EntiĂšrement rĂ©novĂ©s, les thermes de Balaruc-les-Bains ( HĂ©rault) en font la premiĂšre station thermale de France avec 52 000 curistes Ă lâannĂ©e - Photo thermesbalaruclesbains.com
Il y a lâeau de mer, de riviĂšres, de lacs, de sources, de pluieâŠ
Il y a lâeau que lâon boit, celle dans laquelle on nage ou se prĂ©lasse, celle qui fait vivre la nature et nous fait vivre, celle qui fait tourner les usines, celle qui nettoie.
Et puis, il y a lâeau qui monte inexorablement (la mer) et qui est dĂ©jĂ sur le point de submerger les littoraux de certaines rĂ©gions du globe.
Et celle qui descend dans les rĂ©serves et les nappes phrĂ©atiques et qui est en train de crĂ©er les conflits dâusage pourtant annoncĂ©s par les Ă©cologistes de la premiĂšre heure.
Indispensable Ă la vie, lâeau câest cependant la vie. Celle qui, dans toutes les cultures, dans toutes les mythologies et religions permet Ă lâhumanitĂ© de sâĂ©panouir.
Il y a lâeau que lâon boit, celle dans laquelle on nage ou se prĂ©lasse, celle qui fait vivre la nature et nous fait vivre, celle qui fait tourner les usines, celle qui nettoie.
Et puis, il y a lâeau qui monte inexorablement (la mer) et qui est dĂ©jĂ sur le point de submerger les littoraux de certaines rĂ©gions du globe.
Et celle qui descend dans les rĂ©serves et les nappes phrĂ©atiques et qui est en train de crĂ©er les conflits dâusage pourtant annoncĂ©s par les Ă©cologistes de la premiĂšre heure.
Indispensable Ă la vie, lâeau câest cependant la vie. Celle qui, dans toutes les cultures, dans toutes les mythologies et religions permet Ă lâhumanitĂ© de sâĂ©panouir.
La mutation du thermalisme grĂące Ă trois piliers porteurs
Ainsi, aujourdâhui, selon le dernier rapport de lâObservatoire de lâĂ©conomie des stations thermales (OESTH), avec 88 stations, 102 Ă©tablissements dont 77 sont privĂ©s, et 770 sources dâeau minĂ©rale, notre pays France dĂ©tient 20% du capital thermal europĂ©en.
Lire aussi : Lâessor annoncĂ© du bien-ĂȘtre "hardcore" đ
Mais, 7 stations sâaccaparent 20% de la clientĂšle alors que 70% des stations comptent moins de 5000 habitants. Ce qui rend lâactivitĂ© thermale dĂ©terminante pour leur Ă©conomie qui globalement sur lâensemble du pays gĂ©nĂšre 2.5 milliards dâeuros de recettes, environ 16 000 emplois temps plein.
Des chiffres confirmant quâil nâest dĂ©cidĂ©ment pas question pour lâHexagone de se priver dâune offre historique. Mais, les chiffres de frĂ©quentation, en baisse dramatique pendant les mois de confinements (la moyenne se situait autour de 600 000 curistes en annĂ©e normale) dĂ©montrent pour leur part que lâavenir du thermalisme ne peut continuer sans une rĂ©forme dâenvergure.
Une rĂ©forme passant par la crĂ©ation dâune offre complĂ©mentaire de bien-ĂȘtre plus adaptĂ©e aux attentes de nos contemporains. Et surtout par une modernisation de ses Ă©quipements dont certains trop dĂ©suets souffrent mal de la concurrence des stations Ă©trangĂšres, vis-Ă -vis notamment dâune clientĂšle internationale qui nous fait dĂ©faut.
En effet, plus attirĂ©e par lâoffre luxueuse de certaines stations italiennes par exemple, lesquelles Ă©taient venues massivement participer aux Thermalies sous la houlette de leur ministre du tourisme, la clientĂšle internationale cherche des soins mais aussi une hĂŽtellerie de qualitĂ©, Ă des tarifs accessibles, et surtout moins de contraintes en termes de durĂ©e de sĂ©jours et de prises en charge. Une antienne qui agite le monde du thermalisme français depuis des lustres.
Certes, pour le moment, on ne peut cependant pas nier les rĂ©novations et lâavĂ©nement dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration dâĂ©quipements de prestige comme le projet de Vittel du Groupe France Thermes dont les travaux commenceront bientĂŽt, ou celui du groupe Valvital Ă Nancy qui ouvrira ses portes cette annĂ©e, avec trois espaces sur 3700 mĂštres carrĂ©s, autour du bien-ĂȘtre, la santĂ©, lâaqualudisme.
Un type Ă©quipement qui a jouĂ© le rĂŽle de sauveurs dans les annĂ©es quatre-vingt pour beaucoup de stations et affiche des performances de 1.5 million dâentrĂ©es annuelles.
Autre sauveur Ă exploiter : lâoffre touristique qui pourrait faire accomplir aux stations thermales souvent bien situĂ©es, un vĂ©ritable bond en avant. Dâune part, elle dĂ©tient les clĂ©s de lâhĂ©bergement (43% marchand et 57% en rĂ©sidences secondaires). Dâautre part, la station thermale propose un environnement propre aux activitĂ©s de plein air : patrimoine naturel (92%), randonnĂ©e (87%), vĂ©lo (81%), culture ( 90%)⊠et casino ( 60%) alors que le tourisme dâaffaires reprĂ©sente 33% des activitĂ©s pratiquĂ©es.
Relativement faciles Ă dĂ©velopper, ces activitĂ©s qui ne nĂ©cessitent pas forcĂ©ment de gros investissements financiers ont lâavantage de correspondre aux attentes dâune clientĂšle de vacanciers post-pandĂ©miques qui a besoin de nature et de remĂšdes naturels.
A noter enfin quâen termes de santĂ©, le taux dâĂ©quipement des stations est 1.8 fois plus Ă©levĂ© que la moyenne. En termes de mĂ©decins, on y trouve 3 fois plus de mĂ©decins quâen moyenne nationale. Ce qui est pour le moins rassurant Ă lâheure oĂč les dĂ©serts mĂ©dicaux font trembler les populations rĂ©sidentes et les touristes. MĂȘme constat pour les pharmacies.
Didier Calas, PDG des Thermes de Balaruc les Bains : « le futur ne mâinquiĂšte pas »
EntiĂšrement rĂ©novĂ©s, les thermes de Balaruc-les-Bains ( HĂ©rault) en font la premiĂšre station thermale de France avec 52 000 curistes Ă lâannĂ©e. Une fiertĂ© pour Didier Calas, Ă la tĂȘte de lâĂ©tablissement, qui ne mĂ©nage pas sa peine.
Non seulement, il tient Ă rester leader en rhumatologie et phlĂ©bologie, mais il tient Ă diversifier lâoffre de la station sur le plan du bien ĂȘtre voire du « mieux ĂȘtre » et autres activitĂ©s ludiques, capables de « faire du bien » Ă ses curistes.
Selon lui, il est capital de multiplier une offre parallĂšle « sympathique », ludique, susceptible de dĂ©tendre une clientĂšle plus jeune qui peut revenir vers les stations thermales Ă condition que celles-ci perdent leur image dĂ©suĂšte et leur clientĂšle vieillissante ou tout simplement « vieille ». Car, les rhumatismes « câest bien Ă©videmment plus une maladie de vieux », dit-il en souriant.
Ce qui, une fois dit lui permet dâaffirmer quâil « ne se fait aucun souci pour lâavenir du thermalisme. Les gens souffrent et souffriront longtemps encore de cette affection. Ils auront donc toujours un besoin vital de cures ». Et de cures de plus en plus efficaces car les services de recherche de lâĂ©tablissement thermal ne chĂŽment pas et font des dĂ©couvertes dont nous entendrons parlerâŠ
Non seulement, il tient Ă rester leader en rhumatologie et phlĂ©bologie, mais il tient Ă diversifier lâoffre de la station sur le plan du bien ĂȘtre voire du « mieux ĂȘtre » et autres activitĂ©s ludiques, capables de « faire du bien » Ă ses curistes.
Selon lui, il est capital de multiplier une offre parallĂšle « sympathique », ludique, susceptible de dĂ©tendre une clientĂšle plus jeune qui peut revenir vers les stations thermales Ă condition que celles-ci perdent leur image dĂ©suĂšte et leur clientĂšle vieillissante ou tout simplement « vieille ». Car, les rhumatismes « câest bien Ă©videmment plus une maladie de vieux », dit-il en souriant.
Ce qui, une fois dit lui permet dâaffirmer quâil « ne se fait aucun souci pour lâavenir du thermalisme. Les gens souffrent et souffriront longtemps encore de cette affection. Ils auront donc toujours un besoin vital de cures ». Et de cures de plus en plus efficaces car les services de recherche de lâĂ©tablissement thermal ne chĂŽment pas et font des dĂ©couvertes dont nous entendrons parlerâŠ
Les nuages dans un ciel radieux
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Mais, attention. Tout nâest pas rose non plus dans les stations, surtout celles qui souhaiteraient se doter de nouvelles spĂ©cialitĂ©s capables de satisfaire une clientĂšle en quĂȘte dâune offre santĂ© moins traditionnelle et plus tournĂ©e soit vers la beautĂ© du corps, du visage, la minceur, la relaxation, la vitalitĂ© et pourquoi pas la bonne humeur !
En effet, elles enregistrent aussi de graves problĂšmes liĂ©s aux difficultĂ©s de recrutement dâun personnel qualifiĂ©. PrĂšs de 90% ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©prouvĂ© des problĂšmes de ce type en 2021. En tĂȘte des pĂ©nuries de personnel : les kinĂ©sithĂ©rapeutes (77% des stations sâen plaignent), les mĂ©decins thermaux ( 44%) ou tout simplement les infirmiers, les psychologues et autres spĂ©cialistes de thĂ©rapies complĂ©mentaires. Une pĂ©nurie imputable aussi au manque dâattractivitĂ© du secteur, aux conditions de travail, aux faibles rĂ©munĂ©rations et Ă lâactivitĂ© saisonniĂšre du thermalisme.
Lire aussi : Quand les plantes changent de statut et renforcent le bien-ĂȘtre đ
Sans compter que passer sa vie dans une petite station thermale quand elle est fermĂ©e nâa rien de rĂ©jouissant pour des jeunes !
Autre danger : comme partout ailleurs, et comme les autres stations, les stations thermales ne peuvent se dispenser de courir des risques graves par rapport aux changements climatiques en cours. En montagne, lâObservatoire des stations thermales a bien soulignĂ© que lâĂ©volution des niveaux dâenneigement pourrait surtout pĂ©naliser Ax-les-Thermes, BagneÌres-de-Luchon, La Bourboule, Eaux BonnesâŠ
Les changements climatiques extrĂȘmes pourraient pĂ©naliser Allevard-les-Bains, AmeÌlie-les-Bains Palalda, BagneÌres-de-Bigorre, Cilaos, Digne-les-Bains, Vals-les-Bains⊠Quant au manque dâeau liĂ© aux canicules, il menace bon nombre dâautres stationsâŠ
Enfin, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, on ne peut exclure les risques de pollution des eaux. Ainsi, en 2006, Enghien-les-Bains a dĂ» fermer ses thermes Ă cause dâune pollution aux nitrates probablement liĂ©es Ă l'usage de dĂ©sherbants. Certes, les contrĂŽles sont sĂ©rieux, rĂ©guliers, frĂ©quents et irrĂ©prochables.
Mais, par les temps mauvais qui courent, on ne sait jamais ce que nos lendemains peuvent inventer. En tout cas, plus que dâautres, la station thermale de demain doit aussi gĂ©rer les problĂšmes de performance Ă©nergĂ©tique et les problĂšmes de sĂ©curitĂ© des eaux usĂ©es. En fait, toutes doivent engager une course Ă lâobtention dâun label de performance responsable. Car, pour lâinstant, aucune dâentre elles nâen dĂ©tient !
En effet, elles enregistrent aussi de graves problĂšmes liĂ©s aux difficultĂ©s de recrutement dâun personnel qualifiĂ©. PrĂšs de 90% ont dĂ©clarĂ© avoir Ă©prouvĂ© des problĂšmes de ce type en 2021. En tĂȘte des pĂ©nuries de personnel : les kinĂ©sithĂ©rapeutes (77% des stations sâen plaignent), les mĂ©decins thermaux ( 44%) ou tout simplement les infirmiers, les psychologues et autres spĂ©cialistes de thĂ©rapies complĂ©mentaires. Une pĂ©nurie imputable aussi au manque dâattractivitĂ© du secteur, aux conditions de travail, aux faibles rĂ©munĂ©rations et Ă lâactivitĂ© saisonniĂšre du thermalisme.
Lire aussi : Quand les plantes changent de statut et renforcent le bien-ĂȘtre đ
Sans compter que passer sa vie dans une petite station thermale quand elle est fermĂ©e nâa rien de rĂ©jouissant pour des jeunes !
Autre danger : comme partout ailleurs, et comme les autres stations, les stations thermales ne peuvent se dispenser de courir des risques graves par rapport aux changements climatiques en cours. En montagne, lâObservatoire des stations thermales a bien soulignĂ© que lâĂ©volution des niveaux dâenneigement pourrait surtout pĂ©naliser Ax-les-Thermes, BagneÌres-de-Luchon, La Bourboule, Eaux BonnesâŠ
Les changements climatiques extrĂȘmes pourraient pĂ©naliser Allevard-les-Bains, AmeÌlie-les-Bains Palalda, BagneÌres-de-Bigorre, Cilaos, Digne-les-Bains, Vals-les-Bains⊠Quant au manque dâeau liĂ© aux canicules, il menace bon nombre dâautres stationsâŠ
Enfin, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, on ne peut exclure les risques de pollution des eaux. Ainsi, en 2006, Enghien-les-Bains a dĂ» fermer ses thermes Ă cause dâune pollution aux nitrates probablement liĂ©es Ă l'usage de dĂ©sherbants. Certes, les contrĂŽles sont sĂ©rieux, rĂ©guliers, frĂ©quents et irrĂ©prochables.
Mais, par les temps mauvais qui courent, on ne sait jamais ce que nos lendemains peuvent inventer. En tout cas, plus que dâautres, la station thermale de demain doit aussi gĂ©rer les problĂšmes de performance Ă©nergĂ©tique et les problĂšmes de sĂ©curitĂ© des eaux usĂ©es. En fait, toutes doivent engager une course Ă lâobtention dâun label de performance responsable. Car, pour lâinstant, aucune dâentre elles nâen dĂ©tient !
Journaliste, consultante, confĂ©renciĂšre, Josette Sicsic observe depuis plus de 25 ans, les mutations du monde afin dâen analyser les consĂ©quences sur le secteur du tourisme.
AprĂšs avoir dĂ©veloppĂ© pendant plus de 20 ans le journal Touriscopie, elle est toujours sur le pont de lâactualitĂ© oĂč elle dĂ©code le prĂ©sent pour prĂ©voir le futur. Sur le site www.tourmag.com, rubrique Futuroscopie, elle publie plusieurs fois par semaine les articles prospectifs et analytiques.
Contact : 06 14 47 99 04
Mail : touriscopie@gmail.com
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