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Comment le premier semestre 2022 a marqué l'histoire du tourisme spatial

la chronique de Michel Messager



Après une année 2021 marquée par l’envoi des premiers touristes de l’espace, le "renouveau" des stations spatiales, l’apparition de la Chine et le retour de la Russie dans la compétition, l’accélération du désengagement des Etats au profit des entreprises privées... nous étions très confiants sur l’année 2022, à tel point que nous écrivions : « L’année 2021 vient de faire gravir un nouveau palier au tourisme spatial. Une nouvelle ère du "New Space" vient de s’ouvrir, elle ne se refermera plus ». Malheureusement c’était sans compter sur l’impact du conflit russo-ukrainien sur le secteur de l’industrie spatial.


Rédigé par le Lundi 27 Juin 2022

Europe Spatiale : la fin des illusions pour le Tourisme Spatial ?

Space X, Blue Origin, Boeing, conflit en Ukraine... ce premier semestre 2022 marquera l’histoire du tourisme spatial - Depositphotos.com Auteur 3DSculptor
Space X, Blue Origin, Boeing, conflit en Ukraine... ce premier semestre 2022 marquera l’histoire du tourisme spatial - Depositphotos.com Auteur 3DSculptor
Cette année 2022 commençait fort bien avec la visite à Toulouse le 16 février d’Emmanuel Macron, nouveau Président du Conseil de l'Union européenne, à l’occasion du Sommet spatial européen qui réunissait tous les ministres européens en charge du secteur spatial.

On attendait, à l’instar de Josef Aschbacher directeur général de l’Agence spatiale européenne ou de Thomas Pesquet, en passant par les industriels, que le Président mette en perspective et affirme la nécessité de « l’exploration spatiale habitée », comme l’avaient déclaré, mi-novembre, les 22 États membres de l’ESA, dans leur « Manifeste de Matosinhos ».

Mais le Président Macron est resté très en deçà de cette attente et a évité de prendre parti dans le débat qui s'est ouvert sur les vols habités.

Véritable douche froide, le Président Macron a déclaré : « Pour nous Européens, le modèle spatial viable n'est pas celui de l'exploitation, n'est pas celui de l'augmentation du nombre de touristes spatiaux (…) pas plus que le seul horizon n'est l'exploitation minière de la Lune », rappelant que « l'espace est avant tout un bien commun utile à tous » ajoutant pour terminer : « Nous, Européens, croyons davantage à l'exploration, à la connaissance et donc à des vols habités de long terme plutôt qu'à la marchandisation de l'espace ».

Pourtant l’enjeu est de taille. Contrairement aux États-Unis, la Chine et la Russie mais aussi l’Inde, voire les Emirats très prochainement, qui ont tous un vaisseau pour envoyer des astronautes, ce ne sera toujours pas le cas de l’Europe qui sera donc encore obligée de négocier des places à bord du vaisseau russe Soyouz, du Crew Dragon de l’américain SpaceX ou de la future capsule lunaire Orion de la Nasa.

Confirmation de la réussite des premiers lancements de touristes spatiaux du deuxième semestre 2021.

- Blue Origin distance Virgin Galactic.

Début juin, cinquième mission habitée réussie pour l'entreprise Blue Origin de Jeff Bezos qui a emmené avec succès six nouveaux touristes spatiaux dans l'espace, lors d'un vol de dix minutes, marquant ainsi et pour le moment sa suprématie par rapport à son concurrent direct Virgin Galactic. En effet, depuis juillet dernier et le vol de son fondateur, le Britannique Richard Branson, le vaisseau de Virgin Galactic reste toujours à terre pour subir des modifications.

- Boeing est revenu dans la course au tourisme spatial.
Succès pour le géant américain de l'aéronautique qui via son vaisseau Starliner a envoyé environ 230 kg de ravitaillement sur l'ISS et s'est pour la première fois arrimée dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mai, à la Station spatiale internationale (ISS).

Un nouvel échec pour Boeing aurait signifié la fin du projet et une véritable honte pour l’entreprise qui sort déjà de ses difficultés avec son 737 Max.

La manière dont Boeing a géré l’ensemble de ses échecs, montre bien la difficulté du sujet, mais aussi le professionnalisme et la puissance économique de Boeing qui reste à ce jour toujours et plus que jamais, dans la course au Tourisme Spatial, malgré un retard important sur SpaceX.

- A nouveau, SpaceX écrit une nouvelle page de l’histoire du tourisme spatial

Le 8 avril et pour la première fois, la mission Ax-1 de SpaceX et Axiom Space a emmené à bord de l’ISS un équipage composé à 100% de "privés", ne comportant donc aucun astronaute professionnel en service dans une agence spatiale.

Pour le PDG d’Axiom Space : « Cela représente vraiment la première étape où quelques individus qui veulent faire quelque chose de significatif en orbite, et qui ne sont pas membres d’un gouvernement, peuvent profiter de cette opportunité ».

Plus que jamais avec cette mission Ax-1, le "privé" marque de son empreinte sur le secteur spatial, franchissant une nouvelle étape vers l’aérospatiale de demain.

La défense de l’environnement devient incontournable.

La dernière décision de l’administration de l’aviation civile aux États-Unis (FAA) le 13 juin, montre bien le rôle de plus en plus important par rapport à l’industrie spatiale et l’une de ses composantes le tourisme spatial.

En effet si Elon Musk souhaite aller de l’avant dans son projet Starship, il devra au travers de 75 mesures réduire ses nuisances autour de sa base de lancement Starbase situé à Boca Chica à l’extrême sud des États-Unis, non loin de la frontière avec le Mexique.

Parmi les mesures que la FAA met en avant figurent la réduction de l’éclairage du complexe de lancement afin de minimiser l’impact sur la faune, la surveillance continue de la vie sauvage avec le concours d’un biologiste qualifié, une meilleure information en amont pour la population afin de l’avertir des chocs sonores pouvant se produire et le retrait d’éventuels débris. De plus un "biologiste qualifié" sera également chargé de suivre l’impact de la Starbase sur la faune et la flore locale.

Pour mémoire, SpaceX a récemment annoncé que les premiers vols vers Mars avec Starship débuteront dès 2030, mais pour cela il faudra à Elon Musk de respecter les 75 mesures exigées par la FAA.

Aujourd’hui on ne badine plus avec l’environnement !

A partir de juin 2022, il y aura désormais toujours et en permanence un chinois dans l’espace

Nouvelle étape pour la Chine dans la conquête spatiale : trois taïkonautes ont rejoint dimanche 5 juin le "Palais céleste", la station que Pékin construit en orbite.

Nouveauté de cette mission : pour la première fois, deux équipages chinois se passeront le relais en orbite dans la station puisqu’à la fin de leur séjour, avant de retourner sur Terre, les trois taïkonautes de Shenzhou-14 vivront en effet quelques jours en orbite avec leurs trois collègues de la future mission Shenzhou-15.

"Avec Shenzhou-14, les vols spatiaux habités chinois passent une nouvelle étape" avec "le début de l'occupation permanente de la station", déclare à l'AFP Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian.

Conflit Russo-Ukrainien : une nouvelle page de la collaboration spatiale se tourne-t-elle ?

Jusqu’au conflit russo-ukrainien, le secteur spatial était l’exemple d’une collaboration solide entre la Russie et les Occidentaux. Cette collaboration, comme dans beaucoup d’autres secteurs, a été balayée par l’escalade des sanctions provoquées par le conflit russo-ukrainien. Ce conflit, outre des retards dans les programmes, voire une mise en sommeil du tourisme spatial, marque certainement un tournant important dans l’histoire du secteur spatial.

L’Europe spatiale, la Russie, seront-elles les grandes perdantes du conflit russo-ukrainien ? Les Etats-Unis seront-ils les grands gagnants ? Allons-nous voir se former un ‘’bloc spatial’’ Chine-Russie-Inde ? L’Europe spatiale va-t-elle devenir plus dépendante des Etats-Unis ?

Autant de questions que l’on peut se poser suite à ce conflit et dont on aura très certainement les réponses dans quelques mois.

D’ores et déjà on peut dire que les deux premiers perdants sont la Russie, ne serait-ce que les sanctions prises par les occidentaux et qui touchent son secteur spatial, ainsi que l’Europe. Cette dernière avec la fin des lancements via les fusées russes Soyouz et les retards déjà enregistres par Arian 6 et Vega C, l’Europe va en effet devoir revoir ses plans non seulement à court terme mais aussi à moyen terme. Ceux qui profiteront de cette situation seront les sociétés privées et notamment SpaceX.

L’avenir nous le dira, mais le Sommet spatial européen de Toulouse et ses annonces semblent bien loin.

En conclusion, l’on peut dire que ce premier semestre 2022 marquera l’histoire du tourisme spatial. Si celui-ci et malgré ce que nous pouvions redouter ne s’est pas mis en sommeil à l’image de Blue Origin ou de Space X, par contre le conflit russo-ukrainien va certainement mettre fin à une certaine conception de la coopération internationale dans le domaine du spatial et va rebattre les cartes entre le boc occidental et la Russie avec comme arbitre la Chine. Les six prochains mois s’avèrent donc cruciaux en ce domaine.

Michel Messager
Michel Messager
Michel MESSAGER est directeur associé de Consul Tours, société de conseil travaillant pour une clientèle privée et institutionnelle dans les secteurs du tourisme.

Il est Membre Fondateur de l’Institut Européen du Tourisme Spatial et de l’AFST (Association Française des Seniors du Tourisme).

Il est l’auteur de deux livres sur le Tourisme Spatial, le premier publié en 2009 à la documentation française et le second sorti en 2021, "Histoire du Tourisme Spatial de 1950 à 2020" chez Amazon, ainsi que de nombreux articles sur le sujet.

Il est considéré actuellement comme l’un des spécialistes en la matière. Il intervient fréquemment sur ce sujet à la radio et à la télévision, ainsi qu’au travers de conférences dans de nombreux pays, notamment au Canada où il réside quelques mois par an.

Il conseille notamment des entreprises du "new space" et des fonds d’investissements sur les projets financiers en matière du Tourisme Spatial.

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