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Corsair officialise 4 nouveaux A330neo, mais dans quel but ? 🔑

L'interview de Pascal de Izaguirre, le PDG de Corsair



Après un printemps et un été socialement chauds, Corsair retrouve le "calme plat" selon les propres mots de son président-directeur général. Même si les échos ne sont pas les mêmes du côté des syndicats, Pascal de Izaguirre croit en des jours meilleurs. A tel point qu'il vient de confirmer la commande des 4 nouveaux A330neo auprès d'Airbus. En 2024, la flotte sera composée de 9 appareils de dernière génération, de quoi permettre à Corsair de regarder un peu plus vers l'Afrique Francophone ? Au cours d'un long échange, Pascal de Izaguirre nous en a dit plus sur la situation sociale et économique de Corsair.


Rédigé par le Mardi 26 Juillet 2022

TourMaG.com - L'aérien connait un début de saison chaotique, avec des pénuries de personnel, des grèves, une flambée du baril de pétrole. Comment qualifieriez-vous l'été de Corsair ?

Pascal de Izaguirre :
Les avions sont pleins et c'est très satisfaisant.

Au niveau de l'activité, la saison estivale sera supérieure à celle de 2019 chez Corsair. Les coefficients de remplissage sont très élevés sur toutes les lignes, nous en sommes contents.

Quand vous regardez en arrière, tout le monde se questionnait pour savoir quand le retour à la normale aurait lieu dans l'aérien. Nous entendions parler de 2025 ou 2027. Finalement, nous sommes revenus quasiment au trafic de 2019, dès cet été.

Je ne parle pas seulement de
Corsair.

Cela résulte de la frustration accumulée et de l'envie de voyager. Nous nous demandons tous si cette reprise sera durable ou si nous assistons à un feu de paille. Du fait que les voyageurs réservent en dernière minute, nous n'avons pas de visibilité sur l'hiver.

Nous en saurons plus à la rentrée, sur le climat social et économique. Alors, ne boudons pas notre plaisir.


Corsair : "2021/2022 ne sera pas un bon exercice"

TourMaG.com - Tout semble aller pour le mieux, mais le prix du pétrole est un vrai problème pour le secteur...

Pascal de Izaguirre :
Je vous parlais du trafic, si nous regardons les coûts de production, le problème est que tout s'emballe.

Si le prix du pétrole redescend un petit peu, il est quand même 2 fois supérieur à ce qu'il était en 2019. Vous ajoutez l'impact de la parité euro-dollar qui touche nos budgets, le pétrole, la maintenance, le loyer des avions en dollars, l'effet est lourd.


TourMaG.com - Ces augmentations et la montée en capacité d'Air France, impactent-elles le business modèle de Corsair ?

Pascal de Izaguirre :
C'est clair, surtout que les hausses de tarifs pratiquées par les compagnies ne reflètent pas la réalité économique.

Dans l'ensemble, aux Antilles, les capacités sont très importantes et en forte hausse ces derniers mois. Il existe de nombreuses offres, et il est certain que nous ne trouvons pas dans nos prix moyens la traduction de toutes les augmentations passées.

Forcément, nous avons un sujet de répercussion de la hausse généralisée de tous nos coûts de production.

Nous sommes en bout de chaîne, nous subissons l'augmentation des redevances des aéroports, celles de la sureté aérienne, les assistances en escale, le catering... Le transport aérien paye la facture de cette inflation générale.


TourMaG.com - Est-il possible d'arriver à un certain équilibre budgétaire ?

Pascal de Izaguirre :
Sur l'exercice 2021-2022, bien sûr que non.

Notre exercice a commencé le 1er octobre, avec à ce moment-là, l'apparition du variant Omicron, puis nous avons enchainé avec la crise sociale aux Antilles. Elle nous a fortement impactés.

Il ne faut pas se faire d'illusions : 2021/2022 ne sera pas un bon exercice, ce sera même un nouveau mauvais exercice. C'est comme ça.

Corsair : "Nous envisageons d'ouvrir Bamako sur une large durée en 2023"

TourMaG.com - Vous parliez des conflits sociaux. Dans le même temps vous ouvrez Cotonou au Bénin. Est-ce pour être moins exposé aux problématiques des Antilles Françaises ?

Pascal de Izaguirre :
J'aime bien les vieux dictons populaires qui sont le fruit de la sagesse. Il en est un qui dit : ne pas mettre tous ses Ĺ“ufs dans le mĂŞme panier.

C'est un principe de bon sens. L'intérêt de Corsair, autour des deux piliers que sont les Antilles et l'Océan Indien, est de diversifier ses destinations. Il est pertinent de développer l'Afrique, un continent avec moins d'intensité concurrentielle, avec des tarifs plus élevés que ceux pratiqués dans les DOM-TOM.

Bamako est ouvert jusqu'au 18 septembre 2022. Nous attendons de voir comment la situation politique et géopolitique va évoluer au Mali, pour la suite.

A l'heure où nous nous parlons, nous envisageons de rouvrir la ligne en 2023 sur une période plus large que cet été (16 juin 2022 jusqu’au 18 septembre 2022). Nous sommes très satisfaits de cette ligne, qui affiche sun remplissage quasiment à 100% sur Paris-Bamako.

Nous avons annoncé le lancement de Cotonou (Bénin) à raison de 3 vols par semaine, toute l'année. Il y a un très fort soutien et un accueil des autorités béninoises, nous sommes très attendus.


TourMaG.com - Contrairement au Mali, où le climat politique est très dégradé, au Bénin la situation parait-elle meilleure ?

Pascal de Izaguirre :
Le pays offre de réelles perspectives de développement touristique. Les projets sont très impressionnants, avec un Club Med attendu en 2025, un Sofitel, mais aussi une meilleure valorisation des sites touristiques.

Un musée sera créé dans le cadre de la restitution des 26 trésors royaux. Dans les 18 à 24 prochains mois, le pays va changer de dimension, notamment sur le marché français.

Le climat économique est bon, c'est une opportunité intéressante. Emmanuel Macron s'y rend pour une visite officielle cette semaine.

Corsair : "Nous sommes intéressés par Madagascar"

TourMaG.com - L'ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy était venu donner un coup de main pour ouvrir Dakar, mais cela n'avait pas pu se faire. Avez-vous d'autres projets d'ouverture de lignes en Afrique ?

Pascal de Izaguirre :
Nous sommes Ă  l'affut, nous regardons beaucoup de choses.

Je déplore que peu de pays d'Afrique francophone aient libéralisé leur ciel. Nous subissons donc tout un carcan d'anciens accords aériens bilatéraux, vieux de plusieurs décennies qui ne favorisent pas l'évolution du trafic.

Par chance au Cameroun et au Mali, ils ont une politique de ciel ouvert. Puis au Bénin, le chef de l'Etat (Patrice Talon, ndlr) a souhaité notre arrivée.

Nous sommes aussi intéressés par Madagascar.


TourMaG.com - En parlant de flotte, avez-vous officialisé la commande des 4 Airbus A330neo ?

Pascal de Izaguirre :
Absolument, l'opération a été approuvée par nos actionnaires, lors du conseil de surveillance du 8 juillet 2022.

J'ai signé le contrat de commande le 13 juillet dernier. C'est un élément des plus enthousiasmants pour Corsair, puisque nous avons reçu 5 A330 neo entre avril 2021 et mai 2022. Nous recevrons les 4 autres au cours de l'année 2024.

Nous aurons alors l'une des flottes les plus jeunes du monde, Ă  l'Ă©chelle mondiale, fin 2024. Elle aura en moyenne 2 ans.

C'est un investissement important pour nous, car ces avions ont des coûts de location plus chers, mais derrière, ils présentent des avantages, comme la consommation de kérosène.

Si nous avions gardé les 747, nous serions en très grande difficulté.


TourMaG.com - Vous êtes bloqué par l'Europe, pour agrandir la flotte, en raison des aides de l'Etat accordées à Corsair. Une fois le délai dépassé, est-ce que Corsair pourrait agrandir sa flotte ?

Pascal de Izaguirre :
Nous sommes contraints par Bruxelles de maintenir notre flotte Ă  9 appareils jusqu'au 30 septembre 2023.

Nous ne nous interdisons absolument pas de commander des appareils supplémentaires, car avec notre portefeuille de lignes, nous occupons toute la flotte. Ouvrir des nouvelles destinations passera par l'augmentation du nombre d'avions.

Corsair : "La compagnie n'est pas en mesure d'accorder des augmentations de salaire"

TourMaG.com - Un de vos actionnaires nous avait confié par le passé que Corsair devrait être la compagnie des outre-mer. En misant beaucoup sur l'Afrique, quels pourrait être le slogan et la stratégie de démarcation ?

Pascal de Izaguirre :
C'est une bonne question.

Nous continuons de développer notre implantation dans les outre-mer, en faisant des recrutements commerciaux aux Antilles et à la Réunion. La compagnie des outre-mer, cela reste une caractéristique fondamentale, mais nous ne nous interdisons rien.

Ce développement se fait avec le plein soutien des actionnaires et des collectivités territoriales (Guadeloupe et Martinique, ndlr) qui sont à notre capital. Notre réseau évoluera en fonction des perspectives et opportunités.


TourMaG.com - Pour revenir à l'actualité, le printemps et le début de l'été ont été relativement chauds socialement chez Corsair. Des préavis et des grèves ont eu lieu. Où en sont tous les conflits sociaux ?

Pascal de Izaguirre :
Nous sommes à la détente, c'est le calme plat.

Je sais que vous êtes très bien informé de la situation sociale de Corsair. Chez les PNC, sur les 5 syndicats, nous avons signé un accord avec 4 d'entre eux. La CFTC n'a pas signé cet accord. Je n'ai aucune inquiétude sur l'aspect social.

Au sujet des PNT, il y a eu la menace d'un préavis, mais aucun n'a été déposé. Les syndicats des pilotes ont déclaré qu'il n'y aura pas de préavis de grève pour cet été. Je me félicite d'avoir des interlocuteurs sociaux lucides et responsables.

Nous devons réaliser une bonne saison estivale. Après deux années de vaches maigres, nous ne pouvons pas nous permettre d'accorder des hausses de salaire. Par contre, la problématique du pouvoir d'achat ne doit pas être éludée.


TourMaG.com - Justement pour en avoir parlé avec eux, dernièrement, aucun des salariés et des syndicats n'évoque une situation sociale apaisée. Ils nous ont tous dit que les conflits sociaux sont remis à plus tard en raison de l'état économique de la compagnie, donc par peur d'une défaillance en cas de grève...

Pascal de Izaguirre :
Je vais être très clair, la compagnie n'est pas en mesure d'accorder des augmentations de salaire. C'est du simple bon sens.

Pour l'instant, il n'y a pas de grain Ă  moudre, donc je ne vais pas en distribuer. L'heure n'est pas Ă  une revalorisation salariale, mais Ă  la restauration de nos marges.

Dès que la situation s'améliorera, nous nous rappellerons des efforts des salariés. Ce n'est pas la priorité du moment.

Romain Pommier Publié par Romain Pommier Journaliste - TourMaG.com
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