploie ici d’immenses boules de granit polies par l’érosion.

George Sand les avaient repérées, disant qu’elles étaient « les menhirs, les dolmens, les cromlechs des anciens Gaulois, vestiges de temples cyclopéens d’où le culte de la force semblait par principe bannir le culte du beau » (Jeanne, 1844). 

Elle se « trompait », bien sûr, puisque nul Obélix n’a jamais dressé ces pierres au sommet de la colline.

Halo de mystère

Les formes fantasmagoriques polies par le ravinement se prêtent à l’imagination, en témoignent les noms donnés à ces cailloux par les anciens : les Pains de Sucre, la Grenouille, le Berceau du Diable, le Veau d’Or, la Reine des Fades…

On rejoint cet amas rocheux par un agréable chemin empierré de sous-bois, bordé de bas murets moussus.

Au début du 20e s., parce que les pâtures animales avaient défriché cette colline de Toulx-Sainte-Croix, les pierres dressées se voyaient de loin. La déprise agricole, en rendant le mont à la végétation, a eu le mérite d’entourer ces blocs d’un halo de mystère.

Certains apparaissent tapis au pied des feuillus, surprenant le promeneur au détour du chemin.

D’autres, plus hardis, s’appuient sur une pelouse rase au sortir de la futaie. Les plus spectaculaires se dressent sur le plateau sommital comme autant de « phares » visibles depuis la campagne alentour.

Rigoles, vasques et chemins de pierre

Un mot de géologie : la roche originelle, fracturée par des diaclases, a laissé l’eau s’infiltrer. Les minéraux les moins solides se sont dissous, laissant apparaître le granit dur.

Soumis au ruissellement, celui-ci s’est dégagé, érodé, pour finir par livrer ces blocs dans leur belle nudité.

Il a fallu des millions d’années pour en arriver là. Les silhouettes lisses, surnaturelles et imposantes, se prêtent volontiers à la caresse.

L’eau y a creusé des rigoles, des vasques, des chemins de pierre. L’équilibre de certaines parait improbable, une tempête pourraient-elles les fragiliser ?

Lorsque l’on s’appelle le Sanctuaire, la Déesse-Mère ou le Simulacre de la Divinité, aucune force de la nature ne peut vous ébranler…

George Sand, encore : « quand on se trouve dans une de ces solitudes où semble régner le sauvage génie du passé, cette pensée banale vient à tout le monde : on se croirait ici à deux mille lieux des villes et des sociétés. On pourrait dire aussi qu’on s’y sent à deux mille ans de la vie actuelle…». Vous l’aurez compris, ici, le temps n’a pas prise.

Les Landes, plus grand étang naturel du Limousin

Cap sur l’Etang des Landes, unique Réserve Naturelle Nationale de Creuse.

Ce plan d’eau de 100 ha, plus grand étang d’origine naturelle du Limousin, est le refuge et le lieu de passage de près de 900 espèces animales.

Cette tâche bleue dans le vert creusois est donc d’une haute importance : 250 espèces d’oiseaux y ont été inventoriées, soit 40% des oiseaux vus en France !

Les raisons de cette profusion ? Une position favorable sur la route des migrations et une végétation riche et diversifiée.

Puisque l’on vient d’abord dans une Réserve pour observer la faune, l’étang a été aménagé.

Depuis la Maison de la Réserve et son « expo » sur l’écosystème et les pratiques piscicoles (tel le vidage de l’étang tous les deux ans), un sentier de 7 km permet d’en faire le tour.

Hérons pourprés, aigrettes garzettes, bihoreaux gris

Entre plan d’eau et marécages, quatre observatoires ont été plantés sur les rives.

Dans la chaleur d’une fin d’après-midi d’été, l’avifaune n’est pas visible ni très loquace. Quelques caquètements, un clapotis dans l’eau lorsqu’un cygne plonge son cou : les volatils se cachent.

Ce n’est pas toujours ainsi. « En ce moment, nous avons des hérons pourprés et cendrés, des aigrettes garzettes, des bihoreaux gris, des garde-bœufs et beaucoup de canards », nous confirment Sandra et Joëlle, respectivement responsable de la Maison de la Réserve et de l’animation.

Plus de 40 espèces de libellules

C’est bien sûr le soir, entre chien et loup, que la gent animale s’anime.

Des oiseaux mais aussi des grenouilles, des crapauds, des salamandres, des loutres (ultra discrètes), des perdrix, des écureuils, des chauves-souris, dont la rare Barbastelle

Lors des migrations hivernales, le balbuzard pêcheur, la grue cendrée et de nombreux petits échassiers font une pause ou hivernent. Au printemps, on peut y entendre le chant des rainettes vertes.

L’étang des Landes est aussi connu pour abriter plus de 40 espèces de libellules, la plus grande proportion recensée en Limousin.

Côté flore, les botanistes amateurs seront ravis : plus de 500 espèces ont été comptabilisées, dont une cinquantaine est classée remarquable, parce que rares ou menacées.

Bref, l’étang des Landes est la parenthèse naturaliste parfaite lors d’une visite dans le département.

« Eaux Semblantes » de Claude Monet

Plus au Nord-Ouest, la Sédelle et le confluent des deux Creuse valent le détour.

Ces trois rivières seraient peut-être restées anonymes si des peintres, dont Claude Monet, ne les avaient pas magnifiées. Posant leurs chevalets au 19e s. et 20e s., ils ont révélé la candeur gracieuse de ces cours d’eau glissant au pied de monts verdoyants.

La Petite Creuse, La Creuse et la Sédelle convergent vers deux confluents dont le décor champêtre inspira en effet Monet mais aussi Armand Guillaumin et Francis Picabia.

En 1889, invité par des amis artistes qui fréquentent le lieu et par le poète Maurice Rollinat, Claude Monet tombe sous le charme de la Creuse et de la Petite Creuse.

Les rivières ne font qu’une au creux d’un vallon boisé bordé de rives rocailleuses. Le peintre revient au printemps poser ses chevalets et durant deux mois, il peint vingt-quatre toiles, dont les fameuses « Eaux Semblantes ».

Langue de sable face au corridor feuillu

On peut emprunter le chemin de verdure qui rejoint ce confluent. Vingt minutes de marche, avec passerelle à franchir et panneaux d’information à lire, plantés aux endroits supposés où Monet s’était installé.

« La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment », écrira-t-il face à la débauche de gris et de verts.

Pour retrouver une scène qui l’avait séduite lors de sa première visite, il ira même jusqu’à payer un paysan pour qu’il ôte les feuilles d’un arbre en premier plan !

Depuis 1889, le site s’est emboisé et on peine à reconnaitre les paysages couchés sur les tableaux.

La balade n’en demeure pas moins agréable, jusqu’à la rencontre des deux rivières étirant une langue de sable face au corridor feuillu.

Crozant, le beau confluent 

Plus en aval, la Creuse rencontre la Sédelle. Cet affluent se jette dans les bras de son grand frère dans un site romantique : Crozant, un village et une colline herbeuse effilée glissant vers le confluent et portant sur sa crête deux tours rondes.

Pour apprécier ce site, il faut aller dans l’Indre. Un sentier agréable depuis Saint-Jallet rejoint le belvédère embrassant le confluent : formidable point de vue sur les eaux coites où dévalent rochers et touffes de verdure, face aux ruines de la forteresse de Crozant.

Ici, c’est Armand Guillaumin, fidèle du mouvement impressionniste, qui interpréta le décor. Ainsi s’affirma « l’Ecole de Crozant », mouvement pictural pleinairiste.

Au début du 20e s., Francis Picabia posera aussi son chevalet à Crozant, peignant la Sédelle dans un style où le fauvisme l’emporte déjà sur l’impressionnisme.

Infos pratiques

- Creuse Confluence Tourisme : www.tourisme-creuse.com/creuse-confluence/

- Centre d’Art Espace Monet-Rollinat, à Fresselines : www.espace-monet-rollinat.com/

- Maison de la Réserve de l’Etang des Landes, à Lussat : www.etang-des-landes.creuse.fr/

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Tags : Creuse, Limousin, rust
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