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L’île Maurice veut s’imposer comme une destination refuge de l’été

337 000 Français ont visité l’île en 2025, en léger recul par rapport à 2024


Loin des zones de conflit du monde et accessible en vol direct depuis Paris, l’île de l’Océan Indien et sa compagnie Air Mauritius veulent convaincre les touristes de la découvrir cet été, traditionnellement sa basse saison.


Rédigé par le Jeudi 16 Avril 2026 à 14:30

Benoît Harter (MTPA) et Laurent Recoura (Air Mauritius). Photo: T.Beaurepère
Benoît Harter (MTPA) et Laurent Recoura (Air Mauritius). Photo: T.Beaurepère
Faire de l’île Maurice la destination long-courrier refuge de l’été et rassurer leurs partenaires commerciaux

C’est en substance les messages qu’ont souhaité faire passer Benoît Harter nommé directeur de Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) en décembre dernier et Laurent Recoura directeur commercial d’Air Mauritius, lors d’un rapide déplacement à Paris.

« L’île Maurice est loin des turpitudes du monde et dispose de sa propre compagnie, qui propose des vols directs. C’est presque un luxe pour un petit pays et un avantage vital en cette période pour le secteur touristique » se félicite Laurent Recoura.

Alors que les Français demeurent attentistes, que les prix des billets d’avion s’envolent avec la multiplication des surcharges carburant et que la crainte d’un transit via les hubs des pays du Golfe est forte, Maurice pourrait également profiter de reports depuis les Seychelles ou les Maldives.

Près de 500 000 sièges à l’année

Fin mars, Air Mauritius a mis en place six vols supplémentaires, pour reprotéger les clients, soit un total de 3 200 sièges.

Et pour faire la différence cet été, elle met en avant son vol quotidien direct depuis Paris, exploité avec des Airbus A330 ou A350 bi-classe (économique et affaires).

Il est proposé en code-share avec Air France, dans le cadre de la joint-venture avec la compagnie française. Ensemble, les deux transporteurs assurent deux vols par jour, soit une capacité totale de plus de 495 000 sièges à l’année.

Sans surprise, les tarifs sont à la hausse, du fait de la diminution des capacités entre la France et Maurice via les hubs des pays du Golfe (avant la crise, Emirates représentait 20% des arrivées de l’île) mais aussi des surcharges de carburant.

« Cette surcharge permet d’absorber seulement une petite partie de la hausse du jet fuel utilisé par les compagnies, dont le prix a augmenté plus fortement que celui du baril de pétrole » précise Laurent Recoura.

Un trajet dérouté pour rassurer les passagers

Il en coûte à partir de 1186 € l’A/R Paris/Maurice en juin en classe économique (surcharge incluse), 1297€ en juillet, 1687 € en août et 1 258€ en septembre. Une somme certes importante, « mais pour 23 heures d’avion A/R » ajoute-t-il.

Pour rassurer les clients inquiets, Air Mauritius met également en avant un plan de vol réaménagé.

Alors que l’avion survolait précédemment la mer Rouge puis longeait la côte orientale de l’Afrique, il traverse désormais l’Afrique centrale, très loin de la zone de conflit. Il en résulte un temps de vol légèrement plus long, de 20 à 30 minutes.

Les compagnies françaises (Air France et Corsair) qui desservent l’île Maurice ne peuvent faire de même, pénalisées par de mauvaises relations avec certains pays d’Afrique centrale qui leur interdisent le survol de leurs territoires.

Les ventes indirectes toujours majoritaires

Alors que les ventes indirectes (tour-opérateurs, agences traditionnelles et online) constituent toujours la majorité de son activité, Air Mauritius espère que l’été lui permettra de mieux traverser la période actuelle.

Et pour faire valoir ses atouts, elle lance une campagne de communication sur les réseaux sociaux, avec pour nouvelle mascotte un dodo et pour nouvelle signature #wecaremauritius.

Pour le premier semestre de son exercice 2025/26 (avril à septembre), Air Mauritius avait réalisé un petit bénéfice de 22 millions d’euros, une première après de longues années de pertes.

« Il faut resserrer les boulons, l’année sera difficile mais la demande est là, contrairement à l’époque du Covid » reconnaît Laurent Recoura, qui fait état de « prévisions bonnes pour les trois prochains mois ».

Lire aussi : Air Mauritius : le PDG arrive, le président démissionne, retour de la cacophonie ?

L’office de tourisme prépare une campagne de communication

Air Mauritius pourra également compter sur la campagne de communication de MTPA - qui prendra le relais en mai avec de l’affichage - pour remplir ses avions. « C’est une priorité de la nouvelle direction » précise Benoît Harter, après plusieurs années sans communication grand public.

Par ailleurs, après la fin du contrat de représentation avec Hopscotch Tourism, une nouvelle agence devrait être prochainement désignée pour valoriser la destination et accompagner les professionnels français.

Pour inciter les voyageurs à découvrir l’île de l’Océan Indien cet été, le MTPA met en avant la période de l’hiver austral, moins fréquenté, moins pluvieux et plus doux que la haute-saison, avec des températures qui oscillent autour de 25°.

Lire aussi
: Île Maurice : la MTPA prépare une nouvelle stratégie pour la France

Valoriser une île aux expériences multiples

L’office de tourisme parie également sur la mise en avant d’une île plus authentique aux expériences multiples, notamment dans les terres, loin de l’image de luxe qui lui colle à la peau. Il ambitionne notamment d’en faire une destination de premier plan pour le trail.

Et si Maurice peut s’enorgueillir de disposer de 114 hôtels 4 et 5* aux services attentionnés, Benoît Harter rappelle qu’elle propose aussi « une large palette d’hôtels de charme et de para-hôtellerie, notamment des villas », pour répondre à toutes les envies.

Avec 1,44 million de touristes accueillis en 2025, en progression de 3,9% par rapport à 2024, l’île a dépassé son record établi en 2018, à 1 399 408 visiteurs.

Les Français demeurent la première clientèle de l’île Maurice avec 337 000 touristes en 2025 (hors les 145 000 visiteurs depuis La Réunion, comptabilisés séparément), une légère baisse comparée aux 339 000 un an plus tôt, mais avec une hausse des recettes.

Selon MTPA, les arrivées des Français ont progressé de 7,5% entre le 1er janvier et le 14 avril 2026. A moyen terme, les hôteliers (près de 50% de l’offre de lits) constatent une baisse de la demande, quand la para-hôtellerie se maintient.


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