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Saint-Martin : 6 mois après Irma, la lente reconstruction

L'île opérationnelle pour la saison 2018/19



Saint-Martin a beaucoup souffert de l’ouragan Irma. Vivant essentiellement du tourisme, l’île s’est retrouvée sans rien du jour au lendemain. Six mois plus tard, les professionnels sont plutôt positifs et affirment pouvoir accueillir à nouveau les touristes pour la prochaine saison en 2018/19


Rédigé par le Jeudi 8 Mars 2018

Après des dégâts trop important, Sunsail a déménagé sa base de St Martin à Marigot - DR Sunsail
Après des dégâts trop important, Sunsail a déménagé sa base de St Martin à Marigot - DR Sunsail
Début Septembre 2017, l’ouragan Irma passait sur les Caraïbes, ravageant au passage l’île de St Martin.

« 95% de notre schéma de développement était tourné vers le tourisme » explique Daniel Gibbs, président du Conseil Territorial de St Martin.

Or, ajoute-t-il, « hôtellerie, restauration, commerce : 95% de notre parc a été touché, soit partiellement, soit totalement ».

Un manque à gagner qui rend la vie compliquée pour les professionnels du tourisme, qui doivent parfois reconstruire quasiment de zéro.

L’aéroport fonctionne, même si l’aérogare a été transférée sous des tentes. Les compagnies aériennes ont réduit leur présence. « Avec un vol quotidien depuis Point à Pitre et un vol par semaine depuis la métropole, notre taux de remplissage est de 90% » assure Edmond Richard, directeur commercial Europe chez Air Caraïbes.

Ils transportent essentiellement des affinitaires ou des professionnels du bâtiment, quelques officiels et très peu de touristes ; les tour-opérateurs (TO) ayant cessé de programmer.

« On peut les comprendre ajouter Edmond Richard. Au-delà de la disponibilité il y a la question de l’environnement : on n’a pas envie de vacances avec le bruit des marteaux-piqueurs ».

Communiquer et reconstruire

C’est aussi l’analyse de Carole Adam, directrice des ventes Des Hôtels et Des Îles. « Le client doit se sentir bien, on ne peut pas permettre un décalage ».

Même son de cloche dans les institutions. « Nous avons une communication de vérité avance Daniel Gibbs. Nous voulons redonner une bonne image certes mais avec une communication précise, honnête sur la réalité du terrain. On ne veut pas faire croire que tout va bien, mais on se relève. Ça n’est pas simple, mais on travaille dur ».

Ne pas faire rêver les touristes, certes, mais ne pas non plus les décourager.

Car si l’activité touristique de l’hiver était pratiquement nulle, les professionnels sont à pied d’œuvre, et certains ont déjà rouvert, comme l’hôtel Mercure par exemple, ou la base nautique Sunsail qui a accueilli ses premiers touristes le 1er février 2018.

Pour Carole Adam, « le pire est derrière nous, c’était le nettoyage, retirer ce qui était cassé. Maintenant les routes sont propres, tout fonctionne, il n’y a pas de soucis majeur je reste très optimiste ».

Malgré tout, pour la majorité des professionnels, 2018 est une année de reconstruction. Une année blanche. Ils n’envisagent pas de reprendre une activité à peu près normale avant la prochaine saison…

Et certains sont moins optimistes. « Je n’y crois pas, il faudra au moins deux ans ! s’anime un professionnel de l’hébergement. Remettre sur pied tout un parc, c'est long. Et en plus les assureurs freinent et tentent de réduire la note autant que possible, on va d’expertise en expertise… Beaucoup de gens voient la vie en rose mais ça prendra du temps ».

Débloquer des aides financières

Un avis pourtant minoritaire. « Nous avons des rendez-vous régulier, l’État, la collectivité et les assureurs indique Daniel Gibbs. Nous avons poussé pour réduire le retard. Ils ne pouvaient pas accéder à tous les sites mais aujourd’hui, la plupart des avances sont faites. C’est long mais les dédommagements se font ».

Il y a aussi la solidarité régionale. « Nous avons été la première compagnie à reprendre les vols directs » tient à souligner Edmond Richard, et, de l’avis général, c’est le soutien de la Guadeloupe qui, immédiatement après Irma, a aidé l’île à garder la tête hors de l’eau.

Nicolas Vion, membre de l’UMIH en Guadeloupe tient aussi à rappeler le rôle de l’UMIH : « Notre syndicat a exonéré de cotisation les professionnels de St Martin et contribué aux aides de la Fondation de France qui a collecté en tout 150 millions € »

Au-delà de ces aides ponctuelles, St Martin a besoin de fond sur la durée. « C’est tout l’objet de la réunion interministérielle pour le plan pluriannuel d’investissement (PPI) le 12 mars prochain » indique Daniel Gibbs.

L’île a présenté la somme des travaux nécessaires au PPI : infrasctructures portuaires et aéroportuaires, bâtiments publics, eau, réseau électrique, aides aux entreprises et aux locaux… La « facture » se monte à 1,8 milliard €.

L’Europe a déjà accordé à l’île une enveloppe de 49 millions d'euros au titre du Fonds de solidarité de l'Union européenne (FSUE), déterminée en fonction des dégâts.

« Il faut que l’État mobilise sa participation » ajoute Daniel Gibbs, évoquant le besoin de moyens et d’efforts.

La collectivité prend sa part mais les revenus de la fiscalité devraient être considérablement réduits au titre de 2018. « le but est de retrouver une pleine capacité en janvier 2019 » estime-t-il. Pour aider, l’État a attribué un crédit de 50 millions € / an sur 3 ans, une compensation pour maintenir l’équilibre.

De son côté, le ministère du budget a accordé un coup de pouce aux hôteliers bénéficiant d’une défiscalisation, en promettant de ne pas leur demander de justification, puisque de fait, les bâtiments ayant été détruits, il leur est impossible de justifier de quoi que ce soit.

Faire revenir les touristes

Quitte à investir dans la reconstruction, autant utiliser des matériaux durables et une approche plus axée sur l’écologie. D’autant que l’Ademe peut débloquer des fonds et que le ministère la Transition écologique et solidaire a assuré St Martin de son soutien.

Une vision écolo-compatible que Carole Adam modère : « Nous avons des contraintes antisismiques et pour prévenir des cyclones : quid, par exemple, des panneaux solaires qui se sont détachés pendant Irma ? De toute manière les Caraïbes sont déjà plutôt tournées vers le développement durable, par nécessité, notamment concernant le manque d’eau ».

Victime de bouleversements climatiques cette année, la possibilité que la saison cyclonique soit désormais beaucoup plus agressive qu’elle ne l’est habituellement est envisagée. Un professionnel résidant dans les Caraïbes évoque le climat actuel : « c’est la saison sèche et pourtant on a des pluies torrentielles qui dure 5mn, 5 à 10 fois par jour ! ça n’est pas habituel et les modifications climatiques dans les Caraïbes sont indéniables ».

Quelles seront les conséquences à venir ? Tous se posent la question et restent très prudents. Mais tous se veulent optimistes. Nicolas Vion affirme : « Les travaux sont en cours, on a bon espoir, on participe pour que cette destination retrouve très vite son potentiel ».

De leur côté, les autorités assènent que « St Martin a modifié sa stratégie touristique en fonction mais reviendra à un plein exercice ou avec au moins 70% d’opérationnel pour la saison 2018/2019 ».

« On pense redémarrer doucement l’hiver prochain, confirme Edmond Richard. Les hôteliers et les institutions font leur travail, on espère que les TO joueront le jeu et proposeront à nouveau la destination. De notre côté nous sommes prêts à aider via des éductours en partenariat avec l’OT ».

Mais la plus positive, c’est Carole Adam. « Saint-Martin retrouvera sa place, oui ça sera une rentrée à deux vitesses mais la destination va bénéficier d’une certaine solidarité.

Ça n’est pas facile,
ajoute-t-elle mais les habitants et les pros se bougent énormément et ils en seront récompensés ».

Nous aussi, on l'espère.

Juliette Pic Publié par Juliette Pic Journaliste - TourMaG.com
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