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JetBlue : face à une dette colossale, ses créanciers s'organisent

JetBlue affiche une dette de 8,5 milliards de dollars


Alors que Volotea cherche des financements, qu’airBaltic et tant d’autres négocient avec leurs créanciers pour éviter la faillite, un nouvel épisode venu des USA illustre la fragilisation de l’aérien au niveau mondial. JetBlue, confrontée à une dette très importante, a vu certains de ses créanciers se rapprocher de spécialistes de la restructuration d’entreprises en difficulté.


Rédigé par le Lundi 26 Octobre 2026 à 11:41

Jet Blue : une dette de 8,5 milliards et des capitaux propres qui chutent - Depositphotos
Jet Blue : une dette de 8,5 milliards et des capitaux propres qui chutent - Depositphotos
Lancée en 2000, avec l’envie de dépoussiérer les codes de l’aérien aux USA, JetBlue a aussi tenté de briser ceux des vols long-courriers.

En seulement quelques années, celle qui ne se définit pas comme une low cost, mais comme "une compagnie au juste prix", selon Jayne O’Brien, la directrice marketing que nous avions rencontrée lors du lancement de la ligne entre Paris et New York, montre des signes de fragilité.

En effet, la semaine dernière, le Wall Street Journal annonçait qu’un groupe de créanciers « importants » du transporteur travaillerait avec le conseiller financier PJT Partners et le cabinet d’avocats Akin, des spécialistes des entreprises en difficulté, dans le but de restructurer la dette.

Comme partout ailleurs, la forte hausse des prix du pétrole et celle, pas toujours proportionnelle, des billets, même si ce décalage semble moins marqué aux USA, entraînent une forte consommation de sa trésorerie.

De plus, des obligations arrivant à échéance en 2031 ont vu leur cours divisé par presque deux en l’espace de trois semaines. Sur un an, le cours de Bourse de JetBlue a baissé de près de 43 %.

Mardi 27 octobre se tiendra un rendez-vous important avec la présentation trimestrielle des résultats de JetBlue. Cette journée pourrait éclairer les prochaines étapes pour la compagnie.

Jet Blue : une dette de 8,5 milliards et des capitaux propres qui chutent

Pour l’heure, ni la direction ni les créanciers n’ont évoqué de placement sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Cette hypothèse semble lointaine. D’autant que son chiffre d’affaires a connu une progression de 14,5 % au deuxième trimestre 2026, pour atteindre 2,697 milliards de dollars.

Si son plan de redressement fonctionne, il s’essouffle malgré tout face à l’explosion des charges.


Les coûts ont bondi bien plus rapidement que les recettes.

Les créanciers concernés par le rapprochement avec les cabinets spécialisés dans les entreprises en difficulté sont ceux qui détiendraient les 2 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance en 2031, ainsi qu’un prêt de 742 millions de dollars.

Il faut dire que si la compagnie s’est fait une place de choix aux USA, grâce à une croissance vertigineuse, cette expansion s’est aussi appuyée sur un fort endettement.

Elle est passée d’une capacité de 17 millions de sièges annuels en 2005 à plus de 40 millions vingt ans plus tard, comme le rappelait OAG dans un article baptisé "Le dilemme stratégique de JetBlue".

Une entreprise qui s’est déployée dans le ciel le plus concurrentiel du monde, à savoir celui des USA.

A lire : Aérien : le modèle low cost n’a plus la cote !

Sa dette, liée en partie aux contrats de leasing des avions, était de 8,478 milliards de dollars, en baisse de seulement 20 millions par rapport à son niveau de fin 2025.

Sauf que, dans le même temps, ses capitaux propres sont passés de 2,120 milliards de dollars à 1,587 milliard, une baisse de 33,59 %.

United potentiellement intéressée par le rachat de JetBlue ?

Et cette dette pèse non seulement sur l’avenir de l’entreprise, mais aussi sur son présent, car au premier semestre 2026, les charges d’intérêts ont atteint 291 millions d’euros, soit environ 1,5 million par jour.

Une somme loin d’être anodine, surtout dans un contexte économique tendu pour le secteur.

Et ces difficultés ont relancé les rumeurs d’un possible rachat de JetBlue par United Airlines.

La quatrième grande compagnie aérienne du monde pourrait voir d’un bon œil cette acquisition, si jamais la dette de JetBlue était restructurée et pesait donc moins sur ses finances, à en croire le site Live and Let’s Fly.

Cela permettrait à United d’obtenir une implantation bien plus conséquente à l’aéroport JFK de New York, grâce notamment aux créneaux que possède JetBlue, même si un accord conclu en 2025 permet à la compagnie traditionnelle de bénéficier de sept vols aller-retour quotidiens qui étaient dévolus à la low cost.

Elle pourrait aussi accroître sa présence dans différents aéroports US.

Tout cela reste encore au stade de l’hypothèse, même si la direction d’United a indiqué au média américain suivre la situation de près, alors que son PDG avait rejeté cette rumeur en mai dernier.

JetBlue est présente en France

La dérive bleue s’est posée pour la première fois en France le vendredi 30 juin 2023 à Paris-Charles-de-Gaulle.

Depuis cette date, elle dessert New York (JFK) au rythme de 7 vols par semaine, grâce à ses Airbus A321LR d’une capacité de 138 places, réparties entre une classe business, nommée Mint, et une classe économique, baptisée Core.

Elle relie aussi Boston depuis la capitale française. Ces vols ont démarré en avril 2024.

"Paris est une ouverture de marché importante pour nous, car cela correspond à la demande des consommateurs américains.

Nous sommes déjà présents à Londres, depuis deux aéroports.

Aujourd’hui, la priorité est de réussir le lancement de Paris, puis nous allons ouvrir Amsterdam en août 2023 depuis New York et Boston. De plus, Paris sera reliée à Boston en 2024.

Les prochaines étapes consisteront à écouter les voyageurs français pour savoir où ils veulent aller aux USA et peut-être ouvrir d’autres routes.

Nous allons recevoir un nouvel avion, l’A321LR, qui est important pour soutenir notre développement sur le marché français et permettre aux voyageurs de rejoindre les Caraïbes ou l’Amérique du Sud via les USA,
" nous expliquait Jayne O’Brien, la directrice marketing de JetBlue, en juin 2023.

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