Les compagnies aériennes et IATA dénoncent une Europe peu efficace en matiÚre de politique du transport aérien.Photo : C.Hardin
Quand deux « grandes gueules » irlandaises sâunissent pour tomber Ă bras raccourci sur la Commission europĂ©enne et son projet de ciel unique europĂ©en, ont peut-ĂȘtre assurĂ© dâun langage plutĂŽt fleuri et cash.
« On a mis du rouge Ă lĂšvres Ă un cochon », aboyait Michael OâLeary, le patron de Ryanair tandis que Willie Walsh, le PrĂ©sident de IATA dĂ©nonçait dans un communiquĂ© au vitriol « un projet dâaccord crasseux, ne crĂ©ant que des emplois inutiles soutenus par lâĂ©lite politique europĂ©enne. »
Avec eux, câest lâensemble des patrons de compagnies aĂ©riennes qui ont exprimĂ© leurs franches rĂ©serves quant au projet SES 2 (Single European Sky, ciel unique EuropĂ©en) qui vient aprĂšs le SES 1.
Un projet qui, au fur et à mesure des textes votés, se construit, mais bien trop lentement.
« On a mis du rouge Ă lĂšvres Ă un cochon », aboyait Michael OâLeary, le patron de Ryanair tandis que Willie Walsh, le PrĂ©sident de IATA dĂ©nonçait dans un communiquĂ© au vitriol « un projet dâaccord crasseux, ne crĂ©ant que des emplois inutiles soutenus par lâĂ©lite politique europĂ©enne. »
Avec eux, câest lâensemble des patrons de compagnies aĂ©riennes qui ont exprimĂ© leurs franches rĂ©serves quant au projet SES 2 (Single European Sky, ciel unique EuropĂ©en) qui vient aprĂšs le SES 1.
Un projet qui, au fur et à mesure des textes votés, se construit, mais bien trop lentement.
Rare moment dâunitĂ© chez les patrons de compagnies aĂ©riennes
En cette annĂ©e Ă©lectorale dĂ©cisive pour lâUnion europĂ©enne, les dirigeants des compagnies europĂ©ennes relayĂ©s aussi par IATA ont voulu se faire entendre sur les insuffisances et les lenteurs europĂ©ennes.
Leur association A4E (Airlines for Europe) tenait son assemblée générale la semaine derniÚre à Bruxelles.
Un rare moment dâunitĂ© entre des patrons qui se mĂšnent une concurrence acharnĂ©e.
PrĂȘt de lâĂtat indument touchĂ©, concurrence dĂ©loyale, subventions illĂ©gitimes... Ben Smith,Carsten Spohr ou encore Michael OâLeary ont mis leur querelle en sourdine pour quelques heures.
Quels sont les sujets qui, aux yeux des dirigeants des compagnies aĂ©riennes prennent du retard et ne font pas lâobjet de dĂ©cisions efficaces ?
Ciel unique : pour une gestion centralisée du contrÎle aérien
Il y a dâabord cette impossibilitĂ© Ă trouver un accord global pour une gestion centralisĂ©e du contrĂŽle aĂ©rien, faciliter son dĂ©ploiement dans une seule entitĂ©, pouvant notamment fournir des itinĂ©raires plus directs et gĂ©rĂ©s plus simplement.
Aujourdâhui, un vol entre AthĂšnes et Londres implique presque une dizaine dâespaces aĂ©riens diffĂ©rents ayant chacun son ATC (centre de contrĂŽle) pour contrĂŽler la trajectoire de lâavion.
Sur ce vol, le pilote peut demander un raccourci, mais il doit ĂȘtre approuvĂ© par les contrĂŽleurs ATC. C'est pourquoi un vol direct n'est gĂ©nĂ©ralement possible que dans un seul espace aĂ©rien, oĂč les contrĂŽleurs ATC ont une visibilitĂ© et un contrĂŽle complets.
Mais les patrons ne sont pas les dĂ©cideurs politiques. Aussi, si les dirigeants dâAir France et Lufthansa prĂ©fĂ©raient une autoritĂ© europĂ©enne en matiĂšre de navigation, les dirigeants français et allemand nâont pas lâair pour lâinstant de vouloir abandonner leur souverainetĂ© dans ce domaine.
Aujourdâhui, un vol entre AthĂšnes et Londres implique presque une dizaine dâespaces aĂ©riens diffĂ©rents ayant chacun son ATC (centre de contrĂŽle) pour contrĂŽler la trajectoire de lâavion.
Sur ce vol, le pilote peut demander un raccourci, mais il doit ĂȘtre approuvĂ© par les contrĂŽleurs ATC. C'est pourquoi un vol direct n'est gĂ©nĂ©ralement possible que dans un seul espace aĂ©rien, oĂč les contrĂŽleurs ATC ont une visibilitĂ© et un contrĂŽle complets.
Mais les patrons ne sont pas les dĂ©cideurs politiques. Aussi, si les dirigeants dâAir France et Lufthansa prĂ©fĂ©raient une autoritĂ© europĂ©enne en matiĂšre de navigation, les dirigeants français et allemand nâont pas lâair pour lâinstant de vouloir abandonner leur souverainetĂ© dans ce domaine.
Plus de carburant dâaviation durable
Faute dâharmonisation, les trajectoires des vols qui pourraient ĂȘtre optimisĂ©es avec Ă la clĂ© moins de congestion et de CO2 dans le ciel vont devoir encore attendre.
« Le systĂšme dâespace aĂ©rien actuel nous oblige Ă voler de maniĂšre stupide », se lamentait Carsten Spohr, le prĂ©sident du groupe Lufthansa, lors de cette assemblĂ©e.
« Lâimpact de lâabsence du Ciel unique europĂ©en (10 % environ en termes dâĂ©missions, selon certaines estimations) nâest pas le seul impact », explique Carsten Spohr. « Cela a Ă©galement un impact en termes de crĂ©dibilitĂ©. Comment puis-je convaincre mes passagers de payer un supplĂ©ment pour rĂ©duire lâimpact environnemental de leurs vols, alors que dans le mĂȘme temps, lâindustrie gaspille 10 % de CO2 en ne se ressaisissant pas sur le ciel unique europĂ©en ? »
DĂ©ception Ă©galement quant Ă la lenteur du dĂ©veloppement des carburants dâaviation durables, CAD ou SAF Sustainable aviation fuel en anglais.
LĂ aussi, câest le patron de Lufthansa qui sonne lâalarme et demande une vraie politique industrielle en Europe Ă ce sujet avec des financements allouĂ©s.
Le dĂ©veloppement des SAF est un projet stratĂ©gique actĂ© en Europe, mais qui peine Ă recevoir les financements nĂ©cessaires alors quâaux Ătats-Unis, lâIRA (Inflation Reduction Act) et ces incitations financiĂšres est en train de capter de trĂšs nombreux projets de production de SAF dans le monde.
Il y a lĂ un vĂ©ritable danger pour les compagnies aĂ©riennes europĂ©ennes qui ne pourront pas rester compĂ©titives a alertĂ© Ben Smith, le patron dâAir France - KLM.
« Le systĂšme dâespace aĂ©rien actuel nous oblige Ă voler de maniĂšre stupide », se lamentait Carsten Spohr, le prĂ©sident du groupe Lufthansa, lors de cette assemblĂ©e.
« Lâimpact de lâabsence du Ciel unique europĂ©en (10 % environ en termes dâĂ©missions, selon certaines estimations) nâest pas le seul impact », explique Carsten Spohr. « Cela a Ă©galement un impact en termes de crĂ©dibilitĂ©. Comment puis-je convaincre mes passagers de payer un supplĂ©ment pour rĂ©duire lâimpact environnemental de leurs vols, alors que dans le mĂȘme temps, lâindustrie gaspille 10 % de CO2 en ne se ressaisissant pas sur le ciel unique europĂ©en ? »
DĂ©ception Ă©galement quant Ă la lenteur du dĂ©veloppement des carburants dâaviation durables, CAD ou SAF Sustainable aviation fuel en anglais.
LĂ aussi, câest le patron de Lufthansa qui sonne lâalarme et demande une vraie politique industrielle en Europe Ă ce sujet avec des financements allouĂ©s.
Le dĂ©veloppement des SAF est un projet stratĂ©gique actĂ© en Europe, mais qui peine Ă recevoir les financements nĂ©cessaires alors quâaux Ătats-Unis, lâIRA (Inflation Reduction Act) et ces incitations financiĂšres est en train de capter de trĂšs nombreux projets de production de SAF dans le monde.
Il y a lĂ un vĂ©ritable danger pour les compagnies aĂ©riennes europĂ©ennes qui ne pourront pas rester compĂ©titives a alertĂ© Ben Smith, le patron dâAir France - KLM.
Un encadrement plus strict des grĂšves
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Enfin, parmi les sujets de prĂ©occupation Ă©galement Ă©voquĂ©s, le problĂšme de la gestion des mouvements de grĂšve, mis en avant et ce nâest pas une surprise, par le patron de Ryanair, Michael OâLeary.
MĂȘme si en ce moment lâAllemagne est plutĂŽt sous le feu des critiques en la matiĂšre, la France point de passage presque incontournable du trafic europĂ©en et qui traine encore une mauvaise rĂ©putation Ă©tait particuliĂšrement visĂ©e.
RĂ©cemment, la loi française a Ă©voluĂ© obligeant dĂ©sormais non seulement les syndicats de dĂ©poser un prĂ©avis de cinq jours avant, mais aussi une obligation pour chaque contrĂŽleur grĂ©viste de se dĂ©clarer au plus tard Ă midi lâavant-veille de chaque journĂ©e de grĂšve.
Pas suffisant pour les patrons de compagnies aĂ©riennes qui souhaiteraient que les mouvements soient annoncĂ©s avec un prĂ©avis de 21 jours et que les grĂ©vistes se dĂ©clarent 72 heures Ă lâavance.
A quelques semaines, des élections, voilà les messages et les positions que les compagnies aériennes ont voulu envoyer à ceux qui briguent des mandats au parlement européen, « Pour un transport aérien connecté, fiable, moderne plus durable et accessible à tous ».
Au cabinet de la commissaire aux transports Adina Valean, on reconnait que les rĂ©formes du SES ( soumises Ă un vote dans les prochains jours ) ne reprĂ©sentent que des « petits pas », avec des Ătats qui se sont opposĂ©s Ă une plus grande intĂ©gration de l'espace aĂ©rien europĂ©en, souvent pour des raisons de sĂ©curitĂ© nationale.
Indispensable Europe. Mais, dans le ciel comme ailleurs, si difficile Ă mettre en place.
MĂȘme si en ce moment lâAllemagne est plutĂŽt sous le feu des critiques en la matiĂšre, la France point de passage presque incontournable du trafic europĂ©en et qui traine encore une mauvaise rĂ©putation Ă©tait particuliĂšrement visĂ©e.
RĂ©cemment, la loi française a Ă©voluĂ© obligeant dĂ©sormais non seulement les syndicats de dĂ©poser un prĂ©avis de cinq jours avant, mais aussi une obligation pour chaque contrĂŽleur grĂ©viste de se dĂ©clarer au plus tard Ă midi lâavant-veille de chaque journĂ©e de grĂšve.
Pas suffisant pour les patrons de compagnies aĂ©riennes qui souhaiteraient que les mouvements soient annoncĂ©s avec un prĂ©avis de 21 jours et que les grĂ©vistes se dĂ©clarent 72 heures Ă lâavance.
A quelques semaines, des élections, voilà les messages et les positions que les compagnies aériennes ont voulu envoyer à ceux qui briguent des mandats au parlement européen, « Pour un transport aérien connecté, fiable, moderne plus durable et accessible à tous ».
Au cabinet de la commissaire aux transports Adina Valean, on reconnait que les rĂ©formes du SES ( soumises Ă un vote dans les prochains jours ) ne reprĂ©sentent que des « petits pas », avec des Ătats qui se sont opposĂ©s Ă une plus grande intĂ©gration de l'espace aĂ©rien europĂ©en, souvent pour des raisons de sĂ©curitĂ© nationale.
Indispensable Europe. Mais, dans le ciel comme ailleurs, si difficile Ă mettre en place.
Publié par Christophe Hardin Journaliste AirMaG - TourMaG.com Voir tous les articles de Christophe Hardin





















